lundi 11 février 2013

La littérature de niche

Salut!

Depuis le temps que je suis en librairie, j'ai constaté un truc: certains personnes lisent toujours la même chose.  J'ai une cliente qui a au-dessus de 400 livres chez elle, uniquement des livres de la collection Aventure Passion de chez J'ai lu.  Et des Barbara Cartland.  À mes yeux, c'est du préfabriqué à l'os, du répétitif, rien pour surprendre, pour faire découvrir de nouvelles choses, soit le genre de trucs que je recherche en littérature.  Et pourtant, cette cliente a toujours les yeux brillants en venant chercher ses livres.  Elle A-DO-RE ça.  En la voyant et en voyant tous les lecteurs qui viennent chercher à la queue-leu-leu le dernier tome de leur auteur ou genre préféré, j'ai fini par comprendre quelque chose d'important.  Ça m'a pris du temps, je le jure, mais quand même j'y suis arrivée.  Ces gens, ce sont des lecteurs de niche, des lecteurs qui recherchent toujours la même chose dans leurs lectures.  Et tout un marché s'est constitué autour de ces lecteurs.

Prenez ma très détestée Nora Roberts.  C'est grosso modo TOUJOURS la même histoire qu'elle raconte, avec quelques différences ici et là.  Les personnages sont typés à l'extrême et les situations redondantes.  On change les visages, les origines sociales, les lieux de l'histoire, l'époque aussi très souvent, mais le reste le fait qu'à la page 10, ils vont se rencontrer, à la page 36 s'embrasser, qu'il y aura un méchant pour se mettre entre eux à la page 66 et qu'ils vont finir heureux et eurent beaucoup d'enfants, ça reste pas mal la même chose.  Certaines personnes par contre, adorent ça.  Elles aiment les choses plus prévisibles, elles aiment la recette, c'est comme aller au restaurant chaque semaine et commander le même plat, ça a quelque chose de réconfortant.

J'ai pris l'exemple de Nora Roberts, mais ça ne se limite pas à elle.  Michel David par exemple, fait de la littérature de niche dans les sagas familiales québécoises (je refuse d'appeler ça du roman historique!), certaines séries jeunesse chez Michel Quintin font de même et je ne vous parle pas des interminables séries de mangas!  Quand on est rendu au tome 56 d'une série, c'est peut-être que la sauce a été assez étirée merci.  N'empêche, certains lecteurs en redemandent tout le temps quand même.  C'est ainsi.  On ne parle pas ici de qualité littéraire, mais du fait que ces séries respectent certains codes qui permettent à tous les lecteurs aimant ce type de s'y reconnaître.  Les livres ainsi produit peuvent être bons ou pourris, ce n'est pas là l'important.  C'est que les lecteurs qui aiment le genre s'y reconnaissent qui l'est.

Certaines niches naissent et ne durent que quelques années.  La vague Twilight a fait de sacrées vagues et fait beaucoup de petits, créant une niche.  Elle durera le temps qu'elle durera.  Même chose pour les dystopies à la Hunger Games.  La seule niche qui à mon sens est constante dans le temps, c'est celle des romans d'amour.  OK, il y a des variations dans la niche, comme en ce moment, on est fort sur les romances parlant de domination, alors qu'à une autre époque, les romances historiques dominaient, mais ce sont grosso modo les mêmes lectrices qui s'en régalent.

Certains lecteurs aiment mieux le conformisme et n'aiment pas être secoués par leurs lectures.  Je suis très différente, j'aime mieux l'éclectisme.  Cependant, quand on comprend le concept, on finit par accepter un peu plus les préférences des autres.  Ou du moins, à arrêter de gueuler devant ce qu'on considère comme étant du préfabriqué!

@+ Mariane

4 commentaires:

  1. Trop vrai!J'ai justement emprunté quelques Nora Roberts et autres romans du genre à ma belle-maman, pour me rendre compte de ces similitudes insupportables (pour moi). Mais elle, elle les dévore tous aussi rapidement. C'est ce qui importe, et voilà pourquoi il y en a pour tous les goûts.
    Hélène-la-fausse-rousse! ;)

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  2. C'est comme les séries télé, du genre Jag ou La loi et l'ordre: toujours la même recette (américaine) autant pour l'histoire des personnages que l'action elle-même. Pourtant... je les regarde quand il n'y a rien de bon ailleurs et que j'ai envie de me reposer. Si vous saviez comme j'ai suivi Jag et il ne fallait pas que j'en manque. Comme La petite maison dans la prairies, tiens. Et pourtant je ne lirai jamais Roberts, Cartland, Steel, ne m'intéressent pas. Mais très important en effet que si on peut observer et expliquer, on ne doit pas juger. Une petite thèse universitaire avec ça?

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  3. @Hélène, moi j'ai lu beaucoup de Kathleen E Woodiwiss étant plus jeune. Sans doute pour ça que je connais bien ce genre de roman même si je n'ai jamais tâté de Nora Roberts! Mais c'est dans la même veine, ça c'est sûr!

    @ClaudeL, j'A-DO-RAIS Jag! Même si je n'ai vu que les dernières saisons. Comme quoi, on peut adorer la découverte dans un domaine et être très satisfait de trucs plus répétitif ailleurs! Quand à la thèse universitaire, sûrement pas, il faudrait que je me tape toute une série de romans de niche pour la faire! :P

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  4. Rhéa Dufresne avait parlé de l'attachement des lecteurs pour les séries sur le blogue de la librairie Monet. Cela se rapproche de ton propos, je trouve http://www.librairiemonet.com/blogue/2011/litterature-jeunesse/lire-ou-jouer/

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