samedi 1 octobre 2011

BookCamp Montréal 2011: 30 septembre 2011

Salut!

Journée complète passée au BookCamp de Montréal hier, une anticonférence sur le livre et son avenir.  Ok, primo, j'ai trouvé ma journée hyper intéressante, et deuxio, pourquoi il n'y avait pas plus de libraires là!?!?!?!?  Je me suis à plusieurs reprises sentie très seule dans mon petit coin en tout cas, j'étais pratiquement la seule présente.  Première constatation: si lors des ateliers, j'ai été poussée dans mon coin à plusieurs reprises par des gens que je qualifierai de geek (en tout cas, pas mal plus que moi!), dès qu'ils étaient finis, j'ai pu avoir des conversations plus qu'intéressantes avec les mêmes personnes!  C'est ça une anticonférence, un lieu de débat, d'échange, où les idées fusent et cette partie-là je l'ai adoré.  Ce que j'ai moins aimé, c'est que la plupart des participants n'était plus dans la réalité actuelle du monde du livre: ils sont deux ou trois ans à l'avance, ils étaient déjà pratiquement tous passé à l'étape numérique, alors que ce qui domine encore actuellement le marché, c'est le livre papier.  Il y avait là des développeurs Web, des éditeurs numériques, des bibliothécaires aussi. des gens très branchés, plus que des éditeurs, des libraires, des gens qui font l'industrie du livre maintenant.  En ce sens, l'intérêt majeur de participer à cette anti-conférence, c'est d'y aller pour comprendre ce qui s'en vient, pas la situation actuelle.  Laissez-moi vous dire que je suis ressortie de là avec la tête pleine d'informations nouvelles!

Bon, habituellement quand je parle d'un événement, j'aime raconté ma journée, mais là, je crois que je m'y perdrais!  J'ai eu des conversations hyper-intéressante avec entre autre (je n'ai pas retenu tous les noms, désolé!) Jean-François Gayrard, éditeur de Numériklivre, un éditeur 100% numérique, Karl Dubost, qui, si j'ai bien compris, fait de la programmation web (désolé si je me trompe) et aussi avec Olivier Gougeon Éditeur-Libraire chez Ulysse, pratiquement le seul autre libraire de la place avec moi!  Des échanges très intéressants à chaque fois!  J'ai parlé avec au moins une bonne dizaine d'autres personnes durant la journée, c'est dire combien cette journée était axée sur l'échange. 

J'ai adoré ma journée, mais en même temps, sur le chemin du retour, j'avais un drôle de sentiment.  Un genre de confusion à vraie dire.  J'ai fini par trouver ce que c'était en mettant les pieds chez moi: toutes les personnes rencontrées ou prêtes étaient convaincues que le numérique étaient l'avenir, c'était aux autres de s'y faire, pas à eux.  C'est je crois ça que j'ai trouvé à la fois dommage et dérangeant, j'avais un peu l'impression de me faire forcer la main vers le numérique, comme si mes préférences en terme de lecture n'étaient plus correctes ou conformes.  Ok, je n'étais pas au bon endroit pour avoir une oreille attentive à mes opinions, j'en conviens, mais en même temps, il y a avait comme une espèce de petite arrogance que je n'ai pas aimée.  Je ne suis pas la seule et je ne serais pas la seule non plus à faire le grand saut dans les prochaines années, mais ce n'est pas en me disant que le numérique est meilleur que le livre papier que je vais être convaincue de faire le saut.  Le numérique a des avantages indéniables et il va transformer les habitudes de lectures dans les prochaines années, mais à quel point?  Aucune idée et je ne pense pas que les geeks présents eux-mêmes, branchés sur des réseaux qui les renforcent dans leur propre vision et où ils en oublient la masse des lecteurs pas encore branchés (qui existent!) ne peuvent parfaitement le prédire.  Je suis un peu au point de rencontre entre les deux mondes, entre les lecteurs mordus de papier et la planète internet.  Je regarde les deux mondes et je sais que tout le monde va finir par tirer son épingle du grand jeu de la lecture.  Quelque soit le mode de lecture employée. 

@+ Prospéryne

8 commentaires:

  1. J'aime bien la technologie pour ce qu'elle offre, mais ne comptez pas sur moi pour être avant-gardiste. À peine ai-je le temps de comprendre, d'apprécier une nouvelle "patente" qu'on m'en offre déjà une autre.

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  2. Hé, ClaudeL! C'est justement ça qui me tient loin du livre numérique pour l'instant, ça bouge beaucoup trop vite pour moi ces gugusses! Ce que je veux avant tout, c'est lire un bon livre, pas me perdre dans les détails techno.

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  3. Ce que tu racontes, c'est aussi ce qui me dérangerait le plus. Voir des "geeks" cracher sur le papier (remarque, certains le font juste pour le plaisir de déranger ceux qu'ils appellent les "fétichistes du papier"). J'aimerais qu'on admette qu'une cohabitation entre le papier et le numérique est possible, même souhaitable.

    Heureusement, on parle d'une minorité. Ce n'est pas tout le monde qui ait ce genre d'étroitesse d'esprit.

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  4. Ton commentaire me remonte le moral! Je me suis sentie très seule à certains moments vendredi, mais à force de cogiter, j'ai compris que ce n'était pas à cause des geeks mais du contenu des discussions, pour un événement sur l'avenir du livre, on pratiquement pas parlé de littérature! Pourtant, ça devrait être ça le point commun entre les lecteurs, pas de cracher sur un support, quel qu'il soit.

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  5. Marianne,

    Heureux de t'avoir rencontrée à BookCamp. Plutôt que de laisser un long commentaire, j'ai repris quelques éléments de ton texte et ai développé afin de clarifier certaines choses.

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  6. Et bien sûr j'ai oublié le lien.
    http://www.la-grange.net/2011/10/02/passage

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  7. Dominic Bellavance: En fait pendant cette journée personne ne crachait sur le papier. Tout au contraire. Le papier est un outil magnifique que nous utilisons tous quotidiennement. Nos commentaires dans ce billet de carnet Web ne sont pas écrits sur du papier, nous ne les envoyons pas par la poste. Cela n'est pas une critique du papier, mais une réalité de notre quotidien. Le réseau et le numérique a permis cette forme de discussion. Je suis à Montréal. Marianne à Sainte Hyacynthe, nous pouvons discuter par écrit tout en élargissant le cercle de la discussion. Le réseau permet d'explorer de nouvelles formes, de nouveaux territoires. C'est la partie magique.

    Ce que les « geeks » disent (de façon brutale) n'est pas la destruction de la littérature mais le bouleversement d'une économie et d'un type de création (autour des objets papier) à cause/grace au numérique et du réseau. D'ailleurs plus le réseau que le numérique en lui-même. Ces bouleversements ont déjà eu lieu dans de nombreux domaines. Il y a eu l'exemple du disquaire de quartier, mais on pourrait citer le magasin de photographie du quartier jusqu'à changer complètement la profession de l'auteur, le photographe lui-même et de l'industrie chimique de la photographie tellement bouleversée que de nombreuses entreprises ont fermé ou les produits sont devenus prohibitifs. Polaroid a été sauvé (pour l'instant) par des amateurs qui ont racheté les processus de fabrication. Histoire fascinante.

    Les imprimeurs de quartier ont disparu. Mon grand père plaçait des lettres de plomb dans un cadre, et puis a vécu toutes les transitions de modernisation jusqu'au laser… et puis finalement l'imprimerie locale a disparu. Les imprimantes sont maintenant dans les maisons individuelles. Et les utilisateurs impriment différemment, créent de nouvelles choses. :)

    Création et bouleversement. Troublant certes, mais passionnant

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  8. @Karl, de un, contente de t'avoir retrouvé! De deux, je crois que ce qui nous bouleverse tant Dominic et moi (enfin, je peux juste parler pour moi!) et que tu as de la difficulté à comprendre, c'est que justement, on fait disparaître la base, la référence première de toute la culture du livre papier: le livre comme objet final, comme unité, comme bloc. Une bonne grosse pierre d'assise qui tout d'un coup disparaît et laisse les lecteurs dans le vide. Le texte, oui, il existe toujours. Mais il est dans les airs, des trucs sur un écran. On a perdu la base de ce qui le différenciait des CDs, DVDs et autre produit. C'est ça qui est dur. C'est un changement, mais toutes les possibilités que tu évoques et je suis la première à reconnaître leur nombre et leurs immenses applications, mais ça ne permettra jamais d'avoir la base solide actuelle et les avantages connexes que fourni actuellement le livre papier. Ce que l'on perd avec le papier, on ne peut pas le retrouver ou le remplacer dans le numérique. J'ai étudié en histoire, des changements technologiques majeurs il y en a eu des tas et des tas, c'est juste que personnellement, c'est la première fois que j'en vis un qui m'affecte d'aussi près.

    P.S. Pourquoi pas de fonction commentaire commentaire dans le billet que tu as mis en ligne? Ah oui et j'ai déjà l'intention de lire le livre recommandé, je l'avais déjà noté (papier :P)

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