lundi 24 octobre 2011

Le livre, l'ebook et l'économie

Salut!

Je suis tombée par hasard sur cet article récemment.   Excellent au demeurant.  La chose que je retiens?  Ce que dans mon fort intérieur je savais depuis un bon moment, que ceux qui croient qu'ils vont réinventer la roue avec l'ebook sont des pelleteurs de nuage.  Le marché du livre traditionnel est imparfait certes, mais il a l'immense avantage sur celui de l'ebook d'être au Québec seulement, divisé en une bonne quinzaine de distributeurs principaux.  Avec l'ebook?  Deux principaux seulements, le iBook store d'Apple et Amazon et ils le sont à l'échelle mondiale, aucune barrière linguistique ou encore frontière ne les arrêtent.  Dans le sens positif du terme, quand on pense à l'incroyable accessibilité que cela permet partout dans le monde et dans le sens négatif du terme aussi, quand on pense à l'incroyable pouvoir de contrôle que cela donne à ces entreprises sur un marché qui de longue date est basé sur les idées et les débats.  Façon efficace de clore un débat?  Ne distribuez pas le livre...  Classique.

Je pense beaucoup à Chapters dans ces cas-là.  Avant l'arrivée d'Amazon (qui a eu ça de positif, je le reconnais), un éditeur canadien-anglais qui n'était pas présent sur les tablettes de Chapters était quasiment condamné à la mendicité tellement cette chaîne de librairie avait contribué à limiter les autres points de ventes dans tout le pays.  Des librairies indépendantes au Canada anglais?  Il y en a peu et Amazon est en train de les détruire.  Pendant longtemps, le français a protégé le marché d'ici, mais les choses changent de plus en plus.  Et ce qui s'annonce, ce n'est pas une remise en question seulement de penser l'écosystème actuel du livre, ni même celui du numérique, mais bien simplement la capacité de ceux qui ont une voix discordante de rejoindre les masses.  C'est encore possible en ce moment.  Est-ce que ça le sera quand au niveau mondial, on aura deux tentaculaires Goliaths et des centaines de David se battant pour avoir une micro-place au soleil?  Certains regretteront alors le bon vieux temps qu'ils critiquent avec tant d'ardeur aujourd'hui.  Parce que le système actuel, à deux vitesses, papier en librairie physique et numérique sur le web permet une excellente complémentarité que le triomphe souvent annoncé du deuxième ne peut que faire tomber le premier et tout ce qui va avec.

Le numérique joue avec la baguette du sorcier sans se soucier de préserver les meubles.  Dangereux.  Est-ce qu'on fonce dans une impasse?  Je ne suis pas une prophète de malheur et je suis de celle qui disent qu'on imagine souvent le pire alors qu'il arrive rarement, mais je suis inquiète.  Des espaces de liberté, même les pires dictatures sont obligés d'en laisser ici et là.  Par contre, concentrer le pouvoir de distribuer les idées et la réflexion par le biais des livres dans deux corporations seulement ne me semble pas une solution d'avenir.  Ne faisons pas trop confiance à ceux qui nous veulent trop de bien pour être parfaitement honnêtes.  Big Brothers is watching you.

@+ Prospéryne

5 commentaires:

  1. Et que diront, et que deviendront les Prologue, ADP et Raffin, distributeurs de livres-papier?

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  2. @ClaudeL, Raffin est déjà mort depuis deux ans... Je ne sais pas ce que deviendront les autres, mais le travail de distribution va beaucoup changer si ce n'est pas disparaître. Point à ne pas négliger, ce sont souvent les distributeurs-diffuseurs qui s'occupent du travail de promotion des livres. Qui les remplacera? Amazon??? J'en doute fort, ils se contentent de vendre ceux-là!

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  3. Raffin en tant que distributeur, mais aussi en tant que libraire?

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  4. Non, les librairies sont toujours ouvertes, ils ont réussi à s'en sortir.

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  5. Pour compléter l'article d'hier, un autre sur les limites d'Amazon. http://www.livreshebdo.fr//weblog/l-eco%28nomie%29-des-livres-24/776.aspx

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