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lundi 11 janvier 2021

Lettre à moi-même de 1996

 Salut!

Je sais pas si vous aviez déjà entendu parler de ce truc: des gens qui s'écrivent une lettre, à leur futur eux-mêmes?  Et bien, moi, j'en avais entendu parler, il y a de ça longtemps.  Il y a plus de vingt-cinq ans même.  En fait, j'en aie sûrement entendu parler de la part d'un de mes profs au secondaire ou au primaire.  Assez pour que cela me décide à faire l'exercice... il y a vingt-cinq ans.  Oui, oui, je m'étais écrit une lettre à moi-même.  D'ailleurs, la voici:


Première des choses, constatation: J'aimais écrire mes 2 avec des boucles dans le temps.

Rappel: Ma prof de sixième année me l'interdisait.

Deuxièmement, euh, ah oui, 1996, la belle époque du papier à lettres parfumé que l'on achetait au marché aux puces...


Ça rappelle peut-être des souvenirs à quelqu'un?

J'ai donc gardé ce précieux document pendant les vingt-cinq dernières années.  Où donc.  Dans la copie du livre de recettes de Jehane Benoît que ma mère m'avait donné.  Elle est restée là pendant deux déménagements, des dizaines de consultations dudit ouvrage et non, je ne l'ai jamais regardé.  Je farfouillais dans mes livres de recettes récemment et j'ai eu un flash: Hé, ma lettre!  On est rendu en 2021 non hein?

Je l'ai donc ouvert en fin de semaine.  De mémoire, je n'avais rien raconté d'exceptionnel.  En la lisant, c'est le cas.  J'étais en secondaire I, j'avais un béguin pour un gars (raison pour laquelle je ne mets pas la lettre, je le nomme et comme nous nous sommes totalement brouillés depuis, je ne veux pas que son nom apparaissent ici, de quelque façon que ce soit).  Je parle de l'école secondaire que je fréquente, des cours de karaté que je suis, du fait que je garde des enfants et que ça ne rapporte pas (ça ne s'est pas amélioré avec les années), de SimCity (oh, retour dans les années 90) et de ma série télé préférée de l'époque, SeaQuest DVS (je me rappelle que je trouvais l'acteur qui jouait l'adolescent du bord très mignon...).

Je mentionne aussi que quand je serais grande, je veux faire des arrangements floraux?????  Non, mais qu'est-ce qui m'était passé par la tête au juste?  Le reste, je comprends, le reste, je me rappelle,  mais les arrangements floraux, je pige vraiment pas!  Sans doute une lubie du moment quand j'ai écrit cette lettre, mais vingt-cinq ans après, je me demande d'où est-ce que j'ai sorti ça!

N'empêche, c'est un bel exercice.  Ça me rappelle à la fois que la Mariane que je suis a beaucoup changé et que la Mariane d'autrefois n'est pas complètement disparue.  Je trippe toujours autant sur les séries de SF, je fais encore des arts martiaux, j'ai encore parfois des lubies, mais elles sont moins intenses.  Changement et permanence de moi à moi à vingt-cinq ans d'écart.  Intéressant comme exercice.

Vais-je écrire une autre lettre, à mon moi qui aura dans vingt-cinq ans 63 ans bien sonné?  Peut-être bien.  Je n'ai pas encore décidé.  Mais bon, j'ai jusqu'à la fin de 2021 pour le faire ;)

@+ Mariane

lundi 30 novembre 2020

Je m'y attendais pas, vraiment!

 Ok.

Si hier, aux alentours de 11h30, vous avez entendu crier...

Ben c'était moi.

Ok, j'avoue, j'avais espéré.

Beaucoup.

À me tordre les doigts à force de les croiser.

Mais je l'avais déjà fait.

En 2014 et en 2019.

Sans résultat.

Et là...

Ben, j'ai gagné le prix Boréal fandédition de 2020!!!!!!!!!!!!!

Fort heureusement, j'étais pas seule quand on l'a annoncé (je vous rassure, j'ai droit à un visiteur, je suis célibataire, enfin, si on fait exception de deux colocataires à quatre pattes).

Mais ça fait quand même drôle...

J'ai gagné lors d'une année exceptionnelle.

De façon un peu exceptionnelle.

J'aurais aimé gagné au milieu de mes pairs.

Pouvoir féliciter les autres gagnants en personne.

J'ai pas eu droit à tout ça, même si j'ai eu le prix.

Saveur douce-amère.

Partie remise?

Peut-être.

Ne comptez pas sur le fait que j'arrête de bloguer!

Ce prix me fait réellement plaisir au fait!

Ça me donne une petite tape sur l'épaule pour continuer.

En espérant rester toujours aussi pertinente dans mon boulot!

Maintenant, pause de l'autopromotion et on retourne au blogue demain matin.

Oui, vous aurez droit à un billet cette semaine!

Rendez-vous demain matin!

@+ Mariane

lundi 23 novembre 2020

Que ce soit la première ou pas, ça continue de faire plaisir!

 Salut!

Les nominations sont sorties pour le prix Boréal la semaine dernière et devinez quoi, j'ai réussi à me faufiler dans la catégorie fanédition avec ce blogue!  Ce n'est pas la première fois, j'ai déjà quelques nominations au compteur, mais je n'ai pas encore remporté le prix.  Peut-être cette année?  J'en sais rien, mais j'avoue que ça serait vraiment cool! Il y aurait une chose positive à mettre dans la liste des souvenirs de 2020!  Et ce serait un très beau cadeau pour mes dix ans de blogue!

Mais avant tout, ce qui fait  plaisir avec cette nomination, c'est le fait que ça me montre que je suis lue.  Blogueuse, je l'ai déjà dit, est un métier solitaire.  On pense nos billets de blogue dans notre coin, on les peaufine et on les lance dans l'univers.  À part les statistiques du blogue et les commentaires, on a que peu d'idées de la résonnance de nos idées.  Est-ce un peu, beaucoup, passionnément?  Dur à dire.  Par contre, une nomination veut dire que parmi les choix proposés, suffisamment de gens ont pensé à mon blogue comparé aux autres propositions pour que cela fasse la différence.  Et que je me retrouve avec quatre autres nominés, dont deux dont je respecte énormément le travail, soit ma chère amie Gen et le blogue d'Imagineatlas des étudiants du Collège Marianopolis.  Je connais peu les deux autres blogues en nomination, mais je vais leur jeter un petit coup d'oeil, surtout que les Filles de joual avaient gagné l'an dernier.

Bref, ceci est un billet à saveur d'autopromotion où je vous encourage, si vous aimez le contenu que vous retrouvez ici, à voter pour mon blogue!  Les votes sont ouverts jusqu'au 27 novembre 2020 à 23h59.  Pour voter, c'est ici.

Bonne chance aux autres nominés!  

Mariane

lundi 12 octobre 2020

Ça fait dix ans...

Salut!

Il y a dix ans, une idée n'arrêtait pas de me trotter dans la tête.  En fait, il y a dix ans, elle me tournait dans la tête depuis un moment.  Depuis que j'avais lu un article dans La Presse.  C'était une chronique de Chantal Guy, la chroniqueuse littéraire.  Le titre? Salutations d'une moldue.  Vous dire si ce texte m'a marquée est un euphémisme, même si je ne l'ai lu qu'une seule fois.

Parce que la chroniqueuse y parlait de livres et de littérature... différemment.  Ce n'était pas une critique ou une chronique sur un livre, mais ça parlait de littérature.  Ce n'était pas un texte savant, mais ça parlait d'un bouquin.  C'était joyeux, aérien, mais en même temps littéraire et bien tourné.  Ça parlait de Harry Potter, dont le dernier tome venait de sortir, de la part d'une non-lectrice de cette saga.  J'ai adoré cette chronique.  J'en aie lu d'autres de la même auteure.  Ça parlait de livres, de littératures, d'auteur.e.s, mais c'était moderne, accessible, ça allait jouer dans les plates-bandes de la culture au sens large, qu'elle reliait aux livres avec doigté, ça abordait des choses profondes et ça faisait rire.

C'était inspirant en un mot.

J'avais envie de faire quelque chose de semblable, envie de parler de livres, mais d'en parler en l'intégrant à autre chose de plus grand.  À l'époque, je participais à un forum littéraire de manière assez active.  J'aimais ça, mais je ressentais le besoin de plus, besoin que je n'arrivais pas à combler par le biais de ce média.  J'ai beaucoup hésité, vraiment beaucoup.  C'était à une époque où les blogues connaissaient une espèce d'âge d'or.  Pas mal tout le monde avait le sien.  Et je me suis dit: pourquoi pas moi?

C'est donc armée de cette envie que le samedi 9 octobre 2010, je me suis assise à mon ordi et j'ai commencé à pitonner sur mon clavier.  La preuve? J'ai déposé trois messages sur mon blogue ce jour-là...  Je ne l'ai jamais refait depuis!  Le blogue est devenu en dix ans un espace de création, de liberté, mais aussi d'apprentissage.  Écrire un blogue m'a permis de me rendre compte de mes manies d'écriture (ouais, j'essaie encore de les corriger!), d'apprendre à apprendre à être constante, à trouver de la suite dans mes idées et aussi à voir toutes les possibilités en toutes circonstances.  Et il s'en aie passé des choses dans ma vie en dix ans!  Le blogue n'a pas toujours été constant (le trou noir de 2017 en a été un exemple), mais il a toujours été dans mes pensées.  Il m'a parfois aidé, parfois été un fardeau, souvent une source de joie.  Et source aussi de beaucoup, beaucoup de belles rencontres.

J'ai toujours essayé d'être fidèle à l'esprit que m'avait insufflé ce texte sur les moldus au départ: parler de livres, parler de littérature, mais se détacher des carcans, des méthodes connues, des chemins déjà parcourus.  Partir d'un livre et en arriver à la société ou partir de la société pour en arriver à un livre.  En parler par la bande, parfois faire des liens avec l'actualité ou avec des mouvements plus profond.  Même si mon inspiration première est là, je dois avouer que le reste a beaucoup varié avec le temps.  J'ai appris mon art de blogueuse en bloguant.  J'ai aussi mis des critiques parce que j'ai toujours aimé parlé des livres que j'aime, même de ceux que j'aime moins.

Durant le confinement, j'ai écrit à Chantal Guy.  Elle avait dit qu'elle répondrait à toutes les personnes qui lui écrirait.  Je lui aie parlé de mon blogue, dit qu'il avait presque dix ans et que son inspiration me venait de cette fameuse chronique.  Elle m'a répondu!  J'étais très heureuse.  Malgré tout, en dix ans, j'ai pas mal gagné en confiance et en indépendance.  C'est ici mon blogue et c'est chez moi et je m'amuse maintenant à y mettre bien plus de choses que je n'avais pensé y mettre au départ!

Bref, à ce cher blogue: bon dixième anniversaire!

@+ Mariane

lundi 8 juillet 2019

Réfléchir

Salut!

«-Ton blogue, ce qui est intéressant avec lui, c'est qu'il nous fait réfléchir.

-Ah oui?

-Oui, je dois te laisser, ciao bye!»

Intéressant.  Cette petite phrase lâchée comme ça lors d'une conversation avec un ami m'a fait plaisir.  C'est quand même la raison principale pour laquelle j'écris ce blogue!  Réfléchir...  Il me semble que dans notre époque où tout va très vite, prendre le temps de réfléchir à quelque chose vaut la peine.  Je me permets de le faire sur un blogue parce que je le peux, mais la plupart de ces idées trottent dans ma tête de toute façon.  La seule différence, c'est que je prends le temps de les rendre cohérentes et que je les mets par écrit.

«-Ah ton blogue, c'est super, ça paraît que tu réfléchis avant d'écrire tes billets.

-C'est gentil de me le dire, mais je t'ai pas vu laisser beaucoup de commentaires en-dessous.

-C'est ça le problème!

-Quoi donc?

-Ben, c'est tellement bien réfléchi que t'as pas le goût de laisser un commentaire qui veut rien dire en dessous!  Ou de se contenter de te dire bon billet!»

Autre ami, autre conversation.  Et qui fait mouche.  Écrire un billet demande du temps, mais ce n'est pas du temps continu.  Je ne passe pas trois heures à réfléchir avant de déposer les mots sur la page.  J'y pense, j'y repense, entre deux autres choses, en conduisant, en essuyant la vaisselle, en regardant le plafond avant de dormir, en gratouillant des oreilles de chats.  Il faut laisser le temps aux idées de se mêler, de se tordre, de s'entremêler, de se défaire et de finalement, prendre forme.  Sauf que quand ce boulot est fait, s'asseoir et écrire reste la partie facile.  Sauf que je peux me mettre dans les pattes d'une personne qui le lit et je comprends sa position: je lui balance quelque chose de concret et de réfléchi pendant des heures au visage un beau lundi matin...

«-Ton blogue est intéressant justement parce que tu prends la peine d'écrire et de mettre en mots des choses auquel on pense mais qu'on prend pas le temps d'approfondir.

-Oh là là!  Tout un compliment!

-Qui est mérité!  Tu devrais recommencer à écrire des billets, tu apportes vraiment quelque chose à la blogosphère.»

Autre commentaire, autre personne qui me l'a fait.  Une auteure que je ne peux pas qualifier d'amie, mais qui un soir, a rajouté une couche à mon envie de recommencer à bloguer, il y a un peu plus d'un an, moi qui était en mode pause depuis un moment.  Bloguer pour réfléchir à mots hauts, bloguer pour recommencer à laisser libre court à mes idées, bloguer pour trouver une occupation enfin à ce petit hamster qui ne cesse de trotter dans ma tête.

Alors, voilà, ce blogue sert à réfléchir, à chercher, à trouver, à poser des hypothèses, des idées.  Il ne sert pas nécessairement à trouver des réponses toutes faites et définitives, mais à poser des jalons.  Le faire par écrit m'oblige à être cohérente et à aller au bout des choses, mais ça reste un plaisir de le faire.  J'aime réfléchir, j'aime comprendre et je me sers de mon petit bout d'internet pour le faire.  Même si c'est moins à la mode de prendre le temps de le faire, je continue à croire que réfléchir reste un acte essentiel à faire, un acte personnel, mais un acte important.  La différence, c'est que je le partage avec vous, chers lecteurs.

@+ Mariane

lundi 28 janvier 2019

S'inspirer de tout et des autres

Salut!

L'autre jour, en discutant avec un ami, grand lecteur de ce blogue, il me faisait la réflexion que je n'y parlais pas de grand chose concernant ma vie personnelle.  Je sais que des blogueurs parlent de leur vie quotidienne et je respecte tout à fait leur choix (ça fait parfois de délicieuses tranches de vies à lire! ;)  Si quelqu'un se reconnaît, ça risque d'être parce que cette personne a raison! :P ).  Personnellement...  Je sais pas, cette idée ne m'a jamais branchée.  Mon quotidien est un quotidien banal.  Il s'y passe plein de petits trucs, des drôles, des tristes, des frustrants (je conduis aux heures de pointes à Montréal...).  Je ne ressens pas ce besoin de parler tant que ça de ma vie.

Par contre, j'avoue que je pige partout des idées de blogue, des réflexions, des questions en l'air que j'attrape au vol.  Et je m'en sers beaucoup quand j'écris des billets.  Mon cerveau de blogueuse fonctionne à fond dès qu'on parle de livres ou de littérature.  Seulement, si je ne parle pas de ma vie personnelle, je ne me sentirais pas à l'aise de faire de même avec celle des autres, surtout si ces personnes ne sont pas au courant de l'usage que je vais faire d'une ou deux phrases échappées ici ou là.  D'autant plus qu'entre le moment où j'entends la phrase, la retient, y réfléchit et finalement l'écrit, ça peut être rendu très très loin de l'idée originale.  Par contre, chaque fois que je cite une personne comme étant un ami, soyez certains que cela vient effectivement de quelqu'un ;)

Ce qui m'a amené, dès le départ de ce blogue, à identifier par des termes assez vague les personnes dont viennent mes idées.  Un ou une ami(e) dont je truffe souvent les introductions de mes billets peuvent désigner au bas mots une bonne trentaine de personnes...  Ne pensez pas que j'ai un(e) ami(e) unique qui a autant de brillantes idées.  Certaines de ces personnes sont de simples relations que je vois de loin en loin, d'autres sont des amis plus proches.  J'en croise dans les salons du livre, dans mes cours de jiu-jitsu, au boulot et en discutant avec des gens complètement en-dehors du milieu littéraire.  Quand ça vient de mon père ou de ma mère, je n'ai pas autant de vergogne à les identifier.  Si mon cher Papa furète ici de temps en temps, ma mère ne lis mes billets que si je les lui mets sous le nez.  Quand à Frérot, ah, Frérot!  Je l'affuble de ce surnom depuis notre adolescence, l'époque où boutonneux et en pleine explosion de caractère, on se coltayait joyeusement.  Il est au courant de ses nombreuses citations sur mon blogue et adore les lire.  Neveu est arrivé ensuite, bien sûr, mais je trouvait juste qu'il hérite de ce nom.  Comme ça, on peut savoir qui il est par rapport à moi sans trop exposer sa vie privée, chose que je trouve essentielle pour un enfant.  Je lui donne tout plein de petits surnoms doux, mais je préfère les garder pour la vraie vie.

Un ami (hihihi!) m'a dit une fois qu'il adorait essayer de deviner si l'ami en question dans tel ou tel billet était bien lui ou un autre.  La plupart des «ami(e)» se reconnaissent.  Ça me fait toujours rire quand l'un d'entre eux commente en disant, Ah oui, c'était moi!  Ils ont la plupart du temps raison, même si je reste très vague dans mes descriptions.

C'est la façon, très personnelle et qui n'engage que moi, que j'ai trouvé pour satisfaire mon besoin de rendre à César ce qui revient à César (je n'ai aucunement le monopole des bonnes idées!) tout en respectant le fait que certaines personnes ne serait peut-être pas à l'aise d'être nommées de façon frontale dans un billet de blogue.  Surtout pour une petite phrase qu'ils ont oublié qu'ils ont dit!  Étant moi-même très discrète sur plein de pans de ma vie, j'aime mieux respecter celle des autres.  Ne soyez donc pas surpris du nombre d'ami(e)s que j'ai: ça pourrait bien être vous! ;)

@+ Mariane

mardi 19 juin 2018

Pourquoi on arrête de bloguer?

C'est un processus qui se fait dans le temps et qui n'est pas contrôlé volontairement ou contrôlable.  Commencer un blog est une aventure exaltante.  D'abord, on crée notre propre petit espace.  On s'amuse à ajouter ou enlever des trucs, on apprend comment fonctionne blogger.  On écrit nos premiers billets.  Ils sont souvent maladroit, mais plein d'enthousiasme.  On recommence, on commence à avoir des réponses, des questions et des commentaires.  On voit le compteur de visites monter tranquille.  Des gens que l'on ne connaît pas commencent à nous dire: ah oui, ton blogue, je connais!  On se fait faire des compliments.  Et quelque part, on plonge.

On se met à écrire de plus en plus de billets.  Nos thèmes de prédilections se précisent, on finit par être plus doué pour les écrire et à plonger dans le plus pointu.  On développe des idées.  On prend des notes pour de nouveaux billets, on explore les racoins de notre pensée.  On noue des liens avec d'autres blogueurs/ses, on apprend à présenter notre blogue comme une carte de visite.  Certaines personnes finissent même par nous surnommer par le nom de notre blogue!

On se met à publier à un rythme effréné.  On écrit des billets, on écrit des critiques, on alimente notre blogue.  On a de plus en plus de lecteurs, c'est trippant et exaltant.  On pense à notre blogue, on finit par se définir comme blogueur/se quand on rencontre d'autres personnes.  Tranquillement, subtilement même, alors qu'on est au coeur de l'action, s'installe un certain stress, une tension.  On veut continuer, on veut alimenter la machine.  Mais alimenter la machine finit par devenir le but plutôt que que le moyen.  On s'en rend compte, on s'accorde des pauses, on voit le nombre de visites diminuer et on stresse un peu.  Les pauses aident, mais c'est temporaire.  On continue, mais à un moment donné, on finit par être un peu dépassé.  De plaisir, le blogue se transforme en obligation.

Il faut publier.  On a l'impression que certains billets commencent à être moins bon.  On presse le citron de nos idées, mais il reste de moins en moins de jus.  La crainte de la redite commence à nous envahir.  On se met de la pression à soi-même et tranquillement, le blogue devient un poids.  On ne veut pas tout lâcher tout de suite, on a tellement investi de soi dedans!  Mais il y a une lourdeur qui nous poursuit.  Les billets commencent à être moins nombreux et on se force à les faire.  La motivation n'est plus là, on a l'impression de tourner en rond et de se répéter.  On diminue le rythme...

Et quand on diminue le rythme, on a moins de visites, avec moins de visite, on a moins de commentaires et avec moins de commentaires, on a de plus en plus l'impression de parler dans le vide et à force de parler dans le vide, on finit par se demander pourquoi on continue alors...  On ne veut pas renoncer, tirer un trait sur notre épopée bloguesque, mais en même temps, en même temps...  Et bien, les billets s'espacent de plus en plus, on arrête de vérifier si on a eu des commentaires, on laisse aller...

Et on finit par avoir un blogue au point mort comme des centaines d'autres.

Cette histoire est la mienne, mais aussi celle d'autres blogueurs.  Certes dans mon cas, des changements à ma vie personnelle sont survenus et n'ont pas aidé, mais ce n'est pas tout, loin de là.  Les étapes, leurs longueurs et leurs sens peuvent varier, mais une certaine répétition existe: la plupart des gens ne veulent pas arrêter de bloguer.  C'est juste une évolution naturelle qui fait que l'on s'éloigne de ce mode de communication.  D'ailleurs, j'ai vu plus de blogues qui affichent désert que de d'annonce officielle de fermeture.

Alors pourquoi pondre un billet sur le sujet après presque un an et demi de silence?

Tout simplement parce que malgré mon silence, il y a une petite partie de moi qui n'a jamais complètement renoncé.  Qui a été prise par une panoplie de sujets, qui s'est lancée dans de nouveaux projets, qui a fait beaucoup d'autres choses que lire et qui a sans doute passé beaucoup trop de temps à tuer des monstres sur un écran d'ordinateur, mais bon, passons sur ce dernier sujet d'accord?.  J'ai eu du temps pour réfléchir à ce que je voulais vraiment faire et comment le faire.

La réponse?  J'aime bien bloguer finalement.  Mais je refuse de reprendre le rythme d'enfer que j'ai déjà eu et la pression qui venait avec.  Alors je renoue avec mes pénates, mais de façon plus simple.  Ne vous attendez pas à cinq billets par semaine!  J'aimerais aussi élargir un peu la palette de mes billets au-delà du domaine des livres proprement dit, même si son nom ne changera pas!  On va y aller doucement, sans stress ni auto-pression (pour laquelle je suis championne!).  Je ne sais pas exactement quelle forme cela va prendre, mais une chose est sûre, c'est que je veux avant tout y prendre du plaisir.

Alors, re-bienvenue chez moi!

Mariane

lundi 31 août 2015

Un retour et un bilan

Salut tout le monde!

Bon et bien, me voilà de retour!  Enfin diront certains!  Ma pause été m'a fait beaucoup de bien, même si je confesse que d'années en années, j'assimile bien plus l'été à une période difficile où j'ai à survivre en attendant que ça aille mieux (j'adore l'automne!).  Bon, ok, disons que je vais retourner me cacher quelque part pour la semaine, ça a l'air que mon calvaire n'est pas fini!  À part pour des critiques, pour lesquelles j'ai été assez active, je n'ai pas touché à mon clavier.  Je crois que j'avais besoin de prendre ce temps.  Rien n'est garanti pour l'avenir, mais j'ai recommencé à planifier des billets dans ma tête.  C'est moins facile que les premiers billets que j'écrivais parce qu'alors, tout était à inventer.  Là, je suis plutôt dans le continuer que dans ouvrir de nouveaux territoires.  Et j'ai une terrible peur de la redite.  Je n'aime pas défricher une terre déjà faite, ce qui me fait me casser la tête pour trouver de nouvelles idées, de nouveaux angles.  Quand j'ai décidé de prendre une pause, ça faisait des mois que je commençais à écrire un billet et qu'après deux paragraphes, pfiou, plus rien à dire!  J'avais du mal à tirer sur le petit fil de l'inspiration.

Il y a deux semaines, j'ai réessayer d'écrire des billets.  Enfin, un pour commencer.  Miracle, j'avais retrouvé le petit fil!  Va-t-il tenir au cours des prochaines semaines, c'est là la grande question, mais au moins, on est bien parti!  Vous verrez ce billet au cours des prochaines semaines.  Donc, juste pour vous dire à tous, que je suis de retour et que je vais bien!  Il y aura sans doute plus que des critiques à lire ici bientôt ;)

Par contre, je tenais à commencer à écrire mes nouveaux billets en commençant par un sujet qu'il vaut la peine de souligner: la fin du Grand Défi de la littérature québécoise.  Ouf...  Ok, à moins d'un miracle d'ici minuit, je terminerais donc ce défi avec un beau total de 266 points, ce qui est à mon sens un score plus qu'honorable.  J'ai eu des hauts et des bas avec ce défi.  Les premiers mois ont été faciles, mais les derniers... Pfff!  Pas vraiment!  Je crois que je ne suis pas faite pour avoir trop de contraintes dans mes lectures, ou du moins, si j'en aie, je dois avoir le temps de lire tout à fait autre chose et principalement des trucs juste pour me plaire.  Je ne me suis pas tout le temps fait plaisir avec les choix de titres pour le GDLQ: résultat, plusieurs critiques ont reflété mes déceptions qui étaient avant tout des non-correspondances de goût.  Dommage!  De l'autre côté, ça m'a permis de gratter quelques fonds de tiroirs de ma PAL et dans certains cas, ça a valu la peine!  Entre autre pour l'excellent Les lignes de désir d'Emmanuel Kattan que j'ai littéralement dévoré au point de me demander pourquoi je ne l'avais pas ouvert avant!  Hum, quand un livre te prend au point que tu laisses tomber tout le reste pour le lire, c'est parce que c'est bon signe.  J'ai eu plusieurs coups de coeur dans mes lectures pour ce défi et ça m'a permis aussi de faire disparaître de ma LAL quelques livres qui y traînaient depuis dans certains cas quelques lustres (ça fait quand même une bonne dizaine d'années que je tiens ma LAL sur une base régulière!).

Je n'ai pas lu tous les livres que j'aurais aimé y lire.  Manque de temps, mauvaise habitude prise de ne lire qu'avant d'aller dormir (et de m'endormir sur mes bouquins aussi, très mauvaise habitude ça!).  Certains titres dont je me disais, ah, ah!  Celui-là, c'est sûr que ça va me donner l'occasion de le lire!!!  Et bien, celui-là, je l'ai pas lu!  Lui et quelques autres de ses copains d'ailleurs (misère...).  Ils continueront à traîner dans ma PAL encore un moment.  Des titres prévus au début du défi, je n'ai vraiment pas respecté beaucoup de choses...  Au fil des découvertes, des ajouts, des tiens, lui, il vient de me sauter dans la face!, mes plans ont été bouleversé et dans le fond, c'est tant mieux!

Ok, j'ai lu beaucoup de BDs pour le défi, certains diront sans doute que ça m'a permis de remplir plus vite certaines cases.  C'est vrai, mais pour moi, la BD est une forme de littérature à part entière.  Donc, pas de cas de conscience là-dessus!  D'autant plus que ça m'a permis d'élargir énormément mes connaissances dans le domaine bédésque québécois.  Toujours bon ça!  Alors voilà, j'achève ce défi et je crois que je vais prendre une pause de défi littéraire pour un bon bout de temps.  Me semble que je serais dû pour me taper un ou deux bon bouquins de SF pour me remettre sur les rails de la lecture non-infligée-parce-que-ce-titre-là-va-me-valoir-des-points....

@+ Mariane

lundi 25 mai 2015

Pourquoi les libraires sont-ils si déconsidérés?

Salut!

La semaine dernière, j'ai publié un billet concernant l'une des fonctions que je trouve la plus à la base du métier de libraire, le conseil.  Comme souvent, les commentaires et les réactions ne sont pas du tout allés dans la direction auquel je m'attendais (mais bon, ça, je commence à y être plutôt habituée!).  Par contre, une idée qui me hérisse profondément a émergé au travers: les libraires, au fond, on en a pas besoin, on a Facebook et Goodreads, on se tient au courant parce ce que nos amis lisent, etc, etc.

BORDEL.  (Je retiens le reste de mon vocabulaire disgracieux.)

Comment dire: j'ai déjà largement entendu ce genre de commentaire.  Ça me faire grincer des dents à chaque fois, mais j'y suis habituée.  En 2011, j'avais assisté à un événement, le BookCamp Montréal sur l'avenir du livre.  La majorité des personnes présentent ne représentaient pas le milieu du livre actuel, mais étaient plutôt branchés sur le dernier cri, à l'époque le numérique (qui l'est encore quatre ans après, mais passons).  Je me suis présentée là en pensant que l'on parlerait de l'avenir du livre, je me suis rendue compte que l'on parlait plutôt de l'avenir de la technologie pour se procurer des livres et les lire.  De livres, de lecture, on a peu parlé.  De marketing, de technologie, des vieilleries qui nuisaient à l'avancement et dont j'étais la digne représentante (en tout cas, la seule qui a osé ouvrir la bouche), beaucoup, énormément même.  Je suis sortie de là démolie.  Complètement.  C'est tout juste si on ne m'a pas accusée d'être passéiste, de défendre corps et âme quelque chose de révolu, d'être une nostalgique perdue dans son monde de rêveuse et de ne rien comprendre au présent et à l'avenir.  Ça m'a pris du temps à m'en remettre.  Jusqu'au jour où j'ai constaté deux choses: la première, c'est que la majorité des gens présents pouvaient à peine me parler du milieu du livre qui prévalait à ce moment-là, se contentant de beaucoup de préjugés et d'une base de connaissance réelles (les préjugés avaient préséance).  Moi, j'y travaillais à chaque jour, contrairement à eux.  De deux, beaucoup d'être eux étaient des gens qui aimaient lire, mais n'en faisaient pas nécessairement un métier.  Leur travail n'étaient pas de produire ou de vendre des livres.  Certains, oui, en effet, mais pas tous, loin de là.  Et les plus virulents, justement, ne l'était pas, c'était des fous de la techno et de ses possibilités, pas du livre.  Tout ça pour dire que des commentaires sur l'avenir des libraires, j'en aie eu des tas et plus démoralisants les uns que les autres.  Sauf que pendant que certains rêvent l'avenir, les libraires travaillent dans le présent.  Il est utile de préparer l'avenir, d'en parler, mais penser qu'on fera table rase du présent d'un coup de balai, ça, c'est terriblement naïf.  La place du numérique est appelée à grandir, mais ça ne veut pas dire qu'il remplacera la totalité des structures existantes en un clic.

Ceci dit, cela n'explique pas le mépris, le petit regard hautain, le «on en a plus besoin» que j'entends souvent.  Pour donner un exemple, quand vient le temps de faire la promotion de leurs livres, les auteurs accourent autour des libraires, leurs disent combien ils sont importants et tout et tout.  Quand vient le temps de, non, pas faire preuve de solidarité, non, pas soutenir sans la moindre nuance, juste reconnaître que leur rôle est important et qu'ils ont leur place, je vois plus souvent des abonnés absents que des gens qui disent simplement qu'ils reconnaissent le travail des libraires.  Ou qui profitent de l'occasion pour souligner à gros traits leurs défauts.  Soyons honnêtes, très honnête même, le milieu est loin d'être parfait et les critiques sont nécessaires pour qu'il s'améliore.  Entre ça et dire qu'«on en a plus besoin», il y a comme un monde.  Un pas que je ne suis pas capable de franchir, parce que je sais que c'est faux.  C'est comme jeter le bébé avec la proverbiale eau du bain.   C'est comme détruire la base du milieu du livre au Québec à cause de ses défauts réels, en niant ses qualités et ses immenses réussites qui sont quotidiennes et le fruit d'un effort constant.  Parce que par extension, si on critique le fait que le conseil soit la principale raison d'existence des libraires, on conteste par extension leur présence et de là découle bien souvent l'accessibilité au livre dans certaines régions.  Si le libraire n'est pas là pour conseiller des livres, il est là pour quoi?  Ce n'est pas la pharmacie qui réussira à tenir l'inventaire et la variété de l'offre en librairie et à le défendre.  Ce n'est d'ailleurs pas son métier.  Je ne pense pas que la majorité des gens qui rejettent du revers de la main la fonction de conseil du libraire soit conscient de ce que ça implique.  Par contre, le fait que les critiques les plus dures viennent des gens qui bénéficient le plus du travail de libraire est terriblement pénible à accepter.  Les gens que l'on nourrit, que l'on soutient, que l'on aide autant qu'il est possible de faire méprisent les libraires dans la base de leurs fonctions.  Imaginez alors pour le reste...

Bon, il faut le dire, malgré les ventes de plus de 600 millions de dollars par année (si, si! la plus importante industrie culturelle au Québec!), le milieu a terriblement changé depuis deux décennies.  Avec la multiplication des points de ventes, le libraire n'est plus l'unique vendeur de livres.  Il ne détient plus le sésame  de l'accès au livre.  Enfin, oui, dans les faits.  Avec 35 000 nouveaux titres par année, l'offre est vaste.  Les chanceux qui réussissent à percer dans le milieu de la grande distribution (GD dans le jargon, soit les grandes surfaces) sont une poignée d'élus.  À peine 200 titres y passent.  Pour le reste, il faut aller en libraire ou encore, sur Internet.  Mais encore...  À ceux qui sont de grands défendeurs de l'empire au sourire en coin, je répondrais ceci: dans une librairie, un livre est en compétition avec quelques milliers d'autres (30 à 60 000 selon les librairies et le fond qu'elles tiennent).  Sur Internet, chaque livre est en compétition avec des dizaines de millions d'autres, soit: les titres de l'année, le fond déjà publié depuis quelques années, l'auto-publication, les titres étrangers, les livres dans le domaine du droit public, les versions uniquement numériques et... ok, j'arrête là?  Comment espéré attirer l'attention du lecteur dans ces circonstances sur UN livre en particulier!!!  Et les algorithmes ne sont pas faits pour encourager les lecteurs à la découverte.  On vous pousse vers ce qui est le plus vendeur (ou ce pour quoi l'éditeur a payé pour que vous y soyez dirigé).  Si vous allez voir un livre policier, on vous proposera... les meilleurs vendeurs de livres policiers, ceux qui n'ont pas tant besoin qu'on leur donne encore une petite poussée dans le dos pour que vous les ajoutiez à votre panier.  Je rêve (ok, donnez-moi A+ en naïveté pour cette idée si vous voulez...) d'un site web permettant de faire des suggestions vraiment découvertes.  Genre, vous cherchez un livre de science-fiction, on vous proposera quelques titres dans la veine du «vous avez aimé, vous aimerez aussi», mais aussi un premier livre d'un petit éditeur qui n'a aucune autre visibilité en disant: Totale découverte! ou Futur best-sellers?  ou encore Pas encore commenté, soyez le premier!  Ça, ça se rapproche déjà plus du travail de libraire.  Mais bon, je rêve, ce ne serait sans doute pas assez vendeur pour se donner la peine d'ajuster les algorithmes...

Ah oui, les médias sociaux...  J'y arrive.  On me dit souvent que ça remplace très bien le travail de libraire.  Ouch...  J'ai le goût de hurler quand je vois ça.  C'est un complément!  Pas la base!  Ok, vous aimé lire, vous aller sur Goodreads ou Babelio (tant mieux pour vous et pour la lecture, je ne critique pas le fait d'être membre d'un de ces sites) ou je ne sais quel autre, vous voyez ce que vos amis aiment lire, vous pouvez faire des recherches sur des livres...  mais le premier contact avec ce livre?  Le fait que vous décidiez de faire une recherche sur ce titre précis?  L'inspiration première, l'étincelle qui a tout lancé?  Elle a été faite où?  Dans quelles circonstances?  Pub, critique lue dans le journal... conseil d'un ami qui l'a eu d'un libraire?  Pas nécessaire qu'il vous le dise pour que l'origine soit là.  Et c'est la même chose pour un paquet de livres.  L'étincelle part de quelque part.  Et souvent, les libraires sont là pour la déclencher (c'est leur boulot!!!).  Le reste du temps, le livre suit son trajet.  S'il n'y a personne pour faire jaillir l'étincelle, quelle sont les chances que vous soyez un jour en contact avec le livre?  À part Pierre Foglia dans La Presse (était, dommage, il a pris sa retraite), je ne connais pas beaucoup de gens qui parlent de livres qui disent que leurs conseils viennent de libraires.  Et pourtant, il y en a!  C'est pas nécessaire de le dire, mais cela donne un effet pervers quand même: le travail du libraire est tellement bien fait qu'il en est invisible.

Imaginé maintenant ce que serait le milieu du livre au grand complet s'il n'y avait plus de libraires...  L'offre ne diminuerait pas, mais l'espace pour en parler rapetisserait comme peau de chagrin.  Il n'y aurait plus le contact entre les lecteurs et les libraires, entre les bibliothécaire et les libraires, entre les professeurs et les libraires, entre...  La liste est longue.  Le travail de libraire, ce n'est pas d'amener quelqu'un à venir à toutes les semaines de façon méthodique dans sa librairie.  C'est l'idéal oui, mais ce n'est pas la vraie vie.  Mais en conseillant une ado une fois qui se cherche un livre, on crée une étincelle.  En conseillant la maman qui veut un livre pour aider son poupon à faire ses nuits, on crée une étincelle.  En faisant découvrir une nouvelle biographie à une fan de telle vedette de cinéma, on crée une étincelle.  C'est l'ensemble qui fait le brasier, pas chaque étincelle prise à part.  Les libraires fonctionnent une personne à la fois, mais leur travail est collectif (il y a des centaines de libraire au Québec) et sur une base quotidienne, d'où son impact super important.  À cela s'ajoute le travail des médias, des prix littéraires, de la publicité et oui, des médias sociaux.  Parce que rien ne peut se faire en vase clos.  Les libraires ne peuvent pas tout faire, mais ils participent au mouvement pour une grosse part en activant les étincelles de base.  Leur disparition laisserait un cratère dans la visibilité du livre au Québec.  Parce que c'est un travail de moine et de longue, très très longue haleine, mais s'il n'était pas là, la différence serait vite évidente.  Même les lecteurs qui ne fréquentent pas les librairies ressentiraient la différence.

Ce billet est un coup de gueule, je le reconnais.  C'est aussi une déclaration de Y'en a marre que l'on piétine mon ancien métier.  Je n'y suis plus, mais j'y suis encore très attachée et je connais un grand nombre de personnes qui y travaille encore.  Et qui y crois, assez pour accepter des salaires bas et une reconnaissance très minimale et qui pourtant continuent à travailler, jour après jour et ainsi font une bonne partie de la vitalité du milieu, donnant leur chance à des dizaines d'auteurs et d'éditeurs de réaliser leurs rêves.  Ce n'est pas mineur, c'est majeur.  Et pourtant si facile à ignorer et à mépriser.

@+ Mariane

P.S.  En écrivant ce billet, j'avais évidemment en tête les commentaires écrits sur mon blogue la semaine dernière, mais pas seulement.  C'est le résultat d'une accumulation plus qu'autre chose, on dirait juste que ça m'a permis de rebrasser des idées qui traînaient depuis longtemps en un tout cohérent.  Et encore, elles ne me paraissent pas encore toutes mûres, mais ça j'avais besoin que ça sorte.  Si quiconque se sent personnellement visé par ce billet, sachez que ce n'est pas le cas: si j'avais des noms et des visages en tête, je ne cherchais en rien à régler des comptes ou à faire mal à quelqu'un, ça me permettait juste de me remémorer des situations où je rageais intérieurement et à mettre des mots sur mes idées.  Quoiqu'il en soit, je respecte les idées des autres sur les questions du commerce du livre, vivant dans un pays de liberté d'expression, chacun est libre d'avoir son opinion sur le sujet.

lundi 11 mai 2015

Lendemain de Boréal...

Salut!

Bon, le Congrès Boréal était en fin de semaine et comme d'habitude, je suis en mode lendemain de fin de semaine intense...  Pas de billets pour aujourd'hui, désolé.  Mine de rien, c'est le premier Boréal que je fais au complet (avant, je sautais le samedi soir) et je dois avouer que j'ai adoré les bandes-annonces.  À ajouter au menu de l'an prochain, miam!  Ainsi que le maltraitement de textes!

Une magnifique fin de semaine, pleine de brassage d'idées, d'échange, de rires et de répliques à garder en mémoire.  De jeux aussi (nouveauté encore également pour moi).  J'ai gagné une partie de Pandémie, joué à un jeu de zombie avec Patrick Senécal et constaté que certains jeux nécessitent une attention cérébrale légèrement au-dessus de mes capacités cérébrales de fille fatiguée.  Bref, c'était le Boréal!!!

Malheureusement, je n'ai pas gagné le prix pour la Fanédition.  Avoir des blogues et une revue dans la même catégorie, je comprends que les gens aient naturellement été vers la revue.  Félicitation pour Clair-Obscur!  Je n'ai pas encore lu un seul de leurs numéros, mais maintenant, je vais m'y mettre ;)

Rendez-vous l'an prochain gang!  Ou même avant si possible!

Ah oui et la photo-selfie officielle de ce Boréal:

Vive le McKibbins la gang!!!!

@+ Mariane

P.S. J'ai découvert une nouvelle échelle de fatigue pour moi en fin de semaine
a) Fatigue normale après une longue journée de travail
b) Vraiment fatiguée, mais tu continues
c) Fatigue anormale qui cause de brefs épisodes de sommeil durant les ateliers
d) Dépassement du seuil normal de fatigue qui fait que tu vas sur ton erre d'aller et que tu continues durant des heures sans même te poser de questions.

J'ai été sur le d toute la journée de dimanche... et ça en valait la peine!

lundi 4 mai 2015

Une nomination qui fait plaisir

Salut!

Je ne suis pas très forte sur l'auto-promotion, sans doute pour cela que je n'ai même pas eu le réflexe d'en parler ici avant, mais j'ai eu une très bonne nouvelle récemment: pour la deuxième année consécutive, je suis en nomination pour le Prix Aurora-Boréal, catégorie Fanédition.  Comment dire...  Je suis émue?  C'est comme un petit coup de pouce, une petite tape dans le dos pour continuer à faire ce que je fais régulièrement.  Bloguer, ça se fait pas mal en solitaire, alors de savoir que des gens le remarque et l'apprécie...  Ça fait vraiment chaud au coeur.

Je suis d'autant plus contente que j'ai dû réduire la cadence au cours des derniers mois.  Je ne suis plus capable de maintenant le rythme d'enfer que je m'imposais avant.  J'en fais moins, mais j'essaie de maintenir la qualité par contre.  Et je crois bien que j'y réussis.  Ça a été dur par moment et je suis très heureuse d'avoir passé au travers.

Gagnerais-je le prix cette année?  Je l'espère!  L'an dernier, j'étais très heureuse de voir la victoire de La plume et le poing (après des années de domination par Brins d'éternité).  Par contre, pour cette année, rien n'est garanti.  Et j'avoue que j'aimerais bien le remporter ce prix!  Comme dirait les politiciens en campagne électorale, ça me prend votre vote pour gagner! :P  Alors, pour tout ceux qui seront présents lors du Congrès Boréal 2015, un petit X à côté de mon nom serait vraiment apprécié.

Mais en attendant, je savoure le plaisir de la nomination, ce qui en soit est déjà super agréable!

@+ Mariane

lundi 16 février 2015

Blogue et éthique

Salut!

Il faut le dire, je n'ai pas ouvert ce blogue un beau matin, juste comme ça.  Avant de me lancer, j'y avais vraiment réfléchi.  Je n'avais pas pu tout prévoir, c'est une évidence, mais je savais grosso modo dans quelle direction je voulais aller et ce que je voulais éviter.  Je me rends compte aujourd'hui à quel point j'ai bien fait...  Mon expérience de libraire avait été un sacré atout: je connaissais au moins un peu le milieu du livre au Québec et je ne me suis pas embarquée dans cette aventure comme une petite oie blanche.  Chaque milieu a ses contraires, ses petites guerres internes, ses codes de conduite non-dit qu'il faut savoir respecter pour ne pas débarquer comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.  Consciente de tout ça, je me suis donné un certain nombre de règles de conduites dès le départ pour éviter les pièges.  L'un d'entre eux était de toujours mentionné les livres qui m'avaient été donnés en service de presse et de préciser qui me l'avait envoyé.  C'est aussi de me promettre à moi-même d'être toujours honnête dans mes critiques, peu importe que l'on m'aie donné le livre ou que l'auteur soit un ami.  Petit détail, mais c'est ce qui me permet de dire que depuis que j'ai ouvert ce blogue, je ne me suis jamais retrouvée dans une situation où mon sens de l'éthique aurait été ébréché.  C'est un petit exploit en soi dont je suis plutôt fière.

C'est en lisant le livre Métier critique de Catherine Voyer-Léger que je me suis rendue compte à quel point ces petits détails ont leur importance (j'y reviendrais dans ma critique).  Les blogues sont une facette importante de la culture et de sa diffusion de nos jours.  Comme tout le monde peut ouvrir un blogue facilement, tout et n'importe quoi peut s'y dire.  Cela ne fait pas des blogues des nouveaux far west, mais ça invite à la prudence.  Comment peut-on savoir si le blogueur dithyrambique sur un bouquin n'est pas un rédacteur d'une maison d'édition?  Où commence le commentaire personnel?  Où s'arrête le coup de main donné à un ami?  Mon expérience personnelle me dit qu'il faut du temps pour que la voix d'un blogueur se développe, alors on peut finir par connaître la personne.  Si elle se permet des écarts, si elle s'est elle-même fixé une ligne éditoriale (comme moi) ou si elle se contente de relayer des infos, on finit par le savoir assez rapidement.  Suffit de suivre le blogue un moment pour voir à quelle enseigne son auteur se loge.

Beaucoup de gens font des blogues personnels, où ils parlent de leurs vies, de leurs vacances, de leurs passe-temps.  Dans ces cas-là, le besoin d'étique est moins grand, parce que la forme se rapproche plus du carnet.  Dans ces cas-là, on peut difficilement juger, puisque que c'est à l'auteur et à lui seul de juger ce qui est bon de publier ou non.  Ce n'est pas mon cas et ce n'est pas le cas de nombreux blogueurs.  En tant que personne prenant la parole en public, on porte une responsabilité.  Il n'y a pas de code d'éthique pour les blogueurs, nous ne sommes pas des journalistes, rare parmi nous sont ceux qui touchent de l'argent pour leur travail*.  Ce n'est donc pas le même genre de parole.  Par contre, vu le rayonnement des blogues, parler à tort et à travers n'est pas, ne devrait pas être accepté et acceptable dans un tel cadre.

Donc, un blogue n'est pas un espace neutre.  C'est un petit bout d'internet consacré à notre opinion, à notre façon de voir le monde et aux oeuvres que l'on commente, toujours de notre point de vue.  Cela ne donne aucune autorisation à parler au travers de son chapeau et cela invite plutôt à beaucoup d'éthique personnelle et à une bonne capacité d'auto-critique sur notre propre travail.  Ce que j'exige de moi-même en tant que blogueuse, je sais que je ne suis pas la seule à le faire et que de nombreux blogues ont aidé à définir une ligne de qualité parmi les blogues.  Tant mieux.  L'espace consacré à la culture dans les médias s'amenuisant comme peau de chagrin, il est bon d'avoir accès à des espaces alternatifs où la qualité est de mise.

@+ Mariane

*Pour me donner en exemple, je ne tire aucun revenu de ce blogue, étant donné que je n'y aie aucune publicité.  La seule entrée d'argent potentielle que je pourrais avoir est via mon affiliation au site leslibraires.ca dont je mets le lien dans chaque critique publiée sur ce blogue.  Techniquement je reçois un pourcentage des achats fait via ce blogue.  En trois ans, je n'ai pas encore touché un sous, alors disons que ce n'est pas pour l'argent que j'écris ici!  Par contre, je le plogue comme ça en passant, des fois où il y a des gens qui voudraient m'encourager. ;)

lundi 5 janvier 2015

Bloguer aux chandelles

Salut!

Petit billet pas très long pour raconter une expérience bizarre qui m'est arrivée hier soir: j'ai blogué aux chandelles.  Pour ceux qui n'étaient pas au courant, la moitié de l'île de Montréal a été privée de courant hier à cause du verglas.  En ma qualité de survivante du grand verglas de 1998, je savais quoi faire et j'ai sorti la bonne vieille lampe à l'huile de ma grand-mère et quelques chandelles.  J'avais donc de la lumière, il ne faisait pas trop froid chez moi et bon, les minettes miaulaient comme d'habitude, donc, pas trop de problèmes en vue.  Par contre, c'était foutument long, d'autant plus que même Hydro-Québec ne pouvait pas me dire quand l'étincelle allait revenir me visiter pour faire fonctionner ce qu'elle fait fonctionner si facilement le reste du temps.  (Elle est revenue à 2 heures du matin)

Ce que j'ai fait?  Je me suis assise et j'ai lu, tout simplement.  Pas mal durant la soirée même.  Mais bon, lire à la chandelle, ça a beau avoir son côté romantique, c'est quand même un peu plus exigeant que d'habitude.  L'éclairage est moins bon.  Mais j'ai continué, jusqu'à ce que je me rende compte que la muse des blogueurs avait envie de me faire une petite visite.  Ok, mon blogue était perdu dans les limbes de l'internet et je n'avais pas la baguette magique d'Hydro-Québec pour y avoir accès, mais bon, on se débrouille comme on peut, alors, j'ai sorti la bonne vieille manière:

Blogueuse en plein travail, à l'ancienne
J'ai à peine pris une petite pause, j'ai écrit tout le reste de la soirée!  Productive la demoiselle!  Bon, maintenant, va falloir que je retranscrive tout à l'ordi, mais au moins, ça me rassure: Papier ou clavier, je sais quand même pondre des billets!

@+ Mariane

mardi 4 novembre 2014

Les blogues qui deviennent livres

Salut!

L'autre jour, en librairie, je tombe sur un signet d'un livre, le Pharmachien pour être plus précise.  J'ai ri.  Parce que je connais assez bien, ayant à plusieurs reprises consultés le blogue dont le livre est tiré.  Ce n'est d'ailleurs pas le premier que je vois transformé en livre.  L'un des premiers blogues publiés en livre dont j'ai entendu parlé était celui de celle que tout le Québec connaît maintenant par son délicieux surnom de Mère Indigne.  À sa sortie, nombreux ont été les sceptiques: pourquoi payer pour quelque chose que l'on pouvait trouver tout à fait gratuitement sur le Web?  De là vient une contradiction de toute adaptation d'un blogue en format papier: non mais, dites-moi pourquoi les gens paieraient pour le livre?

Et pourtant, on ne peut nier que la formule a de l'avenir parce que de plus en plus de blogues trouvent leur équivalent sur papier.  Et ça va dans toutes les directions: de la blogueuse et spécialiste des médias sociaux Michelle Blanc qui pond un livre très sérieux sur la façon dont Facebook et cie transforme notre vie aux aventures délirantes d'une mère avec son enfant et les décorations d'anniversaire en passant par les blogues de science, de cuisine ou même de bande dessinée.  Je ne cite ici que des blogues québécois, mais la même chose est arrivée ailleurs.  Tellement que c'est souvent à la lecture que je me rends compte que c'était avant tout un blogue.

La différence?  Et bien, il y a un certain manque d'unité né du fait que les textes sont écrits de façon séparés dans le temps et que l'auteur évolue entre les différents billets.  Un peu comme des lettres, mais comme le blogue est un outil fondamentalement vivant, en constante évolution, au plus près de la personne qui l'écrit au jour le jour, ça se ressent encore plus à la lecture.  Ce n'est pas conçu ou pensé pour être lu d'un seul coup, mais bien au jour le jour.  Quand on écrit un billet, on le fait sur le coup du moment, influencé par un paquet de trucs et souvent, on ne peut pas corriger tant que ça nos idées.  Le blogue est un outil est extrêmement vivant et on réagit à travers lui en allant en avant, pas en faisant des allers et retours.  Contrairement à la rédaction d'un livre qui se construit d'après une idée de base que l'on développe en chapitre, le blogue est fait de chapitres sans nécessairement être relié à une idée de base.  En ce sens, c'est bien plus proche d'un recueil de chroniques que d'un autre genre de livres.

Alors, pourquoi publier des blogues?  Une partie de la réponse vient au fait que les gens connaissant le blogue de plus ou moins, ils ont davantage tendance à s'y intéresser une fois le livre publié.  Le blogue sert ici d'appel, de façon de tisser ce petit fil de l'émotion qui va nous pousser à ensuite aller encourager tel ou tel livre et son auteur.  Le blogue sert à déblayer le chemin.  On ne part pas de zéro pour développer un auteur.  Les gens une petite idée en partant.  Ça aide pour faire connaître le livre et puis, si ensuite vous avez envie d'en connaître un peu plus, un petit tour sur le blogue peut aider non?  Et puis, l'auteur l'a déjà écrit, c'est d'autant plus facile pour un éditeur de prendre une décision à son sujet!

De toutes façons, rare sont ceux qui vont se taper un blogue complet à l'écran.  Sur une tablette, peut-être, mais le format n'est pas conçu pour des heures de lecture.  Les billets sur le web sont brefs, conçus pour être lus à la pièce et non pas à la file.  Le livre permet une expérience de lecture plus agréable, en même temps que de corriger toutes les petites erreurs (orthographes, syntaxes, mise en page, photo dans le cas des blogues culinaires) que le rythme de publication ne permet souvent pas d'ajuster.  La transformation en livre d'un blogue n'est pas un simple copier-coller: il y a plus que ça derrière.  Est-ce un aboutissement?  Pour moi, plutôt une seconde vie je dirais.  De toutes façons, je ne pense pas que les auteurs de blogues visent au départ que leurs idées deviennent ensuite un livre.  Ce n'est pas l'idée de base derrière un blogue.

Maintenant, est-ce que l'idée de ce billet m'est passé par la tête le jour où je me suis demandé si mon propre blogue pourrait être un jour transformé en livre?  Oui, tout à fait.  :)  Est-ce que j'ai reçu une offre?  Absolument pas, mais s'il y a des éditeurs intéressés, mon courriel est dans la colonne de droite! :P

@+ Mariane

mardi 7 octobre 2014

Pas encore un lustre, mais...

Salut!

Dans la Rome antique, un lustre représentait une période de cinq ans entre deux recensements.  C'était aussi à ce moment-là que les censeurs étaient élus.  Alors quand on parlait que quelque chose avait duré des lustres, c'était que ça avait duré longtemps.  Personnellement, je n'en suis pas encore au lustre, mais disons que je m'en approche.  Ça fait quatre ans aujourd'hui que j'ai lancé mon blogue.

En quatre ans, j'ai écrit des centaines de billets et de critiques, j'ai répondu à des dizaines de commentaires, j'ai eu des passes d'écrans blancs intense, je me suis mise une pression folle pour tenir le rythme que j'avais choisi pour mon blogue, j'ai eu des soirées magiques où je pouvais sortir quatre excellents billets en une soirée et j'ai eu des matins de panique en constatant que ce que j'étais sûre d'avoir complété n'était en fait pas fini.  Tenir un blogue, même si ça ne paraît pas, c'est demandant en temps et en énergie.  C'est surtout que comme on est seul maître à bord, seule avec ses inquiétudes, ses angoisses et aussi, seule quand on met le point final à un billet en se disant: ah, celui-là il est excellent!  Seule aussi quand on le publie et qu'il semble passer dans le beurre dans l'océan de ce qui se publie sur le web.  Mais  c'est aussi une forme d'expérience, à cheval entre la chronique et la critique.  Un espace d'opinion libre, où je peux m'amuser comme je le veux.

Bon, hé bien, tout ça pour vous dire que je fête aujourd'hui mon bloganniversaire pour la quatrième fois.  Et que j'ai bien l'intention d'en fêter encore quelques-uns!


@+ Mariane

lundi 4 août 2014

Que fait une blogueuse quand elle ne blogue pas?

Salut!

Ah, les vacances, ça fait du bien!  De longues vacances dans mon cas.  Qu'est-ce que j'en aie fait?  Aucun voyage, je n'en avais pas au menu de toutes façons.  Non, plusieurs petites sorties, mais rien de super gros.  Entre autre là:

Si vous reconnaissez pas, c'est l'Astrolab du Mont-Mégantic, mais il entrait pas juste sur une photo!

J'ai aussi été aux glissades d'eau, mais bon, comme c'est pas la place où l'on traîne des appareils photos, je n'en aie pas pris, de photos (que voulez-vous, pour une raison que j'ignore, les appareils électroniques aiment pas l'eau!)

Pour le reste, j'ai passé pas mal de temps à la maison, enfin, pas mal, c'est très relatif, j'ai été souvent partie à gauche et à droite pour voir mes amis.  En fait, les deux premières semaines, j'ai surtout été partie un peu partout!  Et j'ai beaucoup (trop) magasiné!

Magasiné quoi?  Bon, ben, des tas de trucs dans les faits.  Tenez, j'ai trouvé ces adorables petits trucs dans une boutique d'artisanat québécois.

Ne sont-elles pas trop choux?  En plus, les acheter encourageait une bonne cause: un refuge pour chats sans famille!

Ok, lui, j'ai craqué, c'était pas un achat prévu!

Ils ont aussi des vêtements dans la même boutique, vraiment sympathique endroit!  Et en plus, un chat vit sur place...  Et oui, il aime se faire caresser! ;)


Ah, il faut dire aussi, je suis tombée sur un site web au début de mes vacances que j'ai trouvé proprement génial.  C'est ici.  J'adore ce que cette fille fait!  Ça m'a beaucoup inspirée disons, alors j'ai consacré par mal de temps à ça:


Ben oui, j'ai une machine à coudre depuis des lustres!
Je ne ferais pas ici la liste de mes oeuvres, mais voici la plus belle de mes réussite, une robe «gossée» (selon un néologisme inventée avec elle) pour mon amie Caroline.

Ça a l'air de rien, mais on a drôlement bossé dessus: enlever le plissé au dessus des manches, réduire les épaules et refaire le tout, ouf!
Bon, quand même, on a pas perdu notre temps parce qu'on en a profité pour regarder ceci en même temps:

Ben oui, ça se fait, poser des épingles, c'est long, on peut regarder la télé en même temps!
J'ai regardé les deux premières saison complètes durant mes vacances.  Addict moi?  Non, voyons, pas du tout!  En plus, j'ai profité de l'occasion pour regarder ceci:

Excellente série elle aussi.
Regardé trop de télé pendant mes vacances moi?  Peut-être, peut-être...

Ah oui et j'ai aussi magasiné sur Internet pour la première fois.  J'avais entendu parler d'un guguss qui permettait de retirer l'air des pots massons.  Après avoir fouillé pas mal (et enduré plusieurs déceptions dans des commerces locaux qui ne comprenaient même pas de quoi je voulais parler!), j'ai trouvé et commandé ceci sur Internet:

Ça m'a un peu inquiété de voir le truc: Tel que vu à la télé!, mais rassurez-vous, ça marche parfaitement!

Par contre, il a fallu encore chercher pour trouver le couvercle en question.  La gugusse toute seule, ça marche pas, mais les deux ensembles, c'est génial.

J'avoue que je suis bien contente de mes premiers achats sur le net! ;)

J'ai aussi fait des confitures, pour la première fois de ma vie.  Ok, elles étaient un peu trop liquide, mais bon, c'est mon premier essai après tout, Rome ne s'est pas fait en un jour!

Oui, j'ai même le super chaudron pour faire la stérilisation.  Merci Mme D pour ce magnifique cadeau!

Bon et ah oui, j'ai aussi commencé à me faire une épée de GN.

La voici encore en pièces détachées, j'ai pas encore eu le temps de la finir. :)
Ah et ça c'est sans compter tout le «ceci».


Elles en ont bien profité croyez-moi!
C'est sans compter le jiu, mais bon, ça, j'ai pas de photos!

Et la lecture?  J'ai relativement peu lu cet été, en fait oui, mais surtout des lectures pour un projet où je ne mets pas mes critiques sur le web.  Pour le reste, j'ai peu lu...  Trop fait d'autres choses, mais ça fait du bien de changer le mal de place!

Bref, un très bel été!

@+ Mariane

mercredi 16 juillet 2014

Du cheminement dans la planète blogue

Salut!

Pier-Luc Lafrance a lancé la réflexion il y a quelques jours à propos des blogues des littératures de l'imaginaire.  Ça m'a rappelé qu'environ un an après l'ouverture de mon blogue, j'avais publié un long biais sur ce qui m'a amené à bloguer.  Je crois que ça répond pas mal aux questions.  Je pourrais y ajouter que cela n'a fait que s'améliorer avec le temps.  Il y a eu des hauts et des bas (et quelques bas dû à ma tendance incontrôlable à vouloir maintenir un certain standard de qualité fabriqué par mon propre et toujours exigeant cerveau).  Je remarque aussi que je me suis souvent lamentée sur le web sur certains sujets qui reviennent souvent avec le temps... Chacun ses obsessions!

Par contre, l'autre volet, quand tout est passé du virtuel au réel...  Alors, là, c'est une tout autre histoire!  Je dois dire au départ que je suis une trotteuse infatigable de Salon du livre depuis 2002, première année où j'ai mis les pieds à cette grande foire du livre (ma carte de crédit s'est plainte pendant un moment de cette visite...).  Je suis alors entrée en contact avec pas mal de monde.  Des auteurs surtout, que je me suis mise à suivre plus assidûment.  J'y parlais à tout un tas de monde, mais encore plus après que mon statut professionnel se soit mis de la partie (ouais, libraire, on connaît beaucoup plus de monde dans un Salon du livre!).  Le changement vers des relations passant du virtuel au réel s'est pour ma part fait lors du Salon du livre de Montréal de 2010.  J'avais jasé pendant un certain temps par blogue interposé avec Mathieu Fortin et ça a été la première personne que j'ai rencontré en vrai.  C'est aussi par l'intermédiaire de son blogue que j'ai découvert celui de nombreuses autres personnes, dont Ariane, Dominic et Geneviève.  C'est sur le blogue d'Ariane que j'ai entendu parler pour la première fois du Congrès Boréal.  Quoi????  Un Congrès pour les fans de l'imaginaire???  Ça existe au Québec???  J'étais à peine une semaine à l'avance, je ne pouvais aller qu'à la journée du samedi.  J'étais horriblement nerveuse, au point que j'ai oublié de déménager avant de partir!  Bon, finalement, je connaissais quelques personnes sur place et est venue ensuite le sésame: «J'ai un blogue, ça s'appelle Les lectures de Prospéryne.», «Ah, c'est toi Prospéryne!!!!».  Beaucoup plus de gens que je ne m'y attendais me connaissait..  En plus, ça a coïncidé avec la période où je m'étais inscrite sur Facebook et je me suis fait énormément «d'amis» suite à ce Congrès.  Les liens bloguesques sont venus renforcer le tout.

Alors, voilà, grosso modo comme ça s'est passé de mon côté!

@+ Mariane

vendredi 28 mars 2014

Foutu écran blanc...

Salut!

À côté de mon écran, j'ai plein d'idées de billets d'écrites.  Plein je vous dis.  Seulement, quand viens le temps de les écrire, je sèche.  Les idées sont là, mais les coordonner, les arranger, les coucher sur le papier ne vient pas très facilement.  Sur le papier...  Non, sur l'écran!  Ce foutu écran blanc qui me saute aux yeux.  Il est tout blanc quand je commence à écrire.  Il se remplit seulement ensuite de lettres, placées dans un ordre précis qui permet que vos petits cerveaux peuvent ensuite déchiffrer.  On appelle ça une langue écrite.  Mais je m'éloigne de mon sujet...

La page blanche.  Syndrome très connu de la plupart des écrivains à ce qu'il paraît.  J'en suis parfois victime, il faut le dire.  Écrire un blogue reste écrire.  Je ne sais plus de quelle auteure j'ai lu un commentaire récemment (Maya Angelou je crois), qui disait que lorsque que l'inspiration lui faisait défaut, elle écrivait pendant des journées de temps Les chemises de l'archiduchesse sont-elles sèches ou archi-sèches?  Bon, j'ai pas trop le temps de faire ça, mais si jamais vous voyez un jour un billet de blogue où j'ai juste écrit J'aime mes chats 117 fois, ben, vous saurez de quel syndrome je suis atteinte.

Des phases de créativités intenses, d'où les billets jaillissent sous mes doigts, où les idées se mettent en place pratiquement toute seule et où je peux pondre trois billets en deux heures, j'en aie connu et souvent en plus.  Ce sont les plus belles périodes.  Celles-là, elles sont super cool.  J'adore dans ces moments-là tenir un blogue, c'est énergisant, c'est plein de vie, ça nourrit tout le reste.

Et il y a les autres périodes.  Celles qui sont plates à mort.  Celle où je me force à m'asseoir devant mon écran et où rien ne sort.  Parce que je suis trop préoccupée par autre chose, parce que je n'ai pas le temps, parce que je suis trop fatiguée.  Parce que même si j'écris, tout ce qui sort me semble être de la pure merde.  C'est pas nécessairement vrai, c'est une impression.  Mais elle est persistante.  Ça peut durer une fin de semaine, ça peut durer un mois, ça peut sembler ne plus finir.  Il faut alors s'accrocher.

S'accrocher peut avoir plusieurs sens.  L'un d'entre eux est de diminuer la pression, de s'accorder des pauses.  Ça peut aussi dire se permettre quelque fois de laisser passer un billet moins travaillé parce que l'on sait que l'on ne pourra pas l'améliorer davantage.  Ça peut vouloir dire de laisser le blogue tranquille quelque jour et d'aller voir ailleurs si on y est.  Mais surtout, c'est de ne pas s'inquiéter.  Ne pas en faire une montagne.  Aller se ressourcer.  Avec des amis, des livres, des collègues, rire, échanger, pleurer un bon coup ou en prendre un, selon ce qu'on sent qu'on a besoin.

Le syndrome de la page blanche n'est pas éternel.  Comme bien d'autres choses, il faut simplement savoir vivre avec.  Je crois que ça fait partie de la vie de tout créateur après tout. :)

@+ Mariane

vendredi 28 février 2014

Le blogue au quotidien

Salut!

Nombreuses sont les personnes, qui découvrant mon blogue, me regardent avec les yeux écarquillés en me disant: «Tu postes à TOUS les jours!?!».  Ben, oui, mais uniquement les jours de la semaine!  La fin de semaine, je ne blogue pas, quoique je vienne régulièrement faire un tour ici.  Dans les premiers temps de mon blogue, je postais à tous les jours, mais je me suis bien vite rendue compte que c'était une histoire de fou.  J'ai arrêté.  Depuis un sacré bail maintenant, j'ai adopté la formule suivante: trois billets par semaine et deux critiques.  La plupart du temps, je m'y tiens.  Je ne fais des exceptions que si je ne trouve pas ce matin-là que j'ai quelque chose digne d'être publié de prêt.  Ça aussi, c'est une liberté que j'ai apprise à me laisser.

Bloguer au quotidien, c'est un défi.  C'est une discipline.  Que je m'impose volontairement.  Personne ne m'a dit un beau matin de bloguer.  C'est un choix personnel, mais qui s'ajoute à toutes mes autres activités quotidiennes.  Et oui, il en faut de la volonté pour arriver à publier du lundi au vendredi.  De la volonté, de la discipline, du temps, et beaucoup de suite dans les idées, mais sans jamais perdre de vue ce qui doit rester la raison de bloguer: y prendre plaisir.  J'avoue, j'ai eu des périodes plates, où je n'avais plus d'idées, ou encore pire, l'impression de répéter toujours la même rengaine (j'avoue que j'ai un peu peur de radoter...).  Dans l'ensemble, je suis très heureuse de bloguer, même si ça ajoute quelques contraintes à ma vie.

Que je sois toujours en train de bloguer même après tout ce temps m'étonne moi-même.  Je ne compte plus les vendredis soirs où j'étais occupée à pondre des billets ou des critiques.  Des questions existentielles à savoir si je devais aborder tel ou tel sujet et encore, comment l'aborder.  Ce n'est pas si difficile que ça en soit.  Je prends beaucoup de notes et je suis très observatrice.  Par contre, ça demande quand même une grande qualité: la constance.  Et ça, c'est un défi en soi.  C'est même loin d'être évident, mais si on veut réussir à garder un bon rythme de publication et une qualité continue sur le long terme.  Malgré que les billets que j'ai déjà posté et que je trouvais faible, je dois être la seule à l'avoir remarqué souvent.  On voit souvent plus facilement les petits défauts quand c'est nous qui faisons le travail.

Je suis souvent surprise de voir qui me lit.  Des gens de tous les horizons.  Du milieu du livre certes, mais aussi d'ailleurs.  En général, les commentaires que j'ai sur mon travail ici sont généralement positifs.  J'apprécie.  Je crois qu'il n'y a rien de pire pour un blogueur que de bloguer dans le vide! :P  Par contre, ça m'arrive de plus en plus souvent que les gens me parlent avec un oeil complice de mon billet de blogue du jour et souvent, je mets un moment à comprendre...  parce que je l'ai posté le matin et que bon, ensuite, j'ai fait plein d'autres choses et que j'ai oublié ça!  D'où quelques moments de confusions, mais quelque part, ça me fait quand même plaisir quelque part.  Parce que ça montre que quelqu'un a retenu l'une de mes élucubrations!

@+! Mariane

lundi 13 janvier 2014

Mise en garde

Salut!

Des fois, je me dis que je devrais me promener en permanence avec un écusson où il serait écrit:

MISE EN GARDE: TOUT CE QUE VOUS POURREZ DIRE EN MA PRÉSENCE POURRA ÊTRE RETENU ET UTILISER DANS LE CADRE D'UN BILLET DE BLOGUE.

Je ne peux pas m'empêcher de me dire que je devrais le faire tellement je pige mes idées à droite et à gauche.  Ça peut être dans des discussions entre amis, avec mes collègues, des articles que je lis sur Internet, une conversation entre deux personnes que je croise dans la rue, ou encore dans les librairies, par les clients ou les libraires, une phrase lue dans un livre.  Un détail attire mon attention et mon cerveau enregistre ça dans un coin.  Tout peut me fournir du matériel.  Tout!  J'ai appris à saisir ces moments au vol et à les garder en moi.  Des fois, je les prends en note aussitôt.  Des fois, ça traîne un peu plus longtemps que ça.  Je me suis parfois levée la nuit pour les écrire.   Enfin, plutôt juste avant de me coucher.  Quelque fois, pas si souvent.  Mais il faut que je prenne les idées au vol avant qu'elle ne s'éclipse.

D'où la présence de ma pile de ti-papier à côté de mon clavier.  Y sont notées quelques mots, une ou deux idées, juste des notes comme ça, pour me rappeler l'essence de ce que je voulais écrire.  J'y note souvent le nom de la personne qui m'a donné cette idée, le lieu et les circonstances.  Ça m'aide à me rappeler.  Par contre, ce sont des notes rédigées à la va-vite.  Et la plupart du temps dans un jargon télégraphique avec mon écriture en hiéroglyphes que j'ai systématiquement quand je suis pressée.  Non, j'ai pas trop de mal à me relire, mais bon, si quelqu'un d'autre les lit...  Il risque de ne rien comprendre!

Je fais hyper-attention de ne pas nommer personne quand j'explique d'où vient l'idée du billet.  Un ami ou une amie représente en fait des dizaines de personnes différentes.  Certaines ce sont déjà reconnues, mais pas toutes et tous.  Comme je ne sais pas si la personne veut être reconnue, en générale, je reste volontairement dans le vague.  Ce qui compte, c'est l'idée qu'elle m'a donné, ce qu'il m'a inspiré comme réflexion, plus que qui elle est.  Souvent, je résume la situation vécu en quelques mots pour placer l'ambiance, mais sans plus.  Sauf si c'est dans une occasion comme le Boréal où au Salon du livre.  Là, je me laisse plus aller pour planter le décor.

Rédiger un blogue, surtout un blogue quotidien comme le mien, ça demande une bonne discipline, beaucoup de temps, mais aussi un sixième sens pour être à l'affût des bonnes idées en tout temps.  Je me sens un peu comme un chien de chasse à l'affût sur certains points.  Je ne note pas toujours juste des bonnes idées, mais sachez que si je vous aie déjà croisé dans la vraie vie, vous risquez d'avoir eu un petit rôle à jouer ici.  Sans doute avez-vous déjà même été à l'honneur d'un billet, mais vous ne le saurez sans doute jamais, parce que si moi je m'en souviens, vous aurez sans doute complètement oublié que vous m'avez lancé une réflexion qui m'est tombé dans l'oreille un jour!

@+ Mariane