mercredi 21 décembre 2011

La grande erreur du numérique

Salut!

J'ai souvent discuté dernièrement avec des avant-gardistes du numérique, qu'ils soient éditeurs ou tout simplement geek.  Une constante dans leurs discours: il y a très peu de différences entre la lecture numérique et papier.  Désolé messieurs, dames, il y a en une, et elle est énorme.  Elle est d'ordre conceptuelle, ce n'est pas l'interface qui gère cette différence, c'est la philosophie qui la sous-tend.  Et en arrêtant pas de dire que c'est aussi confortable de lire en numérique, qu'il n'y a pas de différences et blablabla, ces avant-gardistes et ces geeks se tirent joyeusement dans le pied.  Il y a une différence et elle est énorme pour quelqu'un qui est de la culture du papier.  J'ai bien hâte par contre de voir émerger un éditeur qui s'en foutra littéralement du débat et se mettra à faire ce qu'il a à faire: de bons livres.

Envie d'une autre rentrée littéraire titrait un blogue cet automne, comme si le numérique était une littérature à part.  Non, ça en fait partie, mais de la même façon que certains styles s'épanouissent mieux dans des revues littéraires comme la nouvelle, le numérique va trouver sa place dans l'écosystème littéraire.  Le truc, c'est de mettre ses énergies dans la ligne éditoriale, dans le travail des textes avec les auteurs, dans la promotion de leurs romans, essais, bandes dessinées ou autre.  Il y a des éditeurs numériques qui le font déjà et très bien, mais d'autres perdent une énergie, mais folle, à défendre le numérique versus le papier.  Débat stérile à souhait, les préférences de chacun sont à respecter.  J'aime mieux lire en papier?  Tous tes arguments entrent par une oreille et sortent par l'autre mon homme.  Et pendant qu'ils dépensent de l'énergie là-dedans, ils oublient d'investir leurs énergies dans le nouveau monde de la lecture.  On s'en fout de la bataille PDF et ePub, numérique ou papier, tablettes ou liseuses, moi si vous voulez me vendre le numérique, faut me vendre des livres que je vais avoir envie de lire, point final.  C'est ça et rien d'autre qui va me pousser à acheter des fichiers numérique pour lire, tout simplement.  Et quand j'entends parler un éditeur numérique contre le papier, ben... j'ai pas envie d'acheter ses livres numériques!  Non, mais parlons du respect du choix des gens: vous voulez publier en numérique, soit, assumez votre choix pardi!  Rien ne sert de vous débattre pour dire que le numérique est meilleur ou aussi bien que le papier, c'est comparer des pommes avec des oranges et perdre votre temps!

Alors, est-ce que le numérique va remplacer le papier.  Aucune idée!  Est-ce que le numérique va creuser sa niche?  Certainement.  Est-ce ceux qui parlent aujourd'hui pour le livre numérique qui vont remporter la mise demain?  Pas tous, il y en a qui seront trop épuisés par leur lutte contre le papier pour ramasser les fruits de leur travail quand viendra le temps de la récolte. 

@+ Prospéryne

5 commentaires:

  1. Il y a effectivement une énorme différence. Le livre papier nous permet de déconnecter. La liseuse, c'est un autre bidule électronique (et si en plus c'est une tablette avec accès Internet...).

    Cela dit, je crois aussi que le livre électronique va trouver sa niche. Je crois que pour les recueils de nouvelle, ce serait parfait. Parce que j'avoue envier parfois les gens avec leurs liseuses auto-éclairées qui peuvent lire dans le bus quand il fait trop sombre pour le livre papier. Et des nouvelles, c'est parfait pour le bus : on peut la lire en entier pendant le trajet! :)

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  2. Amen! L'important ce sont les mots et les histoires. On s'en fiche du support de lecture!

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  3. @Gen,tu résumes parfaitement mon opinion: les liseuses, c'est une bidule électronique de plus! Mais comme tu le dis, elle a ses avantages et c'est avec ses avantages-là qu'elle va faire son chemin, pas en disant que c'est la même chose qu'avec le livre papier, parce que justement, ce ne sera jamais la même chose.

    @Frédéric, tout à fait d'accord, on s'en fiche des supports de lecture, ce qu'on veut, ce sont de bonnes histoires! :D

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  4. Tu as bien raison. C'est comme si on se mettait à parler de la couleur de la couverture ou de l'interligne entre les paragraphes ou du choix de la police de caractères ou du format du livre, bref, du graphisme. Ça compte oui pour la vente, l'achat, l'image d'une maison d'édition, mais rien à voir avec l'histoire, avec la qualité du texte qui doit rester la priorité du livre quel que soit son support et... son graphisme.

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  5. @ClaudeL, très bien dit, surtout de la part d'une graphiste! ;)

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