mercredi 19 juin 2013

Les biographies d'auteur

Salut!

Plus souvent qu'autrement, à l'arrière d'un livre, on retrouve une photo de l'auteur dudit livre et son pedigree: Ville de naissance, études, travail, ville où il réside, et quelques autres trucs du genre.  La plupart du temps, ça ne sert pas à grand chose puisque que de savoir d'où vient la personne et où elle a fait ses études ne disent pas grand-chose sur le pourquoi il a écrit le livre qu'on a dans les mains!  Par contre, au dire de plusieurs de mes amis auteurs, c'est souvent l'enfer de rédiger ce mini-texte de quatre à cinq lignes.  Enfin, c'est surtout l'enfer pour les nouveaux auteurs, pour ceux qui ont un peu de métier (soit quelques romans publiés!), on parlera plus facilement de leurs autres publications que de leur vie dans une biographie.

Est-ce vraiment si nécessaire cette biographie?  Je me le demande parfois.  Au fond, ce n'est pas très utile!  On veut lire le livre, pas nécessairement savoir que l'auteur a fait un bac en pharmacie à l'Université de Montréal!  Ouais, pharmacie et bouquin, ça rime tellement ensemble...

Par contre, certains en font trop: ils disent que leur passion pour l'écriture a surgi lors de leur retraire, ou d'un congé de maternité, ou suite à un cancer...  Ah d'accord, j'ai pas besoin de savoir ça, ça ne me poussera pas plus à acheter leur livre!  Certaines personnes insistent sur leur village d'origine, comme pour encourager tous les habitants de celui-ci à l'acheter!  Ou encore sur leur parcours professionnel, ce qui permet de prouver qu'ils savent de quoi ils parlent dans leur livre.  Ah ouais?  Ah bon...  Bon, à part si c'est un plombier et qu'il me donne quelques trucs sur comment déboucher ma toilette en cas de besoin, ça ne change pas grand-chose.  En fait, parler de son boulot est à peu près juste utile si on lit un roman policier, sachant que ceux-ci risquent moins de nous raconter des bobards que d'autres!

Malgré tout, certains sont des as dans l'art de faire une biographie.  J'aime en particulier celle de Matthieu Simard:
«Tout a commencé il y a beaucoup trop d’années. C’était en mai 1974, mais je ne m’en souviens pas trop: j’ai attendu quelques années avant d’avoir des souvenirs (mon souvenir le plus vieux est celui d’un El Camino stationné dans une entrée sur la 25e Avenue).
Dès le primaire, j’ai pris goût à l’écriture, pas tellement parce que j’aimais ça, mais parce que les profs me disaient que j’étais bon, et je suis un sucker pour les compliments. Alors j’ai essayé de me convaincre que j’aimais vraiment ça, et vous savez, les enfants sont tellement influençables, je me suis cru. Je n’ai donc jamais arrêté d’écrire. Dans les journaux étudiants au secondaire, au cégep et à l’université, et dans ma chambre, pour moi, chaque fois qu’une fille trippante ne savait pas qu’elle me faisait tripper.
J’ai fait un bac en droit, dont je ne me souviens pas, à l’Université de Montréal. Et puis un certificat en journalisme à Québec. J’ai travaillé un tout petit bout de temps au journal Voir à Québec, et je suis rentré à Montréal pour travailler en publicité, ce que j’ai fait pendant des années. J’ai écrit des romans, une série jeunesse, une centaine de chroniques, des scénarios, et aussi des choses plates.
Actuellement, je vis chez moi.»
Pas mal non?  J'aime bien cette biographie!  L'auteur visiblement se moque de celle-ci, mais coule travers quelques informations utiles (non, son premier souvenir est vraiment un El Camino???)  N'empêche, la palme va à celle-ci, celle de Jonathan Brassard.
Jonathan Brassard maîtrise parfaitement l'art de la biographie. Il sait qu'on ne doit y inclure que des informations utiles et nécessaires. Le lecteur a le droit de savoir : où l'auteur est-il né? Quel est son parcours scolaire et professionnel? Quelle est son orientation sexuelle? A-t-il des enfants? Est-il socialement conscientisé? Pourquoi écrit-il? Jonathan Brassard est persuadé qu'il faut tout révéler dans une biographie.
Les chaines du Léviathan est son premier roman.
Hihihi!
@+ Mariane

6 commentaires:

  1. Ouais, un peu rebelle à la tradition, ce matin?
    La "similibiographie" de Mathieu Simard n'appartient-elle pas plus à son blogue qu'à la quatrième couverture d'un de ses romans?

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  2. Ouin! Je déteste les gens qui écrivent des bonnes bio. J'haïs ça écrire ma bio, j'haïs ça, j'haïs ça!

    Me semble qu'à chaque mot que j'écris, je me dis "est-ce que ça intéresse vraiment quelqu'un? est-ce que c'est vendeur? est-ce que c'est vrai? (la tentation de mentir est forte)" etc...

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  3. @ClaudeL, la biographie de Matthieu Simard que j'ai mise est effectivement celle qu'il a sur son blogue. Celle derrière ses romans est légèrement différente mais elle est dans le même ton.

    @Gen, je me rappelle t'avoir déjà entendu dire ça en effet! :P

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  4. @ Gen: j'ai moi aussi détesté écrire ma bio. Ça s'est terminé par une plate énumération de mes formations et intérêts. À mon sens, ça ne sert strictement à rien. J'avais fait une bio cocasse, au début.

    "Très nonchalamment, Sébastien Chartrand est né. N'ayant rien de mieux à faire, il a grandi. Dès qu'il a su écrire, il a voulu être auteur, se disant qu'il pourrait ainsi cesser sa scolarité en 1ère année, connaissant maintenant tout ce dont il avait besoin. Le reste de sa vie est dépourvu d'intérêt".

    Je pensais mettre en guise de photo d'auteur une photo de moi à 6 ans... mais ça n'aurait pas passé !

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  5. Très drôles, certaines bios! C'est peut-être casse-pied mais j'avoue aimer lire les bios d'auteurs. Lorsqu'elles brillent par leur absence, je me mets en quête d'information. J'aime bien savoir qui me parle, par simple curiosité. Même sans s'en rendre compte, on est manipulé par l'idée qu'on se fait de la personne. Rappelons-nous que JK Rowling a utilisé ses initiales (à la suggestion de l'éditeur, bien sûr) pour faire croire que l'auteur était un homme, ce qui attirerait plus les jeunes garçons, en principe. Je ne sais pas si on peut dire que ça a fonctionné, mais somme toute, on peut détacher l'identité de l'auteur du livre qu'aux tout débuts.

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  6. @Sébas, ouais, originale ta première bio! Ça ne marche pas toujours pour autant! :P

    @Hélène, je n'aurais pas vu ça comme ça, mais en effet, de ne pas avoir de bio derrière son livre a sûrement aidé JK Rowling. Par contre, comme toi, j'aime bien savoir qui est l'auteur, mais j'avoue que des fois, je trouve ça trop solennel pour rien.

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