jeudi 11 août 2011

Henri VIII de Georges Minois

Henri VIII  Georges Minois  Fayard 509 pages

Résumé:
La vie du célèbre roi d'Angleterre, époux de six femmes, dont deux exécutées, et père de la réforme anglicane.

Critique:
Cette biographie est extrêmement bien faite, fouillée et précise au niveau historique.  L'auteur n'hésite pas à citer ses sources et à mentionner ses incertitudes.  L'analyse de l'époque est dense et on comprend d'autant mieux tous les tenants et les aboutissants qui ont conduits Henri à se séparer de Rome (et pas juste pour une histoire de femme, quoi qu'on en pense!)  L'appareil d'État, la philosophie, la manière de gouverner, les grands courants de pensées qui s'entremêlent, tout ça est magnifiquement rapporté.  Pour qui veut faire une plongée dans le XVIe siècle de Henri VIII, c'est absolument parfait.  Mais, mais, mais...  Autant ce portrait d'époque est réussi, autant on s'éloigne du but de toute bonne biographie: écrire l'histoire de la vie d'une personne.  En ce sens, le bon titre de cette biographie aurait été Henri VIII et son époque plutôt que simplement Henri VIII.  On s'attarde énormément dans les détails du règne, de la politique, de l'administration, mais on reste en surface de la vie réelle de cette homme que fut Henri VIII.  On y étudie son caractère certes, mais on ne parle que très peu d'un aspect que je juge, à mon très humble avis, important de son règne: ses six femmes.  Elles sont à peine présentées et mentionnées.  Quelques lignes chacune, pas plus, exception faite pour Catherine Parr, qui a droit, succinctement, à un résumé de ses actes en tant que reine et de son influence sur le roi.  Pour les autres à peu près rien, ce qui est stupéfiant dans le cas de Catherine d'Aragon et d'Anne Boleyn, car elles ont toutes les deux été proches du roi durant des années!  C'est tout un pan de la personnalité du roi que l'on néglige.  Je suis d'accord sur le fait que historiquement, c'est bien plus son appareil d'État et les réformes qu'Henri a mené qui sont importantes et précieuses, mais de là à traiter de manière très sommaire cette partie de l'histoire qui a tant frappée les mémoires, je ne suis pas d'accord.  Ok, de rédiger une biographie en mettant de côté le règne pour se concentrer sur l'histoire des six femmes est beaucoup plus glamour, mais moins réaliste, je dirais qu'un équilibre entre les deux auraient été nécessaire.  Ou du moins, c'est la femme en moi qui se dit ça!

Ma note: 4/5

6 commentaires:

  1. Et surtout que politiquement ses femmes ont joué un rôle énorme...la séparation de l'Angleterre et de la papauté c'est Anne Boleyn, le retour au catholicisme Jane Seymour, l'alliance avec les Duchés protestants? Anne de Clèves!
    Si tu veux lire de bons livres sur Henry VIII et ses femmes je te conseille David Starkey par exemple!

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  2. Ok, merci Perséphone! Je vais voir si je peux mettre la main dessus. Dans le livre, l'auteur dit que la Réforme n'est pas que le fruit de la relation avec Anne Boleyn, ça n'a été qu'un catalyseur en fait, parce que cela s'appuyait sur un fond d'anticléricalisme bien ancrée dans la population, c'est pourquoi elle aurait passé avec si peu de troubles. Henri VIII semblait être capable de faire passer ses idées comme allant de soi. Assez weird le personnage. En tout cas, Jonathan Rhys Meyer le rend très bien dans la série des Tudors, c'est cool! :D

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  3. Je pense que le problème est qu'on en connaît au fond assez peu sur la véritable relation d'Henri VIII avec ses multiples épouses. On a les faits, mais on est forcés de les analyser de l'extérieur.

    Et cela a souvent donné des analyses sulfureuses où Anne Boleyn est la créatrice de la Réforme, etc.

    Alors là comme tu as un ouvrage d'histoire "sérieux", tu as une histoire politique, militaire et économique, mais pour l'analyse psychologique des personnages, tu peux toujours courir! lol! (C'est pas pour rien que j'ai abandonné l'histoire pour le roman!)

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  4. @Gen, je sais, je me suis fais la même réflexion, ça doit pas être facile de parler de la relation entre le roi et ses épouses! Mais quand à la fin, on lit un paragraphe entier sur l'influence de Catherine Parr sur le roi et son rôle dans le gouvernement royal, on se dit que l'auteur aurait pu faire un petit effort et faire la même chose pour les autres reines... :(

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  5. Il suffisait de regarder les Tudors pour en savoir plus sur les épouses, quoique je crois bien que la série est tellement romancée qu'Henri VIII a passé pour un homme qui ne pensait qu'aux femmes ou à sa descendance.

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  6. @ClaudeL, c'est surtout la baise qui est exagérée dans la série... Trois scènes par épisode, c'est beaucoup, beaucoup trop. Les reste est assez bien représenté, même s'il y a des erreurs de chronologies évidentes qui sont dues à des questions scénaristiques.

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