Les Serments et l'honneur tome 2 Les Parjures Mercedes Lackey 345 pages
Résumé:
Tarma et Kethry font désormais parti de la compagnie de mercenaires des Faucons du Soleil, sous le commandement d'Idra. Après une victorieuse campagne, celle-ci doit aller s'assurer de son devoir en tant que soeur des souverains de Rethwellan, dont le roi vient de mourir. Cependant, ne la voyant pas revenir, Kethry et Tarma sont envoyés par leur compagnie pour découvrir les causes de sa disparition. Ce qu'elles découvrent s'avère beaucoup plus complexe que ce qu'elles avaient pensé au départ.
Mon avis:
Là où le premier tome était plus une succession d'histoire avec des liens plutôt lâches, ce tome-ci fait preuve d'une unité plus conséquente à un roman. Après une introduction un peu longue par rapport au sujet réel du roman, les choses se précises et se précipitent, même si j'ai trouvé que la cohérence entre les différentes parties étaient floues par moment. Est-ce une mission pour trouver les responsables de la disparition d'Idra, une tentative de renverser un mauvais monarque, une quête pour en mettre un autre sur le trône, approuvé par une épée fabuleuse? On traîne de l'un à l'autre et la bataille finale, si elle est très bien réussie, souffre de l'absence de cohérence qui l'a précédé. Encore une fois, les personnages féminins forts, la magie et le sens de la bataille des Soeurs de sang sont présents et très intéressants. Mal dosé peut-être, mais ce deuxième et dernier tome du dyptique bât largement le premier tome. Malgré tout, je réserverais cette dulogie aux fans déjà convaincu de Mercedes Lackey: le reste de son oeuvre, si elle n'est pas d'une qualité extraordinaire, vole déjà pas mal plus haut que ça.
Ma note: 3/5
mercredi 29 juin 2016
lundi 27 juin 2016
Ces temps-ci, je relis...
Salut!
Depuis quelques temps, et ne me demandez pas pourquoi, la lectrice en série, dévoreuse de livres et de nouveauté en rafale en moi a subitement eu le goût de faire ce qu'elle n'avait pas fait depuis des lustres: relire un livre.
Relire des livres que j'ai adoré, qui m'ont fait trippé, que j'ai noté 5 souvent, sur mon blogue. Juste pour le plaisir, juste pour le fun, sans aucune raison particulière. Je me suis retapée une trilogie complète que j'avais lu il y a quelques années. Et là me vient un trip de relire tous les Harry Potter cet été. Et j'ai d'autres projets de relecture qui me trottent dans la tête!
Bizarre dans les faits! J'ai longtemps lu en série, ne me donnant le temps de relire que de brefs passages, jamais l'oeuvre au complet. Et là, j'ai le goût de retourner sur des sentiers battus, pas de lire de la nouveauté. Ce que je n'avais pas fait depuis au moins mon adolescence. Sans blague! Une bonne quinzaine d'années! Sans vraiment relire. Pourtant adolescente, je relisais souvent. Avant tout parce que j'avais peu de livres (la nécessité explique souvent bien des choses!), mais aussi parce que j'aimais revivre encore et encore certains passages de mes livres préférés. Un peu comme mes chansons préférés que j'écoute et réécoute encore et encore (ma mère a sans doute beaucoup apprécié mon départ de la maison pour cette raison...), mais pendant une bonne décennie, je n'en aie pas ressenti le besoin de relire.
Bon, y'a mon passage en librairie qui a beaucoup joué, certes. Quand on est plongé dans nouveauté à chaque instant, on pense au futur plus qu'au passé. Surtout en ce qui a trait à la lecture. Comme m'a dit un ami libraire (encore actif!), quand on est libraire, on garde les livres qui nous tente et qui ne sont pas urgents à lire pour notre retraite... Bon, d'autres accumulent les REERs, les libraires accumulent les PALs de retraite! Je ne suis plus libraire et j'ai entamé ma PAL de retraite depuis un moment. Et là, j'en suis à relire les oeuvres qui ont marqué ma vie. Même si j'ai entamé ma PAL de retraite de libraire (soyez tranquille, celle-ci devrait me tenir encore au moins deux bonnes décennies...)
Pourquoi? J'ai aucune espèce d'idées! Mais dans ce domaine, comme dans bien d'autres, je suis mon instinct qui me pousse à regarder plus souvent dans ma bibliothèque de livres lus que dans celle de livres non-lus (oui, ils sont classés comme ça chez moi!) quand il s'agit de choisir une nouvelle lecture. Alors, ces temps-ci, je relis des livres qui m'ont fait tripper, voler dans des univers inconnus, découvrir des morceaux de l'histoire, bref, les livres, dont longtemps après, je garde un souvenir impérissable. C'est ceux-là que je relis, ceux qui ont trottés dans ma tête, pas les autres.
Parce qu'honnêtement, j'ai trop lu de bouquin dans ma vie pour tous les relire. Et en partant, ils ne méritent pas d'être tous relus!
@+ Mariane
P.S. Je pense que je vais commencer à indiquer mes livres en relecture ici... Juste pour vous tenir au courant! :P
Depuis quelques temps, et ne me demandez pas pourquoi, la lectrice en série, dévoreuse de livres et de nouveauté en rafale en moi a subitement eu le goût de faire ce qu'elle n'avait pas fait depuis des lustres: relire un livre.
Relire des livres que j'ai adoré, qui m'ont fait trippé, que j'ai noté 5 souvent, sur mon blogue. Juste pour le plaisir, juste pour le fun, sans aucune raison particulière. Je me suis retapée une trilogie complète que j'avais lu il y a quelques années. Et là me vient un trip de relire tous les Harry Potter cet été. Et j'ai d'autres projets de relecture qui me trottent dans la tête!
Bizarre dans les faits! J'ai longtemps lu en série, ne me donnant le temps de relire que de brefs passages, jamais l'oeuvre au complet. Et là, j'ai le goût de retourner sur des sentiers battus, pas de lire de la nouveauté. Ce que je n'avais pas fait depuis au moins mon adolescence. Sans blague! Une bonne quinzaine d'années! Sans vraiment relire. Pourtant adolescente, je relisais souvent. Avant tout parce que j'avais peu de livres (la nécessité explique souvent bien des choses!), mais aussi parce que j'aimais revivre encore et encore certains passages de mes livres préférés. Un peu comme mes chansons préférés que j'écoute et réécoute encore et encore (ma mère a sans doute beaucoup apprécié mon départ de la maison pour cette raison...), mais pendant une bonne décennie, je n'en aie pas ressenti le besoin de relire.
Bon, y'a mon passage en librairie qui a beaucoup joué, certes. Quand on est plongé dans nouveauté à chaque instant, on pense au futur plus qu'au passé. Surtout en ce qui a trait à la lecture. Comme m'a dit un ami libraire (encore actif!), quand on est libraire, on garde les livres qui nous tente et qui ne sont pas urgents à lire pour notre retraite... Bon, d'autres accumulent les REERs, les libraires accumulent les PALs de retraite! Je ne suis plus libraire et j'ai entamé ma PAL de retraite depuis un moment. Et là, j'en suis à relire les oeuvres qui ont marqué ma vie. Même si j'ai entamé ma PAL de retraite de libraire (soyez tranquille, celle-ci devrait me tenir encore au moins deux bonnes décennies...)
Pourquoi? J'ai aucune espèce d'idées! Mais dans ce domaine, comme dans bien d'autres, je suis mon instinct qui me pousse à regarder plus souvent dans ma bibliothèque de livres lus que dans celle de livres non-lus (oui, ils sont classés comme ça chez moi!) quand il s'agit de choisir une nouvelle lecture. Alors, ces temps-ci, je relis des livres qui m'ont fait tripper, voler dans des univers inconnus, découvrir des morceaux de l'histoire, bref, les livres, dont longtemps après, je garde un souvenir impérissable. C'est ceux-là que je relis, ceux qui ont trottés dans ma tête, pas les autres.
Parce qu'honnêtement, j'ai trop lu de bouquin dans ma vie pour tous les relire. Et en partant, ils ne méritent pas d'être tous relus!
@+ Mariane
P.S. Je pense que je vais commencer à indiquer mes livres en relecture ici... Juste pour vous tenir au courant! :P
jeudi 23 juin 2016
Les Serments et l'honneur : 1- Soeurs de sang de Mercedes Lackey
Les Serments et l'honneur tome 1 Soeurs de sang Mercedes Lackey Milady 349 pages
Résumé:
Tarma a vu son clan shin'a'in être assassinée. Désireuse de vengeance, elle s'est faite Kal'enedral, Promise à l'Épée, dévouée à Celle-aux-yeux-étoilées, seule condition pour exercer sa vengeance, mais à un lourd coût. Dans sa quête, sa route a croisé celle de Kethry, une sorcière des Vents-Blancs qui a juré d'utiliser sa magie pour le bien. Et qui a une épée bien particulière, appelée Besoin... Ensemble, elles souhaitent rebâtir le clan de Tarma, mais doivent avant cela accumuler l'argent nécessaire. Les deux femmes vont donc chercher à se faire engager comme mercenaires.
Mon avis:
Plus qu'un roman, ce livre est une accumulation de nouvelles inégales. Si les dernières sont plus réussies, les premières manquent de substance. D'autant plus que la grande question du pourquoi les deux femmes se sont retrouvées liées est tout juste abordée et à peine expliquée. Leurs aventures, nombreuses, forment la trame du récit, aventures souvent initiées par Besoin, l'exigeante épée qui oblige sa propriétaire à venir en aide aux femmes en détresse. Celle dont héritera plus tard une certaine Kerowyn... L'histoire se passe environ deux générations avant le coeur des récits prenant place à Valdémar et loin dans les contrées du Sud. Un endroit où semble régner la loi du plus fort et où les deux femmes auront à se battre pour se faire une réputation, mais dans un monde un peu moins misogyne que ne l'est le nôtre. Malgré tout, on sent la volonté de l'auteure de mettre les femmes au premier plan, de toutes les manières possibles. Leurs aventures avec un démon sont un peu répétitive, même si c'est bien la seule chose qui unit le récit. À garder pour les vrais fans de Mercedes Lackey, ce n'est pas son meilleur opus, loin de là. Par contre, de connaître l'histoire de Kethry et Tarma est très utile pour mieux connaître l'histoire de Kerowyn, qui sera plus tard à l'honneur dans un roman subséquent.
Ma note: 2.75/5
Résumé:
Tarma a vu son clan shin'a'in être assassinée. Désireuse de vengeance, elle s'est faite Kal'enedral, Promise à l'Épée, dévouée à Celle-aux-yeux-étoilées, seule condition pour exercer sa vengeance, mais à un lourd coût. Dans sa quête, sa route a croisé celle de Kethry, une sorcière des Vents-Blancs qui a juré d'utiliser sa magie pour le bien. Et qui a une épée bien particulière, appelée Besoin... Ensemble, elles souhaitent rebâtir le clan de Tarma, mais doivent avant cela accumuler l'argent nécessaire. Les deux femmes vont donc chercher à se faire engager comme mercenaires.
Mon avis:
Plus qu'un roman, ce livre est une accumulation de nouvelles inégales. Si les dernières sont plus réussies, les premières manquent de substance. D'autant plus que la grande question du pourquoi les deux femmes se sont retrouvées liées est tout juste abordée et à peine expliquée. Leurs aventures, nombreuses, forment la trame du récit, aventures souvent initiées par Besoin, l'exigeante épée qui oblige sa propriétaire à venir en aide aux femmes en détresse. Celle dont héritera plus tard une certaine Kerowyn... L'histoire se passe environ deux générations avant le coeur des récits prenant place à Valdémar et loin dans les contrées du Sud. Un endroit où semble régner la loi du plus fort et où les deux femmes auront à se battre pour se faire une réputation, mais dans un monde un peu moins misogyne que ne l'est le nôtre. Malgré tout, on sent la volonté de l'auteure de mettre les femmes au premier plan, de toutes les manières possibles. Leurs aventures avec un démon sont un peu répétitive, même si c'est bien la seule chose qui unit le récit. À garder pour les vrais fans de Mercedes Lackey, ce n'est pas son meilleur opus, loin de là. Par contre, de connaître l'histoire de Kethry et Tarma est très utile pour mieux connaître l'histoire de Kerowyn, qui sera plus tard à l'honneur dans un roman subséquent.
Ma note: 2.75/5
Libellés :
Auteurs J à L,
Commentaire de lecture,
Fantasy
lundi 20 juin 2016
Entendez-vous les Murmures...
Ils sont en retard!!!!!!!!
Ça m'énerve royalement parce que je me suis tapée deux heures de route jusqu'à Trois-Rivières pour faire une entrevue avec eux et là... ils ne sont pas là. J'ai beau revérifier mes courriels à répétition, ni Michel, ni Mathieu ne donnent de signes de vie. Et ils ne sont pas dans le café non plus. Non, la seule personne qui s'y trouve en ce moment est un vieil homme à l'air confus, qui a l'apparence d'un hipster déchu à la sauce fou du village. Pourtant, quelque chose me fascine en lui. Il a comme une certaine noblesse naturelle qui transpire à travers lui. Ça transpire à de petits détails, qui excluent sa longue chevelure avec une calvitie parfaitement visible et une barbe mal taillée. Remarquant mes petits regards de travers, l'homme se déplace vers ma table. Ouille, il s'assoit devant moi!!!
-Bonjour Madame, comment vous appelez-vous?
-Euh, Mariane.
(Qu'est-ce que je fais!)
Il porte sa tasse à ses lèvres et déguste une gorgée de café.
-C'est un magnifique prénom Mariane, c'est formé de deux mots grecs qui signifient Choisie et Grâce.
Ma mâchoire passe proche de décrocher. Je ne m'attendais pas à une diction si soignée et à une culture si pointue de la part de quelqu'un qui a l'apparence d'un clochard!
-Euh et vous, c'est quoi votre nom?
-Je m'appelle Jean St-Jean, ravi de faire votre connaissance.
(Pas certaine que ce soit réciproque!)
Je le salue tout de même d'un hochement de tête.
-Et euh, vous avez appris le grec où?
-Oh, au Collège des Trois-Rivières, durant les années 50, avec mon frère jumeau Réjean. Mon père voulait que nous fassions notre cours classique. Nous avons abandonné les études après la Syntaxe, en 1958.
En repensant au passé, il a un petit rire qui se veut joyeux, mais qui me glace le sang.
-Avec nos uniformes, il était impossible de nous distinguer: Pantalon gris et veston noir avec un écusson du Collège. La même devise y était brodée avec du fil d'or: Obéissance et foi. Nous étions identiques!
De nouveau ce rire qui fait se hérisser le moindre poil de mon corps. Au point que je remarque à peine la petite famille qui entre au même moment dans le café.
-Pou..Pourquoi avez-vous quitté le Collège?
Il se penche vers moi, complice et pourtant, je ne peux m'empêcher de m'enfoncer aussi loin que possible dans la banquette.
-À cause de ce qui s'est passé dans les Catacombes du Collège ma chère Mariane. Après de tels événements, plus rien ni personne n'aurait pu nous convaincre d'y retourner.
-Euh minute, des catacombes dans un Collège catholique, à la fin des années 1950??? Je crois M. St-Jean que vous vous moquez de moi!
Au lieu de rire, cette fois, il sourit, mais d'un sourire cauchemardesque, presque aussi terrifiant que son rire.
-Vous n'avez jamais entendu parler des disciples de Théo?
-Euh non.
-Vous avez de la chance, beaucoup de chance... Une chance que vous n'aurez plus bien longtemps.
Je dois avoir tiré une face à points d'interrogation parce qu'il ajoute en se penchant vers moi:
-Le secret que je garde depuis tant d'années sera bientôt révélé. La loi su Secret sera rompue et mon âme soulagée du poids de celui-ci, peut importe ce qu'en pense mes complices.
Sur ce, il se lève et lentement, mais dignement, va reposer sa tasse vide sur le comptoir avant de quitter les lieux. Je le suis des yeux dans la rue avant de revenir vers l'intérieur du café et constater que le papa qui était entrée quelques instants plus tôt est planté devant moi et me regarde avec un air éberlué.
-Ouais, le secret sera révélé...
Ce type est presque aussi bizarre que l'autre, même s'il est nettement plus jeune. Toutefois quelques cheveux gris strient sa chevelure et des lunettes sont perchées sur son nez. Dans la rue, je ne me serais pas méfiée de lui car il a l'air d'un type tranquille. Sauf que là, la tête qu'il fait le classe dans la catégorie à surveiller du coin de l'oeil parce qu'il a l'air juste TROP bizarre! Pas loin à une table, une jeune femme babille avec un garçonnet qui a un air de famille avec l'homme qui se tient devant moi, sa tasse de café à la main.
Il s'assoit devant moi, l'air de s'en rendre plus ou moins compte.
-Les secrets ne sont pas bons.
Il secoue la tête, perdu dans ses pensées.
-Mais le secret est immanent à la condition humaine, le secret est humain disait Saint Thomas D'Aquin...
Tout à coup, il semble s'apercevoir de ma présence.
-Oh, je suis désolé, je suis professeur de philosophie au cégep, je m'appelle Mathieu.
Éclair d'espoir soudain!
-Mathieu Croisetière?
-Euh, non, je ne connais pas cette personne.
(zut!!!!)
Le voilà retourné dans ses pensées! Il se murmure, comme à lui-même.
-Moi aussi, j'en ai un secret, depuis longtemps.
-Euh, je ne veux pas être désagréable, mais si c'est un secret, ça ne me concerne absolument pas!
Il secoue doucement la tête.
-Non, mais les secrets rongent les gens, moi en tout cas, je n'ai jamais pu oublier et ça fait bientôt 15 ans.
Il se remet à se parler, davantage pour lui-même que pour moi, alors que lentement, je sens un très grand malaise m'envahir.
-C'était aux Chutes, à Ste-Ursule, personne ne me forcera à y retourner, même si c'est là que je suis né. Ce n'était pas sensé arriver, personne ne me croira si je le racontais de toutes façons, même moi, j'ai du mal à y croire... En fait, on était juste allé fumer un petit joint en gang avant de rentrer dormir....
-Et que s'est-il passé?
Il me regarde soudainement avec un regard fixe braqué sur moi et devient blanc jusqu'à la racine des cheveux.
-Mathieu?
La femme, nous fait un petit signe de l'autre table, visiblement étonnée que son conjoint ne les aie pas rejoints. L'homme se lève aussitôt, gêné, me quitte en marmonnant de vagues excuses et se hâte de rejoindre sa famille. Pour ma part, j'ai vu assez d'hurluberlus pour la journée, je ramasse mes affaires et quitte aussitôt le café.
En sortant, mon cellulaire émet deux bips caractéristiques de l'arrivée de courriels. Le premier vient de Michel:
« Mariane, je suis désolé, j'ai eu un accident, je ne pourrai pas me présenter à l'entrevue, je suis vraiment désolé, mais là, je dois absolument aller au garage...»
Je pousse un grognement et passe au second message, de Mathieu cette fois:
«Mariane, es-tu toujours là? Je suis désolé, je t'ai totalement oubliée!!!»
Je soupire et envoie un courriel aux deux pour leur demander de me donner quand même quelques détails sur leur nouvelle respective pour que je puisse faire la présentation. Le temps que je m'assois dans ma voiture, un premier bip retentit. C'est de Michel.
«Bien sûr, aucun problème. Mon personnage principal s'appelle Jean St-Jean et ma nouvelle parle de ce qui lui est arrivé avec son frère jumeau Réjean lors de son année de Syntaxe au Collège des Trois-Rivières en 1958. Je t'envoie un autre courriel plus tard pour te donner plus de détails, désolé encore!»
La température tropicale de ma voiture semble soudain diminuer de plusieurs degrés d'un seul coup. Je lis et relis le courriel de Michel en essayant de garder une respiration normale.
Un autre bip m'avertit de l'arrivée de courriel de Mathieu:
«Oui, mais bien sûr, mon personnage s'appelle Mathieu comme moi et il enseigne la philosophie au Cégep de Shawinigan. Il vient de Ste-Ursule et ma nouvelle parle de ce qui s'est passé aux Chutes il y a 15 ans.»
Je me tortille le cou pour voir l'intérieur du café. Vide. Je laisse tomber mon cellulaire sur le siège du passager, tourne la clé de contact et démarre sur les chapeaux de roue pour quitter au plus vite Trois-Rivières.
Et MERDE!!!! me dis-je en prenant la bretelle de l'autoroute.
*********
Hé oui, j'ajoute ma roue à l'épaule de la campagne de promotion des Six Brumes en vous présentant le duo du Grand Trois-Rivières, Mathieu Croisetière et Michel Châteauneuf, dont je suis fière de défendre les couleurs!
Pour ceux qui ne sauraient pas. les Six Brumes sont en ce moment en pleine campagne de socio-financement pour leurs projets 2016. Il est encore temps de participer et de faire fleurir la littérature de la Mauricie et d'ailleurs!
Au fait, si vous avez aimé ma présentation, n'hésiter pas à voter pour mon duo, de très intéressantes suites pourraient suivre! ;)
@+ Mariane
Ça m'énerve royalement parce que je me suis tapée deux heures de route jusqu'à Trois-Rivières pour faire une entrevue avec eux et là... ils ne sont pas là. J'ai beau revérifier mes courriels à répétition, ni Michel, ni Mathieu ne donnent de signes de vie. Et ils ne sont pas dans le café non plus. Non, la seule personne qui s'y trouve en ce moment est un vieil homme à l'air confus, qui a l'apparence d'un hipster déchu à la sauce fou du village. Pourtant, quelque chose me fascine en lui. Il a comme une certaine noblesse naturelle qui transpire à travers lui. Ça transpire à de petits détails, qui excluent sa longue chevelure avec une calvitie parfaitement visible et une barbe mal taillée. Remarquant mes petits regards de travers, l'homme se déplace vers ma table. Ouille, il s'assoit devant moi!!!
-Bonjour Madame, comment vous appelez-vous?
-Euh, Mariane.
(Qu'est-ce que je fais!)
Il porte sa tasse à ses lèvres et déguste une gorgée de café.
-C'est un magnifique prénom Mariane, c'est formé de deux mots grecs qui signifient Choisie et Grâce.
Ma mâchoire passe proche de décrocher. Je ne m'attendais pas à une diction si soignée et à une culture si pointue de la part de quelqu'un qui a l'apparence d'un clochard!
-Euh et vous, c'est quoi votre nom?
-Je m'appelle Jean St-Jean, ravi de faire votre connaissance.
(Pas certaine que ce soit réciproque!)
Je le salue tout de même d'un hochement de tête.
-Et euh, vous avez appris le grec où?
-Oh, au Collège des Trois-Rivières, durant les années 50, avec mon frère jumeau Réjean. Mon père voulait que nous fassions notre cours classique. Nous avons abandonné les études après la Syntaxe, en 1958.
En repensant au passé, il a un petit rire qui se veut joyeux, mais qui me glace le sang.
-Avec nos uniformes, il était impossible de nous distinguer: Pantalon gris et veston noir avec un écusson du Collège. La même devise y était brodée avec du fil d'or: Obéissance et foi. Nous étions identiques!
De nouveau ce rire qui fait se hérisser le moindre poil de mon corps. Au point que je remarque à peine la petite famille qui entre au même moment dans le café.
-Pou..Pourquoi avez-vous quitté le Collège?
Il se penche vers moi, complice et pourtant, je ne peux m'empêcher de m'enfoncer aussi loin que possible dans la banquette.
-À cause de ce qui s'est passé dans les Catacombes du Collège ma chère Mariane. Après de tels événements, plus rien ni personne n'aurait pu nous convaincre d'y retourner.
-Euh minute, des catacombes dans un Collège catholique, à la fin des années 1950??? Je crois M. St-Jean que vous vous moquez de moi!
Au lieu de rire, cette fois, il sourit, mais d'un sourire cauchemardesque, presque aussi terrifiant que son rire.
-Vous n'avez jamais entendu parler des disciples de Théo?
-Euh non.
-Vous avez de la chance, beaucoup de chance... Une chance que vous n'aurez plus bien longtemps.
Je dois avoir tiré une face à points d'interrogation parce qu'il ajoute en se penchant vers moi:
-Le secret que je garde depuis tant d'années sera bientôt révélé. La loi su Secret sera rompue et mon âme soulagée du poids de celui-ci, peut importe ce qu'en pense mes complices.
Sur ce, il se lève et lentement, mais dignement, va reposer sa tasse vide sur le comptoir avant de quitter les lieux. Je le suis des yeux dans la rue avant de revenir vers l'intérieur du café et constater que le papa qui était entrée quelques instants plus tôt est planté devant moi et me regarde avec un air éberlué.
-Ouais, le secret sera révélé...
Ce type est presque aussi bizarre que l'autre, même s'il est nettement plus jeune. Toutefois quelques cheveux gris strient sa chevelure et des lunettes sont perchées sur son nez. Dans la rue, je ne me serais pas méfiée de lui car il a l'air d'un type tranquille. Sauf que là, la tête qu'il fait le classe dans la catégorie à surveiller du coin de l'oeil parce qu'il a l'air juste TROP bizarre! Pas loin à une table, une jeune femme babille avec un garçonnet qui a un air de famille avec l'homme qui se tient devant moi, sa tasse de café à la main.
Il s'assoit devant moi, l'air de s'en rendre plus ou moins compte.
-Les secrets ne sont pas bons.
Il secoue la tête, perdu dans ses pensées.
-Mais le secret est immanent à la condition humaine, le secret est humain disait Saint Thomas D'Aquin...
Tout à coup, il semble s'apercevoir de ma présence.
-Oh, je suis désolé, je suis professeur de philosophie au cégep, je m'appelle Mathieu.
Éclair d'espoir soudain!
-Mathieu Croisetière?
-Euh, non, je ne connais pas cette personne.
(zut!!!!)
Le voilà retourné dans ses pensées! Il se murmure, comme à lui-même.
-Moi aussi, j'en ai un secret, depuis longtemps.
-Euh, je ne veux pas être désagréable, mais si c'est un secret, ça ne me concerne absolument pas!
Il secoue doucement la tête.
-Non, mais les secrets rongent les gens, moi en tout cas, je n'ai jamais pu oublier et ça fait bientôt 15 ans.
Il se remet à se parler, davantage pour lui-même que pour moi, alors que lentement, je sens un très grand malaise m'envahir.
-C'était aux Chutes, à Ste-Ursule, personne ne me forcera à y retourner, même si c'est là que je suis né. Ce n'était pas sensé arriver, personne ne me croira si je le racontais de toutes façons, même moi, j'ai du mal à y croire... En fait, on était juste allé fumer un petit joint en gang avant de rentrer dormir....
-Et que s'est-il passé?
Il me regarde soudainement avec un regard fixe braqué sur moi et devient blanc jusqu'à la racine des cheveux.
-Mathieu?
La femme, nous fait un petit signe de l'autre table, visiblement étonnée que son conjoint ne les aie pas rejoints. L'homme se lève aussitôt, gêné, me quitte en marmonnant de vagues excuses et se hâte de rejoindre sa famille. Pour ma part, j'ai vu assez d'hurluberlus pour la journée, je ramasse mes affaires et quitte aussitôt le café.
En sortant, mon cellulaire émet deux bips caractéristiques de l'arrivée de courriels. Le premier vient de Michel:
« Mariane, je suis désolé, j'ai eu un accident, je ne pourrai pas me présenter à l'entrevue, je suis vraiment désolé, mais là, je dois absolument aller au garage...»
Je pousse un grognement et passe au second message, de Mathieu cette fois:
«Mariane, es-tu toujours là? Je suis désolé, je t'ai totalement oubliée!!!»
Je soupire et envoie un courriel aux deux pour leur demander de me donner quand même quelques détails sur leur nouvelle respective pour que je puisse faire la présentation. Le temps que je m'assois dans ma voiture, un premier bip retentit. C'est de Michel.
«Bien sûr, aucun problème. Mon personnage principal s'appelle Jean St-Jean et ma nouvelle parle de ce qui lui est arrivé avec son frère jumeau Réjean lors de son année de Syntaxe au Collège des Trois-Rivières en 1958. Je t'envoie un autre courriel plus tard pour te donner plus de détails, désolé encore!»
La température tropicale de ma voiture semble soudain diminuer de plusieurs degrés d'un seul coup. Je lis et relis le courriel de Michel en essayant de garder une respiration normale.
Un autre bip m'avertit de l'arrivée de courriel de Mathieu:
«Oui, mais bien sûr, mon personnage s'appelle Mathieu comme moi et il enseigne la philosophie au Cégep de Shawinigan. Il vient de Ste-Ursule et ma nouvelle parle de ce qui s'est passé aux Chutes il y a 15 ans.»
Je me tortille le cou pour voir l'intérieur du café. Vide. Je laisse tomber mon cellulaire sur le siège du passager, tourne la clé de contact et démarre sur les chapeaux de roue pour quitter au plus vite Trois-Rivières.
Et MERDE!!!! me dis-je en prenant la bretelle de l'autoroute.
*********
Hé oui, j'ajoute ma roue à l'épaule de la campagne de promotion des Six Brumes en vous présentant le duo du Grand Trois-Rivières, Mathieu Croisetière et Michel Châteauneuf, dont je suis fière de défendre les couleurs!
Pour ceux qui ne sauraient pas. les Six Brumes sont en ce moment en pleine campagne de socio-financement pour leurs projets 2016. Il est encore temps de participer et de faire fleurir la littérature de la Mauricie et d'ailleurs!
Au fait, si vous avez aimé ma présentation, n'hésiter pas à voter pour mon duo, de très intéressantes suites pourraient suivre! ;)
@+ Mariane
lundi 25 avril 2016
L'art de la fin
Salut!
Vous savez, s'il y a bien une chose difficile à accepter pour un lecteur, c'est une fin. Parce que la fin, c'est tout ce qu'il nous reste d'un livre après l'avoir fini. C'est la dernière goutte de jus d'un citron que l'on finit de presser. C'est la dernière goutte de la bouteille de champagne que l'on vient de boire. C'est la saveur qui reste après avoir fini le gâteau. C'est ce qui reste à la fin, quand tout le reste est fini. Et c'est pour ça que l'impression est durable. Et qu'une bonne fin est aussi dure à réussir.
Je crois que le complexe de la fin est infini chez les auteurs. Parce que les auteurs qui ont réussi des livres merveilleux gâché par une fin qui a tout fait tourné en eau de boudin, ils sont légions. Et que la pression est énorme pour bien finir son livre, encore plus quand il s'agit d'une série! Je n'ose même pas imaginer le stress qu'ont vécu certains d'entre eux en pensant à leurs fins, surtout quand elles étaient attendues par des milliers de lecteurs. Mais même pour l'auteur moyen, le poids reste énorme parce que la fin, c'est aussi le point final à une oeuvre auquel ils ont consacré des centaines d'heures, voir des années. Pas évident...
Quels sont les caractéristiques d'une bonne fin? Il y en a tellement! Et ils ne s'appliquent pas d'une manière égale, dépendant du reste du ou des livres qui l'ont précédé. Une chose est sûre, la fin doit être en lien avec le reste de l'oeuvre. Si ça s'éloigne trop du sujet, les lecteurs renâcleront, parce qu'ils auront l'impression de perdre quelque chose. Autre point, la fin doit répondre au moins à une partie des questions qui ont été soulevée par l'intrigue ou amené une résolution dans les problèmes affrontés par les protagonistes. Sinon, pourquoi finir? Ok, à part dans les films de Marvel où rien ne finit jamais vraiment, dans la vraie vie, on met souvent un point final à certains choses. Dans les livres, on peut se les permettre plus ou moins définitifs, selon la volonté de l'auteur(e).
Autre difficulté, souvent la fin doit représenter une apothéose de l'oeuvre, parce que tous les chemins mènent à la fin. Honnêtement, on continue la lecture d'un livre parce qu'on a envie de savoir la fin non? Un retournement de dernière minute peut constituer une fin, mais une fin peut tout autant représenter plusieurs chapitres. Et quand on parle de fin, pense-t-on exclusivement à la flamboyante bataille finale ou plutôt aux paragraphes qui suivent, qui représentent souvent la résolution? Pense-t-on aux moments de tensions, de décisions? La fin peut être tout en douceur également. C'est le moment où les amoureux se déclarent leurs sentiments, c'est la fin de la guerre et le début de la reconstruction dont on nous laisse à peine deviner les prémisses. C'est aussi parfois la chute du héros ou sa mort. C'est l'échec, la réussite, la résilience, le bonheur. C'est la fin de ce que l'on a vécu au cours du roman.
Mais il y a aussi une autre caractéristique à la fin: c'est un début. C'est un passage vers autre chose. Quoi? On ne le sait pas nécessairement, mais on laissera les personnages du livre (du moins, les vivants) le savoir et le découvrir par eux-mêmes. On les laisse au seuil de cette nouvelle vie, de ce nouveau début. Et c'est là je crois la clé de la bonne fin: réaliser ce passage, qu'il soit fracassant ou non, vers autre chose. Bien sûr, il y aura toujours des déceptions. On aurait toujours, comme lecteur, voulu un destin différent pour tel ou tel personnage, dépendant de la vision et de nos espoirs pour celui-ci. Et oui, l'auteur reste le maître sur le dernier mot que l'on lira et sur les événements qui y arriveront. La clé ne réside pas dans les événements eux-mêmes bien souvent, mais dans ce passage et vers, j'oserai dire, le destin dans lequel l'auteur enligne ses personnages. Parce qu'après avoir fini le livre, il nous reste l'avenir à imaginer et l'auteur ne peut que nous orienter vers celui-ci. Les fins ouvertes aident parfois, d'autres fois nuisent. C'est selon les cas et les situations. Chacun des deux peuvent être pertinents.
Dans tous les cas, et ça je crois que les auteurs le savent car ils sont les premiers à le vivre, la fin est une forme de deuil. Nécessaire, mais pas toujours facile. Et l'une des étapes du deuil est la colère. Normal que les fins entraînent parfois de vivres réactions.
@+ Mariane
Vous savez, s'il y a bien une chose difficile à accepter pour un lecteur, c'est une fin. Parce que la fin, c'est tout ce qu'il nous reste d'un livre après l'avoir fini. C'est la dernière goutte de jus d'un citron que l'on finit de presser. C'est la dernière goutte de la bouteille de champagne que l'on vient de boire. C'est la saveur qui reste après avoir fini le gâteau. C'est ce qui reste à la fin, quand tout le reste est fini. Et c'est pour ça que l'impression est durable. Et qu'une bonne fin est aussi dure à réussir.
Je crois que le complexe de la fin est infini chez les auteurs. Parce que les auteurs qui ont réussi des livres merveilleux gâché par une fin qui a tout fait tourné en eau de boudin, ils sont légions. Et que la pression est énorme pour bien finir son livre, encore plus quand il s'agit d'une série! Je n'ose même pas imaginer le stress qu'ont vécu certains d'entre eux en pensant à leurs fins, surtout quand elles étaient attendues par des milliers de lecteurs. Mais même pour l'auteur moyen, le poids reste énorme parce que la fin, c'est aussi le point final à une oeuvre auquel ils ont consacré des centaines d'heures, voir des années. Pas évident...
Quels sont les caractéristiques d'une bonne fin? Il y en a tellement! Et ils ne s'appliquent pas d'une manière égale, dépendant du reste du ou des livres qui l'ont précédé. Une chose est sûre, la fin doit être en lien avec le reste de l'oeuvre. Si ça s'éloigne trop du sujet, les lecteurs renâcleront, parce qu'ils auront l'impression de perdre quelque chose. Autre point, la fin doit répondre au moins à une partie des questions qui ont été soulevée par l'intrigue ou amené une résolution dans les problèmes affrontés par les protagonistes. Sinon, pourquoi finir? Ok, à part dans les films de Marvel où rien ne finit jamais vraiment, dans la vraie vie, on met souvent un point final à certains choses. Dans les livres, on peut se les permettre plus ou moins définitifs, selon la volonté de l'auteur(e).
Autre difficulté, souvent la fin doit représenter une apothéose de l'oeuvre, parce que tous les chemins mènent à la fin. Honnêtement, on continue la lecture d'un livre parce qu'on a envie de savoir la fin non? Un retournement de dernière minute peut constituer une fin, mais une fin peut tout autant représenter plusieurs chapitres. Et quand on parle de fin, pense-t-on exclusivement à la flamboyante bataille finale ou plutôt aux paragraphes qui suivent, qui représentent souvent la résolution? Pense-t-on aux moments de tensions, de décisions? La fin peut être tout en douceur également. C'est le moment où les amoureux se déclarent leurs sentiments, c'est la fin de la guerre et le début de la reconstruction dont on nous laisse à peine deviner les prémisses. C'est aussi parfois la chute du héros ou sa mort. C'est l'échec, la réussite, la résilience, le bonheur. C'est la fin de ce que l'on a vécu au cours du roman.
Mais il y a aussi une autre caractéristique à la fin: c'est un début. C'est un passage vers autre chose. Quoi? On ne le sait pas nécessairement, mais on laissera les personnages du livre (du moins, les vivants) le savoir et le découvrir par eux-mêmes. On les laisse au seuil de cette nouvelle vie, de ce nouveau début. Et c'est là je crois la clé de la bonne fin: réaliser ce passage, qu'il soit fracassant ou non, vers autre chose. Bien sûr, il y aura toujours des déceptions. On aurait toujours, comme lecteur, voulu un destin différent pour tel ou tel personnage, dépendant de la vision et de nos espoirs pour celui-ci. Et oui, l'auteur reste le maître sur le dernier mot que l'on lira et sur les événements qui y arriveront. La clé ne réside pas dans les événements eux-mêmes bien souvent, mais dans ce passage et vers, j'oserai dire, le destin dans lequel l'auteur enligne ses personnages. Parce qu'après avoir fini le livre, il nous reste l'avenir à imaginer et l'auteur ne peut que nous orienter vers celui-ci. Les fins ouvertes aident parfois, d'autres fois nuisent. C'est selon les cas et les situations. Chacun des deux peuvent être pertinents.
Dans tous les cas, et ça je crois que les auteurs le savent car ils sont les premiers à le vivre, la fin est une forme de deuil. Nécessaire, mais pas toujours facile. Et l'une des étapes du deuil est la colère. Normal que les fins entraînent parfois de vivres réactions.
@+ Mariane
jeudi 21 avril 2016
Faire des bombes pour Hitler de Marsha Forchuk Skrypuch
Faire des bombes pour Hitler Marsha Forchuk Skrypuch Scholastic 217 pages
Résumé:
Ukraine, 1943. Lida et sa soeur Larissa ont tout perdu: mère exécutée par les nazis pour avoir tenté de protéger leur voisine juive et sa famille, père envoyé en Sibérie par les soviétiques, elles ont été capturées ensemble par la Gestapo. Alors que sa petite soeur est jugée «racialement assimilable», Lida est envoyé dans un camp de travail forcé. Elle ment sur son âge et met en valeur ses talents de couturière pour échapper à la mort, malgré les conditions de travail terrible. Parmi les travaux auquel elle sera contrainte, il y a le pire de tous: fabriquer des bombes pour alimenter la machine de guerre nazie. Un travail qui se fait dans des usines où la moindre étincelle peut tout faire sauter tout en étant la première cible des frappes alliées.
Mon avis:
J'avais été renversée par la force du roman Enfant volée de la même auteure qui racontait l'histoire de Larissa. À la fin du livre, elle retrouvait sa mémoire (soigneusement effacée par un lavage de cerveau des nazis) et voulait retrouver sa soeur, sans que l'on sache quel était son destin. Ce livre apporte la réponse à la question, le livre commençant au moment où les deux soeurs sont séparées. Sans avoir la puissance d'Enfant volée où toute l'émotion passait par des flash backs du passé de la fillette qu'elle retrouvait au fil du temps et des événements, ce livre réussi à nous glacer le sang en parlant encore une fois du système concentrationnaire. On a énormément parlé des camps de la mort depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, oubliant souvent que le système concentrationnaire était encore plus vaste et plus cinglé que l'on aurait pu le penser. La petite Lida sera exploitée, elle, ainsi que des milliers d'autres, dans les camps de travail simplement à cause de leurs origines, elle qui sera étiquetée russe malgré ses origines ukrainiennes. De nombreux ukrainiens sont morts de faim ou d'épuisement à cause de leurs conditions de travail démentes. C'est hallucinant de voir comment la pensée raciale nazie était appliquée au moindre détail de l'organisation du camp de travail: selon leur rang, les prisonniers n'avaient pas droit à la même nourriture, aux mêmes travaux, aux mêmes libertés. De le voir de l'intérieur, à travers le regard de Lida, est hallucinant et nous renseigne sur pleins de détails de la vie dans ces camps. L'histoire en est moins prenante car très didactique, tout en restant poignante: comment ne pas avoir le souffle coupé en apprenant que les enfants de moins de 12 ans étaient vidés de leur sang pour alimenter les banques de sang des soldats blessés au front? Comment ne pas voir la cruauté quand on faisait manger cote à cote des personnes dont l'une avait le droit à un bon ragoût plein de viande et l'autre une soupe claire de navet pourri? Comment ne pas frisonner en se rendant compte que les russes et ukrainiens étaient privés de savon et étaient obligés de se laver avec de la soude, hautement irritante? Ça et plein d'autres exemples montrent la dureté de la vie dans ces camps. Lida est un personnage avant tout utile au récit. Elle a certes une personnalité, mais, on voit que l'auteure l'a volontairement mis en présence de nombreux autres personnages pour nous montrer certaines réalités. Ça passe bien, mais on voit quand même la ficelle. Un excellent roman pour connaître une autre facette horrible du système concentrationnaire et nous faire comprendre que l'horreur ne s'est pas arrêté aux camps de la mort, qu'elle était encore plus vaste et plus tatillonne que l'on aurait pu le penser, sans avoir toute la puissance dramatique d'Enfant volée.
Ma note: 4.25/5
Résumé:
Ukraine, 1943. Lida et sa soeur Larissa ont tout perdu: mère exécutée par les nazis pour avoir tenté de protéger leur voisine juive et sa famille, père envoyé en Sibérie par les soviétiques, elles ont été capturées ensemble par la Gestapo. Alors que sa petite soeur est jugée «racialement assimilable», Lida est envoyé dans un camp de travail forcé. Elle ment sur son âge et met en valeur ses talents de couturière pour échapper à la mort, malgré les conditions de travail terrible. Parmi les travaux auquel elle sera contrainte, il y a le pire de tous: fabriquer des bombes pour alimenter la machine de guerre nazie. Un travail qui se fait dans des usines où la moindre étincelle peut tout faire sauter tout en étant la première cible des frappes alliées.
Mon avis:
J'avais été renversée par la force du roman Enfant volée de la même auteure qui racontait l'histoire de Larissa. À la fin du livre, elle retrouvait sa mémoire (soigneusement effacée par un lavage de cerveau des nazis) et voulait retrouver sa soeur, sans que l'on sache quel était son destin. Ce livre apporte la réponse à la question, le livre commençant au moment où les deux soeurs sont séparées. Sans avoir la puissance d'Enfant volée où toute l'émotion passait par des flash backs du passé de la fillette qu'elle retrouvait au fil du temps et des événements, ce livre réussi à nous glacer le sang en parlant encore une fois du système concentrationnaire. On a énormément parlé des camps de la mort depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, oubliant souvent que le système concentrationnaire était encore plus vaste et plus cinglé que l'on aurait pu le penser. La petite Lida sera exploitée, elle, ainsi que des milliers d'autres, dans les camps de travail simplement à cause de leurs origines, elle qui sera étiquetée russe malgré ses origines ukrainiennes. De nombreux ukrainiens sont morts de faim ou d'épuisement à cause de leurs conditions de travail démentes. C'est hallucinant de voir comment la pensée raciale nazie était appliquée au moindre détail de l'organisation du camp de travail: selon leur rang, les prisonniers n'avaient pas droit à la même nourriture, aux mêmes travaux, aux mêmes libertés. De le voir de l'intérieur, à travers le regard de Lida, est hallucinant et nous renseigne sur pleins de détails de la vie dans ces camps. L'histoire en est moins prenante car très didactique, tout en restant poignante: comment ne pas avoir le souffle coupé en apprenant que les enfants de moins de 12 ans étaient vidés de leur sang pour alimenter les banques de sang des soldats blessés au front? Comment ne pas voir la cruauté quand on faisait manger cote à cote des personnes dont l'une avait le droit à un bon ragoût plein de viande et l'autre une soupe claire de navet pourri? Comment ne pas frisonner en se rendant compte que les russes et ukrainiens étaient privés de savon et étaient obligés de se laver avec de la soude, hautement irritante? Ça et plein d'autres exemples montrent la dureté de la vie dans ces camps. Lida est un personnage avant tout utile au récit. Elle a certes une personnalité, mais, on voit que l'auteure l'a volontairement mis en présence de nombreux autres personnages pour nous montrer certaines réalités. Ça passe bien, mais on voit quand même la ficelle. Un excellent roman pour connaître une autre facette horrible du système concentrationnaire et nous faire comprendre que l'horreur ne s'est pas arrêté aux camps de la mort, qu'elle était encore plus vaste et plus tatillonne que l'on aurait pu le penser, sans avoir toute la puissance dramatique d'Enfant volée.
Ma note: 4.25/5
lundi 18 avril 2016
Vive la cruauté!
Salut!
Je me confesse, je suis une ex-junkie repentie du divulgâchage, (Si ce mot ne figure pas dans votre dictionnaire, vous pouvez le traduire par spoileuse, c'est la même chose! :P ) Bref, pendant des années, je me suis délectée de raconter jusqu'à la fin et dans les détails les multiples rebondissements des intrigues que j'avais lu... à des gens qui ne l'avaient pas lu. Et j'en mettais. Des tonnes. Je racontais tout, tout, tout. Juste pour le plaisir de revivre l'émotion que j'avais ressenti à a lecture. Jusqu'au jour ou ex-Belle-Soeur m'a gentiment fait la remarque:
-C'est ben le fun les livres dont tu nous parles Mariane, ça donne vraiment envie de les lire... mais on sait déjà la fin pourquoi on les lirait?
Zut.
Vraiment zut.
Dans mon univers personnel, ça a été l'équivalent d'une petite dépression. Je me suis profondément remise en question. Avais-je le droit de laisser mon côté trippeuse de livres empiéter sur le droit aux lecteurs de savourer par eux-même la fin de l'histoire et la joie de cette découverte? Bien sûr, dans mon métier d'alors, j'avais l'obligation de ne pas trop en dire donc je me retenais (tant bien que!) mal. Je me suis alors mise à me contenir et à essayer de rester relativement discrète. Ça a été une torture. Jusqu'au jour où j'ai trouvé LA solution.
La cruauté.
Donner juste assez envie à un lecteur qu'il ouvre le livre et ensuite, alimenter le goût d'y retourner sans cesse par des petits remarques glissée pas si subtilement, ne rien dire, ne rien dévoiler, juste partir plus loin un sourire machiavélique aux lèvres et savourer le plaisir pervers de voir la victime se tordre d'une délicieuse douleur afin de savoir la fin étant donné que je n'ai fait qu'ajouter à leurs angoisses. C'est ma nouvelle drogue et je me suis rendue compte qu'elle est encore plus forte que le plaisir du divulgâchage. Vraiment forte.
Cependant, cette addiction ne peut se nourrir que lorsque l'on a des lecteurs à proximité qui se laisse prendre dans le filet. Je suis donc depuis quelques temps comme une araignée qui guette ses proies dans le domaine. Je ne laisse pas souvent filer une occasion, quitte à risquer de perdre un livre au passage, parce que je suis devenue une prêteuse en série de livres à cause de ça.
Et puis, quand ma victime a fini le livre, mais OOOOOOOHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!! Double-plaisir! Parce que je crois qu'aussi agréable au moins que la cruauté envers un lecteur est la joie de pouvoir jaser en long et en large d'une oeuvre avec une personne qui l'a autant aimé que nous. C'est presque aussi bien que le divulgâchage...
Bref, laisser ne pas traîner vos oreilles près de moi après que j'ai eu l'air sadique avec une personne tenant un livre...
@+ Mariane
Je me confesse, je suis une ex-junkie repentie du divulgâchage, (Si ce mot ne figure pas dans votre dictionnaire, vous pouvez le traduire par spoileuse, c'est la même chose! :P ) Bref, pendant des années, je me suis délectée de raconter jusqu'à la fin et dans les détails les multiples rebondissements des intrigues que j'avais lu... à des gens qui ne l'avaient pas lu. Et j'en mettais. Des tonnes. Je racontais tout, tout, tout. Juste pour le plaisir de revivre l'émotion que j'avais ressenti à a lecture. Jusqu'au jour ou ex-Belle-Soeur m'a gentiment fait la remarque:
-C'est ben le fun les livres dont tu nous parles Mariane, ça donne vraiment envie de les lire... mais on sait déjà la fin pourquoi on les lirait?
Zut.
Vraiment zut.
Dans mon univers personnel, ça a été l'équivalent d'une petite dépression. Je me suis profondément remise en question. Avais-je le droit de laisser mon côté trippeuse de livres empiéter sur le droit aux lecteurs de savourer par eux-même la fin de l'histoire et la joie de cette découverte? Bien sûr, dans mon métier d'alors, j'avais l'obligation de ne pas trop en dire donc je me retenais (tant bien que!) mal. Je me suis alors mise à me contenir et à essayer de rester relativement discrète. Ça a été une torture. Jusqu'au jour où j'ai trouvé LA solution.
La cruauté.
Donner juste assez envie à un lecteur qu'il ouvre le livre et ensuite, alimenter le goût d'y retourner sans cesse par des petits remarques glissée pas si subtilement, ne rien dire, ne rien dévoiler, juste partir plus loin un sourire machiavélique aux lèvres et savourer le plaisir pervers de voir la victime se tordre d'une délicieuse douleur afin de savoir la fin étant donné que je n'ai fait qu'ajouter à leurs angoisses. C'est ma nouvelle drogue et je me suis rendue compte qu'elle est encore plus forte que le plaisir du divulgâchage. Vraiment forte.
Cependant, cette addiction ne peut se nourrir que lorsque l'on a des lecteurs à proximité qui se laisse prendre dans le filet. Je suis donc depuis quelques temps comme une araignée qui guette ses proies dans le domaine. Je ne laisse pas souvent filer une occasion, quitte à risquer de perdre un livre au passage, parce que je suis devenue une prêteuse en série de livres à cause de ça.
Et puis, quand ma victime a fini le livre, mais OOOOOOOHHHHHHHHHHHHHHH!!!!!!!!!!!! Double-plaisir! Parce que je crois qu'aussi agréable au moins que la cruauté envers un lecteur est la joie de pouvoir jaser en long et en large d'une oeuvre avec une personne qui l'a autant aimé que nous. C'est presque aussi bien que le divulgâchage...
Bref, laisser ne pas traîner vos oreilles près de moi après que j'ai eu l'air sadique avec une personne tenant un livre...
@+ Mariane
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