jeudi 21 juillet 2011

Quand lire est une drogue

Salut!

Coke, Cristal meth, speed, crack, livres... Où est le lien?  Il y en a un.  Soyons honnête, pour la très très grande majorité des lecteurs, lire est un loisir agréable et même une excellente façon de passer du bon temps.  Mais pour une infime minorité, la lecture est une fuite, une fuite en avant qui permet de se cacher de la réalité et de ne pas faire face.  Ce sont souvent des lecteurs compulsifs, pas toujours très exigeants envers leurs livres et qui ne cherchent qu'une seule chose au final: que la lecture leur fasse oublier leur réalité.  Vous voyez le lien maintenant?  Ben oui, exactement comme une drogue permet aux gens d'oublier leur réalité, se plonger trop intensément dans la lecture permet à certaines personnes de fuir leurs problèmes.  Et pas pour le meilleur.

Je ne peux pas dire que je connais beaucoup de cas de lecteurs compulsifs.  Parce que bien souvent, ils sont très difficile à départager des lecteurs passionnés dont je suis.  La ligne est mince entre les deux.  Très mince parfois.  Trop mince.  On peut passer d'un côté ou de l'autre.  Aimer lire n'est pas plus malsain qu'aimer courir pour être en forme.  La seule différence, c'est quand ça dépasse les bornes: quand on court trop parce qu'on veut maigrir, on parle d'anorexie.  Quand on lit trop pour fuir la vraie vie, on parle de quoi?  Il n'y a pas de terme pour ça.  Du moins, je n'en connais pas.  Je connais juste les symptômes externes: la personne ne parle pas aux autres, se réfugie dans ses livres à tous moments et ne fait pratiquement que ça au détriment de sa vie sociale.  Je vous le dis, les cas vraiment grave sont rares, car si votre collègue sort son livre à l'heure du lunch, où est le problème?  Sans blague?  Mais si elle le fait tous les midis, tout le temps, même quand vous câler à tous une sortie resto de gang, il n'y a pas lieu là de parler d'exagération?  Quand toutes ses pauses, tous ses temps libres y passent?  Vous comprenez la nuance?

Car la nuance est là, dans cette petite démarcation, cette toute petite différence entre la passion saine et la passion malsaine.  Je connais beaucoup de gens, dont moi-même, qui ont à une période ou à une autre, alors que ça n'allait pas dans leur vie, franchit le pas.  On est devenu soudain boulimique de lectures, alignant celles-ci en rang serré, fuyant par ce moyen la réalité qui nous dérangeait, quoi qu'elle soit: une relation de couple insatisfaisante, une rupture, une période sans emploi ou tout simplement une passe sans moral.  Mais dans tous ses cas, la lecture a repris ensuite sa juste place de passion envahissante certes, mais sans dommage sur le reste de la vie par la suite.  Et dans la vie quotidienne, on pourrait dire que pour fuir les petits irritants du quotidien, certes dégainent leur cigarette et d'autres ouvrent un livre pour quelques minutes ou quelques heures, dépendant de la frustration.  Dans un cas comme dans l'autre, on se sert de quelque chose pour faire passer une frustration.  Bon, lire est sans doute meilleur pour les poumons, mais à moins de lire sur une bicyclette stationnaire, ce n'est sans doute pas le moyen idéal de lutter contre l'obésité provoquée par la sédentarité!  Rien n'est parfait dans ce bas-monde...

Donc, avis à tous les lecteurs, avis à tous les passionnés de bouquins: les livres font parti de votre vie, ils ne sont pas votre vie.  Votre vie est là, elle vous pend au bout du nez et vous n'avez qu'à tendre la main pour vous en emparez et la vivre, vraiment pleinement.   Avec un bon bouquin pas trop loin tout de même! ;)

@+ Prospéryne

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