mardi 2 août 2011

Lire l'été, lire léger?

Salut! 

J'ai toujours trouvé bizarre l'idée de dire que certains livres se lisent plus l'été.  Quoi, parce qu'un livre se passe sur le bord de la plage, il faut le lire en juillet?  J'aurais plutôt tendance à penser les lire en janvier.   En tout cas, ça m'aiderait peut-être à éviter de claquer des dents quelques fois!  Non, je trouve juste l'idée un peu stupide de se dire qu'il faut lire différemment l'été, que parce qu'il fait chaud, il faut penser à se détendre, et qu'automatiquement, le cerveau passe en mode chick-lit ou policier de gare (quoique pour moi ce serait plutôt chick-lit tout court!).  FAUX!  C'est une idée stupide.  Si encore, on parlait de lecture de vacances, ça passerait, mais c'est tout faux de dire que lire l'été, c'est lire léger.

Savez-vous quoi, j'ai vu un client partir avec trois livres de philo la semaine dernière.  Du costaud!  Emmanuel Kant, John Stuart Mill et René Descartes.  Des lectures d'été je suppose?  Si c'est le cas, on oublie le léger!  Ça ne me dérange tellement pas!  Je me suis déjà tapée un essai sur les mouvements complexes des sectes chrétiennes d'avant l'Église officielle issue du Concile de Trente.  Et un autre, excellent de Gilles Kepel, Djihad, expansion et déclin de l'islamisme.  Tous les deux en plein mois de juillet.  Bon, pas la même année, mais j'associe souvent la sueur cervicale que m'ont coûté ces deux lectures avec celle qui s'est accumulé sur mon divan (je dois royalement être du pour le faire nettoyer celui-là, je passe mon temps à suer dessus l'été!)  Pour moi, lecture d'été ne sonne tellement pas lecture légère.  Je me sens plus mûre à lire des trucs mous, comme dirait Michel Vézina dans cette excellente chronique, en février alors qu'il fait noir et glacial qu'en juillet ou août.  L'été est pour le plus dur.  Peut-être parce que toute cette lumière qui entre par les fenêtres m'aident à oublier la noirceur humaine présente dans les essais que je lis à ce moment-là...

Peu importe au fond.  Je n'ai jamais tenu compte de la température pour lire ce que je lis.  La lecture est pour moi un monde complexe en soi, alors je peux me taper un roman léger en septembre ou en mai, par temps orageux, glacial ou tropical, le seul vrai frein à mes choix de lecture étant mon humeur et ma fatigue intellectuelle.  Ça, oui, ça vaut plus, beaucoup plus.  Et elle se déclare à toutes les saisons et à toutes les heures du jour, sans distinction aucune.  Heureusement, l'inverse aussi arrive sans crier gare!

@+ Prospéryne

4 commentaires:

  1. Bien d'accord avec vous. Je n'irais pas dire que c'est une idée stupide, mais c'est comme un préjugé, une mode qui est partie on ne sait quand et de qui, peut-être par des éditeurs qui voulaient faire connaître et vendre certains de leurs romans. Ou des étudiants ou professeurs qui doivent lire beaucoup dans l'année et veulent différent-moins-études pendant leurs vacances... d'été. Étudiante, l'été je lisais au contraire de gros bouquins que je n'avais pas le temps (ou le droit) de lire pendant l'année.

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  2. @ClaudeL, moi aussi, étudiante, j'en profitais pour me taper des livres que je n'avais pas le temps de lire le reste de l'année. Des briques surtout! Intéressant l'idée que les lectures d'été aient été inventées par les éditeurs en mal de ventes de copies à l'approche de l'été. Hum, de mon point de vue, je dirais même que c'est fort probable!

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  3. @Prospéryne : Je crois que la mode de proposer des lectures légères pour l'été est faite pour inciter les gens qui ne lisent pas de l'année à ouvrir au moins un livre pendant leurs vacances. Alors on le leur vend en leur disant : ça se lit tout seul.

    Moi, comme toi, j'ai plutôt tendance à lire les trucs légers autour du mois de novembre-décembre, quand j'ai le moral et les neurones à plat. D'ailleurs, c'est d'habitude à ce moment-là que je cède à quelques chick lit! ;)

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  4. @Gen, tu me fais penser que souvent les clients qui me disent qu'ils ne lisent pas beaucoup me demande des lectures d'été, du léger...

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