vendredi 19 avril 2013

Recevoir un livre en cadeau

Salut!

En règle générale, donner un livre en cadeau est un exercice assez périlleux.  Parlez-en à tous ces époux bien intentionnés qui débarquent à ma librairie pour acheter un livre à leur douce et qui s'en remettent à moi pour choisir, parce qu'eux...  Pour donner un livre, il faut bien connaître la personne, savoir ses goûts, ses auteurs préférés, ses envies du moment et, autre information utile, ce qu'elle a déjà sur ses tablettes!  Malgré tout, bon an mal an, le livre trône régulièrement parmi les cadeaux sous le sapin à Noël ou encore dans les papiers colorés des cadeaux d'anniversaire ou de fin d'année scolaire.  Donc, les gens offrent des livres...

... mais quand on le reçoit?  On fait quoi?

Donner un livre est une chose, le recevoir en est une autre.  C'est que, bordel, on ne le connaît pas ce livre!  Pas du tout!  C'est personna incognita.  OK, d'accord, des fois, on en a entendu parler, des fois beaucoup, des fois, vaguement.  La plupart du temps, on est certain des bonnes intentions de la personne qui nous l'a tendu, tout emballé et tous sourires.  On montre sa joie (Ah, un livre! Merci!) et on rentre chez soi, notre futur copain de lecture sous le bras.

Arrivé à la maison, on dépose notre cadeau bien en vue et commence une plus ou moins longue séance de zieutage.  Il y a la façon directe: on le regarde de haut en bas de sa page couverture, on l'attrape, on lit la quatrième, on le regarde comme un ennemi ou un possible allié, rien n'est sûr et certain.  On est dans la découverte.  Il y a aussi la façon indirecte: on le laisse traîner sur une pile, on y pense parfois, mais on finit par empiler par-dessus le reste de nos lecture, on l'oublie un peu, on le remet sur le dessus de la pile pour se donner bonne conscience, on a pas de liens concrets avec lui.  Il fait partie de nos livres, mais bon, on oscille entre oubli incertain et indifférence.  Il y aussi la façon totalement standard: on le pose sur la tablette de notre bibliothèque et il reste là, tout simplement.  Et quelques temps après, quand on nous demande si on l'a lu, on répond, Ah oui, bien sûr, excellente lecture!  Même si on ne l'a pas lu (étant vraiment mauvaise menteuse, je ne réponds jamais ça!!!)

Recevoir des livres est toujours un plaisir, surtout quand on est grand lecteur, mais ça permet des découvertes, ça donne envie d'aller plus loin, ce qui est toujours agréable.  Et puis, on comprend en recevant un livre en cadeau qu'il y a au moins une personne sur cette belle planète qui a compris qu'on aimait lire!  Néanmoins, à moins que la personne ne nous connaissent très bien et sache exactement quel livre nous offrir, ça reste un exercice périlleux.  La meilleure parade restant celle de Frérot: «Bon, Petite Soeur, pour ton cadeau de Noël, donnes-moi une liste des livres que tu veux, je vais piger dedans!»  Efficace! ;)

@+ Mariane

9 commentaires:

  1. Lolol! Je me reconnais un peu là-dedans. Cela dit, mes proches ont appris depuis longtemps la méthode "Fais-moi une liste svp!" ;)

    RépondreSupprimer
  2. Valable pour n'importe quel cadeau: livre, CD, article de cuisine. D'autant que la personne peut très bien l'avoir déjà. D'où l'obligation de la liste.
    Par contre, si liste il n'y a pas eu, quel plaisir de se savoir devinée, comprise. Ce qui m'est arrivé dernièrement et que j'ai conté dans un billet:
    http://falstrault-lamarche.blogspot.com/2013/04/le-dernier-hiver-de-louise-auger.html

    RépondreSupprimer
  3. Je fais aussi des listes! ^^
    Mais souvent, on me dit: mais t'a déjà plein de livres et tu travailles avec les livres... Ce à quoi je réponds: mais justement! ^^

    RépondreSupprimer
  4. La liste, c'est toujours une bonne idée. Là-dessus je suis chanceux: ma meilleure amie est une grande lectrice et, sous le prétexte de vouloir une liste au cas où je tomberais sur des livres usagés, j'ai obtenu une trentaine de titres qui pourront me servir pour faire des cadeaux ! Je m'en suis servi dès novembre dernier, à son anniversaire...

    Cela dit, la carte-cadeau est toujours un bon "dernier recours" même si je trouve que ça fait moins personnel... encore vaut-il mieux, selon moi, apprendre à jaser littérature avec les gens qu'on aime: des titres finissent toujours par tomber dans la conversation et hop ! petite note mentale...

    RépondreSupprimer
  5. @Gen, bon, finalement Frérot n'a pas l'exclusivité de l'idée qu'il pensait!

    @ClaudeL, le livre me semble beaucoup plus personnel à écrire que les autres trucs que tu mentionnes. D'où le cassage de tête supplémentaire!

    @Alice, ben oui, justement! :D

    @Sébas, quelle bonheur pour toi que ta meilleure amie soit grande lectrice! :P

    RépondreSupprimer
  6. @ Prospéryne: ...et quel bonheur pour elle, je pense, car j'aime lui faire plaisir... :P

    ..surtout quand mes cadeaux se ramassent commentés sur son blogue. Là, je sais qu'elle les as lu ! ;-)

    RépondreSupprimer
  7. @Sébas, mouais, moi, on peut dire que l'on espionne facilement mes lectures! :P

    RépondreSupprimer
  8. Je ne sais pas si c'est parce que je suis maintenant habituée que l'on choisisse mes lectures, mais je lis tout ce que l'on me donne. Je m'explique, plusieurs maisons d'édition m'envoient des livres que je n'ai jamais demandés, et par acquit de conscience, je les lis, surtout quand je vois le Purolator ou l'affranchissement de 10$ à Postes Canada. Alors, quand un ami ose un livre parmi la vaste échantillonnage du livre québécois, je suis contente et je le lis avec plaisir. Si parfois, il se retrouve sous la pile c'est que cet ami n'attend pas que je le lise, contrairement aux maisons d'édition !

    Alors, amis, continuez de me donner des livres !

    RépondreSupprimer
  9. @Venise, chanceuse que tu es, gâtée par les maisons d'édition. Je comprends ton acquis de conscience, j'ai souvent le même concernant les services de presse... Malgré tout, quel plaisir de recevoir des livres donnés par des amis quand même. Ça prouve qu'ils pensent à nous! Et qu'ils savent ce que l'on aime! :)

    RépondreSupprimer