Les ananas de la colère Cathon Pow Pow 132 pages
Résumé:
Marie-Pomme est barmaid à L'Ananas d'or dans le quartier hawaïen de Trois-Rivières. C'est une fan inconditionnelle des aventures de Shirley McNuffles, brillante détective qui, telle une Agatha Christie a résolu d'innombrables enquêtes dans ses livres. Sauf que lorsque la mort frappe sa voisine et que la police de Trois-Rivières est toute entière partie à l'épluchette annuelle des policiers du Québec, Marie-Pomme se décide à mener l'enquête elle-même!
Mon avis:
On est dans le kitsch assumé, voulu et appuyé, mais c'est tout simplement génial. L'histoire se passe à Trois-Rivières, un Trois-Rivières complètement métamorphosé en royaume de l'ananas, du tikki et du musée de la barbotte. L'effet drôle et décalé est maintenu avec constance tout au long de l'album, ce qui donne une couleur et une personnalité désopilante au tout.
Marie-Pomme est un personnage délicieusement décalée entre son travail de barmaid qu'elle fait à moitié (ses daiquiris ne font pas l'unanimité) et sa passion dévorante pour Shirley McNuffles. C'est d'ailleurs cette passion qui la poussera à reprendre l'enquête que la police de Trois-Rivières délaisse sérieusement pour cause de sous-effectif dû à une méga-épluchette de blé d'Inde. Avec sa vivacité, sa perspicacité trempée dans l'ananas et sa connaissance approfondie de la faune trifluvienne (et une alliance avec des jumelles amateures de bowling), Marie-Pomme résoudra l'enquête, évidemment tirée par les cheveux, du meurtre de sa voisine de palier. Mais justement parce que tout est exagéré dans cette histoire, on adore la conclusion!
Les dessins sont un hommage au kitsch, au tikki et à Trois-Rivières et par la bande, à la culture populaire québécoise, parce que l'auteure entremêle les deux avec un grand doigté. Des éléments du décor proprement hawaïen sont entremêlée avec des éléments très québécois, comme les langues de porc dans le vinaigre au bar ou le musée de la barbotte!
Bref, on est dans la folie, dans le décalé, mais tout se tient dans cette histoire. Pour l'apprécier à sa juste valeur, prévoir un bon daiquiris en lisant!
Ma note: 4.75/5
Affichage des articles dont le libellé est Grand défi de la littérature québécoise 2018-19. Afficher tous les articles
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jeudi 24 octobre 2019
jeudi 10 octobre 2019
#bébéatrice de Béatrice Lepage et Éric Godin
#bébéatrice Béatrice Lepage dessins d'Éric Godin Éditions La Presse 61 pages
Résumé:
Recueil illustré des meilleurs mots d'enfants de la fille de Guy A. Lepage, Béatrice.
Mon avis:
Évidemment, ce genre de bande dessinée basée sur les mots d'enfants est avant tout cute. Et on en aurait peut-être pas fait un livre si son célèbre Papa n'avait pas partagé tous ces jolis mots sur son compte twitter (d'où le # du titre). N'empêche, c'est une bd plutôt sympathique.
Comme tous les enfants, Bébéatrice est dotée d'une imagination débordante et fait des liens là où les adultes ne verraient que du feu. Un dessinateur plutôt doué a illustré les scènes de l'univers de Bébéatrice, ce qui nous donne une porte d'entrée sur son univers. On reconnaît évidemment son papa, mais pas tel que son image publique ne nous le fait paraître. Ici, il est le complice et le personnage secondaire de la vie de cette turbulente et imaginative petite fille.
Le dessin, volontairement caricatural, épouse très bien la vision du monde que les répliques de Bébéatrice nous laissent voir. On est à hauteur d'enfant et c'est vraiment drôle. En quelques traits, peu de décor et beaucoup d'expressions faciales parentales de stupéfaction, on comprend très vite que la vie en compagnie de cette petite fille n'est pas de tout repos.
Mais il y a deux limites à ce livre: de un, des anecdotes d'enfant, c'est mignon, mais les unes à la suite des autres, ça devient un tantinet redondant. De deux, aurait-on vraiment fait un livre de ce genre si elle avait eu un autre papa?
Mignon, donc, pas rien de vraiment incontournable.
Ma note: 3.75/5
Résumé:
Recueil illustré des meilleurs mots d'enfants de la fille de Guy A. Lepage, Béatrice.
Mon avis:
Évidemment, ce genre de bande dessinée basée sur les mots d'enfants est avant tout cute. Et on en aurait peut-être pas fait un livre si son célèbre Papa n'avait pas partagé tous ces jolis mots sur son compte twitter (d'où le # du titre). N'empêche, c'est une bd plutôt sympathique.
Comme tous les enfants, Bébéatrice est dotée d'une imagination débordante et fait des liens là où les adultes ne verraient que du feu. Un dessinateur plutôt doué a illustré les scènes de l'univers de Bébéatrice, ce qui nous donne une porte d'entrée sur son univers. On reconnaît évidemment son papa, mais pas tel que son image publique ne nous le fait paraître. Ici, il est le complice et le personnage secondaire de la vie de cette turbulente et imaginative petite fille.
Le dessin, volontairement caricatural, épouse très bien la vision du monde que les répliques de Bébéatrice nous laissent voir. On est à hauteur d'enfant et c'est vraiment drôle. En quelques traits, peu de décor et beaucoup d'expressions faciales parentales de stupéfaction, on comprend très vite que la vie en compagnie de cette petite fille n'est pas de tout repos.
Mais il y a deux limites à ce livre: de un, des anecdotes d'enfant, c'est mignon, mais les unes à la suite des autres, ça devient un tantinet redondant. De deux, aurait-on vraiment fait un livre de ce genre si elle avait eu un autre papa?
Mignon, donc, pas rien de vraiment incontournable.
Ma note: 3.75/5
jeudi 3 octobre 2019
J'aime les filles d'Obom
J'aimes les filles Obom L'Oie de Cravan 92 pages
Résumé:
Une suite d'histoires courtes sur la découverte du plaisir lesbien et des amours qui y sont liés.
Mon avis:
Petit opus ayant au centre l'amour entre femmes. Obom nous entraîne dans les myriades d'émotions que peuvent causer ses rencontres, la découverte de l'attirance, du plaisir... Elle touche aussi par la bande aux autres émotions qui peuvent jalonner ce parcours. Comme il s'agit d'expériences personnelles qu'elle a recueillie auprès d'amies, évidemment, certaines histoires datent de plusieurs décennies. On y parle donc de religion et d'une époque où l'homosexualité, surtout féminine, n'était pas acceptée, mais de façon secondaire, comme faisant parti du contexte, mais n'étant pas au coeur des relations. Ici, l'amour entre femmes est naturel et fait parti de la vie de façon tellement fluide qu'on en vient à se demander pourquoi l'homophobie existe.
Les histoires sont toutes courtes et on a l'impression de prendre des instantanés de vies qui n'ont ni vraiment de début ni de fin. On passe d'ailleurs d'une histoire à l'autre en un clin d'oeil. L'auteure a privilégiée de raconter l'instant plutôt que l'histoire et cela donne une tonalité très intéressante à l'ensemble.
Les dessins sont assez directs pour une histoire parlant d'homosexualité, mais en aucun cas indécents ou vulgaires. L'auteure sait tout montrer sans rien montrer de précis. D'ailleurs, ses personnages ont tous un côté animalier. Elle dessine des chats, des chiens, des chevaux, mais pas des êtres humains. Cela donne un côté non-sexué aux histoires. On entre plus dans l'émotion et dans l'érotisme que dans la pornographie. Le dessin reste très simple, mais il ne faudrait pas y voir qu'un simple crayonnage de débutante: il y a une vraie technique derrière, c'est juste que le style de l'auteure détonne quand on regarde d'autres bds.
Une BD que je mettrais volontiers dans toutes les mains des personnes qui se questionnent sur l'homosexualité.
Ma note 4.5/5
jeudi 26 septembre 2019
Nos héroïnes d'Anaïs Barbeau-Lavalette et Mathilde Cinq-Mars
Nos héroïnes Textes d'Anaïs Barbeau-Lavalette Illustrations de Mathilde Cinq-Mars Marchands de feuilles 87 pages
Résumé:
Artistes, sportives, religieuses, rebelles ou femmes d'affaires, voici le portrait de dizaines d'héroïne, connues ou méconnues, qui chacune à leur façon, ont changé le monde et fait l'histoire du Québec.
Mon avis:
Si j'avais eu ce livre dans les mains en tant que libraire, j'aurais été un bon embêté à savoir où le classer. Certes, le format et le niveau de langue indique clairement un livre destiné aux enfants, mais le rendu en fait un objet qui est à la portée de tous. C'est donc un documentaire jeunesse qui pourrait très bien être utilisé par les adultes.
On nous présente donc une quarantaine de portraits, parfois unique, parfois d'un groupe, de femmes qui ont su se démarquer et tracer leur propre voie, peu importe les contraintes de leur époque. Dès le départ, le point de vue est multiple: si on compte une majorité de femmes blanches, autant les anglophones que les francophones sont représentées et les Premières Nations sont présentes dès le quatrième portrait. On montre aussi une très grande variété de domaines dans lequel les femmes se sont démarquées, de la science aux arts, en passant par le sport, le droit, les affaires et la politique.
Les textes sont simples et accessibles, mais pas du tout sentencieux. On nous embarque plutôt dans une série de petites aventures aux côtés des femmes qui les ont vécues en mettant toujours l'accent sur un sujet en particulier. Mon côté historienne a remarqué ici et là quelques petites erreurs, mais rien de majeur et souvent en lien avec le fait que le public cible de départ sont les enfants. Par exemple, on ne peut pas révéler entièrement l'injustice immonde du destin de Marie-Angélique, mais le texte qui la concerne rend hommage à son farouche désir de liberté. Mais bon, la durée du mandat de sénatrice de Thérèse Casgrain n'avait aucun rapport avec une durée de mandat pré-déterminée qu'à un âge obligatoire pour prendre sa retraite! Des petites choses comme ça.
J'ai bien aimé les dessins également. Elles mettent les femmes en action, en mouvement, pour illustrer les actions décrites dans le texte. Elles ont un petit côté intemporel, en ce sens qu'elles tiennent du dessin journalistique du XIXe siècle, mais en ayant des choix de couleurs et des mises en pages résolument modernes. C'est ce qui a contribué à me rendre perplexe quand au public-cible: ce n'est pas le genre d'illustrations que l'on retrouve dans les documentaires jeunesse avec ses teintes pastelles, mais cela ne détonnerait pas du tout dans un beau-livre destiné aux adultes. Dans un cas comme dans l'autre, je crois que ce livre peut se retrouver autant dans les petites que les grandes mains, car tout le monde peut y apprendre beaucoup de choses!
Ma note: 4.5/5
Résumé:
Artistes, sportives, religieuses, rebelles ou femmes d'affaires, voici le portrait de dizaines d'héroïne, connues ou méconnues, qui chacune à leur façon, ont changé le monde et fait l'histoire du Québec.
Mon avis:
Si j'avais eu ce livre dans les mains en tant que libraire, j'aurais été un bon embêté à savoir où le classer. Certes, le format et le niveau de langue indique clairement un livre destiné aux enfants, mais le rendu en fait un objet qui est à la portée de tous. C'est donc un documentaire jeunesse qui pourrait très bien être utilisé par les adultes.
On nous présente donc une quarantaine de portraits, parfois unique, parfois d'un groupe, de femmes qui ont su se démarquer et tracer leur propre voie, peu importe les contraintes de leur époque. Dès le départ, le point de vue est multiple: si on compte une majorité de femmes blanches, autant les anglophones que les francophones sont représentées et les Premières Nations sont présentes dès le quatrième portrait. On montre aussi une très grande variété de domaines dans lequel les femmes se sont démarquées, de la science aux arts, en passant par le sport, le droit, les affaires et la politique.
Les textes sont simples et accessibles, mais pas du tout sentencieux. On nous embarque plutôt dans une série de petites aventures aux côtés des femmes qui les ont vécues en mettant toujours l'accent sur un sujet en particulier. Mon côté historienne a remarqué ici et là quelques petites erreurs, mais rien de majeur et souvent en lien avec le fait que le public cible de départ sont les enfants. Par exemple, on ne peut pas révéler entièrement l'injustice immonde du destin de Marie-Angélique, mais le texte qui la concerne rend hommage à son farouche désir de liberté. Mais bon, la durée du mandat de sénatrice de Thérèse Casgrain n'avait aucun rapport avec une durée de mandat pré-déterminée qu'à un âge obligatoire pour prendre sa retraite! Des petites choses comme ça.
J'ai bien aimé les dessins également. Elles mettent les femmes en action, en mouvement, pour illustrer les actions décrites dans le texte. Elles ont un petit côté intemporel, en ce sens qu'elles tiennent du dessin journalistique du XIXe siècle, mais en ayant des choix de couleurs et des mises en pages résolument modernes. C'est ce qui a contribué à me rendre perplexe quand au public-cible: ce n'est pas le genre d'illustrations que l'on retrouve dans les documentaires jeunesse avec ses teintes pastelles, mais cela ne détonnerait pas du tout dans un beau-livre destiné aux adultes. Dans un cas comme dans l'autre, je crois que ce livre peut se retrouver autant dans les petites que les grandes mains, car tout le monde peut y apprendre beaucoup de choses!
Ma note: 4.5/5
jeudi 19 septembre 2019
Le vivre ensemble n'est pas un rince-bouche de Rachida Azdouz
Le vivre ensemble n'est pas un rince-bouche Rachida Azdouz Édito 205 pages
Résumé:
Vivre ensemble, un terme usé et sur-utilisé en nos années de débats identitaires. Pourtant quel est le sens de ce mot? L'auteure, elle-même issue de l'immigration, mais québécoise et fière de l'être, essaie de décortiquer les tenants et les aboutissants de ce terme galvaudé, sans prendre parti et sans condamner quiconque.
Mon avis:
Avouez que le titre donne envie de lire n'est-ce pas? Les débats identitaires, pour passionnés qu'il soit, renvoie souvent les positions contraires dos à dos. On se chicane, on se chamaille sur le sujet, mais au fond, on se parle et on se comprend bien peu. L'auteure prend donc le temps de poser le sujet et de le définir.
L'ensemble du livre est d'ailleurs un hommage au débat, dans le sens noble du terme: pas une foire d'empoigne où celui qui parle le plus fort l'emporte, mais une discussion de fond où les arguments prennent le dessus. Un art qui, l'auteure le déplore, passe le plus souvent à la trappe. Parce que, selon son analyse, c'est dans le débat que se trouve la source de l'avancement des idées, mais le débat n'est plus quelque chose qui fait sainement parti des discours publics actuels.
Dans ce livre, l'auteure passe au crible les différentes manières de penser le vivre ensemble. Les modèles français, américains et britanniques sont ainsi décortiqués, démontrant leurs forces et leurs faiblesses. Les tentatives de modèles québécois passe à la même moulinette. Sa conclusions est à la fois révélatrice et frustrante: on a pas encore trouvé le bon modèle. Tout au long du livre, elle renvoie dos à dos les tenants de toutes les positions, montrant que les arguments des uns et des autres peuvent se valoir ou ne sont que du vent. C'est une des grandes frustrations de ce livre au final: si l'auteure dresse un excellent portrait de la situation, elle ne prend pas position, ni n'offre un appareil critique qui permettrait d'avancer. Elle reste au niveau des anecdotes et des conclusions, sans aller plus loin. On sort du livre avec plus de questions que de réponses.
Par contre, l'une de ses forces du livre est de nous mettre dans les souliers des immigrants. Le discours étatique et ses contradictions, le discours sur l'importance du réseautage et ses limites, le discours sur l'intégration des politiciens et son clientélisme, tous passent au mixeur et nous donnent un peu mieux à voir le monde depuis les yeux de ceux qui ont choisis de s'installer ici. Là réside d'ailleurs la grande force du livre.
Au final, on tourne la dernière page avec une certaine confusion. Si le tour d'horizon est complet, la volonté de l'auteure de ne pas être réduite à une position l'empêche aussi d'aller plus loin dans sa réflexion. On se retrouve donc avec beaucoup d'idées, mais ni solution, ni appareil critique pour aller plus loin. Ce n'est pas un gâchis, mais c'est une occasion ratée.
Ma note: 4/5
Résumé:
Vivre ensemble, un terme usé et sur-utilisé en nos années de débats identitaires. Pourtant quel est le sens de ce mot? L'auteure, elle-même issue de l'immigration, mais québécoise et fière de l'être, essaie de décortiquer les tenants et les aboutissants de ce terme galvaudé, sans prendre parti et sans condamner quiconque.
Mon avis:
Avouez que le titre donne envie de lire n'est-ce pas? Les débats identitaires, pour passionnés qu'il soit, renvoie souvent les positions contraires dos à dos. On se chicane, on se chamaille sur le sujet, mais au fond, on se parle et on se comprend bien peu. L'auteure prend donc le temps de poser le sujet et de le définir.
L'ensemble du livre est d'ailleurs un hommage au débat, dans le sens noble du terme: pas une foire d'empoigne où celui qui parle le plus fort l'emporte, mais une discussion de fond où les arguments prennent le dessus. Un art qui, l'auteure le déplore, passe le plus souvent à la trappe. Parce que, selon son analyse, c'est dans le débat que se trouve la source de l'avancement des idées, mais le débat n'est plus quelque chose qui fait sainement parti des discours publics actuels.
Dans ce livre, l'auteure passe au crible les différentes manières de penser le vivre ensemble. Les modèles français, américains et britanniques sont ainsi décortiqués, démontrant leurs forces et leurs faiblesses. Les tentatives de modèles québécois passe à la même moulinette. Sa conclusions est à la fois révélatrice et frustrante: on a pas encore trouvé le bon modèle. Tout au long du livre, elle renvoie dos à dos les tenants de toutes les positions, montrant que les arguments des uns et des autres peuvent se valoir ou ne sont que du vent. C'est une des grandes frustrations de ce livre au final: si l'auteure dresse un excellent portrait de la situation, elle ne prend pas position, ni n'offre un appareil critique qui permettrait d'avancer. Elle reste au niveau des anecdotes et des conclusions, sans aller plus loin. On sort du livre avec plus de questions que de réponses.
Par contre, l'une de ses forces du livre est de nous mettre dans les souliers des immigrants. Le discours étatique et ses contradictions, le discours sur l'importance du réseautage et ses limites, le discours sur l'intégration des politiciens et son clientélisme, tous passent au mixeur et nous donnent un peu mieux à voir le monde depuis les yeux de ceux qui ont choisis de s'installer ici. Là réside d'ailleurs la grande force du livre.
Au final, on tourne la dernière page avec une certaine confusion. Si le tour d'horizon est complet, la volonté de l'auteure de ne pas être réduite à une position l'empêche aussi d'aller plus loin dans sa réflexion. On se retrouve donc avec beaucoup d'idées, mais ni solution, ni appareil critique pour aller plus loin. Ce n'est pas un gâchis, mais c'est une occasion ratée.
Ma note: 4/5
jeudi 12 septembre 2019
Écrire et publier au Québec: Les littérature de l'imaginaire de Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau
Écrire et publier au Québec: Les littératures de l'imaginaires Geneviève Blouin, Isabelle Lauzon et Carl Rocheleau Collection Légion des Brumes Les six brumes 279 pages
Résumé:
Vous êtes un auteur, ou du moins, vous souhaitez le devenir. Vous trippez sur les littératures de l'imaginaire, dévorant séries de science-fiction, de fantasy et de fantastique à la chaîne. Vous voulez publier. Que faire? Où allez? Comment faire? Voici donc un guide qui vous offre des réponses à ces questions et à quelques autres importantes à se poser!
Mon avis:
Critiquer ce livre est un peu particulier parce que... j'y aie collaboré. Ça date d'il y a quelques années, mais j'avais reçu une série de courriel me demandant mon opinion sur différents sujets lié au milieu du livre. D'ailleurs, il y a une citation de moi à la page 271! Ceci dit, je n'avais eu qu'une vague idée de ce que donnerait le projet final, n'ayant pas participé à sa rédaction. C'est donc avec plaisir que je l'ai lu. Je n'ai par contre pas un oeil totalement neutre sur ce livre.
À titre de lectrice, j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Le style adopté par les auteurs est simple, accessible, tout en étant concret et non dépourvu d'une touche d'humour bienvenue. Le livre fait un tour d'horizon complet du milieu des littératures de l'imaginaire au Québec et du processus de publication. Je suis d'accord avec la vaste majorité de ce qui y est avancé, même si j'aurais volontiers étoffé et nuancé la partie sur les librairies (on sort la fille de la librairie, mais pas la librairie de la fille!). J'ai confirmé plusieurs éléments que je connaissais déjà et j'ai appris certaines choses (le chapitre sur les contrats de publications et l'aspect plus juridique sont très pertinents). Une bonne partie du livre a été pour moi une révision, mais une révision en profondeur et bien vulgarisée.
Bon, étant donné que je connais plusieurs des collaborateurs et déjà pas mal de monde du milieu, j'ai eu l'impression à quelques reprises de savoir de qui on parlait quand on citait anonymement des collaborateurs. Intéressant exercice, mais bon, c'était plus pour mon plaisir personnel qu'autre chose...
Je le répète, je ne suis pas totalement objective envers ce livre, mais je le recommande à quiconque souhaiterait publier des littératures de l'imaginaire au Québec. Il fait un excellent tour d'horizon pour les néophytes, les amateurs et les curieux.
Ma note: 4.5/5
P.S. Je confesse avoir éclaté de rire à la lecture de certains conseils: pour publier, faites-vous connaître, aller parler aux gens sans nécessairement vouloir leur vendre quelque chose, fréquentez les salons du livre et les événements littéraires! Non, non, je n'ai rien fait de tout ça :p
Résumé:
Vous êtes un auteur, ou du moins, vous souhaitez le devenir. Vous trippez sur les littératures de l'imaginaire, dévorant séries de science-fiction, de fantasy et de fantastique à la chaîne. Vous voulez publier. Que faire? Où allez? Comment faire? Voici donc un guide qui vous offre des réponses à ces questions et à quelques autres importantes à se poser!
Mon avis:
Critiquer ce livre est un peu particulier parce que... j'y aie collaboré. Ça date d'il y a quelques années, mais j'avais reçu une série de courriel me demandant mon opinion sur différents sujets lié au milieu du livre. D'ailleurs, il y a une citation de moi à la page 271! Ceci dit, je n'avais eu qu'une vague idée de ce que donnerait le projet final, n'ayant pas participé à sa rédaction. C'est donc avec plaisir que je l'ai lu. Je n'ai par contre pas un oeil totalement neutre sur ce livre.
À titre de lectrice, j'ai beaucoup apprécié ma lecture. Le style adopté par les auteurs est simple, accessible, tout en étant concret et non dépourvu d'une touche d'humour bienvenue. Le livre fait un tour d'horizon complet du milieu des littératures de l'imaginaire au Québec et du processus de publication. Je suis d'accord avec la vaste majorité de ce qui y est avancé, même si j'aurais volontiers étoffé et nuancé la partie sur les librairies (on sort la fille de la librairie, mais pas la librairie de la fille!). J'ai confirmé plusieurs éléments que je connaissais déjà et j'ai appris certaines choses (le chapitre sur les contrats de publications et l'aspect plus juridique sont très pertinents). Une bonne partie du livre a été pour moi une révision, mais une révision en profondeur et bien vulgarisée.
Bon, étant donné que je connais plusieurs des collaborateurs et déjà pas mal de monde du milieu, j'ai eu l'impression à quelques reprises de savoir de qui on parlait quand on citait anonymement des collaborateurs. Intéressant exercice, mais bon, c'était plus pour mon plaisir personnel qu'autre chose...
Je le répète, je ne suis pas totalement objective envers ce livre, mais je le recommande à quiconque souhaiterait publier des littératures de l'imaginaire au Québec. Il fait un excellent tour d'horizon pour les néophytes, les amateurs et les curieux.
Ma note: 4.5/5
P.S. Je confesse avoir éclaté de rire à la lecture de certains conseils: pour publier, faites-vous connaître, aller parler aux gens sans nécessairement vouloir leur vendre quelque chose, fréquentez les salons du livre et les événements littéraires! Non, non, je n'ai rien fait de tout ça :p
jeudi 5 septembre 2019
La mémoire du lac de Joël Champetier
La mémoire du lac Joël Champetier Sextant Québec-Amérique 297 pages
Résumé:
Daniel Verret n'est pas un homme chanceux. Il y a d'abord eu cet accident, alors qu'il était pompier volontaire: une tige de fer lui a traversé le crâne, provoquant d'étranges amnésies sur son passé. Puis, dix ans plus tard, l'accident sur le lac Témiscamingue, qui a vu mourir noyé ses deux enfants. Depuis, suivi par une psychiatre, il essaie de recoudre le fil de sa vie. Sauf que le fou du village, un gars étrange, le suit partout en disant: «Daniel, le lac attend...»
Mon avis:
Je suis pas convaincue disons. La forme adoptée par l'auteur est assez éclaté. Il y a de larges ellipses, certains événements ne sont pas traités dans l'ordre chronologique et évidemment, il y a un certain fond de confusion dû à l'état psychologique et neurologique du narrateur (et dans certains cas éthylique). Je crois que c'est avec ce manque de clarté que j'ai le plus de mal. Non pas que ce soit une mauvaise idée en soi ou que c'est un mauvais processus narratif, mais j'ai eu beaucoup de mal avec cette façon de faire durant ma lecture.
Il y a aussi que le personnage principal est dur à s'attacher. Et ce ne sont pas que ses problèmes psychiatriques ou neurologiques qui sont en causent. Il a une façon d'aborder la vie qui le rend très froid, détaché. Le fait que le narrateur soit aligné sur lui renforce cette impression de froideur. On a beau être dans sa tête, on est pas tant que ça dans ses émotions et c'est impossible qu'il n'aie pas d'émotions suite aux drames qu'il vit. La perte de deux enfants, ça doit être un choc brutal, mais après leur mort, les deux enfants disparaissent de ses pensées. Il n'y pense juste plus. Et j'ai trouvé ça perturbant.
J'ai vu plusieurs éléments après que l'auteur les aies expliqués dans le texte. Je voyais qu'il avait mis des indices pour expliquer certains éléments, mais ça ne coulait pas comme tel. Je ne pense pas ici qu'il s'agit d'erreurs comme tel, mais juste du métier qui rentre pour un auteur. Le genre de l'horreur a ses propres codes qu'il faut apprivoiser pour les utiliser avec talent (et encore, je en suis pas une fan d'horreur!).
Ça reste un bon roman, mais je regrette que la partie fantastique/horreur soit très concentrée dans le troisième acte, ce qui fait un peu plaqué. Les allusions aux mythes algonquins et à la sorcellerie sont glaçants, mais ils arrivent bien tard dans l'histoire. La partie la plus intéressante du livre commence pourtant au moment où ces éléments entrent vraiment en ligne de compte, le reste constituant une longue introduction servant à mettre en place le décor. Une très très longue introduction.
Reste que l'écriture est forte, puissante et qu'elle charme immédiatement. Et il y a le lac Témiscamingue, personnage en soi dans l'histoire, inquiétant, mystérieux, puissant et grandiose. Juste pour ça, le roman vaut largement la peine d'être lu.
Ma note: 3.5/5
lundi 2 septembre 2019
Grand défi de la littérature québécoise 2018-2019: Bilan, coups de coeur et nuances
Salut!
Il y a un an, je me relançais dans l'enthousiasme dans le Grand défi de la littérature québécoise, version 2018-2019. J'avais déjà fait part dans mon billet d'il y a un an de certaines réserves que j'avais par rapport aux catégories et j'avais détaillé les principes qui allaient me guider dans ce nouveau défi. Donc, par rapport à cet aspect:
De un: prévoir surtout des lectures qui me tentent, d'abord et avant tout.
C'est sûr qu'avec un tel défi, ce n'est pas toujours évident de privilégier le plaisir, mais j'avoue avoir volontairement mis de côté plusieurs livres que je trouvais trop plate. Ça a fait baisser ma PAL. Entre autre!
De deux: répartir les lectures plates sur l'ensemble du défi.
Ça, j'ai travaillé dur là-dessus, surtout en faisant en sorte de livre les trucs qui me tentaient moins (la poésie???) en début de défi. Pari réussi de ce côté-là!
De trois: ne pas viser tous les bonus
(Sifflements...)
De quatre: moins de pression...
Je n'ai pas pu m'en empêcher. Je carbure aux défis. Alors, j'ai doublé l'objectif à la mi-année. Ce qui fait que le dernier quart du défi a été plus difficile (et explique l'échec du point 3).
De cinq: j'ai quelques réserves sur certaines catégories qui devraient à mon avis être incluses dans le défi et qui n'y sont pas. Défi personnel: trouver des livres qui y correspondent et les lire!
Réalisé en partie. J'aurais voulu lire un livre écrit par un québécois dans une autre langue que le français, mais de un, le livre que j'avais réservé à la bibliothèque écrit à l'origine en innu (Je suis une maudite sauvagesse de An Antane Kapesh) n'est jamais arrivé et la réédition est sortie à la mi-août, donc, je n'ai pas eu le temps de le lire. Et puis, lire en anglais, même si ça reste un défi que je me lance, risque de prendre un certain temps. Donc, exit cet aspect. Par contre, du côté des littératures autochtones, j'ai fait plusieurs magnifiques découvertes!
Bilan général:
Ce genre de défi sert à nous sortir de nos pantoufles littéraires, à explorer et à découvrir. De ce côté-là, aucun problème. Parce que justement, ça m'a poussé à la fois à lire de nouveaux livres, des auteurs que je ne connaissais pas, mais aussi fouiner dans ma PAL pour en sortir des trésors cachées et enfin lire des livres que j'avais noté il y a des années. Dans tous les cas, beaucoup de positif.
Une constatation? La littérature québécoise est beaucoup plus vaste, riche, variée et couvre tous les champs du possible que ne le laisse croire les palmarès. On a absolument rien à envier aux autres scènes littéraires! Par contre, les publications en grand volume sont centrées sur un certain genre qui plaît au grand public. Il faut aller chercher ailleurs pour trouver son bonheur et oui, ça demande parfois quelques recherches.
Coups de coeur:
Beaucoup de livres l'ont frôlé le coup de coeur! Mais six élus en sont des vrais!
S'enfuir de Guy Delisle
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
Arvida de Samuel Archibald
La femmes aux cartes postales de Jean-Paul Eid et Claude Paiement
Chroniques sauvages: Teshkan de François Lapierre
Ashini d'Yves Thériault
Parmi les non-coups de coeur à retenir, il y a le superbe Manikanetish de Naomi Fontaine, La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen et Ça sent le swing d'Enzo.
J'ai aussi exploré des livres qui trônaient dans ma bibliothèque depuis longtemps, entre autre la trilogie de La suite du temps de Daniel Sernine (il était temps que je la lise!) et la quadralogie des Fleurs du roi de Julie Martel. Les défis sont utiles pour explorer la PAL!
Il y a une poignée de livres que je n'ai pas critiqué, pour diverses raisons. La grande majorité des livres ont eu droit à une critique (ou en auront une!)
Nuances:
Si jamais le défi revenait, je risque de ne pas rempiler pour une troisième fois. Pas qu'il ne soit pas intéressant en lui-même. Deux choses me poussent à dire ça.
Le premier: c'est long un défi d'un an! Et c'est très exigeant parce que j'ai mis de côté toutes les autres lectures que j'aurais pu faire (mais j'ai pris beaucoup de notes!). La littérature québécoise est certes riche à souhait, mais j'ai plusieurs volumes de littérature étrangère qui me font de l'oeil depuis un moment maintenant. On va continuer à combiner mon amour des deux sur le long terme.
Le deuxième: ça tiens plus à l'organisation du défi. Certes, il y a une page FB pour que les différentes participants puissent partager leur expérience, mais elle manque cruellement d'animation. J'ai eu l'impression de faire le défi un peu toute seule dans mon coin. Et même si ça m'a apporté beaucoup, c'est lourd de faire ça seule. J'aurais aussi aimé avoir plus de différences dans le tableau de pointage par rapport à la précédente édition, mais j'ai eu l'impression que certaines choses dans le défi étaient coulées dans le béton et n'allaient pas évoluer si une troisième édition devait avoir lieu un jour. Tout ça me pousse à dire que ce sera sans doute ma dernière participation. Je crois par contre beaucoup au potentiel de ce genre de défi. J'ai proposé à l'organisateur de le reprendre, mais il a décliné ma proposition.
Voici les tableaux excel complet de mes lectures du défi:
@+ Mariane
Il y a un an, je me relançais dans l'enthousiasme dans le Grand défi de la littérature québécoise, version 2018-2019. J'avais déjà fait part dans mon billet d'il y a un an de certaines réserves que j'avais par rapport aux catégories et j'avais détaillé les principes qui allaient me guider dans ce nouveau défi. Donc, par rapport à cet aspect:
De un: prévoir surtout des lectures qui me tentent, d'abord et avant tout.
C'est sûr qu'avec un tel défi, ce n'est pas toujours évident de privilégier le plaisir, mais j'avoue avoir volontairement mis de côté plusieurs livres que je trouvais trop plate. Ça a fait baisser ma PAL. Entre autre!
De deux: répartir les lectures plates sur l'ensemble du défi.
Ça, j'ai travaillé dur là-dessus, surtout en faisant en sorte de livre les trucs qui me tentaient moins (la poésie???) en début de défi. Pari réussi de ce côté-là!
De trois: ne pas viser tous les bonus
(Sifflements...)
De quatre: moins de pression...
Je n'ai pas pu m'en empêcher. Je carbure aux défis. Alors, j'ai doublé l'objectif à la mi-année. Ce qui fait que le dernier quart du défi a été plus difficile (et explique l'échec du point 3).
De cinq: j'ai quelques réserves sur certaines catégories qui devraient à mon avis être incluses dans le défi et qui n'y sont pas. Défi personnel: trouver des livres qui y correspondent et les lire!
Réalisé en partie. J'aurais voulu lire un livre écrit par un québécois dans une autre langue que le français, mais de un, le livre que j'avais réservé à la bibliothèque écrit à l'origine en innu (Je suis une maudite sauvagesse de An Antane Kapesh) n'est jamais arrivé et la réédition est sortie à la mi-août, donc, je n'ai pas eu le temps de le lire. Et puis, lire en anglais, même si ça reste un défi que je me lance, risque de prendre un certain temps. Donc, exit cet aspect. Par contre, du côté des littératures autochtones, j'ai fait plusieurs magnifiques découvertes!
Bilan général:
Ce genre de défi sert à nous sortir de nos pantoufles littéraires, à explorer et à découvrir. De ce côté-là, aucun problème. Parce que justement, ça m'a poussé à la fois à lire de nouveaux livres, des auteurs que je ne connaissais pas, mais aussi fouiner dans ma PAL pour en sortir des trésors cachées et enfin lire des livres que j'avais noté il y a des années. Dans tous les cas, beaucoup de positif.
Une constatation? La littérature québécoise est beaucoup plus vaste, riche, variée et couvre tous les champs du possible que ne le laisse croire les palmarès. On a absolument rien à envier aux autres scènes littéraires! Par contre, les publications en grand volume sont centrées sur un certain genre qui plaît au grand public. Il faut aller chercher ailleurs pour trouver son bonheur et oui, ça demande parfois quelques recherches.
Coups de coeur:
Beaucoup de livres l'ont frôlé le coup de coeur! Mais six élus en sont des vrais!
S'enfuir de Guy Delisle
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
Arvida de Samuel Archibald
La femmes aux cartes postales de Jean-Paul Eid et Claude Paiement
Chroniques sauvages: Teshkan de François Lapierre
Ashini d'Yves Thériault
Parmi les non-coups de coeur à retenir, il y a le superbe Manikanetish de Naomi Fontaine, La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen et Ça sent le swing d'Enzo.
J'ai aussi exploré des livres qui trônaient dans ma bibliothèque depuis longtemps, entre autre la trilogie de La suite du temps de Daniel Sernine (il était temps que je la lise!) et la quadralogie des Fleurs du roi de Julie Martel. Les défis sont utiles pour explorer la PAL!
Il y a une poignée de livres que je n'ai pas critiqué, pour diverses raisons. La grande majorité des livres ont eu droit à une critique (ou en auront une!)
Nuances:
Si jamais le défi revenait, je risque de ne pas rempiler pour une troisième fois. Pas qu'il ne soit pas intéressant en lui-même. Deux choses me poussent à dire ça.
Le premier: c'est long un défi d'un an! Et c'est très exigeant parce que j'ai mis de côté toutes les autres lectures que j'aurais pu faire (mais j'ai pris beaucoup de notes!). La littérature québécoise est certes riche à souhait, mais j'ai plusieurs volumes de littérature étrangère qui me font de l'oeil depuis un moment maintenant. On va continuer à combiner mon amour des deux sur le long terme.
Le deuxième: ça tiens plus à l'organisation du défi. Certes, il y a une page FB pour que les différentes participants puissent partager leur expérience, mais elle manque cruellement d'animation. J'ai eu l'impression de faire le défi un peu toute seule dans mon coin. Et même si ça m'a apporté beaucoup, c'est lourd de faire ça seule. J'aurais aussi aimé avoir plus de différences dans le tableau de pointage par rapport à la précédente édition, mais j'ai eu l'impression que certaines choses dans le défi étaient coulées dans le béton et n'allaient pas évoluer si une troisième édition devait avoir lieu un jour. Tout ça me pousse à dire que ce sera sans doute ma dernière participation. Je crois par contre beaucoup au potentiel de ce genre de défi. J'ai proposé à l'organisateur de le reprendre, mais il a décliné ma proposition.
Voici les tableaux excel complet de mes lectures du défi:
293 points au final, je suis contente!
@+ Mariane
jeudi 29 août 2019
Borealium Tremens de Mathieu Villeneuve
Borealium Tremens Mathieu Villeneuve De la Peuplade 347 pages
Résumé:
À la mort de son grand-oncle dont on a jamais retrouvé le corps, David Gagnon, un saguenéen, hérite de la terre et de la maison ancestrale de sa famille, surnommée la Maison brûlée, dans les rangs de St-Christophe-de-la-traverse, au Lac-St-Jean. Il s'y installe dans le but de cultiver la terre familiale, mais aussi d'écrire un roman de la terre.
Mon avis:
Je suis partagée entre deux sentiments concernant ce roman. Je vais le comparer à une pomme. Sois c'est une pomme verte, pas assez mûre, qui a été lancée dans l'univers trop tôt. Sois c'est une pomme trop vieille, tellement manipulée et tâtonnée qu'elle est remplie de poques. Dans les deux cas, le résultat est le même: l'idée derrière le roman n'est pas mauvaise en soi, mais dans sa forme actuelle, je crois qu'il aurait mieux valu ne pas le publier.
Une des premières choses qui m'a sauté dans la face, c'est le temps de verbe utilisé pour le roman. Il est écrit au passé, mais absolument rien ne le justifie. Ça met les événements à distance, rend les personnages moins proche et je sais pas, ça m'a dérangé, alors que d'habitude, ce n'est pas le genre de choses que je remarque. Il y a quelques changements de narrateur au cours du roman et ils me faisaient à chaque fois l'impression d'un bruit d'ongles sur un tableau à craie. Ils n'apportaient rien à l'histoire et semblaient être là pour faciliter le travail de l'auteur plus qu'autre chose.
L'auteur a décidé de jouer dans les cordes du roman très alcoolisé. Je n'ai rien contre, mais ce genre a ses codes. Et l'auteur les rate admirablement bien. Si le roman parle beaucoup de consommation d'alcool, ses personnages n'ont jamais l'air saoul. Ni d'avoir de raison particulière de boire, sinon pour boire seulement. Et ça, ça enlève pas mal de couche de sens. D'ailleurs, à part un désespoir acquis à la naissance, on ne peut comprendre pourquoi ils lèvent autant le coude. Qui plus est, le nombre de fois où tout le monde prend le volant avec un taux d'alcoolémie à saouler les alcootest est absolument invraisemblable. Une vingtaine de bière dans une nuit et on tient encore le volant? À 130 km/h? Vraiment? Ça fait pas sérieux.
L'auteur a aussi voulu reprendre les codes des romans de la terre en version déjantée, mais je n'y aie pas cru. Le langage est là, les mots sont là, les images sont là, mais la colle qui les lie n'y est pas. Il ne suffit pas de parler de la terre pour lui rendre hommage, il faut qu'elle soit incarnée, un personnage en elle-même. Mais là, elle n'est rien. À peine un décor. Par contre, le portrait tracé du Lac-St-Jean et l'amour de cette région transparaît à chacune des pages.
Quand aux personnages... Je ne pourrais pas dire qui est David Gagnon ni ce qui l'anime dans la vie. Au début du livre, il veut reprendre la terre familiale et écrire un roman de la terre. C'est pas mal tout ce qu'on saura de tout le roman de ses motivations et même, je dirais, de lui. Les autres personnages qui l'entourent ne sont guère mieux. Lianah, son ancienne amoureuse, n'a même pas de famille ni de passé en-dehors de sa relation avec les deux frères Gagnon. La scène où elle enfile juste comme ça une vieille robe trouvée dans un placard d'une maison incendiée que l'auteur nous a amplement décrite comme crasseuse à l'extrême ne fait absolument pas sérieux! Son frère Alexis n'est guère mieux. Ses deux-là auraient pu disparaître de l'histoire sans que cela n'y change rien. Les personnages du village sont caricaturaux à l'extrême, souvent réduit à un seul aspect. Pourquoi sont-ils comme ils sont? On peut accuser entre les lignes du roman le travail, l'alcool et l'isolement, mais sincèrement, c'est bien mince pour expliquer le comportement de toute une population. Personne n'a de motivation à agir comme ils le font, pas plus le personnage principal que les autres.
Les deux seuls personnages intéressants du roman sont Marie Bouchard et John Scott, deux demi-frère et soeur, qui savent quelque chose de plus que les autres. C'est dans leurs mystères et dans leurs personnalités que résident leur intérêt, parce qu'eux, contrairement aux autres, semblent avoir un but. On ne les voit pas beaucoup, mais ils donnent du tonus à une histoire qui n'a autrement aucun sens. J'aurais juste mieux aimé comprendre leur destin final.
L'auteur consacre plusieurs chapitres à la destruction physique et mentale de son personnage principal, qui sombre dans l'ivresse la plus crasse, la déchéance la plus profonde... pour aucune raison. On enfile les mots en se demandant pourquoi donc, mais aucune réponse ne sera apportée. Et ça ajoute tellement au sentiment de non-sens de l'ensemble de l'histoire. La langue utilisée pour les descriptions est belle, mais elle ne mène à rien et elle n'est pas suffisante en elle-même pour soutenir l'intérêt.
Parlons-en de la langue et du style. Parce que du vocabulaire, l'auteur en a et on sent qu'il a déjà vu et vécu dans les lieux dont il parle. C'est dans le rendu qu'est le problème. Il accumule sans fin les descriptions, riches en mots et en termes précis. Souvent, il commence à décrire un lieu et il fait des phrases à rallonge avec sept, huit, neuf virgules. À la lecture, on devient assommé, ça devient lourd et on en perd le sens de ce qui nous est montré. Ça et les innombrables répétitions. On le sait qu'on est sur le bord de la Péribonka, pas besoin de le dire aux dix pages!
L'auteur se permet aussi quelques touches de fantastiques ici et là, mais j'ai trouvé que la moitié d'entre elles étaient atroces parce que complètement tombées du ciel. Les autres peuvent faire penser à du réalisme magique, mais là où la quantité d'alcool ingurgité aurait très bien tout pu permettre de tout expliquer, on se demande pourquoi ces choses arrivent et bon, apportent-elles vraiment quelque chose à l'histoire?
Bon et bien, en guise de conclusion à cette critique résolument peu positive, je vais me permettre quand même de dire ceci: il y a quelque chose quand même dans l'écriture de l'auteur. Quelque chose qui est harnaché dans un corset, comme une rivière est prise dans un réservoir, mais qui est là. C'est dommage, mais au moins, on peut se permettre d'espérer mieux pour l'avenir. Parce que s'il y a une chose qu'on peut donner à ce livre sans la moindre hésitation, c'est un amour profond pour la région du Lac St-Jean et une volonté de s'inspirer de son terroir et de ses histoires pour nous les faire connaître. Et il y a amplement là matière à d'autres romans.
Ma note: 2.25/5
Résumé:
À la mort de son grand-oncle dont on a jamais retrouvé le corps, David Gagnon, un saguenéen, hérite de la terre et de la maison ancestrale de sa famille, surnommée la Maison brûlée, dans les rangs de St-Christophe-de-la-traverse, au Lac-St-Jean. Il s'y installe dans le but de cultiver la terre familiale, mais aussi d'écrire un roman de la terre.
Mon avis:
Je suis partagée entre deux sentiments concernant ce roman. Je vais le comparer à une pomme. Sois c'est une pomme verte, pas assez mûre, qui a été lancée dans l'univers trop tôt. Sois c'est une pomme trop vieille, tellement manipulée et tâtonnée qu'elle est remplie de poques. Dans les deux cas, le résultat est le même: l'idée derrière le roman n'est pas mauvaise en soi, mais dans sa forme actuelle, je crois qu'il aurait mieux valu ne pas le publier.
Une des premières choses qui m'a sauté dans la face, c'est le temps de verbe utilisé pour le roman. Il est écrit au passé, mais absolument rien ne le justifie. Ça met les événements à distance, rend les personnages moins proche et je sais pas, ça m'a dérangé, alors que d'habitude, ce n'est pas le genre de choses que je remarque. Il y a quelques changements de narrateur au cours du roman et ils me faisaient à chaque fois l'impression d'un bruit d'ongles sur un tableau à craie. Ils n'apportaient rien à l'histoire et semblaient être là pour faciliter le travail de l'auteur plus qu'autre chose.
L'auteur a décidé de jouer dans les cordes du roman très alcoolisé. Je n'ai rien contre, mais ce genre a ses codes. Et l'auteur les rate admirablement bien. Si le roman parle beaucoup de consommation d'alcool, ses personnages n'ont jamais l'air saoul. Ni d'avoir de raison particulière de boire, sinon pour boire seulement. Et ça, ça enlève pas mal de couche de sens. D'ailleurs, à part un désespoir acquis à la naissance, on ne peut comprendre pourquoi ils lèvent autant le coude. Qui plus est, le nombre de fois où tout le monde prend le volant avec un taux d'alcoolémie à saouler les alcootest est absolument invraisemblable. Une vingtaine de bière dans une nuit et on tient encore le volant? À 130 km/h? Vraiment? Ça fait pas sérieux.
L'auteur a aussi voulu reprendre les codes des romans de la terre en version déjantée, mais je n'y aie pas cru. Le langage est là, les mots sont là, les images sont là, mais la colle qui les lie n'y est pas. Il ne suffit pas de parler de la terre pour lui rendre hommage, il faut qu'elle soit incarnée, un personnage en elle-même. Mais là, elle n'est rien. À peine un décor. Par contre, le portrait tracé du Lac-St-Jean et l'amour de cette région transparaît à chacune des pages.
Quand aux personnages... Je ne pourrais pas dire qui est David Gagnon ni ce qui l'anime dans la vie. Au début du livre, il veut reprendre la terre familiale et écrire un roman de la terre. C'est pas mal tout ce qu'on saura de tout le roman de ses motivations et même, je dirais, de lui. Les autres personnages qui l'entourent ne sont guère mieux. Lianah, son ancienne amoureuse, n'a même pas de famille ni de passé en-dehors de sa relation avec les deux frères Gagnon. La scène où elle enfile juste comme ça une vieille robe trouvée dans un placard d'une maison incendiée que l'auteur nous a amplement décrite comme crasseuse à l'extrême ne fait absolument pas sérieux! Son frère Alexis n'est guère mieux. Ses deux-là auraient pu disparaître de l'histoire sans que cela n'y change rien. Les personnages du village sont caricaturaux à l'extrême, souvent réduit à un seul aspect. Pourquoi sont-ils comme ils sont? On peut accuser entre les lignes du roman le travail, l'alcool et l'isolement, mais sincèrement, c'est bien mince pour expliquer le comportement de toute une population. Personne n'a de motivation à agir comme ils le font, pas plus le personnage principal que les autres.
Les deux seuls personnages intéressants du roman sont Marie Bouchard et John Scott, deux demi-frère et soeur, qui savent quelque chose de plus que les autres. C'est dans leurs mystères et dans leurs personnalités que résident leur intérêt, parce qu'eux, contrairement aux autres, semblent avoir un but. On ne les voit pas beaucoup, mais ils donnent du tonus à une histoire qui n'a autrement aucun sens. J'aurais juste mieux aimé comprendre leur destin final.
L'auteur consacre plusieurs chapitres à la destruction physique et mentale de son personnage principal, qui sombre dans l'ivresse la plus crasse, la déchéance la plus profonde... pour aucune raison. On enfile les mots en se demandant pourquoi donc, mais aucune réponse ne sera apportée. Et ça ajoute tellement au sentiment de non-sens de l'ensemble de l'histoire. La langue utilisée pour les descriptions est belle, mais elle ne mène à rien et elle n'est pas suffisante en elle-même pour soutenir l'intérêt.
Parlons-en de la langue et du style. Parce que du vocabulaire, l'auteur en a et on sent qu'il a déjà vu et vécu dans les lieux dont il parle. C'est dans le rendu qu'est le problème. Il accumule sans fin les descriptions, riches en mots et en termes précis. Souvent, il commence à décrire un lieu et il fait des phrases à rallonge avec sept, huit, neuf virgules. À la lecture, on devient assommé, ça devient lourd et on en perd le sens de ce qui nous est montré. Ça et les innombrables répétitions. On le sait qu'on est sur le bord de la Péribonka, pas besoin de le dire aux dix pages!
L'auteur se permet aussi quelques touches de fantastiques ici et là, mais j'ai trouvé que la moitié d'entre elles étaient atroces parce que complètement tombées du ciel. Les autres peuvent faire penser à du réalisme magique, mais là où la quantité d'alcool ingurgité aurait très bien tout pu permettre de tout expliquer, on se demande pourquoi ces choses arrivent et bon, apportent-elles vraiment quelque chose à l'histoire?
Bon et bien, en guise de conclusion à cette critique résolument peu positive, je vais me permettre quand même de dire ceci: il y a quelque chose quand même dans l'écriture de l'auteur. Quelque chose qui est harnaché dans un corset, comme une rivière est prise dans un réservoir, mais qui est là. C'est dommage, mais au moins, on peut se permettre d'espérer mieux pour l'avenir. Parce que s'il y a une chose qu'on peut donner à ce livre sans la moindre hésitation, c'est un amour profond pour la région du Lac St-Jean et une volonté de s'inspirer de son terroir et de ses histoires pour nous les faire connaître. Et il y a amplement là matière à d'autres romans.
Ma note: 2.25/5
jeudi 22 août 2019
Rewind de Philippe Girard
Rewind Philippe Girard Glénat Québec 135 pages
Mon avis:
Assez particulier comme BD. Le personnage principal meurt et revient à chaque fois à la vie, faisant face à la même situation, essayant de mettre un terme à l'éternel recommencement de son histoire. Un thème qui a déjà été exploré dans la fiction et que l'auteur a repris, sinon avec talent, du moins avec compétence.
C'est qu'au fil des retours en arrière, on remonte toujours un peu plus loin dans le fil du temps, ce qui éclaire le lecteur sur le pourquoi de cette situation. Par contre, l'histoire est très répétitive (forcément, vu le thème), mais les différents retours en arrière n'amènent rien de vraiment concret. Le personnage principal doit faire le bon choix entre cinq femmes, mais c'est chaque fois un hasard et la fin ne nous permet pas de conclure qu'un des choix serait le bon parmi toutes les options qu'il a.
Le dessin, qui m'a semblé fait au fusain, est très réussi dans la plus grand partie de l'album, mais bon, vu l'auteur, je ne suis pas le moins du monde surprise! La plupart des dessins ont un trait volontiers épais, qui souligne beaucoup les traits des personnages. Et c'est là que le bât blesse: l'auteur se laisse peu de marge au dessin pour distinguer ses personnages, en particulier les personnages féminins. Deux des sauveuses étaient presque pareils: même bouche, même nez, mêmes yeux, presque la même coiffure. Ce manque de variété, lié à la répétition, m'a beaucoup dérangé à la lecture.
Un bon opus? Non, pas son meilleur, mais de reprendre cette thématique n'était pas une mauvaise idée en soi. C'est juste que le rendu n'est pas à la hauteur.
Ma note: 3/5
Résumé:
Un homme court dans la rue. Il est blessé. On lui a tiré dessus. Cinq femmes sont devant lui. L'une d'entre elle pourra le sauver, mais laquelle?Mon avis:
Assez particulier comme BD. Le personnage principal meurt et revient à chaque fois à la vie, faisant face à la même situation, essayant de mettre un terme à l'éternel recommencement de son histoire. Un thème qui a déjà été exploré dans la fiction et que l'auteur a repris, sinon avec talent, du moins avec compétence.
C'est qu'au fil des retours en arrière, on remonte toujours un peu plus loin dans le fil du temps, ce qui éclaire le lecteur sur le pourquoi de cette situation. Par contre, l'histoire est très répétitive (forcément, vu le thème), mais les différents retours en arrière n'amènent rien de vraiment concret. Le personnage principal doit faire le bon choix entre cinq femmes, mais c'est chaque fois un hasard et la fin ne nous permet pas de conclure qu'un des choix serait le bon parmi toutes les options qu'il a.
Le dessin, qui m'a semblé fait au fusain, est très réussi dans la plus grand partie de l'album, mais bon, vu l'auteur, je ne suis pas le moins du monde surprise! La plupart des dessins ont un trait volontiers épais, qui souligne beaucoup les traits des personnages. Et c'est là que le bât blesse: l'auteur se laisse peu de marge au dessin pour distinguer ses personnages, en particulier les personnages féminins. Deux des sauveuses étaient presque pareils: même bouche, même nez, mêmes yeux, presque la même coiffure. Ce manque de variété, lié à la répétition, m'a beaucoup dérangé à la lecture.
Un bon opus? Non, pas son meilleur, mais de reprendre cette thématique n'était pas une mauvaise idée en soi. C'est juste que le rendu n'est pas à la hauteur.
Ma note: 3/5
mardi 20 août 2019
Danger public de Leif Tande et Phlppgrrd
Danger public Leif Tande et Phlppgrrd La Pastèque Non-paginé
Résumé:
Il y a un barbier, dans sa boutique. Il regarde dans le restaurant d'en face. Il y a là le Danger public, l'homme qui, quand il aura fini son repas, va traverser la rue et venir le tuer. Le barbier veut éviter ça. Alors, derrière sa vitrine, il cherche une façon de traverser la rue pour aller tuer le Danger public.
Mon avis:
Cette BD est un peu un ovni littéraire. Parce que durant tout le livre, le barbier essaie de trouver une façon de tuer le Danger public. Il réfléchit: je devrais faire ci et ça, mais ah non, ça ne marchera pas à cause de ça et il recommence, inventant des histoires de plus en plus précise, des plans de plus en plus fous. Tout au long de l'histoire, on se demandera si ce barbier a raison de craindre le Danger public ou si c'est simplement une menace qu'il invente. Comme le récit fonctionne à la limite entre les deux, il en devient très intéressant, parce que toutes ses élucubrations nous emmèneront en à savoir beaucoup plus long sur lui qu'il n'en aurait probablement dit de lui-même.
Le barbier commence par une histoire simple qu'il complexifie ensuite, ajoutant des péripéties, tentant de prévenir les obstacles et les difficultés. Ce faisant, il reprend sans cesse la même histoire en modifiant une petite partie de celle-ci, principe vieux comme le monde, mais rendu de façon efficace. On rigole à certaines de ses idées, mais on se demande toujours s'il est sérieux ou non.
Le dessin est volontairement fait de traits très épais, comme si on avait dessiné l'album au complet au crayon marqueur. Pourtant, ça ne nuit pas du tout à l'histoire, qui au contraire, y gagne une texture très intéressante. Comme si on voyait cet univers comme le personnage le voit: à gros traits. Le traitement des cases, complètement éclaté, convient bien au sujet. Souvent d'ailleurs, pour marquer la fin d'une des possibilités pour tuer le Danger public, les auteurs nous offrent une planche pleine page du barbier, qui au fond, ne bougera pas de sa fenêtre de tout l'album.
Je crois que cet album peut se lire autant comme une histoire que comme une exploration des possibilités de la BD. Une forme assez éclatée, intéressante, mais fascinante? Je n'irais pas jusque là.
Ma note: 3.75/5
jeudi 15 août 2019
La tournée d'automne de Jacques Poulin
La tournée d'automne Jacques Poulin Collection Nomades Leméac 191 pages
Résumé:
Le chauffeur du bibliobus s'embarque pour sa tournée d'été. Personne ne le sait sauf lui, mais il s'agit de sa dernière. Il va parcourir les petits villages de la Côte-Nord, emmener des livres aux lecteurs éloignés, faire circuler la littérature partout et ensuite, au bout du voyage, il branchera le tuyau d'échappement à la cabine du passager et quittera ce monde. C'est sans compter sur une troupe de saltimbanque et sa directrice qui, petit à petit, vont lui permettre de voir un autre sens au mot vieillir.
Mon avis:
Ce n'est pas un récit enlevant que ce livre, mais c'est tout à fait dans la palette de l'auteur. Un récit simple, plus axé sur une tranche de la vie des personnages qu'il est en train de raconter plus que par une histoire, mais qui en même temps, leur laisse une large place, dans toutes leurs nuances. Le tout porté par une écriture, qui, il faut le dire, est magnifique.
Le Chauffeur, jamais nommé, exerce un curieux métier: chauffeur de bibliobus. Avec cet aspect, il couvre à la fois les villages éloignés de la Côte-Nord, le fleuve et ses paysages magnifiques et la littérature. Parce que ce livre est autant un roman que le récit d'un voyage. Tout au long, il nous décrit les villages, les gens qui les habitent, les paysages, mais il se permet aussi beaucoup de commentaires sur la littérature, sur les auteurs, sur la poésie. Charmant, avec un petit souffle de la magie du fleuve.
J'ai eu peur durant à peu près toute la lecture d'un «effet sauveuse», la version littéraire d'une manpixie dream des films américains. Ça a, je l'avoue, teinté ma lecture, mais au final, non, l'auteur a trouvé le moyen de ne pas tomber dans ce travers. Mais qu'est-ce que ça a flirté avec tout au long...
Rien d'exceptionnel, rien de percutant, juste une petite histoire tranquille, très humaine. Pour qui aime Jacques Poulin, ce sera un régal, pour les autres, c'est une bonne oeuvre pour le découvrir, mais ce n'est pas sa meilleure.
Ma note: 3.75/5
Résumé:
Le chauffeur du bibliobus s'embarque pour sa tournée d'été. Personne ne le sait sauf lui, mais il s'agit de sa dernière. Il va parcourir les petits villages de la Côte-Nord, emmener des livres aux lecteurs éloignés, faire circuler la littérature partout et ensuite, au bout du voyage, il branchera le tuyau d'échappement à la cabine du passager et quittera ce monde. C'est sans compter sur une troupe de saltimbanque et sa directrice qui, petit à petit, vont lui permettre de voir un autre sens au mot vieillir.
Mon avis:
Ce n'est pas un récit enlevant que ce livre, mais c'est tout à fait dans la palette de l'auteur. Un récit simple, plus axé sur une tranche de la vie des personnages qu'il est en train de raconter plus que par une histoire, mais qui en même temps, leur laisse une large place, dans toutes leurs nuances. Le tout porté par une écriture, qui, il faut le dire, est magnifique.
Le Chauffeur, jamais nommé, exerce un curieux métier: chauffeur de bibliobus. Avec cet aspect, il couvre à la fois les villages éloignés de la Côte-Nord, le fleuve et ses paysages magnifiques et la littérature. Parce que ce livre est autant un roman que le récit d'un voyage. Tout au long, il nous décrit les villages, les gens qui les habitent, les paysages, mais il se permet aussi beaucoup de commentaires sur la littérature, sur les auteurs, sur la poésie. Charmant, avec un petit souffle de la magie du fleuve.
J'ai eu peur durant à peu près toute la lecture d'un «effet sauveuse», la version littéraire d'une manpixie dream des films américains. Ça a, je l'avoue, teinté ma lecture, mais au final, non, l'auteur a trouvé le moyen de ne pas tomber dans ce travers. Mais qu'est-ce que ça a flirté avec tout au long...
Rien d'exceptionnel, rien de percutant, juste une petite histoire tranquille, très humaine. Pour qui aime Jacques Poulin, ce sera un régal, pour les autres, c'est une bonne oeuvre pour le découvrir, mais ce n'est pas sa meilleure.
Ma note: 3.75/5
jeudi 8 août 2019
Ça sent le swing! Chroniques d'une tournée improvisée d'Enzo
Ça sent le swing! Chroniques d'une tournée improvisée Enzo La Bagnole 56 pages
Résumé:
Six jeunes adultes partent dans une tournée improvisée dans l'est du Québec, espérant trouver du public et faire partager leur amour pour leur genre de prédilection: le jazz manouche.
Mon avis:
Cet album a tout du roadtrip de gang, avec la particularité que l'on suit une gang de jeunes musiciens. Adeptes de la débrouille, du camping sauvage et de l'improvisation musicale, les jeunes se lancent un peu à l'aveuglette dans ce périple, espérant trouver des salles où jouer en route. Si l'on se fie au récit, cette partie a réussit.
L'expérience est racontée du point de vue du groupe et non pas de l'un de ses protagonistes, ce que j'ai trouvé intéressant. L'effet trip de gang est par conséquent très bien rendu. Leurs aventures sont plus dans le registre des anecdotes de voyage que dans les grandes aventures qui transforment une vie, mais c'est justement ce qui rend le récit sympathique. On parle ici de six montréalais/banlieusards qui partent en région et font part de toutes les découvertes qu'ils font, des plus petits aux plus grandes. L'album reste silencieux sur les conflits petits et grands qui peuvent forcément survenir lors d'un tel voyage. Et finalement, ce n'est pas plus mal.
Par contre, on en apprend beaucoup sur la musique. Les divers instruments du jazz manouche sont présentés, ainsi que leurs particularités. On parle aussi des petits incidents qui peuvent arriver en tournée, de comment on improvise dans un groupe de jazz, de comment, eux, voit leur musique. Et c'est très intéressant.
Le dessin, à mes yeux, ressemble au jazz manouche. Les coloris sont dans tes teintes chaudes, mais sans couleurs franches et les dessins sont tout en rondeurs, avec très peu d'angles dans les corps et les décors. Les visages ont un petit côté caricatural qui fait que l'on confond parfois certains des protagonistes, mais ça ne m'a pas dérangée comme tel à cause de l'effet gang du récit.
Un bel hommage à un genre musical, mais aussi à la Gaspésie et à ses paysages.
Ma note: 4.5/5
Résumé:
Six jeunes adultes partent dans une tournée improvisée dans l'est du Québec, espérant trouver du public et faire partager leur amour pour leur genre de prédilection: le jazz manouche.
Mon avis:
Cet album a tout du roadtrip de gang, avec la particularité que l'on suit une gang de jeunes musiciens. Adeptes de la débrouille, du camping sauvage et de l'improvisation musicale, les jeunes se lancent un peu à l'aveuglette dans ce périple, espérant trouver des salles où jouer en route. Si l'on se fie au récit, cette partie a réussit.
L'expérience est racontée du point de vue du groupe et non pas de l'un de ses protagonistes, ce que j'ai trouvé intéressant. L'effet trip de gang est par conséquent très bien rendu. Leurs aventures sont plus dans le registre des anecdotes de voyage que dans les grandes aventures qui transforment une vie, mais c'est justement ce qui rend le récit sympathique. On parle ici de six montréalais/banlieusards qui partent en région et font part de toutes les découvertes qu'ils font, des plus petits aux plus grandes. L'album reste silencieux sur les conflits petits et grands qui peuvent forcément survenir lors d'un tel voyage. Et finalement, ce n'est pas plus mal.
Par contre, on en apprend beaucoup sur la musique. Les divers instruments du jazz manouche sont présentés, ainsi que leurs particularités. On parle aussi des petits incidents qui peuvent arriver en tournée, de comment on improvise dans un groupe de jazz, de comment, eux, voit leur musique. Et c'est très intéressant.
Le dessin, à mes yeux, ressemble au jazz manouche. Les coloris sont dans tes teintes chaudes, mais sans couleurs franches et les dessins sont tout en rondeurs, avec très peu d'angles dans les corps et les décors. Les visages ont un petit côté caricatural qui fait que l'on confond parfois certains des protagonistes, mais ça ne m'a pas dérangée comme tel à cause de l'effet gang du récit.
Un bel hommage à un genre musical, mais aussi à la Gaspésie et à ses paysages.
Ma note: 4.5/5
jeudi 1 août 2019
Hiver nucléaire 3 de Cab
Hiver nucléaire 3 Cab Front froid 91 pages
Résumé:
Flavie et Marco forment désormais un couple, mais il y a tempête à l'horizon. Désireux de développer sa carrière de critique littéraire, Marco court les lancements et les 5 à 7, laissant Flavie à la maison et plutôt dépitée. C'est alors que son ancien prof de l'UQÀM la contacte à propos de la station météo sur son toit. De fil en aiguille, elle se retrouve à collaborer avec les étudiants d'un projet visant à connecter les informations de toutes les stations météos de l'île de Montréal, en particulier celles qui ne donnent plus de nouvelles. Et qui sont souvent situées dans les zones les plus reculées, et aussi les plus dangereuses de l'île, celles qu'elle connaît bien à cause de son travail de courrier. Retrouver ces données pourrait permettre d'enfin comprendre l'hiver nucléaire qui stagne sur la ville.
Mon avis:
C'est dur de maintenir un haut standard de qualité quand on fait une série, l'un des tomes devenant automatiquement plus faible que les autres. Celui-ci passe la rampe de test avec honneur même si je l'ai trouvé un poil moins bon que les deux précédents, mais vraiment d'un poil. L'effet de nouveauté qui n'est plus là? Peut-être...
On retrouve donc Flavie, toujours courrier, mais désormais en couple avec Marco. Sauf que leurs amours ne sont pas toujours simples! J'ai bien aimé cette idée de montrer un couple qui ne fonctionne pas, la mécanique des conflits et des désirs de l'un et de l'autre. Rien pour révolutionner la roue, mais c'était franchement bien fait! Les deux personnages, Flavie et Marco sont complets, entiers et leur relation est bien développée. Les autres personnages qui se greffent autour ont également cette particularité: ils sont tous bien développés, avec leurs propres personnalités. On retrouve avec bonheur la soeur de Flavie. Le deuxième tome étant passé par là, la relation entre les deux frangines a beaucoup changé. Pour le mieux. Et il y a cet étudiant en charge de l'équipe de recherche, Alex, un gars super sympathique et terre-à-terre qui montre une autre réalité des milieux universitaires. Il n'a pas les connaissances du terrain de Flavie, mais il n'a peut-être pas des muscles que dans la tête!
C'est d'ailleurs l'une des scènes les plus mémorables de l'album que celle du passage dans Hochelag, devenu un village autonome mené de main de maître par une dame aux bigoudis irradiés qui n'a pas la langue dans sa poche! Leur détour par ce quartier est hilarant, tout en étant hautement réaliste: on reconnaît les bâtiments, l'allure d'Hochelaga, même si est bien évidemment tout est enfoui sous une bonne couche de neige.
Le dessin de l'auteure est toujours aussi redoutable, mais en comparant avec le premier tome, on voit une nette évolution. Tout en conservant le côté cartoonesque qui fait le bonheur de cette série, on voit le dessin se raffiner, devenir plus précis, plus défini. Le travail sur les couleurs a aussi beaucoup évolué et les scènes vers la fin, près de la centrale nucléaire, sont tout simplement magnifiques. Le découpage, actif, multipliant les points de vue originaux donne une ampleur à cette BD que l'on ne soupçonnerait pas à première vue.
Bref, pour tous les amateurs de BD et de science-fiction, cette série en trois tomes est un petit régal à savourer!
Ma note: 4.75/5
Résumé:
Flavie et Marco forment désormais un couple, mais il y a tempête à l'horizon. Désireux de développer sa carrière de critique littéraire, Marco court les lancements et les 5 à 7, laissant Flavie à la maison et plutôt dépitée. C'est alors que son ancien prof de l'UQÀM la contacte à propos de la station météo sur son toit. De fil en aiguille, elle se retrouve à collaborer avec les étudiants d'un projet visant à connecter les informations de toutes les stations météos de l'île de Montréal, en particulier celles qui ne donnent plus de nouvelles. Et qui sont souvent situées dans les zones les plus reculées, et aussi les plus dangereuses de l'île, celles qu'elle connaît bien à cause de son travail de courrier. Retrouver ces données pourrait permettre d'enfin comprendre l'hiver nucléaire qui stagne sur la ville.
Mon avis:
C'est dur de maintenir un haut standard de qualité quand on fait une série, l'un des tomes devenant automatiquement plus faible que les autres. Celui-ci passe la rampe de test avec honneur même si je l'ai trouvé un poil moins bon que les deux précédents, mais vraiment d'un poil. L'effet de nouveauté qui n'est plus là? Peut-être...
On retrouve donc Flavie, toujours courrier, mais désormais en couple avec Marco. Sauf que leurs amours ne sont pas toujours simples! J'ai bien aimé cette idée de montrer un couple qui ne fonctionne pas, la mécanique des conflits et des désirs de l'un et de l'autre. Rien pour révolutionner la roue, mais c'était franchement bien fait! Les deux personnages, Flavie et Marco sont complets, entiers et leur relation est bien développée. Les autres personnages qui se greffent autour ont également cette particularité: ils sont tous bien développés, avec leurs propres personnalités. On retrouve avec bonheur la soeur de Flavie. Le deuxième tome étant passé par là, la relation entre les deux frangines a beaucoup changé. Pour le mieux. Et il y a cet étudiant en charge de l'équipe de recherche, Alex, un gars super sympathique et terre-à-terre qui montre une autre réalité des milieux universitaires. Il n'a pas les connaissances du terrain de Flavie, mais il n'a peut-être pas des muscles que dans la tête!
C'est d'ailleurs l'une des scènes les plus mémorables de l'album que celle du passage dans Hochelag, devenu un village autonome mené de main de maître par une dame aux bigoudis irradiés qui n'a pas la langue dans sa poche! Leur détour par ce quartier est hilarant, tout en étant hautement réaliste: on reconnaît les bâtiments, l'allure d'Hochelaga, même si est bien évidemment tout est enfoui sous une bonne couche de neige.
Le dessin de l'auteure est toujours aussi redoutable, mais en comparant avec le premier tome, on voit une nette évolution. Tout en conservant le côté cartoonesque qui fait le bonheur de cette série, on voit le dessin se raffiner, devenir plus précis, plus défini. Le travail sur les couleurs a aussi beaucoup évolué et les scènes vers la fin, près de la centrale nucléaire, sont tout simplement magnifiques. Le découpage, actif, multipliant les points de vue originaux donne une ampleur à cette BD que l'on ne soupçonnerait pas à première vue.
Bref, pour tous les amateurs de BD et de science-fiction, cette série en trois tomes est un petit régal à savourer!
Ma note: 4.75/5
vendredi 26 juillet 2019
Ashini d'Yves Thériault
Ashini Yves Thériault Bibliothèque québécoise 127 pages
Résumé:
La femme d'Ashini est morte. Ses deux fils aussi, l'un tué par une crue subite, l'autre par la balle d'un blanc saoul. Sa fille a quitté les terres ancestrales pour vivre avec ceux-là même qui ont pris son frère. Il erre sur les terres de l'Ungava, faisant ce que tous ses ancêtres ont fait avant lui, chasser et piéger sur les terres de son peuple. C'est dans cette solitude que naît pour lui une idée: parler d'homme à homme avec le grand chef des Blancs, le Premier Ministre et mener à nouveau ses frères et soeurs sur leur territoire natal, loin des réserves où ils se meurent à petit feu.
Mon avis:
Primo, mais quelle langue! J'ai été soufflé par le souffle qui se dégage de ce tout petit livre, mais qui utilise une langue riche, variée, puissante pour faire passer son propos. J'ai ralenti ma lecture pour en profiter pleinement. Il a l'art de trouver le mot juste, le mot précis pour décrire chaque chose, chaque émotion, tout en maintenant tout au long de l'oeuvre une musicalité qui donne l'impression d'entendre le vent dans les arbres, l'eau couler dans les rivières et le craquement des raquettes sur la neige. Je ne sais pas s'il s'est inspiré du rythme et de la façon de travailler les phrases d'une langue autochtone, mais une chose est sûre, c'est que la respiration et la façon de travailler la syntaxe de ce livre étaient clairement différente de beaucoup de livres que j'ai lu. Cela crée une impression de puissance, d'immensité, de force que j'ai rarement ressenti.
Deuxio, je ne sais pas si un auteur blanc pourrait faire paraître une telle oeuvre aujourd'hui. Il se glisse dans la peau d'un Montagnais (aujourd'hui, ce peuple a repris son propre nom et on dirait Innu), dans son coeur, dans son âme même et nous fait voir le monde par ses yeux. C'est leur vision du monde qu'il emprunte et l'on voit leur univers à travers les yeux de ce vieux trappeur, comment il voit les Blancs, comment il voit l'extinction de sa race. L'attachement au territoire, qu'il connaît intimement, est aussi très clairement marqué. Je dois avouer que les problématiques qu'il dénonce, les torts faits à son peuple, ce qu'il souhaite pour eux-mêmes résonnent même pour la lectrice qui le lit presque six décennies après sa publication. C'est pratiquement mot pour mot la même chose que ce que les Premières Nations réclament aujourd'hui. Et ça fait mal de voir que les choses ont si peu évolué.
Je vais résumé simplement ce que j'ai ressenti en lisant ce livre: soufflée, littéralement. C'est un petit chef-d'oeuvre que ce livre.
Ma note: 5/5
Résumé:
La femme d'Ashini est morte. Ses deux fils aussi, l'un tué par une crue subite, l'autre par la balle d'un blanc saoul. Sa fille a quitté les terres ancestrales pour vivre avec ceux-là même qui ont pris son frère. Il erre sur les terres de l'Ungava, faisant ce que tous ses ancêtres ont fait avant lui, chasser et piéger sur les terres de son peuple. C'est dans cette solitude que naît pour lui une idée: parler d'homme à homme avec le grand chef des Blancs, le Premier Ministre et mener à nouveau ses frères et soeurs sur leur territoire natal, loin des réserves où ils se meurent à petit feu.
Mon avis:
Primo, mais quelle langue! J'ai été soufflé par le souffle qui se dégage de ce tout petit livre, mais qui utilise une langue riche, variée, puissante pour faire passer son propos. J'ai ralenti ma lecture pour en profiter pleinement. Il a l'art de trouver le mot juste, le mot précis pour décrire chaque chose, chaque émotion, tout en maintenant tout au long de l'oeuvre une musicalité qui donne l'impression d'entendre le vent dans les arbres, l'eau couler dans les rivières et le craquement des raquettes sur la neige. Je ne sais pas s'il s'est inspiré du rythme et de la façon de travailler les phrases d'une langue autochtone, mais une chose est sûre, c'est que la respiration et la façon de travailler la syntaxe de ce livre étaient clairement différente de beaucoup de livres que j'ai lu. Cela crée une impression de puissance, d'immensité, de force que j'ai rarement ressenti.
Deuxio, je ne sais pas si un auteur blanc pourrait faire paraître une telle oeuvre aujourd'hui. Il se glisse dans la peau d'un Montagnais (aujourd'hui, ce peuple a repris son propre nom et on dirait Innu), dans son coeur, dans son âme même et nous fait voir le monde par ses yeux. C'est leur vision du monde qu'il emprunte et l'on voit leur univers à travers les yeux de ce vieux trappeur, comment il voit les Blancs, comment il voit l'extinction de sa race. L'attachement au territoire, qu'il connaît intimement, est aussi très clairement marqué. Je dois avouer que les problématiques qu'il dénonce, les torts faits à son peuple, ce qu'il souhaite pour eux-mêmes résonnent même pour la lectrice qui le lit presque six décennies après sa publication. C'est pratiquement mot pour mot la même chose que ce que les Premières Nations réclament aujourd'hui. Et ça fait mal de voir que les choses ont si peu évolué.
Je vais résumé simplement ce que j'ai ressenti en lisant ce livre: soufflée, littéralement. C'est un petit chef-d'oeuvre que ce livre.
Ma note: 5/5
jeudi 18 juillet 2019
Alain Lacoursière Le Columbo de l'art de Sylvain Laroque
Alain Lacoursière Le Columbo de l'art Sylvain Laroque Flammarion Québec 276 pages
Résumé:
Alain Lacoursière est un policier hors-norme. Souvent en grippe avec sa hiérarchie, porté aux coups d'éclats, branché avec les journalistes... et diplômé en histoire de l'art. Il en fera d'ailleurs sa spécialisation. Là où d'autres préfèrent faire joueur leurs muscles, ce policier iconoclaste fera sa marque dans un domaine moins connu, mais pourtant richement pourvu en crimes de tous genres: l'art.
Mon avis:
Résumons le livre en une phrase: Alain Lacoursière, il l'a l'affaire! De son adolescence où il flirte avec les motards jusqu'à ses grands coups, ce policier semble survoler la scène criminelle, des arts en particulier, mais pas seulement, avec un flair inimitable. C'est ce qu'on se dit en finissant ce livre. Sauf que...
Jetez ici le pavé dans la marre! Cette biographie a tout de l'hagiographie. Le portrait sans nuance de Lacoursière qui y est brossé se dresse justement contre ce qu'il prêche. Vraiment, un policier qui rue dans les brancards, qui montre autant d'audace contre sa hiérarchie et qui est presque systématiquement... récompensé? Sérieux, on est pas au pays de Blanche-Neige! Le manque de regard critique sur les exploits du policier nuit bien plus qu'il n'aide. Parce que le récit presque sans pause de ses exploits contre les criminels en fait un être d'exception, un justicier... et un être totalement désincarné.
Le rôle de la biographie n'est pas d'être flatteuse, ni même d'être totalement véridique: elle vise à tracer un portrait. Sauf qu'ici, le manque de nuance, doublé d'une tendance à la mythomanie du personnage (il avoue carrément avoir menti à plusieurs reprises à ses supérieurs!), nous pousse à tout remettre en question ce qu'il dit. Est-ce vrai, est-ce faux? Est-ce important de savoir? Oui, justement.
Pour le reste, l'histoire est fascinante, car c'est dans le milieu de l'art québécois, un milieu mal connu et plutôt fermé que ce déroule toutes ces histoires. On en apprend beaucoup sur l'histoire de l'art québécois (et même international!). Sauf que la forme emprunté, avant tout un empilage des meilleures anecdotes de la carrière du policier, m'a semblé surfer sur le sujet plus que l'approfondir.
Sincèrement, avec un tel matériel, il aurait été facile de faire beaucoup mieux.
Ma note: 3.25/5
Résumé:
Alain Lacoursière est un policier hors-norme. Souvent en grippe avec sa hiérarchie, porté aux coups d'éclats, branché avec les journalistes... et diplômé en histoire de l'art. Il en fera d'ailleurs sa spécialisation. Là où d'autres préfèrent faire joueur leurs muscles, ce policier iconoclaste fera sa marque dans un domaine moins connu, mais pourtant richement pourvu en crimes de tous genres: l'art.
Mon avis:
Résumons le livre en une phrase: Alain Lacoursière, il l'a l'affaire! De son adolescence où il flirte avec les motards jusqu'à ses grands coups, ce policier semble survoler la scène criminelle, des arts en particulier, mais pas seulement, avec un flair inimitable. C'est ce qu'on se dit en finissant ce livre. Sauf que...
Jetez ici le pavé dans la marre! Cette biographie a tout de l'hagiographie. Le portrait sans nuance de Lacoursière qui y est brossé se dresse justement contre ce qu'il prêche. Vraiment, un policier qui rue dans les brancards, qui montre autant d'audace contre sa hiérarchie et qui est presque systématiquement... récompensé? Sérieux, on est pas au pays de Blanche-Neige! Le manque de regard critique sur les exploits du policier nuit bien plus qu'il n'aide. Parce que le récit presque sans pause de ses exploits contre les criminels en fait un être d'exception, un justicier... et un être totalement désincarné.
Le rôle de la biographie n'est pas d'être flatteuse, ni même d'être totalement véridique: elle vise à tracer un portrait. Sauf qu'ici, le manque de nuance, doublé d'une tendance à la mythomanie du personnage (il avoue carrément avoir menti à plusieurs reprises à ses supérieurs!), nous pousse à tout remettre en question ce qu'il dit. Est-ce vrai, est-ce faux? Est-ce important de savoir? Oui, justement.
Pour le reste, l'histoire est fascinante, car c'est dans le milieu de l'art québécois, un milieu mal connu et plutôt fermé que ce déroule toutes ces histoires. On en apprend beaucoup sur l'histoire de l'art québécois (et même international!). Sauf que la forme emprunté, avant tout un empilage des meilleures anecdotes de la carrière du policier, m'a semblé surfer sur le sujet plus que l'approfondir.
Sincèrement, avec un tel matériel, il aurait été facile de faire beaucoup mieux.
Ma note: 3.25/5
vendredi 12 juillet 2019
La suite du temps: 3- Les écueils du temps de Daniel Sernine
La suite du temps tome 3 Les écueils du temps Daniel Sernine Alire 562 pages
Résumé:
Nicolas Dérec continue sa vie au sein d'Érymède au sein duquel une grande décisions est prise: agir pour réduire drastiquement la population humaine qui est sur le point de faire dérailler la planète Terre. Les Aliis, race extraterrestre alliée des Mentors, offrent leur aide.
Mon avis:
J'ai eu l'impression en lisant ce tome de combler les trous que le deuxième avait laissé, comme s'ils avaient été pensés comme un livre unique qu'on aurait répartis équitablement en deux tomes, mais sans se préoccuper outre-mesure d'une logique dans la séparation entre chacun d'entre eux. On fait de longs retours en arrière dans ce tome qui expliquent beaucoup de décisions prise par Nicolas dans le deuxième et aussi, lui donnent une touche plus humaine. Il cesse d'être un robot agissant sans véritable motivation et commence à exister comme individu au-delà de ses changements de poste. Autre point fort, on le sent véritablement changer et vieillir au fil du déroulement de l'histoire.
J'ai moins senti ce qui m'avait dérangé dans les deux autres tomes, soit le fait que l'intrigue prenne presque le tiers du livre avant de décoller, ou peut-être était-ce simplement le fait que je m'y étais habituée. Il m'a semblé embarquer dans le vif du sujet beaucoup plus vite et comme pour les deux premiers tomes, le dernier tiers est absolument impossible à lâcher avant la fin.
Ce qui marque surtout, c'est la pensée écologique profonde qui traverse tout le livre. On connaît toutes ces données, on en entend parler chaque jour, mais le sentiment d'urgence qui habite l'intrigue est remarquablement bien rendue. Je ne suis pas d'accord avec la méthode choisie au final pour régler le problème, mais de lire ce livre fait énormément réfléchir.
La fin, parlons-en. Je crois qu'elle va me rester dans la tête pendant très très longtemps. Je me refuse ici d'en dire plus car ce serait absolument criminel de divulgâcher quoi que ce soit à son sujet. Mais elle est marquante. Si je croise l'auteur un de ses quatre, je sens que j'ai quelques questions pour lui!
Ma note: 4.5/5
Résumé:
Nicolas Dérec continue sa vie au sein d'Érymède au sein duquel une grande décisions est prise: agir pour réduire drastiquement la population humaine qui est sur le point de faire dérailler la planète Terre. Les Aliis, race extraterrestre alliée des Mentors, offrent leur aide.
Mon avis:
J'ai eu l'impression en lisant ce tome de combler les trous que le deuxième avait laissé, comme s'ils avaient été pensés comme un livre unique qu'on aurait répartis équitablement en deux tomes, mais sans se préoccuper outre-mesure d'une logique dans la séparation entre chacun d'entre eux. On fait de longs retours en arrière dans ce tome qui expliquent beaucoup de décisions prise par Nicolas dans le deuxième et aussi, lui donnent une touche plus humaine. Il cesse d'être un robot agissant sans véritable motivation et commence à exister comme individu au-delà de ses changements de poste. Autre point fort, on le sent véritablement changer et vieillir au fil du déroulement de l'histoire.
J'ai moins senti ce qui m'avait dérangé dans les deux autres tomes, soit le fait que l'intrigue prenne presque le tiers du livre avant de décoller, ou peut-être était-ce simplement le fait que je m'y étais habituée. Il m'a semblé embarquer dans le vif du sujet beaucoup plus vite et comme pour les deux premiers tomes, le dernier tiers est absolument impossible à lâcher avant la fin.
Ce qui marque surtout, c'est la pensée écologique profonde qui traverse tout le livre. On connaît toutes ces données, on en entend parler chaque jour, mais le sentiment d'urgence qui habite l'intrigue est remarquablement bien rendue. Je ne suis pas d'accord avec la méthode choisie au final pour régler le problème, mais de lire ce livre fait énormément réfléchir.
La fin, parlons-en. Je crois qu'elle va me rester dans la tête pendant très très longtemps. Je me refuse ici d'en dire plus car ce serait absolument criminel de divulgâcher quoi que ce soit à son sujet. Mais elle est marquante. Si je croise l'auteur un de ses quatre, je sens que j'ai quelques questions pour lui!
Ma note: 4.5/5
mardi 9 juillet 2019
La petite Russie de Francis Desharnais
La petite Russie Francis Desharnais Pow Pow Non paginé
Mon avis:
S'il manquait une preuve de l'incroyable versatilité de la bande dessinée, ce livre en est une preuve. En dessins, il reprend les codes des grandes oeuvres sur la terre, dans la veine du Survenant de Germaine Guèvremont et de Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Le travail de la terre est admirablement bien rendu dans le dessin, dans cette minutie de ceux qui l'aiment et la travaillent, dans ses duretés aussi. Le contraste avec la forêt, que Marcel n'aime pas mais dans lequel il travaillera afin de pouvoir avoir sa terre, s'étale sur toutes les pages. Forêt qui draine les forces vives de la coopérative, en constante compétition avec la terre. La tension entre les deux est sensible tout au long du livre.
Il y a aussi les personnages. Marcel est un bon gars typique du Québec, qui souhaite reproduire le modèle agricole que ses ancêtres ont connu, se construire une maison et vivre en autarcie. Le bois, pour lui n'est qu'un moyen, pas une fin. C'est avec d'autant plus de difficultés qu'il fera face aux autres membres de la coopérative qui ne lui accordent pas autant d'intérêt. Sa femme, Antoinette est un personnage plus moderne. Elle n'acceptera pas le fait que les femmes n'aient pas leur place aux assemblées de la coopérative et fera tout pour tisser un lien de solidarité entre les femmes de Guyenne.
Le décalage entre leur rêve, somme toute assez conservateur, et la réalité dans lequel ils vivent se fait de plus en plus criante au fil du livre. Alors qu'ils rêvent d'un retour à la terre, télévision, tracteur et téléphone vient changer le monde rural où ils vivent. Après la mort d'un enfant, Antoinette abordera même le sujet de la pilule, c'est dire le fossé! Cela se fait par petite touche, mais on comprend que le monde qu'ils souhaitent appartient au passé, malgré tout le labeur qu'ils y mettront.
Le dessin est tout simplement remarquable. L'auteur nous montre des séquences de dessins pour illustrer l'univers dans lequel les protagonistes évoluent, sans dialogues, parfois même sans personnages. On sent la forêt, partout, toute proche, à la fois repoussoir et source financière, on sent aussi le travail de la terre, on sent les tensions grandissantes dans la coopérative. L'auteur se permet même quelques magnifiques plans séquences pour montrer les aurores boréales qui remplissent le ciel abitibien, rendant dans la technique utilisée pour les faire, la texture de ces phénomènes atmosphériques.
Francis Desharnais est un bédéiste qui roule sa bosse depuis un moment déjà et qui a une feuille de route bien remplie. On peut ajouter un morceau de maître à son tableau de chasse avec cet opus.
Ma note: 4.75/5
Résumé:
1947, Guyenne, Abitibi. Marcel Desharnais vient s'installer dans une coopérative, un peu au nord de Val-d'or pour défricher la terre et devenir cultivateur. Il souhaite coloniser un nouveau bout de pays. Mais pour la colonisation, la grande époque est passée et si le modèle coopératif est là pour soutenir le développement agricole autant que l'industrie du bois, les tensions sont vives entre le bois qui rapporte et la terre qui est garante d'autonomie, mais est dure à cultiver. Ce récit est l'histoire de vingt ans de colonisation dans un modèle que l'on connaît peu et que les autres colons avait surnommé la petite Russie.Mon avis:
S'il manquait une preuve de l'incroyable versatilité de la bande dessinée, ce livre en est une preuve. En dessins, il reprend les codes des grandes oeuvres sur la terre, dans la veine du Survenant de Germaine Guèvremont et de Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Le travail de la terre est admirablement bien rendu dans le dessin, dans cette minutie de ceux qui l'aiment et la travaillent, dans ses duretés aussi. Le contraste avec la forêt, que Marcel n'aime pas mais dans lequel il travaillera afin de pouvoir avoir sa terre, s'étale sur toutes les pages. Forêt qui draine les forces vives de la coopérative, en constante compétition avec la terre. La tension entre les deux est sensible tout au long du livre.
Il y a aussi les personnages. Marcel est un bon gars typique du Québec, qui souhaite reproduire le modèle agricole que ses ancêtres ont connu, se construire une maison et vivre en autarcie. Le bois, pour lui n'est qu'un moyen, pas une fin. C'est avec d'autant plus de difficultés qu'il fera face aux autres membres de la coopérative qui ne lui accordent pas autant d'intérêt. Sa femme, Antoinette est un personnage plus moderne. Elle n'acceptera pas le fait que les femmes n'aient pas leur place aux assemblées de la coopérative et fera tout pour tisser un lien de solidarité entre les femmes de Guyenne.
Le décalage entre leur rêve, somme toute assez conservateur, et la réalité dans lequel ils vivent se fait de plus en plus criante au fil du livre. Alors qu'ils rêvent d'un retour à la terre, télévision, tracteur et téléphone vient changer le monde rural où ils vivent. Après la mort d'un enfant, Antoinette abordera même le sujet de la pilule, c'est dire le fossé! Cela se fait par petite touche, mais on comprend que le monde qu'ils souhaitent appartient au passé, malgré tout le labeur qu'ils y mettront.
Le dessin est tout simplement remarquable. L'auteur nous montre des séquences de dessins pour illustrer l'univers dans lequel les protagonistes évoluent, sans dialogues, parfois même sans personnages. On sent la forêt, partout, toute proche, à la fois repoussoir et source financière, on sent aussi le travail de la terre, on sent les tensions grandissantes dans la coopérative. L'auteur se permet même quelques magnifiques plans séquences pour montrer les aurores boréales qui remplissent le ciel abitibien, rendant dans la technique utilisée pour les faire, la texture de ces phénomènes atmosphériques.
Francis Desharnais est un bédéiste qui roule sa bosse depuis un moment déjà et qui a une feuille de route bien remplie. On peut ajouter un morceau de maître à son tableau de chasse avec cet opus.
Ma note: 4.75/5
jeudi 20 juin 2019
Cobayes: Sarah et Sid d'Ève Patenaude
Cobayes Sarah et Sid Ève Patenaude Éditions de Mortagne 320 pages
Résumé:
Sarah danse au Pinky, un bar de danseuse, vêtue de son tutu. Elle a renoncé à la danse, au ballet, sa carrière brisée.
Sid est serveur dans un restaurant. Il pourrait avoir mieux, mais la mort de son meilleur ami le ronge. Mais il y a cette belle cliente qui vient tous les mercredis. Elle s'appelle Sarah.
Ils tombent amoureux, emménagent ensemble. Un jour qu'ils ont un besoin urgent d'argent, ils répondent à une petite annonce d'une compagnie pharmaceutique...
Mon avis:
Euh, ok. Potentiel dans cette histoire, il y avait. Réel. Malheureusement, le rendu gâche tout.
Je n'ai pas cru une seule seconde à l'histoire de Sarah et Sid. Vraiment, il découvre son secret (elle est danseuse nue) et bang, ils se mettent ensemble et tout va bien? Mettons que la suite des choses montrent qu'ils se connaissent bien, mais je ne peux pas croire qu'en trois semaines, ce genre de relation puissent se consolider. Puisque que le texte se sépare entre les deux protagonistes, l'auteure a moins le temps de développer chacun des personnages et l'intrigue s'en est ressentie.
Il y a aussi le problème du tell, agaçant au possible. On ne plonge pas dans les émotions des personnages tellement tout nous est raconté et non montré. On en ressort avec des personnages, qui, quoique qu'ils sont loin d'être mauvais en eux-mêmes, n'ont pas de tonus et de possibilité de se déployer. L'intrigue avec AlphaLab est un peu plaquée et le développement des effets des médicaments ne se comprend qu'à rebours. Parce qu'on nous le raconte. Je ne l'ai pas vu en cours de route, mais un tel retournement psychologique, particulièrement chez Sarah, aurait dû être plus visible, plus tôt. Et surtout, plus gradué.
Histoire d'horreur? Oui et non. Les effets des médicaments sont impressionnants, mais si je compare avec Anita (qui même après cinq ans me donne mal au coeur quand j'y repense), on est loin du compte. Je crois que c'est dû en bonne partie au développement des personnages et à la narration parce que les idées, elles, sont là. La plume, qui n'est pas mauvaise, même très bonne parfois, ne réussit pas à sauver cette histoire.
Je n'oserais pas dire un ratage total, mais un roman qui manque largement sa cible, oui.
Ma note: 2.75/5
jeudi 13 juin 2019
Repentir(s) de Richard Ste-Marie
Repentir(s) Richard Ste-Marie Alire 336 pages
Mon avis:
Hum, je vais platement dire pas son meilleur. Pas que le livre ne soit pas bon, mais sois je commence à connaître la patte de l'auteur, sois l'auteur a commencé à porter des pantoufles d'intrigue un peu trop confortables. L'inspecteur Pagliaro est fidèle à lui-même. C'est un policier méthodique, qui cherche à comprendre au-delà de résoudre une énigme. Cette partie de l'ouvrage reste maîtrisée, quoique j'ai moins aimé le dénouement de l'intrigue qui s'explique une certaine nervosité de Pagliaro à différents moments de l'histoire.
Quand à l'enquête proprement dite... Je n'y aie pas trop crue. La recette est là, les ingrédients sont là, mais la pâte n'a pas levée. J'ai particulièrement tiqué sur la partie très pédagogique de l'intrigue concernant l'art contemporain. L'auteur voulait nous faire découvrir le milieu de l'art visuel, ce qui est correct en soi, mais il y consacre beaucoup de temps et d'énergie, au détriment de son intrigue. On apprend beaucoup de choses, mais est-ce que ça fait progresser l'enquête? Non. Un peu plus loin dans l'histoire, un témoin apparaît comme par magie ou presque et fait redécoller l'enquête, qui commençait à traîner en longueur. Ça sonnait tellement comme le gars des vues que j'en aie lâché un petit juron.
L'auteur alterne entre des scènes de l'enfance et de l'adolescence d'un personnage anonyme et l'enquête proprement dite. Ces scènes sont bien écrites, bien ficelés, mais n'apporte pas grand chose à la résolution du crime, parce que si le lien entre les deux existe, la conclusion m'a semblé tirée par les cheveux. Je l'ai même trouvé forcé. Par contre, une scène en particulier a été presque insoutenable à lire pour moi. Sans dire c'est quoi, ça parle d'un chat et d'un destin sinistre...
L'auteur garde une excellente maîtrise de sa plume. Même si des éléments font grincer des dents, on entre dans le livre et on lit quand même avec un plaisir certain. Parce que Pagliaro est attachant, parce qu'il sait nous mettre dans le bain, parce que ça se lit bien. Pas son meilleur, je le redis.
Ma note: 3.25/5
Résumé:
Deux cadavres sont retrouvés dans une galerie d'art moderne, tués avec un couteau d'une artiste branchée. L'un d'entre eux est le galeriste lui-même, qui semble avoir multiplié les entourloupes devant de nombreuses années et auquel bien des gens en veulent. Mais l'autre victime est un policier du SPVM exemplaire et sans histoire. C'est donc à l'inspecteur Francis Pagliaro de la SQ que l'enquête est confiée. Celui-ci prend vite l'habitude d'aller voir l'exposition en cours dans la galerie, le soir. Il lui semble que dans la série de tableau réside une partie de l'énigme...Mon avis:
Hum, je vais platement dire pas son meilleur. Pas que le livre ne soit pas bon, mais sois je commence à connaître la patte de l'auteur, sois l'auteur a commencé à porter des pantoufles d'intrigue un peu trop confortables. L'inspecteur Pagliaro est fidèle à lui-même. C'est un policier méthodique, qui cherche à comprendre au-delà de résoudre une énigme. Cette partie de l'ouvrage reste maîtrisée, quoique j'ai moins aimé le dénouement de l'intrigue qui s'explique une certaine nervosité de Pagliaro à différents moments de l'histoire.
Quand à l'enquête proprement dite... Je n'y aie pas trop crue. La recette est là, les ingrédients sont là, mais la pâte n'a pas levée. J'ai particulièrement tiqué sur la partie très pédagogique de l'intrigue concernant l'art contemporain. L'auteur voulait nous faire découvrir le milieu de l'art visuel, ce qui est correct en soi, mais il y consacre beaucoup de temps et d'énergie, au détriment de son intrigue. On apprend beaucoup de choses, mais est-ce que ça fait progresser l'enquête? Non. Un peu plus loin dans l'histoire, un témoin apparaît comme par magie ou presque et fait redécoller l'enquête, qui commençait à traîner en longueur. Ça sonnait tellement comme le gars des vues que j'en aie lâché un petit juron.
L'auteur alterne entre des scènes de l'enfance et de l'adolescence d'un personnage anonyme et l'enquête proprement dite. Ces scènes sont bien écrites, bien ficelés, mais n'apporte pas grand chose à la résolution du crime, parce que si le lien entre les deux existe, la conclusion m'a semblé tirée par les cheveux. Je l'ai même trouvé forcé. Par contre, une scène en particulier a été presque insoutenable à lire pour moi. Sans dire c'est quoi, ça parle d'un chat et d'un destin sinistre...
L'auteur garde une excellente maîtrise de sa plume. Même si des éléments font grincer des dents, on entre dans le livre et on lit quand même avec un plaisir certain. Parce que Pagliaro est attachant, parce qu'il sait nous mettre dans le bain, parce que ça se lit bien. Pas son meilleur, je le redis.
Ma note: 3.25/5
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