Le troisième mensonge Agota Kristof Points 163 pages
Résumé:
Claus est revenu dans son pays natal. Mais est-il bien Claus? Ou est-il Lucas? Qu'est-il arrivé à son frère? La vérité, sa vérité, ne serait-elle qu'un tissu de mensonges?
Critique:
Heu? Allo quelque part, quelqu'un pourrait-il me dire où commence la vérité et où finit la fiction dans ce livre? J'en sors complètement mêlée! L'histoire du Grand Cahier ne serait qu'une histoire et celle de La preuve également? Je ne comprends pas. Pas du tout. Ok, les deux enfants auraient élaboré cette histoire pour fuir leur réalité, celle où leur mère aurait tué leur père dans un moment de folie et blessé l'un de ses fils par la même occasion. D'où la séparation des jumeaux. Mais pour le reste... À part l'abus d'alcool, de cigarettes, on retrouve deux hommes parfaitement semblables, emmurés dans leurs mensonges qu'ils prennent pour des vérités, même entre eux. Difficile à comprendre comme livre. J'avais beaucoup aimé Le grand cahier malgré sa cruauté, mais celui-là, rien pour le sauver. J'en suis sortie trop mêlée pour avoir apprécié ma lecture. Même le style froid et détaché du Grand cahier ne s'y retrouve pas. On est dans une espèce de pathos duquel les gens ne se battent pas pour sortir. Ce ne sont pas des battants, se sont des gens qui laissent la vie les prendre et dérive avec elle. Des trouillards qui noient leurs problèmes dans l'alcool, sans se soucier des conséquences. Désolé, je suis sévère, mais c'est à l'image de mon appréciation du livre.
Ma note: 3/5
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mardi 13 mars 2012
mardi 7 février 2012
La preuve d'Agota Kristof
La preuve Agota Kristof Points 187 pages
Résumé:
Claus est parti, il a franchi la frontière qui sépare désormais les jumeaux. Seul, Lucas doit réapprendre à vivre. Continuant sur la lancée que son frère et lui ont mis en place, il vivra une vie exempte d'émotions. Une vie dure, sous un régime de fer dont il s'accommodera pourtant bien. Avec autour de lui une pléthore de personnages étranges et pourtant plus réels que lui, il continuera son chemin, seul.
Critique:
Le changement de ton avec Le grand cahier est net dès le début: on passe d'un narrateur nous à un narrateur omniscient parlant à la troisième personne. Lucas est donc mis en scène et non en train de parler. Mais le caractère de celui-ci ne change pas. Toujours la même absence d'émotions, toujours la même sensation de détachement par rapport au monde. Il vit, mange, dort, mais ne se pose aucune question, il n'a aucune morale. Rien du tout. Autour de lui, on sent qu'avec la fin de la guerre se met en place le système tentaculaire soviétique, mais comme il n'a ni besoin, ni désir, il vit les choses avec détachement. Ce n'est pas nommé, on ne sait d'ailleurs toujours pas où est situé cette histoire, mais tous les indices que donnent l'auteur tendent vers cela. Son «amitié» avec le secrétaire du parti local le sauvera à quelques occasions, mais pour le reste, c'est un solitaire égoïste qui se fout royalement du monde. Les autres gens, il les utilise, mais ne les aime pas, de la bibliothécaire au fermier voisin. Il n'est pas nécessairement injuste, simplement, il regarde les gens selon ses propres besoins et non comme des êtres humains. Il ne faisait pas la même chose avec sa grand-mère pourtant... En tout cas, j'ai trouvé extrêmement étrange que personne, absolument personne ne fasse de commentaires sur l'absence de son frère. Ça m'a pris un bout de temps avant de cesser de guetter le commentaire qui trahirait l'absence de la moitié de lui-même. En dehors de Lucas, personne ne parle de Claus. Et il ne s'attache à personne non plus, exception faite de Mathias, l'enfant difforme qu'il sauve de la noyade. Mais cet amour est une possession, une possession terrible, qui étouffera l'enfant. Il lui appartient, il le dit. Mathias n'y survivra pas. Pas plus que Yasmine, sa mère. Son besoin de posséder ceux qu'il aime, aussi rare soit ces personnes l'empêchent de mettre une ligne claire entre l'amour et le contrôle. J'ai trouvé la fin étrange, c'est difficile de faire la part des choses entre le rêve et les pensées des jumeaux. Et texte final n'aide pas non plus à le savoir. Étrange livre, peut-être encore plus que le premier.
Ma note: 4.25/5
Résumé:
Claus est parti, il a franchi la frontière qui sépare désormais les jumeaux. Seul, Lucas doit réapprendre à vivre. Continuant sur la lancée que son frère et lui ont mis en place, il vivra une vie exempte d'émotions. Une vie dure, sous un régime de fer dont il s'accommodera pourtant bien. Avec autour de lui une pléthore de personnages étranges et pourtant plus réels que lui, il continuera son chemin, seul.
Critique:
Le changement de ton avec Le grand cahier est net dès le début: on passe d'un narrateur nous à un narrateur omniscient parlant à la troisième personne. Lucas est donc mis en scène et non en train de parler. Mais le caractère de celui-ci ne change pas. Toujours la même absence d'émotions, toujours la même sensation de détachement par rapport au monde. Il vit, mange, dort, mais ne se pose aucune question, il n'a aucune morale. Rien du tout. Autour de lui, on sent qu'avec la fin de la guerre se met en place le système tentaculaire soviétique, mais comme il n'a ni besoin, ni désir, il vit les choses avec détachement. Ce n'est pas nommé, on ne sait d'ailleurs toujours pas où est situé cette histoire, mais tous les indices que donnent l'auteur tendent vers cela. Son «amitié» avec le secrétaire du parti local le sauvera à quelques occasions, mais pour le reste, c'est un solitaire égoïste qui se fout royalement du monde. Les autres gens, il les utilise, mais ne les aime pas, de la bibliothécaire au fermier voisin. Il n'est pas nécessairement injuste, simplement, il regarde les gens selon ses propres besoins et non comme des êtres humains. Il ne faisait pas la même chose avec sa grand-mère pourtant... En tout cas, j'ai trouvé extrêmement étrange que personne, absolument personne ne fasse de commentaires sur l'absence de son frère. Ça m'a pris un bout de temps avant de cesser de guetter le commentaire qui trahirait l'absence de la moitié de lui-même. En dehors de Lucas, personne ne parle de Claus. Et il ne s'attache à personne non plus, exception faite de Mathias, l'enfant difforme qu'il sauve de la noyade. Mais cet amour est une possession, une possession terrible, qui étouffera l'enfant. Il lui appartient, il le dit. Mathias n'y survivra pas. Pas plus que Yasmine, sa mère. Son besoin de posséder ceux qu'il aime, aussi rare soit ces personnes l'empêchent de mettre une ligne claire entre l'amour et le contrôle. J'ai trouvé la fin étrange, c'est difficile de faire la part des choses entre le rêve et les pensées des jumeaux. Et texte final n'aide pas non plus à le savoir. Étrange livre, peut-être encore plus que le premier.
Ma note: 4.25/5
Libellés :
Auteurs J à L,
Commentaire de lecture,
Littérature hongroise
mardi 24 janvier 2012
Le grand cahier d'Agota Kristof
Le grand cahier Agota Kristof Points 184 pages
Résumé:
C'est la guerre, une guerre qui n'est pas nommée et qu'on a pas besoin de connaître car elle est comme toutes les guerres. Claus et Lucas sont emmenés par leur mère chez leur grand-mère, une vieille femme avare et acariâtre, qui vit dans la Petite Ville. Les deux jumeaux, privés de l'amour maternel, vont s'entraîner ensemble à éliminer toute émotion de leur vie, afin de devenir plus fort. Ils relatent tout dans leur grand cahier, par textes courts, dépourvus d'émotions, évoquant uniquement des faits.
Critique:
Très perturbant comme lecture. Les deux jumeaux parlent constamment au nous, ils ne se voient pas comme des personnes distinctes, ils sont complètement entremêlés entre eux. Dans leurs textes, ils ne se distinguent jamais l'un et l'autre. Et on peut se demander s'ils ont vraiment tort d'éliminer toute émotion de leur vie quand on voit le monde dans lequel ils vivent. De l'officier allemand qui loge chez eux, un homosexuel sado-masochiste à la servante du curée qui abuse d'eux tout en leur prodiguant des soins maternels, le monde qui les entoure est fou, dépourvu de morale. Seul le personnage de la grand-mère a un semblant de morale. C'est un personnage que l'on met du temps à comprendre et pour lequel les apparences ne comptent pas. On peut la juger sévèrement, mais à force de la connaître, on finit par la comprendre et par l'accepter, même à éprouver une certaine tendresse pour elle. Elle est dure, voir brutale, mais on peut se fier à elle, contrairement à presque tous les autres personnages dans le livre. Certaines scènes sont très cruelles et d'autres laissent une impression de malaise très profonde. La sexualité y est très présente, mais dans ses aspects les plus crus et encore une fois, dépourvus d'amour ou de sentiments. En fait, chaque personnage est là dans l'histoire pour une raison précise, pour apprendre quelque chose aux jumeaux, de leurs parents au cordonnier. Une lecture dérangeante, une lecture sur la guerre, mais vécue de l'intérieur. Ce n'est pas les bombes qui tombent qui sont importantes, c'est la folie des hommes qui est montrée dans ce qu'elle a de plus cruelle. Un livre nécessaire, mais très dur.
Ma note: 4.5/5
Résumé:
C'est la guerre, une guerre qui n'est pas nommée et qu'on a pas besoin de connaître car elle est comme toutes les guerres. Claus et Lucas sont emmenés par leur mère chez leur grand-mère, une vieille femme avare et acariâtre, qui vit dans la Petite Ville. Les deux jumeaux, privés de l'amour maternel, vont s'entraîner ensemble à éliminer toute émotion de leur vie, afin de devenir plus fort. Ils relatent tout dans leur grand cahier, par textes courts, dépourvus d'émotions, évoquant uniquement des faits.
Critique:
Très perturbant comme lecture. Les deux jumeaux parlent constamment au nous, ils ne se voient pas comme des personnes distinctes, ils sont complètement entremêlés entre eux. Dans leurs textes, ils ne se distinguent jamais l'un et l'autre. Et on peut se demander s'ils ont vraiment tort d'éliminer toute émotion de leur vie quand on voit le monde dans lequel ils vivent. De l'officier allemand qui loge chez eux, un homosexuel sado-masochiste à la servante du curée qui abuse d'eux tout en leur prodiguant des soins maternels, le monde qui les entoure est fou, dépourvu de morale. Seul le personnage de la grand-mère a un semblant de morale. C'est un personnage que l'on met du temps à comprendre et pour lequel les apparences ne comptent pas. On peut la juger sévèrement, mais à force de la connaître, on finit par la comprendre et par l'accepter, même à éprouver une certaine tendresse pour elle. Elle est dure, voir brutale, mais on peut se fier à elle, contrairement à presque tous les autres personnages dans le livre. Certaines scènes sont très cruelles et d'autres laissent une impression de malaise très profonde. La sexualité y est très présente, mais dans ses aspects les plus crus et encore une fois, dépourvus d'amour ou de sentiments. En fait, chaque personnage est là dans l'histoire pour une raison précise, pour apprendre quelque chose aux jumeaux, de leurs parents au cordonnier. Une lecture dérangeante, une lecture sur la guerre, mais vécue de l'intérieur. Ce n'est pas les bombes qui tombent qui sont importantes, c'est la folie des hommes qui est montrée dans ce qu'elle a de plus cruelle. Un livre nécessaire, mais très dur.
Ma note: 4.5/5
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