lundi 16 juillet 2018

Comment faire plaisir à un/e auteur/e que vous aimez?

Salut!

Je côtoie beaucoup d'auteurs/es, souvent à des événements littéraires, souvent par d'autres moyens.  J'ai vécu la vie de librairies pendant plusieurs années et j'ai même collaboré à une revue traitant de littérature.  Ça me donne souvent une bonne idée de ce qui peut faire la différence pour un/e auteur/e.  On sait que le marché de la littérature au Québec n'est pas nécessairement facile pour tous,  mais si vous aimez un/e auteur/e, voici quelques petits choses simples que vous pouvez faire pour l'aider.

1- Lisez ses livres

Ok, ça paraît peut-être niaiseux, mais c'est la base.  Les auteurs/es veulent être lus, alors, lâchez-vous lousse!  Acheter des livres, emprunter-les à la bibliothèque ou à un ami si vous êtes fauché, mais lisez-les.  Il n'y a rien de pire pour un/e auteur/e que de travailler sur un livre pendant des mois voir des années et d'ensuite, se retrouver le bec à l'eau parce que leur livre arrive au monde dans la plus parfaite indifférence.  Alors, qu'il y ait quelqu'un quelque part qui a lu le livre, c'est un sentiment rassurant et vraiment encourageant.  C'est avant tout pour ça que les auteurs écrivent, être lus!

2- Commentez les livres

Que ce soit sur votre blogue, sur le site de l'empire au sourire en coin, sur Goodreads, sur l'album de visage, dans une revue, lors d'une discussion entre amis parlez de vos lectures.  Le bouche-à-oreille est le meilleur moyen pour les auteurs de faire connaître leurs oeuvres.  Vu la portion congrue auquel en est réduite la couverture littéraire dans les médias en général, chaque mention ailleurs sur le web compte.  D'autant plus que le site de recherche en .com le plus consulté au monde se révèle très précieux quand vient le temps de faire une critique.  Alors d'en avoir une, deux ou trois, peut faire une grosse différence dans la carrière d'un livre!  Quand aux discussions entre amis, n'avez-vous jamais été tenté de lire un bouquin recommandé par un ami? ;)

3- Acheter les livres

Pourquoi je mets ce conseil en troisième?  Parce que si vous vous contentez d'acheter un livre sans le lire, ni en parler autour de vous ou sur le web, et bien...  Ça rapporte à l'auteur/e, mais sans rendre véritablement hommage à son travail!  Acheter des livres est très important, cela permet aux auteurs/es de vivre, mais un livre qui reste sur une tablette est un livre qui n'a pas réellement vécu sa vie.  Acheter est un acte important, mais la lecture l'est tout autant!

Bonus: Parler avec l'auteur/e de son livre

Je le mets en point bonus, parce que rien ne peut battre le contact avec un/e lecteur/trice avec  l'auteur que ce soit dans un sens ou dans un autre.  Aller voir les auteurs/es esseulés/es dans un Salon du livre (croyez-moi, ils vous seront reconnaissants!), prenez le temps de poser des questions, de prendre des notes, de s'intéresser au livre autant qu'à l'auteur/e.  Si vous l'avez lu, c'est encore mieux, sinon, et bien, ça peut vous permettre de faire de magnifiques découvertes!  Même si vous n'achetez rien, ça encourage énormément d'avoir de l'intérêt de la part des lecteurs.  Évidemment, les encourager en achetant est toujours énormément apprécié!  Si le livre ne vous plaît pas, il peut être un cadeau pour une autre personne dans votre entourage après tout (Perso, j'adore acheter des livres à des auteurs jeunesse inconnus au Salon du livre de Montréal et déposer le tout dans les boîtes de la lecture en cadeau!)

Voilà donc quelques petits conseils pour rendre heureux les auteurs/es que vous connaissez et aimez.  À utiliser sans modération!

@+ Mariane

lundi 9 juillet 2018

Le mythe de l'homme d'affaire

Salut à tous!

Petite constatation: j'ai récemment vu la série Iron Fist sur Netflix (bof, bof!), mettant en vedette un xième héros de bande dessinée issu de l'univers Marvel.  Celui-ci, Danny Rand, est l'héritier d'un empire financier valant des milliards de dollars, rentrant au bercail après avoir été déclaré mort dans un accident d'avion avec ses parents alors qu'il n'avait qu'une dizaine d'années.  Les premiers épisodes racontent les difficultés de son retour et surtout à se faire reconnaître de son entourage.  Sauf que même pas dix minutes après le début de l'épisode, les ressemblances avec le Batman de Christopher Nolan me paraissaient juste trop énormes pour passer inaperçu: parents morts dans sa jeunesse, disparition des radars pendant de nombreuses années, héritage d'une entreprise valant des sommes folles, etc, la liste était longue.  Certes, les deux personnages sont différents, surtout par leur caractère (et pas à l'avantage de Danny Rand!), mais le truc qui m'a chicoté ensuite c'était leur point commun: chef d'entreprise.

Minute, minute, minute! On en est rendu là?  À une époque, la personne qui détenait du pouvoir, qui était reconnu, c'était le chef de l'état non?  Le roi, le prince, le général, ceux-là étaient les bons, les leaders, les chefs.  Ceux-là étaient les personnes dignes d'admiration, les modèles.  Ou les méchants totalement repoussoirs.  Pourtant, dans la fiction contemporaine, les exemples pullulent de personnages qui sont avant tout définis par leurs réussites dans le milieu des affaires, qu'ils aient créé leur propre entreprise ou qu'il en aient hérité.  Les leaders politiques?  On les représente souvent comme étant déconnectés ou corrompus, alors que les hommes d'affaires, même s'ils n'ont de comptes à rendre à personne ou peut-être parce qu'ils n'ont de comptes à rendre à personnes prennent le haut du pavé.  Des exemples?  Iron Man quelqu'un?  Ça ne vous rappelle rien?  C'est pourtant l'archétype du multimilliardaire, un brin narcissique et égocentrique qui n'hésite pas à étaler fortune et réussite autour de lui.  On insiste à plusieurs reprises sur le fait qu'il soit riche et hommes d'affaires.  Idem pour Bruce Wayne, l'alter ego de Batman.  En dehors des supers-héros?  Le nom de Christian Grey vous dit quelque chose?  Et je ne parle même pas des multiples films, séries télés ou livres dans lequel un personnage secondaires est un riche homme d'affaire.  Rarement une femme, mais ça peut arriver.

Et les méchants?  Les James Bond depuis les années 1990 ont mis en vedette un certain nombre de gens d'affaires corrompus en vilain dans leur film, l'un des plus marquants étant certainement Elliott Carver dans Demain ne meurt jamais.  Un autre exemple est  Richmond Valentine du film Kingsmen: Services secrets.  Leur point commun? Mégalomanie, volonté de dominer le monde... et utilisation de toutes leurs ressources, financières et techniques, pour atteindre leurs buts.  C'est souvent exagéré et caricatural, mais reste que l'on est passé du méchant chef d'un état à un méchant qui n'est pas lié à une structure étatique, mais international, qui s'infiltre partout, se glisse partout et est au fond... très proche de nous.

Tous ces personnages nous emmènent dans un univers feutrés de bureaux en hauts de grands édifices, de luxes, de raffinement et où les guerres, même si elles ne font pas de morts ou de blessés, restent extrêmement violentes.  Par le biais de la fiction, on entre dans leurs univers et l'on comprend les codes de ces univers, les relations de pouvoirs qui s'y jouent.  Même si tout cela est ultra-fermé (les milliardaires-PDG ne sont qu'une poignée d'être humains sur terre), la fiction nous permet d'y prendre pied et comme c'est quelque chose de réel, d'y prendre un peu place.  Certes, la plupart des milliardaires ne se déguisent pas en chauve-souris pour combattre le crime la nuit (loin de là!), mais donne l'impression que ceux-ci ont naturellement des pouvoirs au-dessus du commun des mortels, même plus que les gouvernements en place dans certains cas.  Ah oui et autre point à noter, on les voit rarement faire véritablement des affaires, leur statut compte plus que leur travail.

Je pensais à cela lorsque j'ai vu le résultat des élections américaines de 2016.  L'homme qui a remplacé Barrack Obama à la tête des États-Unis correspond à cet archétype de l'homme d'affaires dont nous parle la fiction: riche, puissant, ne rendant de comptes qu'à lui-même, sauveur en quelque sorte.  Je m'interroge en voyant ça: et si la fiction nous avait préparé à voir ce genre d'individus au pouvoir?  Si les esprits avaient été préparés à cette idée, sans faire la distinction en ce qui concerne la réalité et l'imaginaire, comme si les qualités des super-héros homme d'affaires s'appliquaient à tous sans distinction?  Alors, facteur parmi beaucoup d'autres il faut l'avouer, mais le terrain a été préparé.  En ce sens, il y a un lien entre l'actuel président des États-Unis et Iron Man.  Je ne suis pas sûre que ce soit quelque chose de bien.

@+ Mariane

jeudi 5 juillet 2018

Maternité La face cachée du sexisme de Marilyse Hamelin

Maternité, La face cachée du sexisme  Marilyse Hamelin  Collection Présent  Boréa;  184 pages


Résumé:
Même si l'égalité homme-femme a fait des bonds de géants depuis quelques décennies, il reste un point où malgré tous les efforts, les progrès sont lents: la sphère privée et au centre de celle-ci, la parentalité.  Malgré tous les efforts, les campagnes de sensibilisation et les mesures adoptées, la mère est toujours considérée comme le «parent par défaut», celle qui sait quoi faire pour s'occuper des enfants, responsable de l'organisation du foyer et qui doit faire le tout avec le sourire et dans la bonne humeur.  Seulement, une majorité de femmes travaillent aujourd'hui à l'extérieur du foyer, mettant le modèle à mal sans que la base de celui-ci ait été remise en question.  Ce qui cause un déséquilibre, un sexisme mal nommé, auquel s'attaque l'auteure dans ce livre.

Mon avis:
Il faut parfois des livres pour jeter un pavé dans la marre et ébranler les idées reçues.  Celui-ci s'inscrit dans cette veine, mais il prêche beaucoup plus aux non-convertis qu'aux personnes déjà sensibilisées.  Le livre est, comme tout bon essai, un long argumentaire en faveur de la thèse qu'elle défend, soit que la parentalité est, pour un grand nombre de raisons, plus ou moins culturelles et plus ou moins ancrées dans notre psychée, encore bien plus le fardeau des femmes que des hommes.  Ce livre va sonner comme un éveil des consciences pour qui est moins au courant des enjeux féministes.  La démonstration est bien argumentée, dotée de nombreux exemples et de témoignages éclairants (paritaires, je tiens à le souligner, autant d'hommes que de femmes ont témoignés de leur expérience pour cet ouvrage).  Elle déplace le centre du débat de la maternité (associé aux femmes uniquement), à la parentalité (concernant les deux parents de façon égale).  La question des congés parentaux, centrale à son ouvrage y est décortiquée et l'influence des idées reçues sur la maternité et la paternité également.  Le partage des responsabilités ménagères y obtient aussi une petite place, un peu maigre à mon goût, mais quand même assez importante.  Le livre n'a aucun défaut majeur, mais il a constitué pour la lectrice déjà au courant des enjeux que je suis une excellente révision sur le sujet plus qu'un apport réel aux débats.  Pour quiconque n'est pas au courant des enjeux par contre, cet ouvrage est à mettre entre toutes les mains (surtout celles des futurs pères!).  Agréable à lire, bien argumenté, c'est un essai grand public qui réussit très bien l'objectif fixé, soit de brasser les idées reçues sans tomber dans le préchi-précha et qui démontre avec l'aide d'exemple concrets qu'autre chose de mieux est possible et souhaitable.

Ma note: 4.5/5

lundi 2 juillet 2018

Principal de l'un, secondaire de l'autre

Salut!

J'ai remarqué que certains auteurs utilisent une technique bien particulière pour nourrir leurs oeuvres.  Phénomène largement influencé par les suites et re-suite et autres spin-off parfois insipide du cinéma, mais pas que.  C'est celui des personnages qui se retrouvent parfois au coeur de l'histoire... et qui laissent la première place à un autre personnage lors d'un autre livre.  Personnellement, j'adore ce procédé dans les livres.  Mais il peut être utilisé à tellement de sauces!  C'est qu'en tant que tel, c'est un procédé qui permet d'élargir l'exploration d'un univers de bien des façons.  Certains en abusent pour allonger les profits, mais c'est une mauvaise utilisation: en tant que tel, cela peut enrichir un univers bien plus qu'il n'y paraît.

Je l'avais remarqué en particulier dans le livre de Robert Silverberg, Les Monades urbaines.  Dans ce roman formé de nouvelles, tous les personnages principaux d'une nouvelle deviennent personnage secondaire dans l'une ou l'autre des suivantes, aucun n'étant à proprement parler un personnage principal de l'ensemble.  Cette situation est sûrement voulue par l'auteur qui parle sans cesse du vertige de cette société qui vit dans d'immenses tours de mille étages, chaque monade (tour) formant  des sociétés indépendantes les unes des autres.  En utilisant ce procédé, l'auteur permet de démultiplier les points de vue, mais aussi de reprendre l'idée centrale de son livre: l'individu écrasé par la masse des autres êtres vivants et de la structure physique même de la monade.  Silverberg a utilisé cet effet littéraire pour démultiplier l'effet du nombre, car ce qui concerne un individu concerne tous les habitants de la monade, tous prisonniers d'elles et pourtant, la nourrissant.  Chacun des personnages qui sont à la fois secondaires et principaux montrent l'impact de la monade sur eux: ce qu'un personnage remarque, un autre le verra aussi, mais autrement, mais les deux perceptions se complètent dans ce qu'est une monade et le fait d'y vivre.  C'est l'effet choral entre les différents personnages qui donnent l'effet voulu par l'auteur.

Dans les univers de Tolkien, les personnages d'un roman, comme par exemple, Bilbon Sacquet dans Bilbon le hobbit, deviennent les secondaires dans un autre roman, comme par exemple, dans la suite du Seigneur des anneaux.  Dans ce cas-ci, le personnage sert à alimenter une suite d'histoire qui se déroulent dans le temps.  Un personnage apparaît, prend place dans l'histoire a un impact sur l'intrigue qui va venir de par ses actions.  Bilbon quitte la Comté et vit de multiples aventures, devenant au passage porteur d'un mystérieux anneau, ce qui aura d'énormes impacts sur la vie de son neveu Frodon.  Et cela, sans que l'histoire même de Bilbon le hobbit portent des traces de ce qui allait arriver ensuite.  Un peu comme dans l'Histoire, celle avec un grand H qui nous concerne tous.  Et ainsi de suite sur ce qui peut s'étirer pendant longtemps.  Tolkien n'a-t-il pas écrit des dizaines de nouvelles, de romans et autres histoires se déroulant en Terre du milieu?  Il a donc utilisé des personnages principaux devenus secondaires pour montrer la continuité, la transmission, la suite entre les différentes histoires qu'il a écrit.  Sans compter qu'à quelques reprises, ses personnages font allusions à de lointains événements qui ont un impact sur eux... et qu'il a longuement raconté dans d'autres livres.  Un peu comme nous faisons allusion aux événements survenus au temps de nos aïeux.

Une autre façon d'utiliser le concept est celui que j'ai remarqué dans les romans de Mercedes Lackey.  Cette auteure a élaboré un univers aussi vaste que celui de Tolkien, mais dans un laps de temps considérablement plus court.  Dans la première trilogie, le personnage principal est Talia, héraut de la Reine.  Elle est entourée de nombreux personnages, dont la fille de la Reine, la princesse Elspeth.  Dans la seconde trilogie, le personnage principal est devenu Elspeth, mais Talia ne disparaît pas pour autant du portrait.  Son rôle est simplement beaucoup plus effacé, moins à l'avant-plan, mais le personnage est tout de même présent.  Idem dans la troisième série du cycle, où Elspeth elle-même est un personnage secondaire, mais où de nouveaux personnages sont à l'avant-plan, tout en lui laissant une place dans l'intrigue, de même qu'à Talia.  Vous me suivez?  Ici, c'est plus une course à relais qui est mis en place.  Chaque personnage a son moment sous les projecteurs et reste ensuite un personnage essentiel de l'histoire, mais en perdant le premier rôle.  Ainsi, tous les personnages, chacun à leur tour, deviennent principal, puis retournent secondaire.  Enfin, pas tous, mais la plupart.  Ainsi, si on a aimé le personnage de Talia, on pourra suivre son développement au fil des trilogies, même si elle n'est plus au centre de nos intérêts.  Par ce principe de relais, l'auteure crée un lien émotionnel fort au fil des histoires, mais par la bande, prépare à chaque tome la trilogie suivante.     

C'est un effet littéraire que de multiplier ainsi les personnages dans un même cycle, de leur permettre d'avoir la première place au soleil et une autre, un peu plus à l'ombre.  Cela nous permet de voir une histoire différemment, à travers les yeux de plusieurs personnes qui nous la racontent.  Comme dans la vraie vie, il n'y a jamais qu'une seule vision des événements.

@+ Mariane

lundi 25 juin 2018

George R.R. Martin n'a pas tort sur tout...

Salut tout le monde!

Disons-le dès le départ, je n'ai pas lu la célèbre série de l'auteur du titre et je dois être rendue à peu près au quatrième épisode de la saison 1.  Mais avouez que de nos jours, c'est dur de ne pas être au courant de ce qui se passe en Westeros :P

Non, ce qui m'inspire le plus ce billet, c'est en grande partie ceci, image vue et archi-représentative de la série (selon pas mal de monde :P )

Un mort par post-it...  Mouais!
Disons que de tuer ses personnages ne semble pas effrayer cet auteur!  Ce qui donne une réputation à la fois violente et sulfureuse à cette série.  La mort y est omniprésente et on ne sait jamais si notre personnage préféré sera encore en vie au chapitre suivant.  Ce qui peut être la source, à la fois de grande joie, mais aussi de sérieuses dépressions littéraires.  Je me rappelle ici ma réaction après la mort de Sirius Black et je ne peux m'empêcher de penser à ce que ce serait si c'était multiplié par dizaine :(

Ceci dit, je suis à 100% d'accord avec cette approche de l'auteur: c'est réel.  Vu les rapprochements avec l'époque historique où l'univers est planté, c'est tout à fait réaliste de dire que les gens avaient de nombreuses occasions de mourir de morts violentes, parfois très jeunes.  Si vous avez besoin de vous en convaincre, lisez une biographie d'Henri VIII...  Cependant, c'est surtout pour l'ampleur de la fresque que je suis d'accord avec l'auteur: on ne peut garder autant de personnages en vie et actifs du point de vue de l'intrigue sans finir par noyer toute l'histoire.

C'est bizarre, je lisais une bande dessinée d'une série que j'adore cet été, mais une série dont l'intérêt pour moi s'émousse avec les années, même si elle a bercé ma jeune adolescence: les Yoko Tsuno.  En la lisant, je n'arrêtais pas de ne me dire: de où il-elle sort celui-celle-là?  Parce qu'avec les derniers tomes, l'auteur est tombé dans ce qui est à mon avis une grande erreur: la personnagite aiguë.  C'est une néologisme de mon cru, mais qui décrit bien ce que ça veut dire, soit la tendance qu'ont certains auteurs à toujours, mais toujours rajouter des personnages et à tenter de caser tout ce beau monde dans les nouvelles aventures du héros.  On finit par en perdre son latin, son grec et son sanskrit...

Alors, la manie de tuer des personnages de la célèbre série au trône fait d'épées fondues?  C'est une horreur de dire ça, mais je suis pour!  Parce que ça permet d'élaguer ces personnages qui deviennent inutiles et superflus.  Certains personnages ne sont pas utiles en dehors de certains passages, alors ne pas les garder dans nos pattes, autant en tant qu'auteur que lecteur, je suis pour!  Ceci dit, faire mourir des gens, fussent-ils en papier, demande un certain tac et un certain doigté.  Même dans un roman d'horreur!!!  Et on est pas nécessairement obligé de les tuer non plus!  Parce que la mort, elle fait partie de la vie réelle autant que de la fiction.  La démultiplier lui enlève son effet si l'on ne s'est pas attachée suffisamment aux personnages.  Mais garder tout le monde vivant noie chaque personnage et l'empêche de garder son unicité qui en faisait quelqu'un que l'on aimait au départ.

Donc, vive les post-it dans les livres du Trône de fer!!!

@+ Mariane

mardi 19 juin 2018

Pourquoi on arrête de bloguer?

C'est un processus qui se fait dans le temps et qui n'est pas contrôlé volontairement ou contrôlable.  Commencer un blog est une aventure exaltante.  D'abord, on crée notre propre petit espace.  On s'amuse à ajouter ou enlever des trucs, on apprend comment fonctionne blogger.  On écrit nos premiers billets.  Ils sont souvent maladroit, mais plein d'enthousiasme.  On recommence, on commence à avoir des réponses, des questions et des commentaires.  On voit le compteur de visites monter tranquille.  Des gens que l'on ne connaît pas commencent à nous dire: ah oui, ton blogue, je connais!  On se fait faire des compliments.  Et quelque part, on plonge.

On se met à écrire de plus en plus de billets.  Nos thèmes de prédilections se précisent, on finit par être plus doué pour les écrire et à plonger dans le plus pointu.  On développe des idées.  On prend des notes pour de nouveaux billets, on explore les racoins de notre pensée.  On noue des liens avec d'autres blogueurs/ses, on apprend à présenter notre blogue comme une carte de visite.  Certaines personnes finissent même par nous surnommer par le nom de notre blogue!

On se met à publier à un rythme effréné.  On écrit des billets, on écrit des critiques, on alimente notre blogue.  On a de plus en plus de lecteurs, c'est trippant et exaltant.  On pense à notre blogue, on finit par se définir comme blogueur/se quand on rencontre d'autres personnes.  Tranquillement, subtilement même, alors qu'on est au coeur de l'action, s'installe un certain stress, une tension.  On veut continuer, on veut alimenter la machine.  Mais alimenter la machine finit par devenir le but plutôt que que le moyen.  On s'en rend compte, on s'accorde des pauses, on voit le nombre de visites diminuer et on stresse un peu.  Les pauses aident, mais c'est temporaire.  On continue, mais à un moment donné, on finit par être un peu dépassé.  De plaisir, le blogue se transforme en obligation.

Il faut publier.  On a l'impression que certains billets commencent à être moins bon.  On presse le citron de nos idées, mais il reste de moins en moins de jus.  La crainte de la redite commence à nous envahir.  On se met de la pression à soi-même et tranquillement, le blogue devient un poids.  On ne veut pas tout lâcher tout de suite, on a tellement investi de soi dedans!  Mais il y a une lourdeur qui nous poursuit.  Les billets commencent à être moins nombreux et on se force à les faire.  La motivation n'est plus là, on a l'impression de tourner en rond et de se répéter.  On diminue le rythme...

Et quand on diminue le rythme, on a moins de visites, avec moins de visite, on a moins de commentaires et avec moins de commentaires, on a de plus en plus l'impression de parler dans le vide et à force de parler dans le vide, on finit par se demander pourquoi on continue alors...  On ne veut pas renoncer, tirer un trait sur notre épopée bloguesque, mais en même temps, en même temps...  Et bien, les billets s'espacent de plus en plus, on arrête de vérifier si on a eu des commentaires, on laisse aller...

Et on finit par avoir un blogue au point mort comme des centaines d'autres.

Cette histoire est la mienne, mais aussi celle d'autres blogueurs.  Certes dans mon cas, des changements à ma vie personnelle sont survenus et n'ont pas aidé, mais ce n'est pas tout, loin de là.  Les étapes, leurs longueurs et leurs sens peuvent varier, mais une certaine répétition existe: la plupart des gens ne veulent pas arrêter de bloguer.  C'est juste une évolution naturelle qui fait que l'on s'éloigne de ce mode de communication.  D'ailleurs, j'ai vu plus de blogues qui affichent désert que de d'annonce officielle de fermeture.

Alors pourquoi pondre un billet sur le sujet après presque un an et demi de silence?

Tout simplement parce que malgré mon silence, il y a une petite partie de moi qui n'a jamais complètement renoncé.  Qui a été prise par une panoplie de sujets, qui s'est lancée dans de nouveaux projets, qui a fait beaucoup d'autres choses que lire et qui a sans doute passé beaucoup trop de temps à tuer des monstres sur un écran d'ordinateur, mais bon, passons sur ce dernier sujet d'accord?.  J'ai eu du temps pour réfléchir à ce que je voulais vraiment faire et comment le faire.

La réponse?  J'aime bien bloguer finalement.  Mais je refuse de reprendre le rythme d'enfer que j'ai déjà eu et la pression qui venait avec.  Alors je renoue avec mes pénates, mais de façon plus simple.  Ne vous attendez pas à cinq billets par semaine!  J'aimerais aussi élargir un peu la palette de mes billets au-delà du domaine des livres proprement dit, même si son nom ne changera pas!  On va y aller doucement, sans stress ni auto-pression (pour laquelle je suis championne!).  Je ne sais pas exactement quelle forme cela va prendre, mais une chose est sûre, c'est que je veux avant tout y prendre du plaisir.

Alors, re-bienvenue chez moi!

Mariane

mardi 3 janvier 2017

Didactique ou artistique?

Salut!

Nombreux ont été les auteurs à travers les époques à défendre une thèse au travers d'une histoire.  Par thèse, je veux dire une idée, un concept, une vision du monde.  Souvent dans le domaine social, mais pas uniquement.  Pour le faire, ils ont emprunté la voie de la fiction, donnant des romans qui ont fait école... ou qui ont mordu la poussière.  Dépendant des cas.

Quand on écrit une oeuvre de fiction, il faut commencer par avoir une idée de base.  Celle-ci est simple et habituellement, elle peut être résumée facilement en une petite phrase.  L'idée de base derrière La case de l'Oncle Tom?  L'esclavage est mauvais.  L'idée de base derrière Harry Potter?  Les différences peuvent nous enrichir.  Star Trek?  Rien n'est impossible.  Ok, ce sont des phrases courtes, qui rassemblent les idées essentielles derrière ces oeuvres.  Remarquez que l'on y parle pas des personnages et de leurs actions.  Ce n'est pas important.  Parce que l'on construit tout le reste à partir de cette idée.

C'est là le travers des gens voulant faire une oeuvre didactique: ils se mettent à parler plus de cette idée que laisser la place à leurs personnages.  Et malheureusement, ça se voit souvent à l'écriture.  Quand on lit l'histoire, on sent trop cette idée que l'auteur nous renvoie dans les pattes au travers d'une réplique ou d'un détour de l'intrigue.  Les idées de l'auteur finiront par sortir quasi-textuellement de la bouche d'un personnage, ce qui est presque le pire dans ce genre de situation!  Et plus souvent qu'autrement, c'est beaucoup trop flagrant pour être honnête!  On noie l'histoire derrière l'idée alors que l'idée devrait être au service de l'histoire.  Si on vous fout trop une idée sous le nez en vous racontant une histoire, vous décrochez.  Les auteurs ayant cette tendance devrait faire une carrière de journaliste au lieu de romancier: là, c'est plus important que l'idée prenne le pas sur la ou les histoires racontées dans l'article.

Au fait, vous voulez un exemple de vraiment très très mauvais usage de la didactique?  Les romans édifiants, populaires au XIXe et au début du XXe siècle.  Vous savez, ces romans qui voulaient à tous prix vous montrer le droit chemin de la morale, chrétienne la plupart du temps?   Les bons étaient récompensés, les méchants étaient punis.  Si vous en avez lu, vous savez combien ça peut être lourd à lire parce que l'intention de l'auteur est trop manifeste.  La plupart des romans contemporains sont moins ostensible, mais...  ça peut devenir très lassant très vite quand même!  Au fait, ces grands romans édifiants ne sont pas ceux qui ont le mieux passé l'épreuve du temps.  Contrairement à certaines histoires scabreuses...  Madame Bovary quelqu'un?

Un auteur servira d'autant plus son idée qu'il la garde à l'esprit, mais qu'il se concentre sur ce qui fait le fond de son livre: ses personnages et l'intrigue.  Les personnages doivent être riches et complexes, l'intrigue suffisamment dense pour nous captiver.  Parce que c'est exactement ce qui va faire réagir le lecteur.  C'est ÇA qui marquera les esprits.  C'est ÇA qui transportera l'idée et si le travail est bien fait, les gens le comprendront sans même s'en rendre compte.  Avant que je le dise, aviez-vous remarqué l'importance accordée aux différences dans Harry Potter?  Pas tout le monde bien sûr, la plupart des gens penseront à une histoire de sorcier avant tout, mais malgré tout, le message est passé.  Par leur histoire et par leur exemple.  Parce que l'on vit aux côtés des personnages, parce que ceux-ci montrent nous le montre par leurs actes et leurs paroles, on comprend.  Si l'auteur persiste à nous dire pourquoi tel comportement est bon ou mauvais, ben...  On risque de trop le voir.

Se faire dire que l'on peut s'enrichir des différences qui existent entre les humains ou se faire raconter une très bonne histoire qui montrent comment l'unité peut permettre de faire front face à la peur de l'autre est très différent.  Dans un cas, on peut mettre l'histoire de côté en traitant l'auteur de râleur, dans l'autre, on peut tellement embarquer dans l'histoire qu'elle changera la façon dont on voit le monde, sans même s'en rendre compte.  Qui dit mieux?

@+ Mariane