jeudi 19 juin 2014

Des bijouteries et des boulangeries

Salut!

Quand j'étudiais en enseignement à l'UQÀM, nous avons eu droit à un cours de géographie qui est resté dans les mémoires comme étant d'une platitude suprême: géographie humaine.  Le prof n'avait pas vraiment le tour de nous donner envie de sa matière et en même temps, il passait son temps à pester contre ce que nous avions vu au secondaire.  Rien pour nous donner envie de ce qu'il nous enseignait.  N'empêche, ce cours était très utile: on y apprenait plusieurs notions géographiques qui nous ont été forts utiles par la suite.  Je ne m'attarderais pas sur l'ensemble du cours, mais bien sur un seul exemple qui nous a été souvent répété: celui des boulangeries et des bijouteries.

Selon ce concept, on peut étudier la répartition des commerces selon une certaine logique: les boulangeries représentent un commerce de proximité, le pain un bien d'utilisation courante et quotidienne, une nécessité même: les gens y vont plus souvent, donc, il y en aura plus sur la carte.  La densité des boulangeries par territoire donné sera supérieure à celui, par exemple, des bijouteries.  Les bijoux représentent un bien de luxe donc, on en aura beaucoup moins besoin que des boulangeries.  Les gens n'achètent pas des bagues de fiançailles ou des colliers en diamants à tous les jours après tout!  Ce qui fait donc que les bijouteries auront une densité moins grande sur un territoire donné.  Parce que c'est moins un bien essentiel, précieux et que les gens seront davantage prêts à faire des distance plus longues pour aller dans ce genre de commerce.  C'est une question de simple logique.

Qu'en est-il des librairies?  Si on regarde la répartition des librairies au Québec, ça donne à peu près ça:

Source de la carte: leslibraires.ca

On ne parle ici que des librairies indépendantes.  Je n'ai pas trouvé de carte semblable pour les Renaud-Bray et Archambault, mais ça ajouterait essentiellement des succursales dans des zones où il y en a déjà.  Donc, pour exemple, je vais me fier à cette carte.

Vous ne remarquez rien?  De larges trous existent partout au Québec.  Dans des régions moins peuplées certes, mais tout de même...  Rien entre l'Abitibi et la Rive-Nord de Montréal?  Rien entre Gaspé et Rimouski?  Rien entre le Saguenay et la ville de Québec?  Rien ou presque dans Lanaudière?

Revenons à mon exemple des boulangeries et des bijouteries.  Êtes-vous déjà allé dans un centre commercial où il n'y a pas de bijouterie?  Voir deux parfois?  Dans un centre-ville?  J'ai largement fait des deux lors des derniers mois et je ne me rappelle aucun cas où cela soit arrivé.  Pourtant, il semblerait normal pour beaucoup de gens de ne pas avoir de librairie à proximité.  Certes, maintenant, on trouve des livres dans les pharmacies et les grandes surfaces (où il n'y a souvent que les best-selleurs) et les bibliothèques municipales font un excellent travail, mais reste que cela revient à dire que l'accessibilité au livre est fortement réduite à peu près partout au Québec.  Et quand quelque chose n'est plus accessible...

Internet est la solution! clameront certains.  Oui, oui, mais...  qui serait prêt à payer des frais de livraisons pour un livre à 8.95$?  On commande plusieurs livres à la fois?  Cela reste une solution.  Une solution possible, mais qui limite le choix parce qu'on a plus le contact avec une large portion du choix des livres qui sont disponibles en librairie.  C'est une perte autant pour notre littérature que pour les habitants des régions autour des grands centres urbains.  La technologie ne peut pas tout compenser.  Et les plus grands perdants de l'histoire sont bien souvent plus les petits auteurs et éditeurs avec des budgets plus minces en publicité.  Et les auteurs d'ici aussi, qui ne peuvent compter sur les profits faits ailleurs pour s'assurer d'une rentabilité minimale.  Avoir accès au livre est souvent primordial pour développer l'amour de la lecture et de la littérature.

En voyant les librairies se faire aussi rares à l'extérieur des centres urbains, reviendrait-il à dire que les livres sont devenus des objets de luxe, encore plus que les diamants?

@+ Mariane

4 commentaires:

  1. Y'a malheureusement aussi la loi de l'offre et de la demande qui joue... Mais oui, j'avais déjà remarqué moi aussi qu'il y a désormais des centre d'achats sans librairie, mais rarement sans bijouterie (par exemple, le centre d'achat près de chez moi a tous les commerces de proximité nécessaires à ma survie... sauf une librairie).

    Cela dit, entre le Saguenay et Québec, y'a rien, peu importe le genre de commerce recherché! lolol! ;)

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    1. L'offre et la demande ou autre chose? Genre, les lois de la rentabilité minimum? Même si la demande est là, souvent, c'est pas si simple de tenir une librairie!

      Entre Québec et le Saguenay, il y a quand même pas mal de choses! Des lacs, des caribous, de l'asphalte, des 18 roues, des épinettes, des pourvoiries, même une station-service et un restaurant de style St-Hubert. Mais bon, t'as raison, pas beaucoup de commerces pour le reste! ;)

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  2. C'est sûr que la rentabilité minimum joue aussi. Cela dit, je connais plusieurs filles qui n'ont pas acheté de livres depuis la fin de leurs études, mais aucune qui n'a pas fréquenté quelques fois une bijouterie (ou demandé à son chum d'aller y verser son salaire mensuel en échange d'une bague à diamants). :p

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    1. Maintenant, tu en connais, exception faite de la fois où j'ai eu besoin d'une nouvelle montre! ;) Par contre, j'achète quand même des bijoux, mais toujours chez des artisans, question d'encourager des gens qui vivent de leurs habiles mains.

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