mardi 30 avril 2013

Les villages assoupis: 2- L'île aux naufrages d'Ariane Gélinas

Les villages assoupis  tome 2  L'île aux naufrages  Ariane Gélinas  Collection Lycanthrope  Marchand de feuilles 174 pages



Résumé:
Florian est le dernier descendant de la famille des Moret, une famille vaguement aristocratique vivant en reclus sur l'île d'Anticosti.  Dans leur village abandonné, Florian vit seul avec Lorédan, son majordome.  Ses deux premières épouses sont mortes et il cherche maintenant une femme qui sera à la hauteur de sa famille pour perpétuer sa lignée.  Tâche peu facile, étant donné ses inclinaisons naturelles.  Adepte de taxidermie, chasseur, meurtrier à ses heures, Florian Moret est pour le moins étrange pour le commun des mortels.  Mais cette jeune fille, Célénie, retenue prisonnière par sa mère acariâtre, pourrait-elle être une bonne candidate?  Et que dire de ces enfants, vivants seuls dans la forêt, se nourrissant de viande crue?  Que se passe-t-il à Anticosti?

Mon avis:
Dans le premier tome des Villages assoupis, l'auteur nous emmenaient dans une longue fuite aux côtés d'Anissa, son personnage principal.  Le rythme de ce tome-ci est différent, plus lent, mais tout aussi fascinant.  Noir, à la limite subtile du gothique sans en être, macabre par moment, le tout teinté d'une pointe d'érotisme trouble.  On est pas dans la beauté ici, on met les projecteurs sur nombre de choses qui pourraient paraître moralement repoussante, dégoûtante pour le commun des mortels, mais avec un art qui fait paraître beau les choses les plus laides.  D'ailleurs, le roman pourrait facilement tomber dans l'horreur, mais ce n'est pas le cas.  Plutôt dans la fascination de celle-ci.  Le tout servi par une très belle plume.  Autre point que j'ai aimé, les choix des prénoms, bien souvent rares ou peu usités, ce qui donne une couleur particulière au récit.  J'ai trouvé que le roman prenait trop de temps à prendre réellement son envol et que la fin aurait mérité d'être allongée, surtout les passages où la fascinante Canope apparaît.  Les passages avec Célénie étaient intéressants, mais le punch de cette partie du roman perdait de son attrait parce que la fin est en partie déconnectée de ce personnage qui mine de rien occupe une grande partie du récit.  Un roman glauque, mais fascinant par sa noirceur.  Très intéressant.

Ma note: 4/5

Je remercie l'auteure de m'avoir offert son livre.  

lundi 29 avril 2013

Et le grand prix de l'enthousiasme va à...

Salut!

Chaque année a lieu dans ma ville la Foire du livre, organisée par ma librairie.  Et je suis régulièrement demandée pour y jouer le rôle du poisson dans un bocal (lire, faire de la surveillance pour le vol, ce qui signifie grosso modo tourner en rond pour surveiller les gens qui viennent faire un tour.  J'ai suggéré une fois à la gérante de  faire semblant de nager comme un poisson pour passer le temps, mais elle n'a pas trouvé que c'était une bonne idée. :P).  Bref, ces longues journées me laisse beaucoup de temps pour observer.  Par essence, la Foire du livre est un mini-Salon du livre et donc, de ma position de poisson, je suis parfaitement située pour faire quelques judicieuses constatations.

Et l'une d'entre elles est celle-ci:

BORDEL QUE LES ENFANTS SONT ENTHOUSIASTES!!!!!

Vous pensez que ça n'allume pas les jeunes les livres?  Que nenni!  Ok, ça ne veut pas dire qu'ils aiment lire, mais à les voir tripoter, re-tripoter, re-re-tripoter, se passer les livres et se crier d'un côté à l'autre de la Foire pour se dire, hé, j'ai trouvé le tome X de la série Y, avec un paquet de mimiques de joie, ça me fait vraiment plaisir!  Et le temps qu'ils sont là, on ne parle pas de regarder ailleurs s'asseoir dans un coin pour faire autre chose (attitude des ados!), mais bien de faire le tour, de regarder partout, d'ouvrir dix livres différents, de les abandonner sur la première table qui passe afin de se consacrer à un autre livre qu'on vient juste de trouver.  D'aller montrer un livre à son prof et de dire en gémissant, je le veux dans la classe!  Ah oui et aussi de tripoter les posters mis à leur disposition.  C'est à moi de les convaincre d'en prendre un seul, oui, oui juste un! et de ne pas tous les dérouler pour faire leur choix!

L'enthousiasme des jeunes fait plaisir à voir... et est épuisant pour le poisson dans son bocal qui a à surveiller tout ce beau monde!  Je suis bien consciente que ce ne sont pas tous les enfants qui vont rentrer chez eux et se mettre à lire ensuite, mais ça montre qu'ils connaissent les livres, qu'ils y ont un intérêt...  Peut-être passagé, peut-être seulement dû à l'occasion, mais il existe.  Et à voir les réactions des jeunes, ils ont bien souvent lus les livres dont ils tripotent les suites avec tant d'ardeur (ce qui demande au poisson d'être vigilant pour éviter d'avoir des livres en morceaux!).

Pourquoi cet enthousiasme enfantin s'éteint-il parfois à l'adolescence?  Autre question.  Peut-être que l'intérêt n'est pas profondément ancré.  Une chose est sûre cependant: même si ce n'est que pour une journée, de voir tous ces jeunes tripper sur des livres est une chose merveilleuse à voir.  Et on croise les doigts pour l'avenir que toutes ces belles petites têtes découvrent le plaisir de la lecture et en soit mordus pour la vie!

@+ Mariane

vendredi 26 avril 2013

Auteurs fétiches

Salut!

Je crois,  et je suis intimement persuadée de cela, que chaque lecteur finit par avoir ses auteurs fétiches.  Ceux vers lequel il retourne toujours dans la joie, qu'il ne fréquente pas nécessairement assidûment, mais qui occupe une place importante dans leur coeur.  Ils représentent des souvenirs de lecture, des découvertes, une ouverture vers quelque chose que l'on aurait pas soupçonné.  Ces auteurs sont marquants, mais ce ne sont pas nécessairement des auteurs marquants dans le sens qu'ils ont été frappants.  Ils ont souvent laissé leur marque de manière beaucoup plus subtile.

Ce ne sont pas nécessairement des auteurs favoris non plus.  On peut les fréquenter de manière beaucoup plus lâche que les auteurs favoris.  Le lien n'est pas le même, pas d'un amour passionné et passionnément puissant.  Plus de l'ordre du copain qu'on oublie parfois, mais vers lequel toutes les bonnes occasions sont bonnes pour retourner.

Ce ne sont pas toujours les auteurs dont, dans une discussion, le lecteur va parler le plus ouvertement.  Et ça n'a pas rapport avec l'auteur bien souvent.  Mais si on gratte un peu, sous le couvert de nos lectures dont on parle le plus souvent, ces auteurs sont là.  Il suffit d'un déclic, d'une étincelle, pour nous le rappeler.  On consulte une liste d'auteurs et pop, celui-là!  Je ne le lis pas souvent, mais je m'en rappelle.  Pour son sens de l'intrigue.  Pour son écriture.  Pour la psychologie géniale de ses personnages.  Pour ses descriptions plus vraies que vraies.  Pour son sens de l'humour génialissime.  Pour de petites choses qui font que cet auteur-là en particulier font cet auteur-là.

Des fois, on ne parle pas d'eux parce que la personne en face de nous ne le connaît et qu'on ne voudrait pas être ennuyeux...  D'autres fois, c'est que, et bien, que voulez-vous...  Cet auteur représente un plaisir coupable absolu!  À certaines occasions, on l'oublie tout simplement dans le flot des autres auteurs dont on discute.  Et puis, on se souvient soudain de lui, dans un éclair et on fait ah! mais oui, lui!  On le retrouve.  Et l'un des petits plaisirs de la vie, c'est de se rendre compte un jour que quelqu'un d'autre l'a aimé autant que nous.

Chacun a ses fétiches discrets.  On ne les cache pas, on ne les étale pas, mais ils sont là.  Les miens?  Bof, la liste serait trop longue.  Mais c'est à Stefan Zweig que je pense en rédigeant ce billet.  Je le retrouve chaque fois comme on retrouve un grand copain qu'on oublie parfois, mais qu'on est toujours heureux de retrouver.

@+ Mariane

jeudi 25 avril 2013

Shawinigan et Shipshaw: 6- Charaté Kid d'Isabelle Larouche

Shawinigan et Shipshaw  tome 6  Charaté Kid  Isabelle Larouche  Phoenix  128 pages


Résumé:
Dans le quartier, une nouvelle famille vient de s'installer et bien sûr, ils ont un chat.  Son nom?  Charaté Kid, un félin japonais adepte des arts martiaux.  Ceci n'est pas du tout du goût de Chamaille, le chat le plus fort du quartier.  Il a alors l'idée de défier le Charaté Kid.  Qui gagnera?

Mon avis:
Quand j'ai vu la couverture de ce livre, je l'ai montrée à tout le monde dans le magasin.  Voilà un truc qui me ressemble: un chat, adepte des arts martiaux!  Il est pas mignon avec sa petite ceinture noire?  Bon, j'ai trouvé que ça me ressemblait, c'est pourquoi j'ai été tentée par cette histoire.  Ça fait un moment que je veux découvrir les Shawinigan et Shipshaw.  Des histoires de chats, pardi, c'est pour moi ça!  Et bien, je ne l'ai pas regretté!  Même si je commence par le sixième tome de la série, je ne crois que j'ai gâché beaucoup de choses, mais ça donne envie de découvrir le reste de la série.  Ce livre, court, bien écrit, raconte l'arrivée dans le quartier d'un nouveau chat et ses conséquences sur la population féline qui l'habite.  Je ne peux pas dire que j'ai été transportée par cette histoire, mais j'ai souvent souris et j'ai passé un bon moment dans ses pages.  Bon, je suis une une adulte qui en a lu d'autres quand même!  Mais pour des jeunes lecteurs, c'est parfait.  J'ai bien rigolé en lisant toutes les occasions où l'auteur s'amuse à remplacer les sons -sa et -cha en -chat.  En voyant le titre, j'avais espérée une histoire plus centrée sur les arts martiaux, mais beaucoup plus d'éléments se rapportent à la culture japonaise et à la philosophie des arts martiaux qu'aux mouvements eux-mêmes.  C'est très bien fait, mais ce n'est pas ce que j'aurais aimé.  Tant pis!  La personnalité du Charaté Kid est peu attachante, trop réservée, mais ça se rattrape vers la fin du livre, tout le contraire du bouillant Chamaille!  Quand à Shawinigan et Shipshaw, je les aie trouvé adorable, en particulier ce dernier, avec son côté chat gourmand qui me rappelle une de mes colocataires...  En fait, je crois que je vais recommander ce livre à tous les lecteurs d'une dizaine d'années, c'est un excellente livre pour eux.  Quand à moi, je crois que je vais lire d'autres Shawinigan et Shipshaw, en commençant par le premier.  Cette bande de matous me paraît trop adorable pour la laisser de côté!

Ma note: 3.75/5

mercredi 24 avril 2013

Les clients qui cherchent des livres qui n'existent pas

Salut!

L'autre jour, se pointe en magasin une dame aux cheveux gris.

-Bonjour!

-Bonjour Mademoiselle, je voudrais un beau-livre pour une dame de soixante-dix ans.

Et de me regarder droit dans les yeux, comme si je pouvais d'un coup de baguette magique trouver le livre idéal d'un seul coup.

-Euh, les beaux-livres sont par là Madame.

Elle me regarde de la tête aux pieds comme si j'étais hum, un résidu de digestion et s'en va consulter les rayons, comme si d'être obligée de le faire par elle-même était une insulte.  Le problème, mais elle ne s'en est pas rendue compte, c'est qu'elle ne m'avait pas demandé quelque chose que je pouvais l'aider à trouver...  Un beau-livre pour une femme de soixante-dix ans, ça n'existe pas, il n'y a pas de livres conçus et créé pour ça.

C'est la même chose quand une dame vient demander un livre pour une première communion, style bouillon de poulet pour l'âme, «mais fait pour les enfants et si possible, dans une maison d'édition que les enfants aiment».  Euh...  Non, ça ne se fait pas, ça non plus.  Pas ça précisément.

C'est fou ce que certaines personnes arrivent en magasin et croit qu'il se fait des livres sur absolument tout.  Bon, c'est vrai, il se fait des livres sur absolument tout, mais de un, on ne les a pas toujours en magasin, de deux, on a pas toujours précisément un livre sur le sujet.  Oui, ça existe des livres sur la cuisine cambodgienne, mais pas nécessairement des livres de cuisine à 30$ que l'on peut offrir à un anniversaire, des fois, ce sont de petits livres cheap à 9.95$ et qui font partie d'une collection, elle aussi pas vraiment classe.

C'est comme les beaux-livres sur les pays du monde.  OK, quand j'étais enfant, il en existait des tas de collection, genre, tous les pays du monde, expliquant l'histoire, la géographie, la culture d'un pays en particulier.  Ça n'existe plus ou presque.  Internet a fait très mal à cette industrie.  Alors, un livre sur l'Islande, l'Indonésie ou le Tadjikistan...  Euh, non.  On a du mal à pourvoir à la demande de livres sur le Québec tellement les titres sont peu nombreux!

Bref, ces clients-là sont... disons difficiles, parce que souvent presque impossible à satisfaire à cause de ce qu'ils cherchent.  Mais le pire, c'est la tête d'idiot qu'ils font quand on leur dit que ce qu'ils cherchent n'existent pas.

-Mais vous pourriez pas regarder dans votre ordinateur?

-Non Monsieur, ça se fait pas.

-Ahhhh....

J'aime pas mon boulot de libraire dans ces moments-là.  Heureusement que ça n'arrive pas trop souvent!

@+ Mariane

lundi 22 avril 2013

Méfiez-vous...

Salut!

Souvent, je commence mes billets par une anecdote, bien souvent celle qui m'a inspiré le billet.  Je rapporte des paroles, des gestes, des situations qui m'ont fait réfléchir.  Je m'efforce tout le temps de faire en sorte que l'on ne puisse pas identifier les gens qui se retrouve bien involontairement dans mes billets, parce que je ne demande jamais la permission avant d'y mettre quelqu'un.  Et la plupart du temps, je crois que j'y arrive.  Attention, ça peut être n'importe qui: des clients à la librairie, des amis, des gens que je croise comme ça dans la rue, des partenaires d'entraînements, des conversations attrapées au vol lors de Salons du livre, des réactions prises sur le vif...  Tout est sujet à m'inspirer.  Je note alors l'idée et quand arrive le moment de rédiger mes billets, souvent je retrouve l'anecdote et je l'écris pour bien situer le fil de mon billet.  Ce qui signifie, chers lecteurs, que certains d'entre vous se sont peut-être déjà retrouvés ici. ;) Mais aussi que vous devez absolument vous méfier de moi quand on se croise: vous êtes sous haute surveillance.

Quand je suis à la librairie, c'est facile.  Il arrive un petit quelque chose et dès que la personne a le dos tourné, je sors un papier que je couvre de mes hiéroglyphes (une de mes collègues de travail se plaint sans cesse de mon écriture, mais enfin, c'est très pratique pour qu'elle ne comprenne pas ce que j'écris dans ces moments-là! :P ), le plie en trois ou quatre et le glisse dans ma poche.  Laissez-moi vous dire que les poches sont un attribut indispensable de la totalité de mes vêtements de travail pour cette raison!  Je note et une fois rendue à la maison, je dépose la note sur la pile à côté de mon écran d'ordinateur.  Ça peut reposer là pendant des mois, voire des années (étant donné que je tiens ce blogue depuis bientôt trois ans, on peut commencer à parler en années!)  Je rédige souvent mes billets bien plus tard.  C'est souvent pourquoi les Salons du livre, Festivals littéraires et autres Boréal sont une petite torture pour moi: pas toujours moyen de prendre des notes sur le coup!

Parce qu'une simple réflexion faite sur un coup de tête peut amener un billet ici, je dois avouer que j'ai souvent les oreilles grandes ouvertes,  Et la tête prête à cogiter de plus belle.  De faire des liens, des entourloupettes, de noter une idée.  J'ai déjà sorti mon carnet de notes en plein milieu d'un souper, à la grande surprise de la personne en face de moi qui m'a alors fait la réflexion que je ferais mieux de m'équiper d'un IPhone (ouais, mais je pourrais pas le laisser traîner à côté de mon écran d'ordi, ni le plier en quatre au fond de mes poches, alors ça serait pas la même chose!).  Ces notes me sont indispensables parce qu'étant donné le nombre d'idées qui traversent mon pauvre cerveau en une heure, je perdrais toutes mes idées au fur et à mesure si je ne les notais pas!  Des fois, je ne fais pas nécessairement de billets suite à ça, d'autres fois oui.  D'autres fois, ça prend une éternité avant que le sujet ne m'inspire à nouveau.  Mais je note tout.  Comme ça, je peux ensuite faire le ménage entre les idées génialissimes et les autres plus ordinaires.

Cependant, et je le répète, méfiez-vous quand vous parlez de livres en ma présence: vous risquez de vous retrouver ici, en plein milieu d'un billet... mais pas nécessairement de vous reconnaître! :P

@+ Mariane

vendredi 19 avril 2013

Recevoir un livre en cadeau

Salut!

En règle générale, donner un livre en cadeau est un exercice assez périlleux.  Parlez-en à tous ces époux bien intentionnés qui débarquent à ma librairie pour acheter un livre à leur douce et qui s'en remettent à moi pour choisir, parce qu'eux...  Pour donner un livre, il faut bien connaître la personne, savoir ses goûts, ses auteurs préférés, ses envies du moment et, autre information utile, ce qu'elle a déjà sur ses tablettes!  Malgré tout, bon an mal an, le livre trône régulièrement parmi les cadeaux sous le sapin à Noël ou encore dans les papiers colorés des cadeaux d'anniversaire ou de fin d'année scolaire.  Donc, les gens offrent des livres...

... mais quand on le reçoit?  On fait quoi?

Donner un livre est une chose, le recevoir en est une autre.  C'est que, bordel, on ne le connaît pas ce livre!  Pas du tout!  C'est personna incognita.  OK, d'accord, des fois, on en a entendu parler, des fois beaucoup, des fois, vaguement.  La plupart du temps, on est certain des bonnes intentions de la personne qui nous l'a tendu, tout emballé et tous sourires.  On montre sa joie (Ah, un livre! Merci!) et on rentre chez soi, notre futur copain de lecture sous le bras.

Arrivé à la maison, on dépose notre cadeau bien en vue et commence une plus ou moins longue séance de zieutage.  Il y a la façon directe: on le regarde de haut en bas de sa page couverture, on l'attrape, on lit la quatrième, on le regarde comme un ennemi ou un possible allié, rien n'est sûr et certain.  On est dans la découverte.  Il y a aussi la façon indirecte: on le laisse traîner sur une pile, on y pense parfois, mais on finit par empiler par-dessus le reste de nos lecture, on l'oublie un peu, on le remet sur le dessus de la pile pour se donner bonne conscience, on a pas de liens concrets avec lui.  Il fait partie de nos livres, mais bon, on oscille entre oubli incertain et indifférence.  Il y aussi la façon totalement standard: on le pose sur la tablette de notre bibliothèque et il reste là, tout simplement.  Et quelques temps après, quand on nous demande si on l'a lu, on répond, Ah oui, bien sûr, excellente lecture!  Même si on ne l'a pas lu (étant vraiment mauvaise menteuse, je ne réponds jamais ça!!!)

Recevoir des livres est toujours un plaisir, surtout quand on est grand lecteur, mais ça permet des découvertes, ça donne envie d'aller plus loin, ce qui est toujours agréable.  Et puis, on comprend en recevant un livre en cadeau qu'il y a au moins une personne sur cette belle planète qui a compris qu'on aimait lire!  Néanmoins, à moins que la personne ne nous connaissent très bien et sache exactement quel livre nous offrir, ça reste un exercice périlleux.  La meilleure parade restant celle de Frérot: «Bon, Petite Soeur, pour ton cadeau de Noël, donnes-moi une liste des livres que tu veux, je vais piger dedans!»  Efficace! ;)

@+ Mariane