mercredi 30 mai 2012

La frustration du libraire

Salut!

Souvent, les clients me lancent en passant la porte: «Heureusement que je ne viens pas souvent ici, c'est un vrai antre de la tentation.»  Et moi de sourire et de répondre: «Je suis au courant!».  Vrai de vrai je suis au courant.  Je passe 40 heures par semaine entre 4 murs garnis à craquer de livres.  Et si c'est impossible de tout lire, je me dis parfois que j'aimerais que ce le soit.  Il faut me comprendre: je vis le supplice de Tantale littéraire à longueur de journée!

À l'université, je fréquentais assidûment la Coop de mon université et l'une des libraires m'avait dit que la grande frustration en tant que libraire, c'est que c'est impossible de tout lire.  Quelques années plus tard, je peux confirmer sans le moindre doute que c'est vrai.  En tant que libraire, on a accès à toutes les nouveautés, dans tous les styles, genres et domaines possibles.  Alors, on ne peut finir que par faire: «Ah, mais je le lirais bien celui-là!  Celui-là a l'air tellement bon!  J'adore l'image de celui-ci, ça me donne tellement envie de le lire!  Ah non, cet auteur en a publié un autre!  Impossible que je ne le lise pas!»  Et ainsi de suite.  C'est constant.  Et constamment frustrant.  Je vois passer des livres formidables, super intéressants, mais je sais que malgré mes envies, jamais je n'aurais le temps de les lire.  Je le sais, je fais avec, même si l'envie est là.  Ma PAL est déjà assez pharaonique comme ça, je ne peux pas ENCORE en ajouter plus...

C'est ça, la frustration du libraire, être en contact constant avec la source de notre plaisir et devoir toujours se retenir.  Voir passer d'excellents titres, mais savoir qu'on ne les lira pas.  Frustrant, très frustrant.  On apprend à vivre avec cette frustration, elle ne nous passe jamais vraiment.  Et parfois, on s'en plaint, oui, on s'en plaint, parce qu'on sait qu'on aura pas le temps de lire tout ce qui nous fait envie.

Comme disais la libraire de la COOP-UQÀM: «C'est parfois tellement frustrant de travailler dans les livre tu sais!»

Oui, c'est frustrant...  Mais je ne m'en priverais pas par contre!

@+ Prospéryne

4 commentaires:

  1. Je partage ta frustration... à laquelle j'ajoute: «celle de ne pas pouvoir tout écrire non plus».

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  2. @Pat, la frustration de l'écrivain de ne pas pouvoir écrire autant qu'il veut... Je n'y avais pas pensé!

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  3. @Prospéryne : Ouais et la frustration est double : on manque de temps pour écrire ET pour lire tout ce qu'on devrait lire pour bien écrire.

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  4. @Gen ET pour lire tout ce qui te tente de lire! ;)

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