mercredi 17 octobre 2012

Relations parents-jeunes lecteurs

Salut!

Constatation faite au bout de quelques années dans une librairie: on peut séparer les types de parents en deux grands genres quand il s'agit des lectures de leurs enfants: la première catégorie trouve que leurs jeunes ne lisent pas assez et aimerait bien qu'ils lisent davantage et la deuxième... se plaint que leurs enfants passent leur temps à lire!  Trouvez l'erreur!  Mais bon, comme bien souvent quand il s'agit de jeunes lecteurs, je me demande souvent si ce ne serait pas les parents, l'erreur...

Tout ça pour dire que la relation entre les parents et les jeunes lecteurs est très souvent complexe et est faite de malentendus, de petites disputes et d'une bonne dose de patience de part et d'autres.  Mais aussi parfois de complicité.  Je viens d'une famille tout à fait exemplaire sur ce point de vue.  Ma mère a tenu mordicus à ce que Frérot et moi aimions lire et pourtant, je l'ai entendu vitupérer plus souvent qu'à mon tour qu'elle était incapable de me faire décoller le nez de mes bouquins (petite note ici, je lisais moitié moins qu'actuellement...).  Par contre, mon père a toujours su respecter ma passion et dans une moindre mesure, la partager.  Âgée d'une dizaine d'années, j'ai passé une période très classique où je lisais planquée sous mes couvertures.  Et bien il venait me piquer mes BDs cachées sous l'oreiller...   Il voulait les lire lui aussi!  J'ai par la suite pris l'habitude de les dissimuler au pied du lit!

Par contre, mes parents étaient toujours intéressés à connaître le détail des livres que je lisais.  Comme ils ne prenaient jamais autant le temps de lire que moi, ils adoraient que je leur fasse le résumé.  Autour de la table du souper, je laissais la bouffe refroidir dans mon assiette en les régalant de l'intrigue du livre que j'étais en train de lire.  Public silencieux (ou en train de mastiquer, c'est selon!), ils m'écoutaient toujours avec attention.  C'est de cette époque que j'ai gardé la déplorable habitude de raconter la fin des livres que je lis!

Tout ça pour dire que la lecture et l'appétit de lire des jeunes est un mystère pour bien des parents.  Ils voient leur enfant le nez dans un bouquin et et il leur apparaît comme parti pour une autre planète.  Il n'est pas là, pas ici, pas maintenant.  Une planète duquel il est parfois difficile de les faire descendre.  Autant que de leur faire lâcher leur foutu jeu vidéo sans doute!  Mais bien souvent, une planète duquel les parents sont exclus.  Il suffit de voir deux jeunes ados parler entre elles de leur dernier livre de Young adult favori et d'observer la mère pour qu'on puisse le comprendre.  Les parents sont incapable de suivre le rythme, tout entier à leur carrière, aux tâches ménagères et à leurs propres loisirs.  De voir leurs enfants se mettre soudainement en train de parler de moldus, de Poudlard ou encore d'un mystérieux professeur Dumbledore (il enseigne où lui?  Dans une université célèbre?  Comme Stephen Hawking?) doit être sérieusement perturbant!  Ils parlent une langue qui leur est inconnue.  Explore des mondes qu'ils n'ont pas le temps d'explorer.  Acquiers une certaine indépendance.  C'est comme si par le biais de la lecture, l'enfant prenait pour la première fois une certaine autonomie face à ses parents, parce que de par la nature même de la lecture, ce n'est pas une activité que l'on peut faire en famille.

Alors, la recette du bonheur?  Il n'y en a pas.  Tout dépend du type de lecteurs, de l'attitude de sa famille, de la relation des parents avec les livres.  Comme dans tous les domaines de la vie familiale, ça demande un ajustement de la part de tous.  Et même si la majorité des parents que je vois sont un peu dépassés par la relation de leurs enfants avec la lecture, ils ont le grand mérite d'essayer de la respecter et de l'encourager.  Et ça, c'est vraiment la partie la plus importante. 

@+ Mariane

3 commentaires:

  1. Personnellement, je me souviens très bien que l'épouse de mon père m'interdisait de lire en sa présence... je devais cacher mon roman dans mes vêtements, prendre mon vélo et aller lire dans un parc... en veillant à ne pas me faire prendre !

    Chez ma mère, au contraire, la lecture était encouragée. Ma première collection de livre était les Paulines (maintenant Mediaspaul) où j'ai connu F. Pelletier, J. Champetier, D. Sernine, Y. Meynard...

    Chez ma mère, je demandais toujours des livres pour ma fête et Noël. Elle disait que c'était le plus sain loisir pour un enfant.

    Par contre, mes parents discutaient peu de littérature avec moi.

    J'ai un ami qui, au contraire, n'aimait pas lire car ses parents l'y contraignait. Mais il aimait m'entendre lui raconter mes histoires. Peu à peu, il en est venu à la lecture... quand il a arrêté de se sentir obligé, et que l'envie de voyager en imaginaire est venu de lui.

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  2. Tant qu'à moi, tous les parents devraient faire l'effort de lire au moins le premier tome des séries qui fascinent leurs enfants. Ou aller sur Wikipédia lire les résumés.

    Parce que oui, les voyages imaginaires sont les premiers que les enfants feront sans leurs parents, mais en même temps ne pas avoir de référents communs, c'est un peu triste.

    Et puis consacrer du temps à la lecture, ça permet de décrocher... et ça encourage les enfants à nous imiter.

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  3. @Sébas, je n'ai jamais entendu quelque chose d'aussi ridicule qu'un adulte interdisant à un enfant de lire en sa présence! Heureusement que ta mère compensait! J'aurais bien aimé que la mienne fasse comme elle, moi, elle m'offrait toujours des tas d'autres trucs comme cadeau parce qu'elle voulait «me sortir des livres»! :(

    @Gen, je crois que Wikipédia est une meilleur option, ça prend moins de temps et vu la vitesse de lecture de certains ados, ça permettrait aux parents de suivre le rythme! ;) Mais le mieux, c'est sans doute d'avoir des lectures en commun pour pouvoir en parler ensemble! :)

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