mercredi 10 septembre 2014

Au temps de Dickens, le texte seul se défendait

Salut!

Phrase glanée au détour de mes multiples pérégrinations internetesque: Au temps de Dickens, le texte seul se défendait.  Hum...

J'avoue, j'ai tourné cette petite phrase dans ma tête pendant un moment avant de comprendre pourquoi elle me faisait tant tiquer.  Et puis, j'ai fini par avoir le déclic: à l'époque de Dickens, il n'y avait pas de campagne de pub, pas de couverture attrayante, pas de relation-public, rien.  Quand un livre paraissait, que vendait-on?  Un livre.  Un récit écrit.  Voilà tout.

Aujourd'hui, quand on vend un livre...  Ok, il y a un bon 150 ans entre les publications de Dickens et aujourd'hui, mais ça montre combien les choses ont changé.  Voici tous les éléments dont les oeuvres de ce cher Charles est dépourvu qui font diminuer les chances d'un livre d'aujourd'hui de passer à la caisse: une couverture attrayante, une quatrième de couverture accrocheuse et révélatrice.  Un auteur connu, plus il est médiatique, mieux c'est, au fond, il n'a pas besoin d'avoir comme principale occupation d'écrire des livres.  Mieux, ça peut être autre chose que ça, n'écrire que des livres, ça rapporte pas, donc, c'est un peu suspect de ne faire que ça non?  Ensuite, il faut que l'on parle du livre: dans les journaux, à la radio, (ne rêvons pas trop de télé!), sur Internet, mais il faut qu'on en parle.  Qu'on parle de l'émotion, qu'on parle de l'histoire racontée, qu'on parle du style de l'auteur (oh, non, pas trop, ça fait fuir les gens!)  Il faut en parler avec enthousiasme, parce qu'on a adoré, sinon et bien...  Et bien le livre restera sur la tablette.  Les gens ne pousseront pas la porte pour aller le chercher, non, pas du tout.  Ils n'y penseront pas.  Ils ne penseront pas aux livres.  Ils ne penseront pas à la lecture comme tel.  Sauf peut-être pour se dire qu'ils manquent de temps pour lire.  Un certain nombre de personnes le fera quand même, mais ce n'est pas la majorité.

Que s'est-il passé?  En moins de deux siècles, on est passé du livre qui était ce qu'on achetait, du texte que l'on désirait lire à un produit qui croule sous les emballages, pub, promotion et autres.  Le livre comme tel n'est plus le produit que l'on désire acheter.  On achète une expérience, on achète de l'émotion.  Achète-on vraiment un livre?  Certes, je ne nies pas du tout que l'on puisse vouloir acheter quelque chose de plus qu'un assemblage de papier, de colle et d'encre et que l'essentiel du plaisir de la lecture tiens justement à ce qu'on y trouve entre les lignes.  Mais est-ce obligatoire de vouloir ajouter des couches et des couches au produit initial?  De suremballer en quelque sorte pour assurer un minimum de chance de ventes?  J'ai parfois l'impression que cela fait en sorte d'éloigner l'objet premier, le livre, transformant l'atteinte de celui-ci en course à obstacle.  Drôle de contraste quand on pense aux textes de Dickens.

Ce n'est pas un problème propre aux livres, mais je trouve que le matraque publicitaire, le marketing, la promotion, même si c'est essentiel pour faire connaître et découvrir les livres, créent une distance entre ce que l'on veut faire découvrir et ce que l'on perçoit comme message quand on en entend parler pour la première fois.  Distance qui n'est pas toujours saine à mon avis.  Reflet de notre époque aussi.  Car il faut l'avouer, on ne tombe plus sur un extrait d'un roman de Dickens en feuilleton dans le journal pour nous le faire découvrir.

@+ Mariane

mardi 9 septembre 2014

Chroniques de l'Olympe: 1- Fils de Troie de Guy Bergeron

Chroniques de l'Olympe  tome 1  Fils de Troie  Guy Bergeron  Porte-Bonheur  208 pages


Résumé:
À Troie, la reine Hécube met au monde un fils, dont une prophétie dit qu'il sera responsable de la chute de Troie.  Aussitôt, l'enfant disparaît, pour mieux revenir des années plus tard, jeune homme plein de force et d'adresse.  Un jeune homme qui a été pris à partie par trois déesses pour déterminer laquelle est la plus belle.  L'une d'elle lui a promis l'amour de la plus belle des mortelles pour qu'il la désigne...

Mon avis:
Quand on se met à faire des critiques, on découvre qu'il y a un réel plaisir à parler des livres que l'on a aimé, surtout quand on connaît l'auteur.  Ce devoir devient plus pénible quand il s'agit d'un livre que l'on ne peut plébisciter.  C'est le cas de Fils de Troie.  J'ai grincé des dents tout au long du livre.  Le problème est essentiellement le niveau de langage: l'auteur a essayé de garder le souffle, la fougue du texte grec original, mais en utilisant des tournures de phrases et un vocabulaire qui appartiennent bien plus au registre familier moderne.  Je n'arrêtais pas de tiquer à la lecture tellement ça ne coulait pas, tellement ça grinçait.  Pour avoir lu l’Iliade, je voyais clairement les efforts faits pour se rapprocher du texte antique, mais ça sonnait faux.  Surtout dans les dialogues qui me paraissaient tenir à la fois du théâtre et de la déclamation.  Par exemple, le duo d'amoureux Laodicé-Acamas était dans des mises en scène digne de Shakeapeare, mais discutaient comme des ados rose-bonbon.  Les paroles de certains guerriers lancées sur le champ de bataille étaient du genre où on se demandait s'ils avaient le temps de penser à de telles phrases en plein milieu du champ de bataille.  Ça marche dans l'Iliade, mais aujourd'hui...  De plus, les libertés permises avec la trame originale me semblait empruntées plus qu'autre chose.  (Allo!  Cassandre et Pâris sont jumeaux!)  Certes, au travers, il y a eu un effort réel pour donner un peu plus de stature aux personnages féminins (entre autre Laodicé, très belle), mais étant donné le très grand nombre de personnages, ils ont peu de place pour se développer.   Même Hélène, qui est pourtant la source de tout et qui n'expliquera jamais vraiment pourquoi elle a quitté Mélénas.  Dans ce domaine, les dieux sont les mieux représentés, les plus réalistes: après tout, on en s'attend à rien de moins de la part de dieux de l'Olympe!  Le très grand nombre de guerriers grecs s'affrontant ont peu de personnalité distincte, ils sont tous habiles guerriers, forts et puissants et font des ravages parmi les rangs troyens.  À l'exception d'Ulysse et Nestor, ils ressemblent plus à des machines de guerre qu'à des rois.  Les interminables batailles avec leurs déclarations grandiloquentes entre les combattants occupent une très grand partie du récit, mais à un moment donné, c'est tellement répétitif...  J'ai lu plusieurs réinterprétations des mythes troyens et celle-ci n'est pas à la hauteur.  Elle aurait pu être beaucoup plus moderne, s'éloigner un peu de la manière de conter de la Grèce antique et prendre ainsi son envol.  C'est le mauvais mélange des niveaux de langage qui cale ce livre, le reste suit.

Ma note: 2/5

lundi 8 septembre 2014

Jeux de langues

Salut!

Tous ceux qui ont vu une allusion perverse dans le titre de ce billet vont être déçus: je parlerai ici de jeux sur la langue française et non du genre que l'on fait avec notre appendice buccal.  Hihihi!  J'aime faire des petites allusions comme ça, des fois que ça m'attirerait quelques visites supplémentaires.  De toutes façons, l'analogie est bien choisie: on peut faire des merveilles avec notre langue (celle dans la bouche) et c'est l'outil de base qui nous permet de parler notre langue (celle qui nous permet de communiquer avec nos semblables).  Au fond, tout ça pour dire que j'adore les jeux de langue!

Jeux de mots pourraient être une autre expression.  J'adore quand on détourne les expressions de la langue française pour leur donner un autre sens.  Bon, le véritable terme, proposé par notre si précise langue française, est calembour.  Selon ce qu'en dit mon bon vieux Petit Larousse, le calembour est un : «Jeu de mots fondé sur la différence de sens entre des mots qui se prononcent de la même façon.»  Hum, peut-être pas tout à fait exact.  Par exemple, dans un livre, j'ai déjà lu qu'un personnage manchot: «prenait son courage à une main.»  Dans la vie courante, on dit beaucoup plus prendre son courage à deux mains qu'à une main.  J'aimais le contraste de cette expression détournée.  J'aimais ce petit rappel de la situation du personnage( qui avait perdu un bras), en clin d'oeil.  Ça va beaucoup plus loin que les calembours finalement.  J'aime les auteurs qui savent détourner les expressions de la langue française pour en faire jaillir d'autres sens!

En ce sens, j'ai adoré les Malphas de Patrick Senécal.  Je rigole encore en pensant à son «Harry Potter des moches» qui faisait référence à un personnage boutonneux adepte de magie noire.  Tous les tomes de la série étaient truffés de petites expressions détournés de la sorte, qui souvent donnait un ton délicieusement sarcastique à l'ensemble.  Le double-sens de l'abréviation DP du titre d'un des personnages n'étant pas le moindre.  Cela donne un ton à l'ensemble, un fini qui sort de l'ordinaire.  Évidemment, si tout les auteurs faisaient de même, ça perdrait son charme.

D'autant plus que pour réussir un tel coup, il faut avoir du talent.  Celui d'abord de voir les occasions de semer au passage un petit détournement d'expression courante.  Encore là, il faut ensuite savoir comment la détourner, parce que mal fait, cela peut avoir des conséquences non pas catastrophiques, mais désagréables pour le lecteur!  Ensuite, celui de savoir doser.  Trop en faire risque plus de perturber le lecteur qu'autre chose.  Parce que si on se met à devoir réfléchir en plein milieu d'une page sur ce qu'on lit parce qu'on finit par ne plus savoir ce qu'on lit est profondément lassant.  Par petite dose, ça permet de merveilleux éclats de rires en plein milieu d'une lecture.  Trop, ça finit par déplaire.  Mais quand on tombe dans le juste milieu, c'est tellement agréable.

En tout cas, moi, j'adore les auteurs qui savent manier cet art. :)

@+ Mariane

vendredi 5 septembre 2014

Le petit doigt en l'air

Salut!

Vous savez, quand on veut présenter des gens snobs, on les montre souvent prenant le thé, lèvres pincés et toujours, toujours, le célèbre petit doigt bien en l'air.  Ce geste, archi-caricaturé, montre que certaines personnes aiment se distinguer, montrer qu'ils ne font pas parti du bas-peuple, qu'ils sont mieux que la plèbe.  Leur petit doigt en l'air est un symbole fort: celui de l'Élite dont ils font partie.  Certains lecteurs sont également comme ça.

Ils lisent la crème de la crème, pas la plèbe.  Les essais pointus, les livres bardés de prix littéraires, les oeuvres dites inaccessibles, ils en font leur pain et leur beurre.  Rien à redire là-dessus au départ.  Après tout, chacun ses goûts!  Non, là, où ça se corse, c'est quand leur auriculaire se dresse au-dessus de la page.  Parce que aimer lire des trucs pointus et lire des trucs pointus parce qu'on veut être mieux que les autres n'est pas la même chose.  Entre la recherche dans le goût et le dédain des ouvrages populaires, il y a un pas.

Il faut les voir, ces partisans de la ligne dure en lecture.  La ligne est clairement tracée entre eux et le reste du monde qui se contente de miettes littéraires, de plaisirs populaires que les gens consomment sans, soit disant, se rendre compte qu'ils se contentent de sous-produits.  Eux, l'Élite, ils sont différents, ils exigent de la qualité, ils savent se distinguer.  Ils sont au dessus du commun des mortels qui vont se délecter du dernier roman à la mode.  Du moins de leur point de vue.

Il y a là une large question de perception.  Et les ouvrages lus ne sont pour rien en cause.  La question est externe à la lecture, externe à la littérature.  Elle touche un certain pédantisme, un certain snobisme dur à ignorer.  Que l'on vise le meilleur, le mieux, c'est sain, c'est normal.  Mais que l'on utilise cela pour regarder de haut les autres...  Mettons qu'il y a une différence.  Tout simplement parce qu'il n'y a pas de lectures pour l'Élite.  Il n'y a que des gens ayant des goûts différents.  Ok, certains ouvrages sont plus difficiles d'accès, plus complexes mais la personne qui tient le bouquin n'est pas meilleure pour autant.  Ni en tant que personne, ni en temps que lecteur.  Le simple gros bon sens a toujours existé parmi toutes les couches de la population et ce n'est pas la lecture des grands philosophes qui ont empêchés les hommes en situation de pouvoir de faire des gaffes monstrueuses.

Autant en lecture que dans tous les autres aspects de notre vie, nous faisons tous partis de la masse, du populaire, de la plèbe.  Vouloir se dire que l'on est mieux que les autres, que ce soit par nos lectures, notre habillement, notre façon de vivre relève d'une volonté de se couper du monde.  Différent n'est pas synonyme de mieux, pas plus que de dangereux.  Par contre, se dire meilleur que les autres implique une coupure mentale entre le nous et le eux.  Ce genre de coupure, subtile en apparence, peut finir par creuser des gouffres.  Et à causer beaucoup de tort parce que l'on oublie trop facilement que la personne en face de nous reste avant tout un être humain.

Je suis de celles qui apprécient les bons ouvrages, bien écrits et qui pestent contre les horreurs que l'on retrouve parfois sur les tablettes des librairies (et oui, ça existe!).  Par contre, je ne dresse pas mon petit doigt en lisant.  Si un livre est mauvais, il est mauvais, ça ne fera pas de moi un membre de l'Élite que de le juger.  Un mauvais livre aura toujours le mérite sur un excellent livre pas encore écrit d'exister.  Et le temps fait souvent le tri entre le bon grain et l'ivraie de façon diablement plus efficace que les préjugés.

@+ Mariane

jeudi 4 septembre 2014

Les larmes de l'assassin d'Anne-Laure Bondoux

Les larmes de l'assassin  Anne-Laure Bondoux  Millézime  Bayard 227 pages



Résumé:
Paolo vit seul avec ses parents sur une fermette éloignée.  Un jour, arrive un homme, Angel, qui, sans véritable autre raison qu'ils se trouvent sur son chemin, tue ses parents.  Entre l'orphelin et l'assassin va se tisser une étrange relation.  Troublée par l'arrivée d'un jeune homme à la recherche de lui-même, leur vie à tous sera bouleversée.  N'attendez pas de rédemption dans ce livre, là n'est pas la question.

Mon avis:
Cela faisait longtemps que dans un livre, je n'avais pas autant ressenti les conditions de vie des personnages mis en scène.  On sentait à leurs côtés le froid, la faim, le vent, les dures conditions de vie.  Le tout, en peu de mots tellement les images étaient fortes, vivantes.  J'ignore l'origine de l'auteure, mais son nom laisse penser qu'elle n'est pas sud-américaine, même si j'ai retrouvé dans le ton, le style, la saveur de mes auteurs préférés de cette région du monde.  Cette histoire n'est pas joyeuse, mais on s'attache à ces personnages, clairement handicapés par la vie, qui essaient tant bien que mal de vivre.  Paolo, l'orphelin dont l'assassin de ses parents deviendra pratiquement le père.  Angel, l'assassin qui découvrira une raison de vivre dans cet enfant.  Et Luis, l'enfant-adulte qui ne sait pas comment vivre et fuit toute sa vie.  Dans ce trio, les deux hommes s'arracheront l'affection de l'enfant, dans un tango subtil.  Les événements sont secondaires dans ce petit livre, ce qui est important est l'évolution de la relation entre les trois, mais de d'avancées et de recul, de pointes lancées et accueillis, d'émotions que faute de mots et d'habitude, on ne sait comment exprimer.  Ce n'est pas un livre avec une fin heureuse, non.  Les personnages suivront leur chemin dans la vie, tout simplement.  Et quelque part, ça les rend tout simplement plus humain.  Très proche de nous.

Ma note: 4/5

mercredi 3 septembre 2014

Quand une porte se ferme, une autre s'ouvre ailleurs, mais que fait-on quand il n'y a pas de portes?

Salut!

Il y a longtemps, alors que j'étais étudiante, j'occupais un emploi dans l'une de ses chaînes qui emploient des étudiants à la douzaine en remplissant grâce à eux leurs soirées de 5 à 9.  L'un de mes directeurs (on ne disait pas gérant!) et moi avons eu la même discussion à plusieurs reprises: l'importance des langues.  Époux d'une fille de l'Ouest canadien, ses enfants s'exprimaient parfaitement en anglais, mais avaient quelques difficultés avec la langue de Molière.  Lors de nos discussions, il mettait l'emphase sur l'importance de maîtriser deux langues.  Moi, je parlais de la porte qu'ouvrait une langue sur un autre univers.  Nos opinions étaient aux opposés: pour lui, une langue était un outil, pour moi, c'était tellement plus.

Je me suis rappelée cet homme lorsque j'ai entendu les paroles malheureuses de notre Ministre de l'Éducation d'il y a quelques jours.  Ses déclarations étaient malheureuse, nombreux sont ceux qui en conviennent, mais ce qui m'a fait encore plus mal ce sont les excuses qui n'en étaient pas qu'il a fait quelques jours plus tard.  De la lecture, il ne semblait retenir que les outils: maîtrise de la langue, capacité à traiter de l'information.  Sans voir, ou sans vouloir voir la porte grande ouverte que constitue la lecture.  Il s'est trouvé bien des gens pour dénoncer sa première déclaration, moi, c'est la deuxième, que j'ai écouté attentivement, seule dans ma voiture, qui m'a le plus marquée.  Certains mots qu'il a prononcé ont alors résonné profondément en moi et m'ont fait mal.  Parce qu'il montrait tout le contraire de ce que l'on peut s'attendre de la part d'un Ministre de l'Éducation: qu'il voit plus loin que le bout de son nez.

Notre Ministre était comme mon ancien directeur: la langue est un outil, point barre.  Faux.  Archi-ultra-hyper-faux.  Une langue n'est jamais neutre.  Elle est fait de ceux qui la parle et de ceux qui l'ont parlé dans le passé, des événements qui les ont marqué, des épreuves qu'ils ont traversé.  Pas pour rien que noter parlé à l'oral est truffé de jurons à consonance religieuse: notre passé a été marqué par l'influence de l'Église catholique, dans ces mots, tout le monde se retrouvait, pour ne donner que cet exemple.  Une langue est porteuse d'une culture, même si elle est mal parlée, même si on la déforme, même si on la maltraite: elle reste vivante parce qu'on l'utilise.  Le pire blasphème envers une langue est de cesser de la parler.  Pas pour rien que l'une des premières mesures pour couper les enfants autochtones de leurs racines a été de leur faire abandonner leur langue à travers le régime des pensionnats.  Par pour rien qu'à travers le monde, de nombreuses cultures minoritaires se battent pour défendre leur langue.  Parce que c'est une porte, une porte grande ouverte, tout simplement.

La lecture est une entrée dans la littérature, une entrée dans un monde.  Quand je lis de la littérature provenant d'ailleurs, que ce soit de l'Amérique du Sud, de l'Allemagne, de la Chine, de partout, j'entre dans la pensée d'un peuple.  La traduction est essentielle pour entrer dans cette intimité, se frotter à ces mots, qui ne sont pas tout à fait les nôtres, pas tout à fait les leurs.  Approximation de la traduction, difficultés de la transmission quand car la langue transporte aussi une culture (penser ici aux innombrables grognements face aux traductions trop franco-française).  On s'identifie à des personnages dans un livre, mais à travers eux, c'est leur culture, leur vision du monde que l'on apprend.  C'est largement plus que de savoir déchiffrer un texte.

Ma mère disait souvent: quand une porte se ferme, une fenêtre s'ouvre ailleurs, plus grande et plus belle, le meilleur s'en vient.  Une phrase tirée de La Mélodie du bonheur.  Elle avait raison: fermer une porte et une autre s'ouvrira.  Seulement, comment peut-on faire quand les gens ne savent même pas qu'il y a une porte?  La lecture est l'une des portes d'entrées à la langue, la plus facile parce que demandant peu de matériel pour être exploitée et capable d'exploiter tant d'avenues.  La réduire à un outil est nier ce qu'elle est au plus profond d'elle-même et même tuer ce qu'elle est.  La maîtrise d'une langue passe aussi par la maîtrise de cette même langue écrite et ça qu'on le veuille ou non, peu importe le support, ça passe par les oeuvres écrites et donc, par la littérature.  Ouvrons donc toute grande cette porte aux jeunes!

@+ Mariane

lundi 1 septembre 2014

1er septembre: On se met au travail!

Salut!

En cette magnifique Fête du travail, on commence le boulot: celui du Grand défi de la littérature québécoise.  Comme plusieurs le savent déjà, ce défi lancé par Dominic Bellavance se veut une façon de nous faire découvrir à tous de grands pans de notre littérature.  Pour ce faire, il a divisé son défi en quatre grands volets:



Défi Thématique: Ou, selon différents thèmes (littérature générale, policière, de l'imaginaire, BD, livres jeunesse), le lecteur est invité à lire un livre selon les différentes catégories.  Personnellement, je considère déjà acquise celle des littératures de l'imaginaire et de la BD.  Par contre, un recueil de poésie ET un collectif de poésie (il voulait nous torturer ou quoi?), disons que c'est pas gagné à l'avance!

Défi Alphabétique: Où l'on doit lire un livre dont le nom de l'auteur commence par chaque lettre de l'alphabet.  Béni soit les auteurs dont les noms commencent par K, Q, W, X, Y et Z, ils vont voir leur nombre de lecteur augmenter cette année!  J'avais déjà fait ce genre de défi il y a quelques années et ça m'avait fait découvrir beaucoup d'auteurs.  Bonne idée que ce genre de défi, mais je suis pas sûre que ça va aller comme si des roulettes: ça fait quand même 26 livres à lire...

Défi Année de publication: Où l'on doit lire un livre par année publié entre 2000 et 2015, un pour chaque décennie du XXe siècle et deux pour le XIXe, soit un avant et un après 1850.  Je sens déjà mon enthousiasme délirant pour les deux dernières périodes (je vous invite ici à goutter à toute l'ironie que je ne peux mettre dans ma police de caractère).  Pour le reste...  Le début du XXe siècle est un peu une forêt vierge pour moi, je vais attraper mon signet, m'en faire une machette et partir en mode exploration!

Défi Région administrative: Où l'on doit lire un auteur en provenance, ou résidant dans chaque des régions administratives du Québec.  Une excellente idée de prendre les régions administratives, ça permet d'explorer le Québec dans tous ses racoins.  Et ça me permet de réviser mes connaissances en géographie (tsé, quand tu te demandes si Chibougameau est au Saguenay-Lac-St-Jean ou au Nord-du-Québec).

J'avoue qu'au cours des dernières semaines, je me suis fait un plaisir fou à explorer les différentes catégories, essayant de remplir tous les blancs possibles.  Avec quelques éclairs de génie ici et là, du genre, un auteur de la Côte-Nord, ben, c'est facile, Gilles Vigneault!  Q, un auteur qui commence par Q...  Q...  (Wikipédia) Pascal Quévigier, ben oui, elle est publiée chez Boréal!  J'ai quoi déjà dans ma PAL comme recueil de nouvelles d'un collectif?  Ah oui, il faut que je le dise, j'ai fouillé en long et en large ma mémoire et mes listes diverses pour remplir le fichier excel permettant de calculer les points afin d'avoir des trucs dans toutes les catégories!

Maintenant, on s'attelle au plus dur: lire tous ces bouquins.  Ça va être super le fun, mais je me connais, dans ce genre de défi de longue haleine, le plus dur est de garder ça en tête de ses priorités tout au long de l'année que durera ce défi.  Je commence dans l'enthousiasme, mais c'est la durée qui sera difficile à tenir.  Pour avoir relevé plusieurs défis dans le même genre au cours des années, je sais que le noeud du problème est là.  Durer.  Alors, disons que je commence du bon pied.  Et que je vais tout faire pour tenir!  On verra les résultats dans un an.  Pour l'instant, je vise la centaine de points, ce qui serait un excellent score en soi.  Pour l'instant, mon fichier excel prévisionnel contient à peu près 200 points, mais j'y aie vidé ma PAL.  On verra ce qu'on aura le temps de lire!

@+! Mariane