mardi 20 août 2019

Danger public de Leif Tande et Phlppgrrd

Danger public  Leif Tande et Phlppgrrd  La Pastèque  Non-paginé


Résumé:
Il y a un barbier, dans sa boutique.  Il regarde dans le restaurant d'en face.  Il y a là le Danger public, l'homme qui, quand il aura fini son repas, va traverser la rue et venir le tuer.  Le barbier veut éviter ça.  Alors, derrière sa vitrine, il cherche une façon de traverser la rue pour aller tuer le Danger public.

Mon avis:
Cette BD est un peu un ovni littéraire.  Parce que durant tout le livre, le barbier essaie de trouver une façon de tuer le Danger public.  Il réfléchit: je devrais faire ci et ça, mais ah non, ça ne marchera pas à cause de ça et il recommence, inventant des histoires de plus en plus précise, des plans de plus en plus fous.  Tout au long de l'histoire, on se demandera si ce barbier a raison de craindre le Danger public ou si c'est simplement une menace qu'il invente.  Comme le récit fonctionne à la limite entre les deux, il en devient très intéressant, parce que toutes ses élucubrations nous emmèneront en à savoir beaucoup plus long sur lui qu'il n'en aurait probablement dit de lui-même. 

Le barbier commence par une histoire simple qu'il complexifie ensuite, ajoutant des péripéties, tentant de prévenir les obstacles et les difficultés.  Ce faisant, il reprend sans cesse la même histoire en modifiant une petite partie de celle-ci, principe vieux comme le monde, mais rendu de façon efficace.  On rigole à certaines de ses idées, mais on se demande toujours s'il est sérieux ou non.  

Le dessin est volontairement fait de traits très épais, comme si on avait dessiné l'album au complet au crayon marqueur.  Pourtant, ça ne nuit pas du tout à l'histoire, qui au contraire, y gagne une texture très intéressante.  Comme si on voyait cet univers comme le personnage le voit: à gros traits.  Le traitement des cases, complètement éclaté, convient bien au sujet.  Souvent d'ailleurs, pour marquer la fin d'une des possibilités pour tuer le Danger public, les auteurs nous offrent une planche pleine page du barbier, qui au fond, ne bougera pas de sa fenêtre de tout l'album.

Je crois que cet album peut se lire autant comme une histoire que comme une exploration des possibilités de la BD.  Une forme assez éclatée, intéressante, mais fascinante?  Je n'irais pas jusque là.

Ma note: 3.75/5

lundi 19 août 2019

Les livres qui nous hantent

Salut!

Quand j'étais en secondaire 5, j'ai lu un livre dont une scène m'a marquée.  C'était une autobiographie et même plus de vingt ans après, j'ai l'impression que ce livre a laissé une brûlure au fer rouge dans ma mémoire.  Le sujet n'a au fond pas d'importance, ce qui est important, c'est l'impact.  Ce livre, surtout cette scène, me traverse encore l'esprit régulièrement.  Comme une trace que les mots ont laissé dans ma tête.  Ça peut paraître bizarre, mais certains livres nous hantent, même longtemps après les avoir refermés.

Il y a des livres dont l'impact est immédiat, tangible.  On le ferme, et pourtant, on est encore prisonnier de ses images, de ses concepts, de son histoire.  Certains éléments de l'histoire nous fascinent ou nous répugnent, au point où on n'arrive pas à oublier.  On est hanté.  Hanté par une histoire.  Il y en a d'autres dont on minimise l'impact.  On a tiqué à la lecture, ah ça oui!  Mais le lendemain, on pense avoir oublié.  Sauf que ça revient, encore.  Dans les moments les plus inattendus.  Cette histoire laisse des traces.

Attention, ici, il y a une distinction importante à faire avec la littérature d'horreur en général.  Un lecteur qui s'y frotte cherche les sensations fortes.  Une lecture qui nous hante va chercher la peur à un niveau beaucoup plus personnel.  Ce n'est pas la même chose.

Je crois que les livres qui nous marquent le sont avant tout pour des raisons personnelles: notre passé, notre histoire, mais aussi, beaucoup plus profond, nos peurs.  Parce que ce qui finit par nous hanter, résonne souvent parmi nos craintes les plus intimes, nos anxiétés, nos traumatismes petits et grands.  La littérature a ce pouvoir: nous mettre dans la face ce qui nous dérange.  Les auteurs ne sont pas des bibittes différentes du reste du genre humain: eux aussi ont leurs propres craintes, leurs propres angoisses.  Parfois de l'écrire (et je commence de plus en plus à pencher sur cette hypothèse) permet de l'exorciser, d'en parler, d'y faire face d'une certaine façon.  Sauf que l'auteur contrôle ce qu'il écrit, il peut changer l'histoire, l'atténuer, en couper des bouts, la rendre plus ou moins acceptable pour lui (ou elle).  Ce que le lecteur reçoit, ça lui appartient.  Et personne n'a de contrôle sur ce qui le marquera.

Les histoires qui nous hantent le font parce qu'elles sont en résonance profonde avec ce qui nous terrifie, mais surtout parce que cela donne un exemple concret à notre esprit pour se fixer.  Tant que c'est une crainte indistincte, on peut garder ça à la périphérie de nos pensées.  Si on l'a eu en dessous du nez, si on peut s'identifier à l'histoire, aux personnages, on a un point d'ancrage à donner à nos peurs.  Et notre imagination se charge du reste.

La littérature est donc une porte d'entrée vers ce qui nous terrifie, mais aussi une façon de les combattre, parce que justement, elle pousse à les affronter, de façon indirecte, mais réelle.  Lire une description d'une noyade pour quelqu'un qui a peur de l'eau peut être aussi terrifiant que de le vivre, mais sans être réellement en danger.  Ça ne veut pas dire que le livre ne hantera pas la personne pendant des jours, des semaines, des années.  Juste à cause de cette scène.  Et ce même si des milliers d'autres lecteurs n'ont pas tiqué à la lecture.  Confronté à l'eau, cette personne aura la description en tête.  Ça peut stimuler sa peur ou au contraire, la pousser à la voir autrement, à mieux analyser le danger, réel ou imaginé.  Peut-être de la vaincre.  Peut-être pas.  Ça lui restera en tête, ça c'est certain.

Un livre hantera un nouveau lecteur, mais ce n'est pas la faute du livre.  Ce sont les peurs intimes du lecteur qui résonne un peu trop avec le récit qu'il a lu.

@+ Mariane

jeudi 15 août 2019

La tournée d'automne de Jacques Poulin

La tournée d'automne  Jacques Poulin  Collection Nomades  Leméac  191 pages


Résumé:
Le chauffeur du bibliobus s'embarque pour sa tournée d'été.  Personne ne le sait sauf lui, mais il s'agit de sa dernière.  Il va parcourir les petits villages de la Côte-Nord, emmener des livres aux lecteurs éloignés, faire circuler la littérature partout et ensuite, au bout du voyage, il branchera le tuyau d'échappement à la cabine du passager et quittera ce monde.  C'est sans compter sur une troupe de saltimbanque et sa directrice qui, petit à petit, vont lui permettre de voir un autre sens au mot vieillir.

Mon avis:
Ce n'est pas un récit enlevant que ce livre, mais c'est tout à fait dans la palette de l'auteur.  Un récit simple, plus axé sur une tranche de la vie des personnages qu'il est en train de raconter plus que par une histoire, mais qui en même temps, leur laisse une large place, dans toutes leurs nuances.  Le tout porté par une écriture, qui, il faut le dire, est magnifique.

Le Chauffeur, jamais nommé, exerce un curieux métier: chauffeur de bibliobus.  Avec cet aspect, il couvre à la fois les villages éloignés de la Côte-Nord, le fleuve et ses paysages magnifiques et la littérature.  Parce que ce livre est autant un roman que le récit d'un voyage.  Tout au long, il nous décrit les villages, les gens qui les habitent, les paysages, mais il se permet aussi beaucoup de commentaires sur la littérature, sur les auteurs, sur la poésie.  Charmant, avec un petit souffle de la magie du fleuve.

J'ai eu peur durant à peu près toute la lecture d'un «effet sauveuse», la version littéraire d'une manpixie dream des films américains.  Ça a, je l'avoue, teinté ma lecture, mais au final, non, l'auteur a trouvé le moyen de ne pas tomber dans ce travers.  Mais qu'est-ce que ça a flirté avec tout au long...

Rien d'exceptionnel, rien de percutant, juste une petite histoire tranquille, très humaine.  Pour qui aime Jacques Poulin, ce sera un régal, pour les autres, c'est une bonne oeuvre pour le découvrir, mais ce n'est pas sa meilleure.

Ma note: 3.75/5

lundi 12 août 2019

Si on a pas le temps, on va à l'essentiel, mais si on l'a?

Salut!

Je crois que la plupart des amoureux des livres se reconnaîtront dans cette image.


Ben oui, on le sait!  Le film ne représente que la partie émergée de l'iceberg du livre...  Il est pratiquement impossible de faire rentrer un livre de 500 pages dans un film de 2h-2h30 sans forcément avoir à couper ici ou là, laisser tomber un passage, en recoller deux autres ou faire tout un tas de compromis en terme de  décors, de déplacements, ou de toutes autres choses que l'auteur(e) a mis dans son bouquin.  D'autant plus que le langage narratif d'un livre et celui d'un film sont forcément très différents.  Oublier les narrateurs omniscients si populaires en littérature au cinéma, vous voudriez faire taire cette voix qui raconte tout au bout de trois minutes... Toute adaptation au cinéma est donc forcément le fruit de beaucoup de décisions pour que le produit cinématographique respecte l'esprit de l'objet littéraire tout en restant une oeuvre en elle-même.  Tout ça à cause de contraintes de temps et de production.

On est d'accord n'est-ce pas?

Ok, alerte au pavé dans la marre!

...et la série télé elle?

Boum, on change complètement la donne!  Soudainement, les contraintes de temps viennent de sérieusement s'alléger, étant donné qu'on vient de doubler, voir tripler le nombre d'heures qu'il est possible de consacrer à une oeuvre.  On peut dans une série télé s'étendre sur ce thème secondaire ou bien cerner les motivations de ce personnage d'arrière-plan, qui justement, rendaient le roman intéressant.  Ça change tout.

Quand on pense à tout ce qui peut tenir dans une série télé, on peut se demander si l'idée derrière l'image tient toujours la route.  Oui et non.  De un, parce que, comme je l'ai dit, le langage narratif reste très différent entre le livre et le film ou la série télé.  C'est l'image qui domine.  Dès le départ, on doit donc changer la façon de présenter l'histoire.  De deux, la forme épisode, qui raconte une partie d'une histoire dans un épisode tout en présentant un arc narratif couvrant une plus grande période (quelques épisodes, saison, série complète, etc) est différente de celle du roman, ce qui fait en sorte de... couper ici ou là, laisser tomber un passage, en recoller deux autres ou faire tout un tas de compromis en terme de décors, de déplacements, etc.  Comme pour un film quoi.

Mais on aura du temps pour raconter l'histoire.  Peut-être que si Harry Potter avait été adapté en série télé et non en film, on aurait eu droit à plus de scènes de Quidditch (et à la scène de dégnomage de jardin dans le deuxième.  J'ai toujours pas pardonné aux scénaristes de l'avoir coupé!).  Tom Bombadil aurait eu sa place dans le Seigneur des Anneaux.  Et bon, je ne ferais pas la liste: tous les lecteurs ont leurs moments fétiches qui ont été coupés pour l'adaptation au cinéma.

Bon et là je sèche...  J'ai beau me dire que ça doit faire une sacrée différence, j'ai beau réfléchir, je ne trouve aucune série adaptée d'un livre que j'ai déjà lu que j'aurais vu récemment...  Que j'ai vu oui (Altered Carbon :D ) que j'ai lu oui, mais la combinaison des deux?  Rien de récent ne me vient.  Sauf que...

Cet automne sort l'adaptation en série télé d'une oeuvre que j'ai adoré en livre et déjà vu adaptée en film, soit À la croisée des mondes de Philip Pullman.  Et la bande-annonce de la série me fait déjà saliver!  Ça me donnera l'occasion de savoir quel est la différence entre l'adaptation de la série télé et le film et de savoir si le petit écran peut battre le grand en terme de profondeur quand on le compare au livre.  Ou du moins, ça m'en donnera une idée.  Parce que mon petit doigt me murmure déjà que oui, ça va faire une bonne différence!

@+ Mariane

jeudi 8 août 2019

Ça sent le swing! Chroniques d'une tournée improvisée d'Enzo

Ça sent le swing!  Chroniques d'une tournée improvisée  Enzo  La Bagnole  56 pages


Résumé:
Six jeunes adultes partent dans une tournée improvisée dans l'est du Québec, espérant trouver du public et faire partager leur amour pour leur genre de prédilection: le jazz manouche.

Mon avis:
Cet album a tout du roadtrip de gang, avec la particularité que l'on suit une gang de jeunes musiciens.  Adeptes de la débrouille, du camping sauvage et de l'improvisation musicale, les jeunes se lancent un peu à l'aveuglette dans ce périple, espérant trouver des salles où jouer en route.  Si l'on se fie au récit, cette partie a réussit.

L'expérience est racontée du point de vue du groupe et non pas de l'un de ses protagonistes, ce que j'ai trouvé intéressant.  L'effet trip de gang est par conséquent très bien rendu.  Leurs aventures sont plus dans le registre des anecdotes de voyage que dans les grandes aventures qui transforment une vie, mais c'est justement ce qui rend le récit sympathique.  On parle ici de six montréalais/banlieusards qui partent en région et font part de toutes les découvertes qu'ils font, des plus petits aux plus grandes.  L'album reste silencieux sur les conflits petits et grands qui peuvent forcément survenir lors d'un tel voyage.  Et finalement, ce n'est pas plus mal.

Par contre, on en apprend beaucoup sur la musique.  Les divers instruments du jazz manouche sont présentés, ainsi que leurs particularités.  On parle aussi des petits incidents qui peuvent arriver en tournée, de comment on improvise dans un groupe de jazz, de comment, eux, voit leur musique.  Et c'est très intéressant.

Le dessin, à mes yeux, ressemble au jazz manouche.  Les coloris sont dans tes teintes chaudes, mais sans couleurs franches et les dessins sont tout en rondeurs, avec très peu d'angles dans les corps et les décors.  Les visages ont un petit côté caricatural qui fait que l'on confond parfois certains des protagonistes, mais ça ne m'a pas dérangée comme tel à cause de l'effet gang  du récit.

Un bel hommage à un genre musical, mais aussi à la Gaspésie et à ses paysages.

Ma note: 4.5/5

lundi 5 août 2019

Léonard était unique, ne le mettez pas dans tous vos livres!

Salut!

L'autre jour, j'ai visité la magnifique exposition consacrée à Léonard de Vinci au Musée des sciences et technologies, exposition qu'en passant, je recommande à tout le monde qui pourra aller la voir. Ce qui étonne en la parcourant, c'est à quel point cet être humain était ce qu'on peut appeler un génie universel: il a touché à peu près tous les domaines.  Anatomie humaine, physique, mécanique, ingénierie, sans compter bien sûr l'art auquel il a largement contribué en peignant la peinture la plus célèbre du monde.  Mais soyons honnête, Léonard de Vinci était un être exceptionnel.

Il existe un mythe concernant la science, disant que les scientifiques sont des êtres capables de résoudre tous les problèmes, de s'intéresser à plusieurs domaines et à trouver des solutions innovantes et géniales en très peu de temps.  C'est essentiellement un mythe.  Si certaines solutions peuvent être trouvées très rapidement, la science est aussi beaucoup le fruit d'essais, d'erreurs et d'engagement à long terme dans un domaine.  Et la belle époque où l'on pouvait se spécialiser dans plusieurs domaines est révolue: la somme de connaissance demandée est telle que l'on préfère maintenant des équipes de spécialistes à une seule personne qui sache tout.

Les génies dans plusieurs domaines, il n'y en a eu qu'une poignée dans l'histoire de l'humanité.  Et ce ne sont pas tous les scientifiques qui sont tellement brillants qu'ils peuvent tout résoudre en un tour de main.  Tout ça pour dire que le portrait de la science est souvent malmené dans la fiction.  Les scientifiques y sont soit des génies, soit des fous, parfois même les deux, géniaux dans plusieurs domaines, capables de résoudre toutes les difficultés en trois coups de tournevis et quelques calculs abscons.  C'est pas comme ça dans la vraie vie...

Je repense entre autre au film X-Men: First classle scientifique de la bande invente à la fois des combinaisons d'adaptant aux mutations de chacun de ses collègues, un avion supersonique et un sérum anti-mutant dans le même film...  Bon, on le voit pas beaucoup dormir, mais me semble que le génie textile, l'ingénierie aérospatiale et la biologie n'ont pas grand chose en commun.  Ça fait mettons beaucoup pour une seule personne!  Je prends évidemment un exemple extrême, mais réfléchissez: on l'a croisé souvent ce personnage génial qui utilise la science comme si c'était de la magie.

Le personnage du génie scientifique multi-domaine est une figure facile.  Un problème et pop, le génie trouvera la solution, parce qu'il connaît la science pardi, peu importe le domaine, mais avant tout parce que c'est un génie.  Dans la vraie vie, il est plutôt rare qu'une microbiologiste arrive à comprendre quoi que ce soit à un avion supersonique ou un physicien à guérir une maladie rare.  Les gens sont spécialisés, ils ne sautent pas d'un domaine à un autre et ils ne peuvent pas résoudre tous les problèmes dans l'urgence.  La science prend du temps, de la patience et de s'y dédier entièrement.

Et de toutes façons, si on admire le génie de Léonard de Vinci aujourd'hui, on oublie très facilement que toutes ses inventions sont le fruit d'années de travail et qu'il est loin d'avoir réussi à toutes les faire fonctionner.  Aussi créatif soit-il, le génie de Léonard de Vinci est avant tout resté sur le papier de ses carnets.

@+ Mariane

jeudi 1 août 2019

Hiver nucléaire 3 de Cab

Hiver nucléaire 3  Cab  Front froid  91 pages


Résumé:
Flavie et Marco forment désormais un couple, mais il y a tempête à l'horizon.  Désireux de développer sa carrière de critique littéraire, Marco court les lancements et les 5 à 7, laissant Flavie à la maison et plutôt dépitée.   C'est alors que son ancien prof de l'UQÀM la contacte à propos de la station météo sur son toit.  De fil en aiguille, elle se retrouve à collaborer avec les étudiants d'un projet visant à connecter les informations de toutes les stations météos de l'île de Montréal, en particulier celles qui ne donnent plus de nouvelles.  Et qui sont souvent situées dans les zones les plus reculées, et aussi les plus dangereuses de l'île, celles qu'elle connaît bien à cause de son travail de courrier.  Retrouver ces données pourrait permettre d'enfin comprendre l'hiver nucléaire qui stagne sur la ville.

Mon avis:
C'est dur de maintenir un haut standard de qualité quand on fait une série, l'un des tomes devenant automatiquement plus faible que les autres.  Celui-ci passe la rampe de test avec honneur même si je l'ai trouvé un poil moins bon que les deux précédents, mais vraiment d'un poil.  L'effet de nouveauté qui n'est plus là?  Peut-être...

On retrouve donc Flavie, toujours courrier, mais désormais en couple avec Marco.  Sauf que leurs amours ne sont pas toujours simples!  J'ai bien aimé cette idée de montrer un couple qui ne fonctionne pas, la mécanique des conflits et des désirs de l'un et de l'autre.  Rien pour révolutionner la roue, mais c'était franchement bien fait!  Les deux personnages, Flavie et Marco sont complets, entiers et leur relation est bien développée.  Les autres personnages qui se greffent autour ont également cette particularité: ils sont tous bien développés, avec leurs propres personnalités.  On retrouve avec bonheur la soeur de Flavie.  Le deuxième tome étant passé par là, la relation entre les deux frangines a beaucoup changé.  Pour le mieux.  Et il y a cet étudiant en charge de l'équipe de recherche, Alex, un gars super sympathique et terre-à-terre qui montre une autre réalité des milieux universitaires.  Il n'a pas les connaissances du terrain de Flavie, mais il n'a peut-être pas des muscles que dans la tête!

C'est d'ailleurs l'une des scènes les plus mémorables de l'album que celle du passage dans Hochelag, devenu un village autonome mené de main de maître par une dame aux bigoudis irradiés qui n'a pas la langue dans sa poche!  Leur détour par ce quartier est hilarant, tout en étant hautement réaliste: on reconnaît les bâtiments, l'allure d'Hochelaga, même si est bien évidemment tout est enfoui sous une bonne couche de neige.

Le dessin de l'auteure est toujours aussi redoutable, mais en comparant avec le premier tome, on voit une nette évolution.  Tout en conservant le côté cartoonesque qui fait le bonheur de cette série, on voit le dessin se raffiner, devenir plus précis, plus défini.  Le travail sur les couleurs a aussi beaucoup évolué et les scènes vers la fin, près de la centrale nucléaire, sont tout simplement magnifiques.  Le découpage, actif, multipliant les points de vue originaux donne une ampleur à cette BD que l'on ne soupçonnerait pas à première vue.

Bref, pour tous les amateurs de BD et de science-fiction, cette série en trois tomes est un petit régal à savourer!

Ma note: 4.75/5