jeudi 1 décembre 2011

Le lecteur qui vieillit et ses périodes littéraires

Salut!

C'est un commentaire que j'entends souvent de la part de mes clients, surtout ceux ayant des cheveux gris: ah, oui, ça j'en lisais beaucoup quand j'étais jeune, mais je n'en lis plus.  Rien à faire, ils ne reviennent pas en arrière, comme si un genre lu et adoré plus tôt dans une existence avait perdu tout attrait une fois plus âgé.  Pourquoi donc une telle chose?  J'ai un peu de difficulté avec l'idée, mais je dirais que bon, je ne suis pas un modèle tant que ça, je lis de tout, tout le temps.  Malgré tout, c'est vrai que même moi, j'ai eu mes périodes littéraires.

J'ai un petit cahier dans lequel je note mes lectures depuis des années.  Au départ, pas en ordre chronologique, mais depuis quelques années, au fur et à mesure que je complète mes lectures.  Et moi aussi, j'ai eu des phases littéraires.  Ok, moins profondes que certaines personnes qui à tel âge, ne lisait que de la science-fiction et quelques années après, que de l'horreur, mais tout de même, quand j'étais ado, je lisais beaucoup de littérature fleur bleue.  Plus tard, dans ma période universitaire, beaucoup de livres historiques «sérieux» et d'essais.  Et depuis, revanche, pas mal de littérature jeunesse!  Rien ne domine vraiment, mais dans le temps, je me rends compte, que c'est vrai, moi aussi j'ai eu mes périodes littéraires.

Pour certaines personnes, tel genre correspond à telle période de leur vie.  Ils sont jeunes et plein d'avenir?  Ils lisent des romans d'horreurs pour se faire peur, aucun risque que ça leur arrive, ils ont la vie devant eux!  Leur quotidien tombe dans le métro-boulot-dodo?  Ils se lancent dans le fantasy pour décrocher du quotidien.  Une rupture?  Leur PAL se remplit de Chick-lit pour les dames et Stéphane Dompierre pour les hommes.  Ils veulent renouer avec leurs racines?  La place au québécois dans leurs lectures grandit.  Ils veulent voyager?  Par ici les auteurs magrébins, indiens, chinois, latino-américains, haïtiens et autres.  Ils ont des enfants et se préoccupent de leurs avenirs?  Les essais se mettent à occuper leur esprit... ou plutôt des livres de psycho-pop sur l'art d'élever de petits monstres pour en faire des citoyens modèles!

Alors, on épuise un genre ou on en fait une overdose?  Vu le rythme de publication actuel, il n'y a pas grand genre qui peut être complètement épuisé.  Quoique, pour être honnête, certain d'entre eux ont dans quelques sous-genres passé leur âge d'or.  Alors, disons plutôt que l'on a fait le tour d'un genre et qu'on recherche alors autre chose, d'autres émotions, d'autres histoires, plus en phase avec notre vie.  Si on prend l'exemple de la fantasy, on retrouve beaucoup d'histoire médiaval-fantasy où les gens se battent à l'épée et partent à la recherche d'un objet magique dans une quête mêlant le mystique et l'homérique.  À la fin, on peut finir par avoir envie d'autre chose!  Idem pour la chick-lit, on finit par avoir envie de donner des baffes à la fille à la longue!  Alors, dans ce cas, changer, ça fait du bien.

Pour éviter de s'écoeurer royalement d'un genre, la clé est peut-être au fond seulement de varier les genres et les plaisirs et d'éviter la monogamie livresque.  Non, mais pensez-y bien, voici au moins un domaine de la vie où il est bon de multiplier les partenaires... sans risque de MTS!  Ah non, vous avez une imagination trop fertile, je parlais de maladie textuellement transmissible! :P

@+ Prospéryne

6 commentaires:

  1. Je pense que ton analyse au sujet des phases de la vie vs les genres de lecture est bonne.

    Par contre, n'ayant jamais été non plus une lectrice "monogenre", je peux pas dire ce qui fait que quelqu'un peut lire d'un seul genre pendant des années, puis s'en lasser tout à fait...

    Quoique... J'étais vraiment écoeurée de la fantasy avant d'ouvrir A Game of Thrones. Maintenant, je vois que le genre peut encore se renouveler.

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  2. @Gen, je suis comme toi, je lis de tout, mais j'ai la même impression avec la bit-lit en ce moment, on dirait que le genre ne sait pas se renouveler. Ou peut-être étais-ce juste un effet de mode post-Fascination. En tout cas, j'ai l'impression que les intrigues se ressemblent toutes.

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  3. Y'a des limites à ce qu'on peut inventer avec un gars, une fille et des crocs! ;p

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  4. Non, un gars, une fille, une mini-jupe et une partie de jambe en l'air compliquée par des crocs! :P

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  5. Je vois bien que je corresponds au cas assez typique de genres selon les âges. Il y a donc des livres publiés aujourd'hui que je ne lirai sans doute jamais, pas plus que les lecteurs-lectrices dans la trentaine ne connaîtront quelques titres publiés dans les années 1945-1970, sauf peut-être au cégep/université et encore.
    Très bonnes remarques dans ce billet.

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