vendredi 2 décembre 2011

L'héritage des profs de français

Salut!

Il y a une personne marquante dans la vie de nombreux lecteurs que l'on nomme des années après avec un sourire aux lèvres sans jamais avoir osé le lui dire au moment où on le fréquentait.  On en parle à des amis, en disant, ah oui, tel prof nous avait fait lire Guy de Maupassant ou encore Michel Tremblay et avait réussi à nous le faire aimer.  On l'oublie souvent, mais nos profs de français avec leurs livres obligatoires influencent de manière parfois permanente la vie de lecteur de leurs élèves.

Je me souviens de l'une d'entre elle en particulier.  Nous venions de commencer notre dernière année de secondaire et pour la première fois, nous avions un homme comme prof de français.  Un mordu de littérature.  À son premier cours, il nous a remis une liste de livre et était capable de parler de toutes les histoires qui y était inscrite en nous disant de choisir au travers notre première lecture.  Ça promettait!  Et voilà que celui-ci, après une semaine, quitte ses baskets relax de prof de français au secondaire pour aller chausser les souliers en cuir noir classique de prof de Cégep en littérature.  Quelle déception!  Laissez-moi vous dire que j'attendais de pied ferme sa remplaçante.  Se glisse devant la classe une toute jeune enseignante, fraîchement diplômée, encore un peu naïve, mais débordante d'enthousiasme.  Elle avait le même patronyme qu'une héroïne du terroir québécois et nous lui avions demandé à la seconde si elle était parente avec elle.  Non avait-elle répondu en riant.  Ça a été la première prof à me faire comprendre une règle de grammaire expliquée et réexpliquée depuis les débuts de mon secondaire, mais que je n'avais jamais comprise.  Mais surtout, ça a été la première à me donner le goût de lire des classiques de la littérature.  Elle aimait lire, vraiment beaucoup et elle nous le faisait sentir.  J'ai même aimé lire de la poésie avec elle (c'est dire!)  Elle nous avait laissé lire un livre libre en cours d'année et j'avais lu L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquèz qui s'est révélé être d'une platitude immense juste pour l'impressionner (C'était le livre le plus long de la liste proposée)  Je n'ai jamais su la remercier de ce qu'elle m'avait apportée.  Un regret dans ma vie. 

J'ai une amie qui est prof de français.  Elle commence sa carrière et quand on se voit, elle ne peut s'empêcher de me raconter les conneries faites par ses élèves.  Je la regarde et pourtant, quelque part, je me dis: elle va réussir.  Bon, elle a une très bonne conseillère ès-bouquin, mais ya pas que ça.  Je ne sais pas quand, ni dans quelle circonstance, mais elle va un jour me raconter qu'elle a fait lire du Gaston Miron à un ou une élève et qu'il va avoir eu une réaction d'amour envers une oeuvre littéraire.  J'ai hâte au jour où elle va me dire ça, mais en même temps, je sais que ce genre de chose prend du temps.  Et que des fois, les profs ne voient pas germer les graines qu'ils ont semés.  J'ai moi-même étudié pour être prof.  Ok, c'était en histoire et en géographie, mais n'empêche, je comprends parfaitement l'effet.

Les profs de français ne sont pas tous de grands lecteurs.  Ils n'ont pas tous le talent de faire aimer les oeuvres qu'ils font lire à leurs élèves.  Parfois même, ils les détestent parce que ce sont des livres qu'ils n'ont pas le choix de faire lire.  Mais ils sont souvent les premiers à nous faire ouvrir la couverture d'un livre, ou même, à nous faire découvrir des genres que l'on aurait pas abordé par soi-même, quand, à l'adolescence, on est en train de construire ses goûts.  Parce qu'on les fréquente pendant un an et qu'ensuite, on ne les revoit plus, on oublie leur influence, on néglige les graines qu'ils ont semés en nous.  Les profs de français sont souvent la porte d'entrée vers la lecture et vers la littérature.  Hommage à eux qui nous apprennent à lire et ensuite à aimer la lecture.

@+ Prospéryne

4 commentaires:

  1. Lolol! J'suis probablement une de tes rares lectrices qui sait ce que ça veut dire de faire la crevette! ;) Hasard comique : je faisais aussi du jiu-jitsu hier et j'ai crevetté une couple de fois pour sortir d'en dessous de mon beau-frère (230 lbs). Je m'en ressens aujourd'hui! ;)

    RépondreSupprimer
  2. Quand j'ai mon cours de ju-jitsu, je rentre le lendemain au boulot couverte de bleus et pleine de courbature. Mes collègues me trouvent malades d'y retourner et je leur réponds: ben non, c'est ben trop l'fun! :D!

    RépondreSupprimer
  3. @Prospéryne : Je finis mes entraînements dans le même état : mon chum passe donc régulièrement pour un batteur de femmes!

    RépondreSupprimer