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lundi 19 août 2019

Les livres qui nous hantent

Salut!

Quand j'étais en secondaire 5, j'ai lu un livre dont une scène m'a marquée.  C'était une autobiographie et même plus de vingt ans après, j'ai l'impression que ce livre a laissé une brûlure au fer rouge dans ma mémoire.  Le sujet n'a au fond pas d'importance, ce qui est important, c'est l'impact.  Ce livre, surtout cette scène, me traverse encore l'esprit régulièrement.  Comme une trace que les mots ont laissé dans ma tête.  Ça peut paraître bizarre, mais certains livres nous hantent, même longtemps après les avoir refermés.

Il y a des livres dont l'impact est immédiat, tangible.  On le ferme, et pourtant, on est encore prisonnier de ses images, de ses concepts, de son histoire.  Certains éléments de l'histoire nous fascinent ou nous répugnent, au point où on n'arrive pas à oublier.  On est hanté.  Hanté par une histoire.  Il y en a d'autres dont on minimise l'impact.  On a tiqué à la lecture, ah ça oui!  Mais le lendemain, on pense avoir oublié.  Sauf que ça revient, encore.  Dans les moments les plus inattendus.  Cette histoire laisse des traces.

Attention, ici, il y a une distinction importante à faire avec la littérature d'horreur en général.  Un lecteur qui s'y frotte cherche les sensations fortes.  Une lecture qui nous hante va chercher la peur à un niveau beaucoup plus personnel.  Ce n'est pas la même chose.

Je crois que les livres qui nous marquent le sont avant tout pour des raisons personnelles: notre passé, notre histoire, mais aussi, beaucoup plus profond, nos peurs.  Parce que ce qui finit par nous hanter, résonne souvent parmi nos craintes les plus intimes, nos anxiétés, nos traumatismes petits et grands.  La littérature a ce pouvoir: nous mettre dans la face ce qui nous dérange.  Les auteurs ne sont pas des bibittes différentes du reste du genre humain: eux aussi ont leurs propres craintes, leurs propres angoisses.  Parfois de l'écrire (et je commence de plus en plus à pencher sur cette hypothèse) permet de l'exorciser, d'en parler, d'y faire face d'une certaine façon.  Sauf que l'auteur contrôle ce qu'il écrit, il peut changer l'histoire, l'atténuer, en couper des bouts, la rendre plus ou moins acceptable pour lui (ou elle).  Ce que le lecteur reçoit, ça lui appartient.  Et personne n'a de contrôle sur ce qui le marquera.

Les histoires qui nous hantent le font parce qu'elles sont en résonance profonde avec ce qui nous terrifie, mais surtout parce que cela donne un exemple concret à notre esprit pour se fixer.  Tant que c'est une crainte indistincte, on peut garder ça à la périphérie de nos pensées.  Si on l'a eu en dessous du nez, si on peut s'identifier à l'histoire, aux personnages, on a un point d'ancrage à donner à nos peurs.  Et notre imagination se charge du reste.

La littérature est donc une porte d'entrée vers ce qui nous terrifie, mais aussi une façon de les combattre, parce que justement, elle pousse à les affronter, de façon indirecte, mais réelle.  Lire une description d'une noyade pour quelqu'un qui a peur de l'eau peut être aussi terrifiant que de le vivre, mais sans être réellement en danger.  Ça ne veut pas dire que le livre ne hantera pas la personne pendant des jours, des semaines, des années.  Juste à cause de cette scène.  Et ce même si des milliers d'autres lecteurs n'ont pas tiqué à la lecture.  Confronté à l'eau, cette personne aura la description en tête.  Ça peut stimuler sa peur ou au contraire, la pousser à la voir autrement, à mieux analyser le danger, réel ou imaginé.  Peut-être de la vaincre.  Peut-être pas.  Ça lui restera en tête, ça c'est certain.

Un livre hantera un nouveau lecteur, mais ce n'est pas la faute du livre.  Ce sont les peurs intimes du lecteur qui résonne un peu trop avec le récit qu'il a lu.

@+ Mariane

lundi 12 août 2019

Si on a pas le temps, on va à l'essentiel, mais si on l'a?

Salut!

Je crois que la plupart des amoureux des livres se reconnaîtront dans cette image.


Ben oui, on le sait!  Le film ne représente que la partie émergée de l'iceberg du livre...  Il est pratiquement impossible de faire rentrer un livre de 500 pages dans un film de 2h-2h30 sans forcément avoir à couper ici ou là, laisser tomber un passage, en recoller deux autres ou faire tout un tas de compromis en terme de  décors, de déplacements, ou de toutes autres choses que l'auteur(e) a mis dans son bouquin.  D'autant plus que le langage narratif d'un livre et celui d'un film sont forcément très différents.  Oublier les narrateurs omniscients si populaires en littérature au cinéma, vous voudriez faire taire cette voix qui raconte tout au bout de trois minutes... Toute adaptation au cinéma est donc forcément le fruit de beaucoup de décisions pour que le produit cinématographique respecte l'esprit de l'objet littéraire tout en restant une oeuvre en elle-même.  Tout ça à cause de contraintes de temps et de production.

On est d'accord n'est-ce pas?

Ok, alerte au pavé dans la marre!

...et la série télé elle?

Boum, on change complètement la donne!  Soudainement, les contraintes de temps viennent de sérieusement s'alléger, étant donné qu'on vient de doubler, voir tripler le nombre d'heures qu'il est possible de consacrer à une oeuvre.  On peut dans une série télé s'étendre sur ce thème secondaire ou bien cerner les motivations de ce personnage d'arrière-plan, qui justement, rendaient le roman intéressant.  Ça change tout.

Quand on pense à tout ce qui peut tenir dans une série télé, on peut se demander si l'idée derrière l'image tient toujours la route.  Oui et non.  De un, parce que, comme je l'ai dit, le langage narratif reste très différent entre le livre et le film ou la série télé.  C'est l'image qui domine.  Dès le départ, on doit donc changer la façon de présenter l'histoire.  De deux, la forme épisode, qui raconte une partie d'une histoire dans un épisode tout en présentant un arc narratif couvrant une plus grande période (quelques épisodes, saison, série complète, etc) est différente de celle du roman, ce qui fait en sorte de... couper ici ou là, laisser tomber un passage, en recoller deux autres ou faire tout un tas de compromis en terme de décors, de déplacements, etc.  Comme pour un film quoi.

Mais on aura du temps pour raconter l'histoire.  Peut-être que si Harry Potter avait été adapté en série télé et non en film, on aurait eu droit à plus de scènes de Quidditch (et à la scène de dégnomage de jardin dans le deuxième.  J'ai toujours pas pardonné aux scénaristes de l'avoir coupé!).  Tom Bombadil aurait eu sa place dans le Seigneur des Anneaux.  Et bon, je ne ferais pas la liste: tous les lecteurs ont leurs moments fétiches qui ont été coupés pour l'adaptation au cinéma.

Bon et là je sèche...  J'ai beau me dire que ça doit faire une sacrée différence, j'ai beau réfléchir, je ne trouve aucune série adaptée d'un livre que j'ai déjà lu que j'aurais vu récemment...  Que j'ai vu oui (Altered Carbon :D ) que j'ai lu oui, mais la combinaison des deux?  Rien de récent ne me vient.  Sauf que...

Cet automne sort l'adaptation en série télé d'une oeuvre que j'ai adoré en livre et déjà vu adaptée en film, soit À la croisée des mondes de Philip Pullman.  Et la bande-annonce de la série me fait déjà saliver!  Ça me donnera l'occasion de savoir quel est la différence entre l'adaptation de la série télé et le film et de savoir si le petit écran peut battre le grand en terme de profondeur quand on le compare au livre.  Ou du moins, ça m'en donnera une idée.  Parce que mon petit doigt me murmure déjà que oui, ça va faire une bonne différence!

@+ Mariane

lundi 5 août 2019

Léonard était unique, ne le mettez pas dans tous vos livres!

Salut!

L'autre jour, j'ai visité la magnifique exposition consacrée à Léonard de Vinci au Musée des sciences et technologies, exposition qu'en passant, je recommande à tout le monde qui pourra aller la voir. Ce qui étonne en la parcourant, c'est à quel point cet être humain était ce qu'on peut appeler un génie universel: il a touché à peu près tous les domaines.  Anatomie humaine, physique, mécanique, ingénierie, sans compter bien sûr l'art auquel il a largement contribué en peignant la peinture la plus célèbre du monde.  Mais soyons honnête, Léonard de Vinci était un être exceptionnel.

Il existe un mythe concernant la science, disant que les scientifiques sont des êtres capables de résoudre tous les problèmes, de s'intéresser à plusieurs domaines et à trouver des solutions innovantes et géniales en très peu de temps.  C'est essentiellement un mythe.  Si certaines solutions peuvent être trouvées très rapidement, la science est aussi beaucoup le fruit d'essais, d'erreurs et d'engagement à long terme dans un domaine.  Et la belle époque où l'on pouvait se spécialiser dans plusieurs domaines est révolue: la somme de connaissance demandée est telle que l'on préfère maintenant des équipes de spécialistes à une seule personne qui sache tout.

Les génies dans plusieurs domaines, il n'y en a eu qu'une poignée dans l'histoire de l'humanité.  Et ce ne sont pas tous les scientifiques qui sont tellement brillants qu'ils peuvent tout résoudre en un tour de main.  Tout ça pour dire que le portrait de la science est souvent malmené dans la fiction.  Les scientifiques y sont soit des génies, soit des fous, parfois même les deux, géniaux dans plusieurs domaines, capables de résoudre toutes les difficultés en trois coups de tournevis et quelques calculs abscons.  C'est pas comme ça dans la vraie vie...

Je repense entre autre au film X-Men: First classle scientifique de la bande invente à la fois des combinaisons d'adaptant aux mutations de chacun de ses collègues, un avion supersonique et un sérum anti-mutant dans le même film...  Bon, on le voit pas beaucoup dormir, mais me semble que le génie textile, l'ingénierie aérospatiale et la biologie n'ont pas grand chose en commun.  Ça fait mettons beaucoup pour une seule personne!  Je prends évidemment un exemple extrême, mais réfléchissez: on l'a croisé souvent ce personnage génial qui utilise la science comme si c'était de la magie.

Le personnage du génie scientifique multi-domaine est une figure facile.  Un problème et pop, le génie trouvera la solution, parce qu'il connaît la science pardi, peu importe le domaine, mais avant tout parce que c'est un génie.  Dans la vraie vie, il est plutôt rare qu'une microbiologiste arrive à comprendre quoi que ce soit à un avion supersonique ou un physicien à guérir une maladie rare.  Les gens sont spécialisés, ils ne sautent pas d'un domaine à un autre et ils ne peuvent pas résoudre tous les problèmes dans l'urgence.  La science prend du temps, de la patience et de s'y dédier entièrement.

Et de toutes façons, si on admire le génie de Léonard de Vinci aujourd'hui, on oublie très facilement que toutes ses inventions sont le fruit d'années de travail et qu'il est loin d'avoir réussi à toutes les faire fonctionner.  Aussi créatif soit-il, le génie de Léonard de Vinci est avant tout resté sur le papier de ses carnets.

@+ Mariane

lundi 6 juillet 2015

Du mal de lire

Salut!

Il y a quelques semaines, mes parents m'ont acheté des petits autocollants de vitre arrière pour ma voiture.  Vous savez, ces petits autocollants en silhouette blanche qui mettent en vedette la famille qui prend place dans le véhicule?  Oui, ceux-là qu'on voit partout!  Pour me faire plaisir, ils m'ont bien évidemment acheté deux chats (différents je tiens à le préciser!) et un personnage féminin en train de lire.  Sur le coup, je me suis dit que j'aimerais mieux un petit personnage en train de faire des arts martiaux.  Il me semblait tout à coup que ce serait quelque chose qui me représenterait bien plus.  Et puis, est venue la pensée qui suit et qui m'a fait peur tout à coup: serait-en train de voir la lecture s'éloigner de moi au point de ne plus me voir comme lectrice avant tout?

Parce qu'il faut le dire, je suis une lectrice depuis que je sais déchiffrer les petits caractères noirs sur une page blanche.  Toute ma vie, je me suis définie comme une lectrice avant tout.  Je suivais l'actualité littéraire avec passion, je passais des heures sur le divan à lire et je profitais de la moindre occasion pour ouvrir un bouquin.  La lecture était au centre de ma vie de bien des façons.  Et là...  On dirait que ce n'est plus le cas.

Il faut le dire, la belle époque où j'étais libraire nourrissait doublement cette passion.  J'en vivais littéralement de la lecture, autant de jour que de soir.  Ça a été une période tellement riche, tellement intense!  Depuis que j'ai quitté la librairie, je me rends compte à quel point je me nourrissais mentalement de mon travail et à quel point cela m'alimentait, tant au niveau du blogue que de mes propres lectures.  Depuis que je suis partie...  Il y a eu une baisse, un manque.  Mon travail de représentante ne me nourrissait pas de la même façon.  À vraie dire, ça me grugeait un peu de ce côté-là parce que j'étais plus attentive à ce que je disais ici et j'avais perdu l'accès à la diversité littéraire que l'on a en librairie.  Et ça m'avait éloignée de toutes les sorties de livres chez d'autres distributeurs que j'adorais.  Bref, ça n'a pas été la meilleure période.  Je n'en avais pas parlé avant ici parce que je ne m'en sentais pas prête, mais j'ai changé de boulot au mois de décembre.  Je travaille maintenant dans un autre domaine que les livres et ça m'a fait du bien côté boulot.  Là où je suis, je suis très heureuse, mais je ne suis plus au contact quotidien avec les livres.  Ça a fait une grosse différence au niveau de mes lectures.  D'autant plus que mon départ de mon précédent travail et l'arrivée au nouveau ont coïncidé avec la pire crise de lecture que j'ai vécu de ma vie.

Des phases de non-lecture, j'en aie vécu plusieurs dans ma vie, des moments où je ne lisais pas ou peu durant quelques jours, voir semaines, mais là, ça a duré des mois!  Je me détournais des livres, ou plutôt, je voyais ça comme un fardeau (le fait que j'ai été membre d'un jury littéraire, donc pas libre de choisir mes lectures et que je faisais en même temps le GDLQ en étant très motivée à lire des livres qui ne m'intéressaient pas au départ pour avoir plus de points a dû jouer aussi).  J'en suis venue à ne lire que deux-trois livres par mois, moi qui aie pendant des années frôlée la dizaine de livres lus.  Je sais, je sais, même avec ça, je reste dans les statistiques des très gros lecteurs, mais pour moi, ça revenait à presque rien.

Et puis, la vie change également.  Ça fait bientôt quatre années que je m'entraîne en jiu-jitsu et je veux continuer à en faire, ce qui veut dire s'entraîner trois voire quatre fois par semaine.  Je me suis également mise aux jeux vidéos (corrupteur du temps disponible absolu!), bref, je fais beaucoup de choses et plus uniquement de la lecture.  Malgré tout, depuis le début de juin, je commence à reprendre le goût de lire, de m'asseoir pour dévorer un bouquin.  Ça m'a pris du temps, ça m'a fait faire un super gros questionnement, mais finalement, la lecture est revenue.  Évidemment, le blogue en a souffert.  La lecture et l'écriture de billets et de critiques sont liées pour moi.  J'ai été des mois à me casser la tête pour pondre un billet par semaine et malgré tout, j'avais toujours l'impression d'être en dessous d'avant de ne pas être capable de donner la même qualité.  Ça a été dur.  Alors, je me suis dit que j'allais faire une longue pause.  Normalement, je prends toujours mon été relax côté blogue, juillet étant finalement synonyme de vacances de blogue pour moi.  Pas de critiques (z'êtes-vous malade, imaginer la hauteur de la pile à la fin de l'été!), mais de billets oui.  Alors disons que pour me remettre de ma crise de lecture, j'ai besoin de temps.  J'ai repris un rythme presque normal de lecture pour moi en juin et j'ai donc plein de critiques qui traînent à vous faire, mais pas de billets pour l'été par contre.  On verra en septembre comment ça ira.  On le dit souvent, le laisser-aller aide parfois beaucoup.  Alors voilà, c'est mon plan de match pour l'été: lire et critiquer, mais surtout, prendre du bon temps et retrouver le plaisir de bloguer.

@+ Mariane

lundi 30 juin 2014

Le ressac de la vague de perturbation

Salut!

Il y a un an, j'ai entamé un grand changement dans ma vie.  Ça a touché pratiquement tous les domaines: professionnel, personnel, milieu de vie, routine de vie, milieu de travail et j'en passe.  Heureusement, mes minettes ont gardé leur bonne humeur et leur routine de minette.  Et j'ai toujours mes bons vieux livres partout, ça aide à passer au travers des transformations multiples!

Malgré tout, ce genre de changements est très demandant en énergie.  Je dois avouer que j'ai eu du mal à tenir le rythme de mon blogue cette année.  Beaucoup d'émotions, de journée où je rentrais les batteries complètement à plat.  Et autre chose aussi: le manque de souffle.  Pas que je n'ai plus envie d'écrire des billets ou des critiques, mais là, il me semble que j'ai étiré un peu la corde.  Les derniers mois ont été un peu pénible et je crois que ça s'en aie ressenti.  J'ai besoin de me ressourcer, de prendre le temps d'écrire des billets sans avoir la pression de me dire que lundi approche.  Je veux prendre le temps de les peaufiner, de réfléchir, de mettre en place des tas d'idées qui traînent depuis longtemps.  Du temps.  Ça résume ce dont j'ai besoin.

À la fin de cette semaine, je vais tomber en vacances (yé!), alors je me suis dit que ce serait une excellente occasion de prendre un moment de recul.  À partir de vendredi donc, vous ne verrez passer que des critiques sur ce blogue, à moins qu'une fantaisie me prenne!  Les critiques, je vais les mettre pas mal au fur et à mesure, parce que si je les accumule pendant un mois, on en verra pas le bout...  Hihihi!

Un mois, c'est le temps que je vais me mettre «hors d'ondes».  De toutes façons, l'été n'est pas fait pour rester brancher à son écran d'ordinateur.  J'ai le goût de sortir jouer dehors!

Je serais donc de retour pour le 4 août, avec pleins de nouveaux billets, de nouvelles idées et d'énergie.  Peut-être même avec un petit teint bronzé! :)

Je vous souhaite de belles vacances et de belles lectures pour cet été!

@+ Mariane

P.S. Et bonne chance aux courageux écureuils des livres qui déménagent leurs trésors demain!

vendredi 24 janvier 2014

Les livres de nos vies

Salut!

En lisant la biographie de Steve Jobs, j'avais lu un passage qui m'avait marqué.  On y parlait que l'arrivée des IPod avait lancé la mode pour chacun de dire ce qu'il y avait dedans, de dire quelle était «la bande-son de sa vie».  J'aime bien l'expression.  Elle montre les chansons qui nous marquent, celles que l'on écoute à des moments précis de notre vie, celle qui, de jour en jour et d'année en année, on écoutera encore et encore.  Personne n'a exactement les mêmes chansons dans son IPod.  Personne non plus n'a lu exactement les mêmes livres.

Les livres de notre vie.  Ceux qui nous ont marqués, qu'on a adoré, qu'on a lu et relu, qu'on a oublié, qu'on a détesté, qu'on a fait découvrir à d'autres.  Tous les livres qu'on a lu ont laissé une petite trace en nous, ne serait-ce qu'au fin fond de notre mémoire.  L'ordre de lecture est personnel.  La quantité lue, la rapidité avec laquelle on lit le sont tout autant.  Le moment où on l'a lu et ce qu'il nous a apporté à ce moment-là également.  Tous ces livres forment la trame de notre vie de lecteur et de lectrice.

Le livre ressemble sous cet angle au cinéma, à la musique, aux arts en général.  Il y a ceux qui l'ont lu et ceux qui ne l'ont pas lu.  Ceux qui aiment et ceux qui détestent.  Les fans de l'un et les ennemis de l'autre.  Le réseautage autour d'un livre existe, on l'a vu autour de séries phénomènes comme Harry Potter, Les Chevaliers d'Émeraude ou encore Fascination.  Cependant, il y a aussi une histoire personnelle, propre à chacun.  J'ai adoré, littéralement adoré le livre Luz ou le temps sauvage d'Elsa Osorio.  Pourtant, je ne peux partager cette lecture qu'avec une poignée de gens et encore, sans doute n'auront-ils pas eu la même vision du livre.  Car la façon dont on va apprécier un livre dépend aussi de l'était dans lequel on le lit.

Quand j'ai lu L'Aîné, deuxième tome de la série L'Héritage de Christopher Paolini, j'avais l'impression que les paroles du maître d'Eragon ne lui était pas adressées.  Il me parlait directement à moi, m'apprenant la vie, ses difficultés, ses joies, la façon d'y naviguer.  Toute une sagesse dont j'avais bien besoin à ce moment-là.  À ce moment-là, cette lecture a sonné juste.  L'aurais-je lu dans un autre moment, dans d'autres circonstances, je ne l'aurais peut-être même pas remarqué.  D'ailleurs, c'est le tome de cette série qui m'a le plus transporté.  C'est un livre qui a marqué ma vie parce qu'il a fait résonner une corde précise au bon moment.  Est-ce le cas de tout le monde?  Non, c'est certain.  Un client régulier qui a aussi lu la série avec qui j'en avais discuté n'avait pas le moins du monde été marqué par ces passages.  Ça m'appartenait à moi.

Quand on échange avec un autre lecteur sur nos lectures, on découvre souvent des titres et des auteurs dont on ne connaît rien.  Et on en fait découvrir.  C'est un échange entre deux personnes ayant lu.  Des fois, l'écart entre le nombre et le genre de lectures est très grand, ce qui n'empêche pas le plaisir.  Tant que les deux aient l'ouverture d'esprit pour naviguer vers la vie littéraire de l'autre.

Chaque lecteur a une trame de lectures derrière lui.  Et chacune d'entre elles est différente.  Ce sont les livres de nos vies.

@+ Mariane

lundi 20 janvier 2014

Les paradoxes de la lecture sans livre

Salut!

Une bizarrerie que j'ai constaté à force d'utiliser la Bête et de lire des livres audio est qu'il manque une partie essentielle: le livre lui-même.  Ben oui quoi!  On y pense pas, mais le livre donne beaucoup d'informations en tant qu'objet...

La première, l'épaisseur.  On fait comment pour évaluer où on est rendu dans la lecture d'un livre audio???  Surtout que si il est indiqué sur la couverture du disque la durée totale du livre, on ne nous donne pas les chapitres, donc, on doit deviner à vue de nez combien il nous en reste à «lire».  Et pour le fichier epub?  Bon d'accord, on voit le nombre de pages au bas de l'écran, mais comment ils calculent le nombre des dites-pages?  Parce qu'il n'y a aucune règle pour ça!  Et encore, ça dépend de la taille du caractère, de la police de typographie et j'en passe!  Au moins, avec un livre, on sait où on s'en va...  Le livre a beau avoir été écrit avec une police liliputienne et sur du papier bible ultra-fin, on peut beaucoup plus facilement évaluer ce qu'il nous reste à lire!

La deuxième, la sensation tactile.  On ne touche pas le livre.  On ne peut pas le ranger dans une bibliothèque, on ne le voit pas, on ne sent pas sa texture (je n'irais pas jusqu'à l'odeur ceci dit!).  Si on veut relire un passage, essayer de deviner à vue d'encre électronique c'était vers quelle page?  Mon excellente mémoire visuelle me fait me rappeler c'était vers quelle partie du livre et environ où sur la page... quand c'est un livre papier.  Mais là, c'est vraiment dur à dire!  Encore pire avec un livre audio, quand il faut que tu te retapes pratiquement le chapitre au complet...

La troisième, le signet.  Y'EN A PAS!  Merdouille que ça me manque.  De glisser un signet entre les pages, de le tripoter pendant la lecture, de les collectionner, de les ranger dans une pile sur une tablette de bibliothèque qui me tombe systématiquement sur la tête quand j'essaie de n'en piger qu'un seul...

La quatrième, le protection.  Quand je me déplace, de ne plus avoir à tout le temps m'inquiéter d'abîmer un livre enfoui au fin fond de ma sacoche...  C'est perturbant.  J'avoue!  La Bête, bien à l'abri dans son étui survit agréablement bien à son séjour quasi-permanent dans le brise-livre.  Quand aux CDs audio, bien malin celui qui irait les briser!  Leur séjour entre l'étui et le lecteur est extrêmement court après tout.  Et une fois dans l'un ou l'autre, l'emballage risque bien plus d'être abîmé avant le CD!

La cinquième, le point final.  Si le epub laisse le lecteur sur un punch, il peut très bien se demander s'il ne manque pas quelques pages au livre!  De même, il n'y a souvent rien pour indiquer la fin de l'histoire sur livre audio.  C'est juste que l'on réentend le début du premier chapitre.  Ça fait bizarre comme façon de finir une histoire!

Lire sans livre, ben, c'est juste pas la même chose...  Ce ne sont pas des livres.  Même si ça multiplie les façons de lire!

@+ Mariane

vendredi 3 janvier 2014

Remplir le puits, peupler la mare

Salut!

Il y a déjà plusieurs années, j'ai lu le livre Libérez votre créativité de Julia Cameron.  Un classique des classiques dans le domaine.  Pour ceux qui ne connaissent pas, le voici:


C'est un livre qui m'avait été recommandé par un ami de mon père, venu m'aider à emménager dans mon premier appartement.  Autour de la traditionnelle pizza, on avait discuté à bâtons rompus.  C'était le genre de discussion dans lequel on a l'impression d'être en communication profonde entre nous des moments de grâce comme on dit.  À la fin, je lui avais demandé de me donner le titre d'un livre qui l'avait marqué et il m'a donné le titre de Julia Cameron.  Quelques mois plus tard, je l'ai lu.  Ce n'est pas un livre comme les autres.  Il faut le lire en dix semaines, puisque chaque semaine correspond à un thème, avec des exercices liés.  L'un des thèmes parle de remplir le puits, de peupler la mare si l'on parle autrement.  L'analogie se veut ainsi: la créativité, les idées, ne viennent pas d'un lieu mythique.  Elles viennent de nous, mais pour continuer à en avoir, il faut nourrir d'où viennent les idées.  Sinon, le puits risque de se retrouver à sec et la mare, vide de vie.

C'est une idée que je considère bonne pour toute personne qui évolue dans le domaine de la création, que ce soit artistique ou technique.  Parce que la créativité, l'innovation, l'esprit d'entreprise, ça se nourrit à une même source, intérieure, mais réelle.  Il faut nourrir cette partie de nous-même.  Julia Cameron recommandait particulièrement de faire des activités qui nous rendaient heureux, tout simplement.  Que ce soit du sport, du tricot, de la danse sur des tambours, ou un tour au cinéma.  Il fallait nourrir la source de notre créativité.

Je me suis rendue compte que je n'avais guère nourrie la source de ma créativité cet automne.  Mon puits était à sec.  Pas parce que je n'ai pas pris de temps pour moi, mais parce que j'en aie moins pris pour alimenter mon puits.  Et pourtant!  J'ai fréquenté les activités littéraires, j'ai lu, j'ai pris des notes... Cependant, le souffle était parti se cacher quelque part et j'avais beau écrire des billets, il me semblait qu'ils n'étaient plus comme avant, dans le sens de, il y manquait quelque chose.  Même mes idées prise en notes n'étaient plus là.  J'ai pris la peine de remplir mon puits durant les dernières semaines.

Comment?  Et bien, de un, en me reposant.  Un esprit reposé est toujours plus clair.  Deuxièmement, en regardant beaucoup de films.  L'idéal pour me faire sortir la tête des livres!  J'ai fait un grand rattrapage à ce niveau d'ailleurs, j'ai vu du bon, du moins bon et de l'excellent.  Je suis sortie avec des amis, j'ai discuté avec plein de monde et j'ai pris du bon temps (dont du côté de la bouffe!).  Je suis revenue progressivement à mon clavier.  Au début, ça a été un peu dur de me remettre à écrire des billets, j'étais rouillée en quelque sorte.  Toutefois, en peu de temps, c'est revenu.  J'avais perdu mon souffle, je crois que je l'ai retrouvé, mais sous une forme légèrement différente.  J'ai changé de métier et de milieu de travail en 2013, ça a forcément eu des répercussions sur ma vision du livre et de son milieu.  J'ai laissé ça mariner en regardant des films et en tricotant.  Ensuite, je me suis rassise à mon clavier et c'est revenu.  J'ai aussi pris une pause en décembre, ce qui a aidé.  Cependant, le plus important je crois, c'est que j'ai pris la peine de faire le plein d'idées et de faire un sacré tri dans ma petite pile d'idées de billets de blogue (cette cure minceur m'a aussi permis d'en enlever tout le poil de chats qui s'y était mêlé! :P )  Je ne dit pas que tout est passé, mais je crois que le pire est derrière moi.

Il fallait simplement que je recommence à peupler la mare d'idées et celle-ci a repris vie.  :)

@+ Mariane

mardi 31 décembre 2013

2013: Petit bilan

Salut!

2013 a été une année fort chargée pour moi.  Ça, c'est on ne peut plus indéniable.  Quand on change d'appart, de ville, de boulot et de voiture, on peut dire qu'on a fait de saprés changements en peu de temps!  Il est maintenant temps de dresser un petit bilan de ce qui s'est passé.

Première des choses à savoir, cette année, j'ai changé un peu ma façon de faire.  Je me suis, par les années passées, toujours fixé un objectif de lecture dans l'année de 100 livres minimum.  Souvent 120.  Je l'ai atteint la plupart du temps.  Sauf que cette année, j'ai voulu faire changement de tout ça pour une raison bien simple: j'en était venue à préférer la lecture de livres plus courts et à négliger quelques bonnes briques qui traînaient dans mes rayons.  Au lieu de me dire de lire tel nombre de livres, je me suis plutôt fixé un objectif en terme de pages lues.  24 000 pages.  Pourquoi ce chiffre?  Ben, j'en avais lu à peu près 23 000 en 2012, alors je me suis dit que ça ferait un bon chiffre rond!  Objectif pas tout à fait atteint: 21 704 pages lues en 2013 (enfin, un peu plus si je termine mes deux livres en cours ;) ).  Cool non?  Je crois que je vais maintenir la formule, elle est très agréable à suivre.  En terme de livres par contre, je n'en aurais pas lu 100 cette année, mais bon, ça arrive!  Avec tout ce que j'ai vécu, je me pardonne tout ça très facilement!

Ceci m'a permis de sortir quelques livres qui traînaient depuis des lustres dans mes bibliothèques et de les dévorer.  J'ai ainsi fait quelques très belles découvertes comme Fanny Stevenson d'Alexandra Lapierre, Le choeur des femmes de Martin Winckler et La voleuse de livre de Marcus Zusack.  Des livres qui étaient dans ma PAL depuis longtemps et dont je remettais la lecture à plus tard à cause de l'épaisseur.  En changeant la façon dont je me fixais des objectifs, j'ai aussi changé ma façon de lire et je crois que ça a été plus que positif.

Autre point, en relisant les titres des livres que j'ai lu une bonne dizaine de livres «sérieux» durant l'année: essais, livres de philosophie ou d'histoire.  J'avais dit dans mes intentions de début d'année que je voulais en lire un peu plus.  Objectif atteint, mais de façon paradoxale, je l'ai atteint parce qu'à un moment donné, c'était les livres que je lisais le plus facilement.  J'ai vécu tellement de bouleversements, autant professionnels que personnels, qu'à un moment donné, je n'étais presque pas tentée par les romans.  J'avais besoin de nourriture intellectuelle.  L'essai me convenait bien mieux.  D'ailleurs, souvent, c'était le seul genre de livre sur lequel j'arrivais à me concentrer.  Je remarque aussi que c'est ceux dans lequel j'arrivais à progresser de façon plus régulièrement.  J'en lisais un bout à tous les jours, contrairement aux romans que je pouvais facilement délaisser pendant plus d'une semaine.

J'ai encore une fois lu beaucoup de BD cette année, mais cette fois, je me suis branchée profondément sur la BD québécoise.  J'ai fait de nombreux achats, je n'ai pas encore tout lu, mais j'ai plongé à fond dans les univers de phylactères faits ici.  Pour le reste, je suis restée en bonne partie fidèle à mes anciennes amours, tout en allant folâtrer ici et ailleurs, faisant de très belles découvertes.  L'histoire de la petite chienne Laïka de Nick Abadzis compte parmi mes très belles découvertes.  Tout comme Les deuxièmes de Zviane, une auteure que je vais suivre à coup sûr!

Autre trait marquant de cette année, les livres audios.  Je n'en avais lu qu'un seul en 2012 et c'était mon premier.  Cette année, j'en aie lu quatre.  Quatre fois plus quoi!  J'en aie commencé et arrêté quelques autres aussi.  J'aime bien, mais ce genre a ses limites.  Le choix est relativement limité et la qualité des lecteurs est variables.  De plus, certaines maisons d'édition (Gallimard!!!) ont la manie de ne pas mettre les textes intégraux, ce qui me mets en (mettez ici le terme vulgaire de votre choix).  Une partie de la sphère littéraire que je vais sûrement continuer à explorer, parce que j'y aie fait de belles découvertes.  Le choix étant limité, on s'essaie à des choses que l'on aurait pas essayé autrement et c'est tant mieux comme ça!

2013 a aussi été une année de science-fiction.  J'ai beau regarder les titres, je me rends bien compte que je n'ai pas lu tant de fantasy et de fantastique que ça!  Le seul titre qui m'a vraiment marquée est Le cirque des rêve d'Erin Morgenstern (pas critiqué ici, mais à lire dans le Solaris de cet automne!).  Donc, surtout de la SF, mais de belles qualité: La stratégie Ender d'Orson Scott Gard que j'ai adoré, Chronoreg de Daniel Sernine, une totale découverte plantée au coeur du Québec, wow!  À noter également, Les monades urbaines de Robert Silverberg.  Je connais Silverberg depuis longtemps, mais ce livre-ci est considéré comme l'un de ses livres les plus marquants et je dois dire que je suis pleinement d'accord.  À travers ses trois gros morceaux, de petites perles moins connues: la série des Chaaas de Michèle Laframboise qui aurait sans aucun doute mériter plus de rayonnement que ce qu'elle a eu, l'excellent Clowns vengeurs de Dominic Bellavance et la série dérivée de l'univers du jeu vidéo de Mass Effect.  Dans ce cas, ce n'est pas de la grande SF, mais disons tout de même que c'était un excellent divertissement.

Des déceptions en 2013?  Non, mais beaucoup de demie-teinte.  Et une forte envie d'attendre la sortie de certains films pour connaître la suite de certaines séries commencées cette année.

Côté blogue, j'ai traversé une grosse passe à vide durant les derniers mois de 2013.  Combinez trop de changements, une réorganisation totale de mon temps et de celui que j'avais à consacrer à mon blogue et une panne d'idées, ça n'a pas été jojo tout le temps.  Depuis le début des vacances des fêtes, j'ai consacré énormément de temps à mon blogue.  J'ai écrit beaucoup de billets, de critiques, je crois que j'ai retrouvé ma voix de blogueuse.  Les thèmes sont proches, mais j'ai commencé à élargir ma vision de certains points et ça fait du bien.  J'ai l'impression d'avoir de l'air frais dans mes idées.  J'ai aussi d'autres changements en tête, annoncés, mais pas encore mis en place que je me laisse le temps de peaufiner avant de les mettre en place.  Progressivement.  Je ne me mets ni date, ni contrainte là-dessus, au contraire: je veux laisser les choses venir d'elles-mêmes.

Maintenant, on passe à 2014 dans quelques heures et une nouvelle année de lecture et de blogue commence! :)

Bonne année 2014 à tous, que tous vos souhaites les plus chers se réalisent, mais surtout que santé, bonheur et prospérité s'y joignent!

@+ Mariane

mercredi 18 décembre 2013

Telling vs showing

Salut!

J'ai une amie étudiante en littérature qui met régulièrement sur Facebook la complainte de l'étudiant en lettre: trop de lecture à faire en trop peu de temps, maudit que les livres qu'ils leur font lire sont plates, mais que veut dire tel prof à propos de telle tendance littéraire?  J'adore ces commentaires.  Je n'ai jamais étudié en lettres en bonne partie à cause des lectures obligatoires, mais de connaître un peu ce domaine de la littérature m'intéresse hautement.  Et voilà que dans l'un de ces messages, elle se met à râler contre deux concepts apparemment différent de la littérature: le telling et le showing.

Si j'ai bien compris (et je demande à l'avance pardon si ma compréhension de néophyte est inexacte), le telling est l'art pour un auteur de raconter une histoire.  C'est l'art du narrateur, du conteur, de celui qui est là pour nous faire plonger dans une aventure à ses côtés.  Dans ma tête, ça représente l'histoire racontée au je, pas uniquement, mais majoritairement.  On nous raconte une histoire, donc, c'est une personne qui a un point de vue, une histoire, une vision des choses qui nous parle.  Elle nous explique les choses telle qu'elles sont, telles qu'elle les perçoit, peu importe qui sait.

À l'autre extrême, il y a le showing.  C'est l'art de raconter une histoire, encore une fois, mais en montrant les choses.  La personne ne raconte pas, elle nous fait plonger dans les événements.  Elle nous montre ce qui se passe.  Pas besoin d'explications de midi à quatorze, ce sont des éléments des descriptions qui nous feront tomber dans l'ambiance.  Et ceux-ci sont moins explicites.

Ça me fait penser à cette phrase que j'ai lu et relu dans la page Wikipédia de Jean-Christophe Rufin:

«J'ai été déformé dans le sens du visuel. [...] Comme le disait Kundera, il y a deux sortes d'écrivains : l'écrivain musicien et l'écrivain peintre. Moi je suis peintre. [...] Quand on écrit, soit on écoute, soit on voit. On ne peut pas faire les deux en même temps.»

Il me semble que ça ressemble beaucoup au fond.  Disons, reprenons la bonne vieille formule des auditifs et des visuels.  Les auditifs aimeront mieux le telling, l'art du conteur, de celui qui sait nous charmer par le rythme de ses écrits, de celui qui nous fait voyager à ses côtés.  Il nous entraîne dans son histoire, nous fait vivre aux côtés des personnages qu'il raconte.  Le showing,  c'est l'art de celui qui se met un peu en retrait et raconte ce qu'il voit, mais comme si les personnages étaient dans un film qu'il regarde.  Il nous fait entrer dans l'histoire par le regard, voir les petits détails, sentir la lumière, l'ambiance sombre.  Il est un pas en retrait de l'histoire, mais en même temps, il n'en fait pas partie comme le conteur.

Les deux ont leurs avantages et leurs inconvénients, leurs forces et leurs faiblesses.  Personnellement, je suis plus showing que telling.  J'aime voir les images des histoires que je lis.  Je suis très visuelle.  Les textes que je préfère sont ceux qui savent, en quelques mots, en quelques images, transmettre l'atmosphère d'une scène par ce que y voit, ce qu'on y ressent, ce qu'on y sent.  J'aime mieux ça que de me le faire décrire.  Les deux façons de faire comportent leurs maîtres et leurs grands textes.  C'est une question de préférence.  

@+ Mariane

lundi 16 décembre 2013

La musique et les livres

Salut!

Je ne compte plus les oeuvres littéraires qui parlent de musique, de chansons.  Des titres qui n'allument aucune petite lumière dans ma tête.  Des oeuvres dont je ne sais absolument rien.  Des fois, oui.  Et je savoure la musique en lisant les mots.  D'autres fois, curieuse, je me paie un petit trip Youtube pour satisfaire ma curiosité.  Mais c'est un ami disquaire qui m'a fait la grande révélation.  Certaines oeuvres musicales sont inspirés d'oeuvres littéraires.  L'album Animals de Pink Floyd est directement inspiré de La ferme des animaux de Georges Orwell.  Révélation.  Dire que cet ami est depuis longtemps mon conseiller favori en matière de musique est un euphémisme: quand quelqu'un comprend à ce point vos références qu'il vous sort en pleine conversation quelque chose faisant immédiatement vibrer vos cordes revient à dire que cette personne vous connait bien!  Bon, quoique, côté littérature, étant généreuse de mes paroles, c'était pas bien dur à deviner...

Reste que le tempo de la musique est bien souvent présent à mes oreilles.  J'ai perdu l'habitude de mettre de la musique quand je lis, mais la musique est omniprésente en littérature.  Dans les musiques qu'écoutent les personnages, dans la façon de créer une ambiance grâce à celle-ci.  Par contre, mon sommet en matière de musique reste sans aucun doute La soeur de Mozart de Rita Charbonnier.  Pas uniquement parce que ce livre parle de musique classique, non, ça, il y en a eu d'autres.  Non, c'est parce que ça a été le premier livre qui m'a permis de toucher la musique à travers les mots et pas ceux d'une chanson.  Les descriptions de l'auteure concernant la musique touchaient aux saveurs, aux odeurs, à tous un univers des sens que je retrouvais en écoutant les pièces écrites par le frère de l'héroïne, le célèbre Wolfgand Amadeus Mozart.

Dans un film, la musique sert à nourrir l'atmosphère.  Le même effet peut être utilisé dans la littérature.  On sait tous quel sera l'effet de mettre une pièce de jazz.  Si on le dit dans un livre, ça peut avoir le même effet.  Sauf que celui-ci n'aura pas le même impact, parce qu'une fois dit, cet élément disparaît de notre environnement.  Alors on utilise plus volontiers les paroles des chansons.  Je ne compte plus les fois où j'ai lu les paroles d'une chanson, bien souvent pop ou rock en introduction d'un livre.  On goûte tout de suite à la source d'inspiration de l'oeuvre.  Ça aide à comprendre certains liens subtils de l'oeuvre, à plonger dans son atmosphère.

Reste que quand on ne connaît rien à la musique auquel fait allusion l'auteur, on perd tout de suite cet acquis.  C'est l'expérience que j'ai vécu en lisant Pinkerton cet automne.  Ne connaissant aucune des pièces dont parlaient les héros dans leurs grandiloquents dialogues, je suis sûre que je suis passée à côté d'une pléthore de clins d'oeil et autres allusions.  Je n'avais pas ce deuxième niveau de lecture que permettait la musique.  Bien dommage.  J'ai beaucoup aimé ma lecture, mais tout de même, il lui manquait un petit plus.

Les livres sont silencieux, pas la musique qui n'est faite que de sons.  Et pourtant, les liens qui les unissent sont plus nombreux que l'on puisse penser.

@+ Mariane

mercredi 11 décembre 2013

S'intéresser aux petits

Salut!

Quand on est un lecteur le moindrement attentif, on finit toujours par remarquer la petite inscription, parfois discrète, parfois très visible au bas de la couverture: le nom de l'éditeur.  Au fil du temps, on finit par trouver les maisons d'éditions qui se démarquent pour le lecteur que nous sommes.  Par exemple, j'apprécie particulièrement comme lectrice la façon de faire de Gallimard, de Leméac et de Boréal, mais j'aime moins la patte d'autres éditeurs.  Pas que ces maisons soient moins bonnes ou moins pertinentes.  C'est leur façon de faire de la littérature qui me touche moins.  Des goûts et des couleurs!  Il faut de tout pour tout le monde dit le dicton.  De même, je n'aime pas tout ce que font les maisons d'édition que j'ai nommé plus haut.  Encore une fois, tout est question de goût.

Néanmoins, à force de fréquenter la faune littéraire, je me suis rendue compte d'une chose: il existe une pléthore de petits éditeurs au Québec.  Si, si!  Ils couvrent tous les genres, des plus grand public aux plus pointus.  Souvent, ces petites maisons d'éditions vont de paire avec les nouveaux auteurs.  Tous les deux sont en émergence.  J'ai plusieurs bons amis qui sont publiés dans ces petites maisons et ça pousse à être très attentive.  À force, on se met à remarquer les autres, celles qui ont de minuscules kiosques au Salon du livre de Montréal, serrée dans un coin, avec deux ou trois auteurs assis avec leur livre tout neuf, attendant les lecteurs qui se pressent pour aller voir l'auteur assis en face.  Cependant, ce sont justement ces maisons-là que je trouve particulièrement intéressante.  Parce que pour se développer, elles doivent justement ratisser là on les grandes maisons ne vont pas voir.

Une petite maison d'édition naît rarement pour le simple plaisir de publier des livres.  Bien plus souvent, c'est parce que ceux qui sont à sa tête ont envie de sortir des sentiers battus par les autres maisons d'éditions, mieux établies, plus anciennes.  Celles-ci ont à leurs débuts suivis le même chemin: aller trouver un créneau, développer un marché, une clientèle, une saveur inédite qui se démarque, livre après livre, auteur après auteur, année après année.  C'est ça le rôle de l'éditeur.  Mais aucun éditeur ne peut couvrir tous les domaines de façon égale.  C'est humainement impossible.  Voilà pourquoi la plupart développe leur terroir et s'y tiennent au fil des ans.

Mais en creusant leur niche, les éditeurs laissent des trous.  Ces trous seront comblés par d'autres éditeurs ou encore par de nouvelles maisons.  Pour vous faire comprendre, je vais donner un petit exemple.  Il y a une dizaine d'années, le monde de la bande dessinée québécoise était pour le moins réduit.  Il y en avait, mais ce n'était qu'une goutte d'eau dans la mer des publications à phylactère.  Et puis est arrivée La Pastèque, avec la merveilleuse série des Paul.  Presque personne ne s'occupait de BD en noir et blanc au Québec avant que cet éditeur ne le fasse.  Ou s'il y en avait, il n'arrivait pas à rejoindre le grand public.  Paul et sa bande ont réussi le tour de force de percer le marché grand public.  Grâce à lui, La Pastèque a réussi à s'établir comme éditeur.  Certes, depuis, il s'est diversifié (albums jeunesse entre autre), mais on le voit d'abord et avant tout comme un éditeur de bande dessinée.  Une niche avait été créée, mais l'avantage en édition, c'est que quand vous découvrez un nouveau genre, habituellement, vous voulez découvrir d'autres choses dans le même style.  Ainsi sont nées le label Mécanique générale de la maison d'édition Les 400 coups, Pow Pow et La Mauvaise tête, dans le sillage de la Pastèque.  Chacune de ces maisons va explorer un petit coin que La Pastèque n'a pas couvert, ouvrant des portes et permettant à de jeunes auteurs de se faire connaître.  Ce ne sont peut-être pas toutes ces maisons qui passeront la difficile épreuve du temps, mais par leur travail, elles ouvrent encore plus les horizons de la bande dessinée made in La Belle province.

Personnellement, j'adore découvrir le travail de petits éditeurs.  Souvent on y trouve des projets vraiment originaux.  La qualité n'est pas égale selon les maisons, parce que le métier d'éditeur est malheureusement un métier comme celui de forgeron: on apprend à être un bon éditeur en le faisant.  Ce qui explique de nombreuses erreurs, du travail d'amateur dans certains cas et une qualité parfois variable.  Pour aller cueillir les fruits du travail des gens qui sont en train d'apprendre leur métier, il faut apprendre à accepter ce risque.  Celui de ne pas se retrouver face aux standards de qualité auquel nous sommes habitués.  Être parmi les premiers à découvrir quelque chose de nouveau a ses avantages et ses inconvénients, ses beautés et ses déceptions.  Mais dans la vie, qui ne risque rien n'a rien non? ;)

@+ Mariane

vendredi 22 novembre 2013

La tête du personnage

Salut!

Quand on lit, on doit utiliser une part importante de notre imaginaire.  Les personnages, ils vivent dans notre tête avant tout.  Selon notre bagage, cela influencera certainement ce que nous imaginons des personnages.  Leur physique particulièrement.

Ce ne sont pas tous les livres qui donnent une définition précise de l'apparence des personnages.  Je me suis compte que parfois, dans certains livres, on ne nous donnait qu'une définition très succinct des personnages principaux.  Et petit à petit, il prend forme dans notre esprit, à partir de quelques indications: couleurs des cheveux, des yeux, quelques commentaires sur l'apparence générale.  Et ensuite, notre imagination fait le reste.  Ce qui donne souvent des chocs lorsque l'on regarde les adaptations cinématographiques parce que les deux résultats sont très différents.

Chaque lecteur va voir le même personnage de façon différente.  Si vous avez eu un grand-père aux cheveux blancs très ébouriffés, il y a de fortes possibilité que si on vous parle d'un personnage aux cheveux blancs ébouriffés, sa chevelure tiendra un peu de celle de votre grand-père dans votre imaginaire.  Même chose, si vous avez vu le film avant de lire le livre, vous aurez tendance à superposer les traits de l'interprète avec le texte, même s'il y a des différences.  À moins que vous n'ayez pas aimé le personnage au cinéma.

Des gens qu'on a connu, croisé dans la rue, des images de films, de télévision, de magazines.  Tout concourt à nous permettre de nous représenter mentalement les personnages dont nous dévorons les histoires.  C'est normal, à l'intérieur de notre tête, il n'y a que nous qui puissions vraiment les voir.

@+ Mariane

mercredi 20 novembre 2013

Remise à la trotte

Salut!

C'est aujourd'hui que s'ouvre le Salon du livre de Montréal, sans doute le plus gros événement de l'année pour la passionara de livres que je suis.  L'endroit où se rencontre le plus grand nombre d'auteurs au mètre carré, où la concentration d'idées de lectures frôle la surcharge cérébrale et dont j'use les tapis depuis maintenant plus d'une décennie.  Chaque Salon est unique.  Chaque fois, on y fait des tonnes de rencontres, on gaspille des litres de salive en conversation, on y croise des gens que l'on n'y voit qu'une seule fois par année et on trouve toujours le moyen d'y péter notre budget livre.  Malgré les PAL titanesque, l'envie de garnir nos tablettes de nouveautés est souvent la plus forte.

Le Salon du livre de Montréal est le deuxième plus grand Salon du livre après celui de Paris.  On comprend vite pourquoi en voyant la multiplicité des auteurs, illustrateurs, éditeurs et autres acteurs du monde du livre présent.  On y noue des contacts, on s'y fait des amis, on rencontre des gens qu'on avait jamais rencontré autrement que par Internet, on fait la chasse aux dédicaces et on discute bouquin.  Un oeil averti remarquera immanquablement quelques petits détails subtils: la façon dont sont disposés les éditeurs correspondent aux distributeurs et les diffuseurs n'hésitent pas à montrer leurs logos en grand.  Derrière la passion du livre, on voit poindre l'industrie qui est derrière: c'est 12 000 emplois au Québec que les livres font vivre.  Je n'ai plus jamais fréquenté le Salon du livre de la même manière après avoir été libraire d'ailleurs.  Connaissant l'envers de la médaille des piles de livres sur les présentoirs, on est plus critique, mais aussi plus compréhensif.  On comprend beaucoup plus les réactions des acteurs du milieu du livre.

Cette année, je ne pourrais pas être aussi présente que par les années passées, changement de boulot oblige.  Mais je serais quand même là, soyez-en sûr.  Je ne vais pas briser mes longues habitudes de trotteuse du Salon du livre comme ça!  J'irais encore cette année user les tapis de la Place Bonaventure, mais ne comptez pas m'y voir le samedi: y'a trop de monde...  Je peux pas monopoliser les auteurs comme je veux dans ces occasions-là! ;)

@+ Mariane

P.S. Si on se croise, n'hésitez pas à m'arrêter pour me faire un brin de causette!  Sauf si je suis en discussion avec Jean-Christophe Rufin...  Alors là, c'est INTERDIT DE ME PARLER.  Ça fait dix ans que j'attends qu'il vienne au Salon...  :)

lundi 18 novembre 2013

Le langage du Capitaine Haddock

Salut!

Savez-vous pourquoi Hergé a affublé son adorable personnage de capitaine au long cours d'un vocabulaire aussi imagé?  Parce qu'à l'origine, Tintin paraissait dans Le Petit Vingtième, supplément jeunesse du Vingtième siècle, journal catholique et conservateur de la Belge.  Hors de question donc d'y voir se glisser le moindre juron!  Surtout dans une publication destinée à la jeunesse!  Pour contourner la difficulté, et garder par ailleurs la cohérence du personnage, Hergé a donc imaginé au coloré Capitaine Haddock toute une floppée de jurons plus farfelus les uns que les autres.  La morale était sauve!

Beaucoup d'auteurs ne se sont pas gêné autant pour faire parler leurs personnages.  Les jurons, dans toutes les langues, ont souvent étalé leurs caractères dans les dialogues d'innombrables personnages.  Notre littérature nationale ne font pas exception.  Je me rappelle encore avec délectation l'énumération précise du nombre de jurons dans le premier roman de la narratrice de Scrapbook faite par sa mère.  Elle y dénombrait précisément le nombre exact de mot en t***, en h*** et en c*** (celui des deux que vous voulez!) dans l'oeuvre de sa fille, ignorant au passage de la complimenter ou non sur celle-ci.  J'en rit encore!

Notre langue orale est truffée de jurons, de sacres et d'expressions auquel on dit aux enfants de ne pas les répéter.  Ça se reflète forcément sur notre littérature nationale.  Si la plupart des auteurs évitent dans leurs textes contractions courantes à l'oral, certaines expressions et autres artifices difficiles à rendre à l'écrit, les jurons bien plantés sont beaucoup plus courants.  Les jurons tiennent lieu de ponctuation à notre langue aurait dit l'un de nos auteurs, pardonnez-moi, je ne me rappelle plus lequel.  Il ne pensait pas si bien dire...

Les jurons et les sacres peuvent tenir lieu de langage à eux seuls.  Ce qui a entre autre donné l'hilarante scène de Bon cop Bad cop où Patrick Huard expliquait à son collègue anglophone les subtilités linguistiques liés à nos gros mots.  Ok, je sais, je sors du domaine littéraire, mais regardez la scène à nouveau m'a fait plaisir!  Quoi?  Moi, je l'ai aimé ce film!  Hihihi!

La littérature du terroir contient relativement peu de jurons.  Les auteurs de celle-ci ne tenaient pas particulièrement à voir leurs oeuvres censurées pour cause de mauvais langage.  D'ailleurs, la majorité d'entre eux venaient d'une élite relativement cultivée où un tel langage n'avait pas sa place.  C'est avec les années 1960 et plus particulièrement avec la pièce-choc, Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay qu'elle a acquis ses lettres de noblesse dans notre littérature, en même temps que le reste de la langue orale du Québec.  Depuis, ce langage fleuri, sentant bon la messe et une époque révolue où le curé veillait soigneusement sur ses ouailles, a conquis les pages d'innombrables romans.  Tous n'en font pas autant usage, mais ceux qui le font ne s'en gênent pas.

Entre un bon vieux Tabarnac bien senti et traiter quelqu'un d'Ornithorynque, mettons que personnellement, j'ai fait mon choix! ;)

@+ Mariane

vendredi 1 novembre 2013

Et la philosophie dans tout ça?

Salut!

L'autre jour, je suis allée voir l'excellent film de Margaret van Troppa, Hannah Arendt.  Le film se centre sur la couverture que la philosophe a fait du procès d'Adolf Eichmann au début des années 1960 et de la série d'articles dans le New Yorker qu'elle a publié à la suite de celui-ci.  C'est là qu'elle a développé sa théorie de la «banalité du mal».  Le film est vraiment excellent.  Il réussit à traiter un sujet complexe, soit la philosophie, sans tomber dans le film pour professionnel incompréhensible au grand public.  Par contre, si vous êtes en train d'arrêter de fumer, n'aller pas le voir, ça sentait pratiquement la cigarette dans la salle tellement tous les acteurs du film grillent des cigarettes à la chaîne!

De voir ce film m'a poussé à avoir envie de lire le livre d'Hannah Arendt a tiré du procès: Eichmann à Jérusalem.  Parce que justement, de voir ce film m'a fait réalisé que je ne lisais que très peu de philosophie.  Énormément de romans, de tous les genres, certains flirtant avec la philosophie, mais peu de livres de philo comme tel.  Le seul auteur que je peux citer avec certitude est John Stuart Mills.  Pour le reste, et bien, je me suis essayé au Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, en l'abandonnant après environ 20 pages parce que je n'y comprenais rien.  Après, j'ai surtout lu des essais.  Ceux-ci flirtent bien souvent avec la philosophie, tout en étant bien ancré dans le concret, ce qui convient beaucoup plus à ma personnalité.

L'essai n'est pas super loin de la philosophie dans certains cas, mais pas dans tous.  La philosophie s'intéresse aux idées et aux concepts, c'est essentiel, mais en même temps, ce n'est pas toujours accessible à tout le monde!  L'essai est toujours en train de défendre un thème, une cause, on est plus dans l'argumentation.  Dans tous les cas, la réflexion est nécessaire avant de se lancer dans la rédaction de tes textes.  C'est justement ce qui en fait l'intérêt à la lecture.

Sans doute que je vais mettre dans mes défis personnels de lire un peu plus de philosophie en 2014.  Me semble que ça me ferait du bien d'ouvrir mes horizons.  Par contre, c'est pas demain que je vais me lancer dans la lecture de Nietzsche...

@+ Mariane

mercredi 30 octobre 2013

Résolution d'achats

Salut!

En changeant de boulot, je m'étais fait une promesse à moi-même.  Appeler ça une résolution de déménagement.  Ou de changement d'emploi.  Ou de mi-année, c'est comme vous voulez.  Je me fixerais un budget d'achats de livres par mois et je m'y tiendrais.  Bon, quelqu'un a déjà dit que les résolutions étaient faites pour être brisées non?  Ouais.  C'est ça...

Jusqu'à maintenant, je n'ai guère respecté mes propres règles.  J'ai beaucoup trop de tentations.  Et j'y constamment soumise!  Quoi, je passe ma vie à visiter des librairies!  Les plus belles, les mieux garnies et les meilleurs librairies du Québec!  Et je peux vous le dire, les talents pour mettre les livres en valeur, donner le goût de tourner la première page et découvrir un nouvel univers sont nombreux.  Autant que le talent des éditeurs de donner envie de dévorer leurs livres rien qu'en regardant la couverture, sans même jeter un coup d'oeil à la quatrième de couverture.  D'autres que moi pourront résister à l'envie en fuyant les librairies.  J'y suis contrainte (oh! horreur!) par obligation professionnelle.  Je rigole!  J'adore ça!  Mais avouez que ce n'est guère bon pour respecter mes résolutions!

Bon, disons-le tout net, les comptes en banque de pas mal de monde risque de s'arrondir quelque peu grâce à moi.  Moi qui avait l'habitude des services de presse, j'ai recommencé à acheter.  Ça oblige à plus de discernement dans ses achats, mais ça n'empêche pas les achats impulsifs.  Certes non!  Au contraire, on dirait que ça y pousse encore plus (aux achats impulsifs je veux dire).  On découvre tout à coup qu'un auteur qu'on connaît vient de faire paraître un nouveau livre.  Oups!  On veut la suite d'une série que l'on suit assidûment.  Re-oups!  On se laisse tenter par une quatrième de couverture attrayante.  Re-re-oups!  Comme si je n'avais pas déjà assez de livres à lire!

Ok, je suis honnête: certaines filles vont se consoler de leur peine en magasinant frénétiquement les derniers escarpins à la mode ou en regarnissant leurs garde-robes déjà pleines de vêtements neufs.  Moi, j'achète des livres.  Avouez que quand même, un bouquin neuf coûte moins cher que des jeans griffés...  ;)

@+ Mariane

vendredi 25 octobre 2013

Merci Grand-Maman!

Salut!

C'est peut-être bizarre au fond de décerner ce billet à une personne que j'ai à peine connue.  Ma grand-mère maternelle est morte quand j'avais à peine deux ans et demie.  Je ne garde d'elle que quelques images, floues, celles que l'on garde de sa petite enfance, mais réelles, elles le sont.  Des proches m'ont affirmé que ces événements ce sont bien passé.  Ma grand-mère, je ne la connais que trop peu.  Ma mère m'a beaucoup parlé d'elle.  Elle était une femme de son époque: peu instruite, mariée à vingt ans, mère d'une famille nombreuse quand même.  Mais instruite, grâce à la radio.  Radio-Canada lui a ouvert les portes du monde.  Amoureuse de musique classique, de jazz.  Atteinte d'une myopie qui lui a rendu la vie difficile.  Morte trop tôt par contre, avant que j'ai le temps de vraiment la connaître.  Cependant, cette personne, sortie si si tôt de ma vie, a laissé derrière elle un héritage formidable: des livres.

Frérot et moi étions les numéro 11 et 12 de sa douzaine de petits enfants et il y avait quelques années de différences avec les autres.  Les besoins n'étaient pas les mêmes, c'est certain.  C'était alors la belle époque des ventes de livres par correspondance, royaume des Grolier et cie qui vous offrait le premier livre gratuit à l'abonnement.  Ma grand-mère nous avait ainsi déniché plusieurs excellentes séries jeunesse.  Quand elle est morte, elle avait eu le temps de garnir les tablettes de la bibliothèque familiale.  Je n'allais pas tarder à m'en faire un régal.  Tous ces livres, ces albums, j'allais me les farcir dès que j'ai su déchiffrer les petits caractères noirs alignés sur les pages.

Je n'ai pas connu ma grand-mère, mais elle m'a fait un très beau cadeau en me laissant ces livres en héritage.  Mine de rien, les grands-parents ont leur rôle à jouer dans l'apprentissage et l'amour de la lecture à leurs petits-enfants.  Tout simplement parce qu'ils ont quelque chose dont bien souvent les parents manquent: le temps.  Le temps de s'asseoir avec un livre et de raconter une histoire.  Le temps de choisir soigneusement celui-ci.  Le temps de parler de livres.  Le temps de lire eux-mêmes et ce faisant de montrer l'exemple.  Le temps de parler des livres qu'ils ont aimé.  Le temps aussi de choisir et d'offrir des livres.  Les parents d'aujourd'hui sont tellement débordés, ils font de leur mieux, c'est sûr, mais l'aide des grands-parents, ces aides si précieux, est inestimable.  Je le vois avec mon père et mon neveu.  Les liens entre les grands-parents et les petits-enfants sont si précieux, pourquoi ne pas en profiter pour transmettre la passion de la lecture?

Des premiers livres cartonnés offert à la naissance aux premières histoires racontées avant d'aller au lit, des livres qu'on offre aux anniversaires, à Noël ou tout simplement pour faire plaisir, des Salons du livre qu'on va visiter ou au final, des livres que l'on lit en commun, la relation entre les grands-parents, les petits-enfants et les livres peut tellement apporter à l'un comme à l'autre.  C'est l'une des petites merveilles de cette partie de notre vie.  Et je suis tellement heureuse de voir un petit garçon de quatre ans et demie en profiter à fond.

@+ Mariane

lundi 21 octobre 2013

Sortir de la réalité

Salut!

Il existe un cliché.  Celle de la femme mariée, vieillissante, pour lequel lire des romans d'amour permet d'oublier l'absence de romantisme de leur propre mariage qui est tombé dans l'ennui et la routine après des années.  Imaginez-là, ses cheveux gris et bouclés, mal peignés, négligée dans sa robe de chambre usée par les années où elle a passé dedans, penchée sur une édition de poche à petit prix d'une énième histoire d'amour d'une auteure qui s'est spécialisé dans le domaine.  Cette personne lit pour oublier sa vie quotidienne et ordinaire, sans éclat, sans relief.  Vivre, à travers des héroïnes, mais ressentir ce frisson qui donne du goût à la vie.

Sans doute la même chose pour les amateurs de littératures d'horreur: ressentir.  Ce frisson qui fait sentir vivant.  Qui fait battre le coeur, d'horreur certes, mais qui le fait battre vraiment.  Quand notre vie semble trop apathique, on recherche le frisson.  On recherche l'émotion.  Beaucoup de gens disent qu'ils aiment leur vie, mais la routine tue autant que l'excès d'émotion.  Trouver le juste équilibre entre les deux requiert du doigté.

L'aventure.  Celle que l'on vit par procuration, par dépit parfois.  Celle que l'on ne connaîtra jamais en vrai.  Parfois pour le mieux, étant donné ses conséquences, parfois pour le pire.  Il ne faut jamais abandonner la réalité pour le rêve que procure la fiction, que ce soit dans un livre ou dans un film.

Je comprends l'effet placebo, qui remplace la réalité.  Mais en même temps, je ne comprends pas.  Il faut vivre sa vie, profiter de celle-ci.  Les livres offrent une vitrine sur tellement d'univers, d'expériences qu'on aura jamais le temps de vivre en une.  On peut tellement explorer à travers les livres!  En même temps, les livre ne sont pas la vraie vie.  Ils en sont une autre facette, comme celles que le diamant laisse voir lorsqu'on le fait miroiter au soleil.  Un scintillement éphémère, à saisir, comme la vie, mais un scintillement quand même.

Les livres à leur place, faisant parti de la vie, mais n'étant pas la vie elle-même.  Voilà une excellente façon d'enrichir le quotidien, sans laisser l'imaginaire prendre le pas sur lui.

@+ Mariane

vendredi 18 octobre 2013

La Bête et le brise-livre

Salut!

J'ai fait récemment une acquisition merveilleuse: un protège-liseuse.  Bon, bon, en bon québécois, un protège-Bête!  Hihihi!  Le voici.

Joli non?

La Bête est maintenant bien à l'abri!


Plutôt cool n'est-ce pas?  Ce n'est pas le modèle d'origine, mais il fait parfaitement l'affaire.  J'hésitais depuis longtemps sur un tel achat.  J'osais moins emporter la Bête partout à cause de ça.  C'est que ça coûte cher une Bête!  On a pas envie de l'abîmer!  Ce n'est pas comme un livre de poche qu'on fourre dans notre sac à main.  Ça, on peut accepter quelques coups dessus et égratignures dessus sans remettre en cause son fonctionnement.  Une scratch sur une couverture ne va que vous faire pleurer, rien d'autre!  Tandis que sur l'écran d'une Bête...  Heu, non.

Bon, ceci dit, j'hésitais souvent à mettre un livre dans mon légendaire brise-livre!  Surtout parce que, bon, mes livres, qu'ils soient neufs ou d'occasion, j'aime mieux ne pas les détériorer trop.  J'aime les garder en bon état.  Je ne casse jamais mes tranches de livres et je me jette à la tête de ceux qui osent tourner à l'envers la page couverture d'un livre de poche (désolé Papa...).  J'ai toujours une petite moue si je vois un coin de page couverture légèrement épointé.  Je ne suis pas maniaque, mais je fais quand même attention.  Une survivance de l'admonestation maternelle me disant de toujours prendre soin de mes livres...

Sauf que là, je me suis rendue compte d'un truc génial.  Protège-Bête + Bête bien protégée à l'intérieur + Brise-livre = lecture disponible en tout temps et partout!  Non, mais génial!  Je laisse mes livres à la maison et je pars à l'aventure, la Bête soigneusement emballée coincée entre mon paquet de gomme, mon porte-monnaie, mon sac écolo et enfin, bref, le paquet d'autres cossins typiques d'une sacoche de fille.  Peu de chance qu'elle se brise, elle est bien protégée, je peux l'attraper en un instant pour lire quand j'ai une mini-pause et je suis sûre de ne jamais être prise au dépourvue côté lecture.  Y'a quand même 58 livres dessus non!  En plus, ça m'encourage à lire des classiques que je me promets de lire depuis un sacré bout de temps.  L'association idéale non?

Il faut le dire, le numérique a parfois ses avantages, cachés dans des niches où le bon vieux livre papier est moins efficace.  Il ne le remplacera jamais, mais il a quand même ses petits avantages...  ;)

@+ Mariane