mercredi 24 avril 2013

Les clients qui cherchent des livres qui n'existent pas

Salut!

L'autre jour, se pointe en magasin une dame aux cheveux gris.

-Bonjour!

-Bonjour Mademoiselle, je voudrais un beau-livre pour une dame de soixante-dix ans.

Et de me regarder droit dans les yeux, comme si je pouvais d'un coup de baguette magique trouver le livre idéal d'un seul coup.

-Euh, les beaux-livres sont par là Madame.

Elle me regarde de la tête aux pieds comme si j'étais hum, un résidu de digestion et s'en va consulter les rayons, comme si d'être obligée de le faire par elle-même était une insulte.  Le problème, mais elle ne s'en est pas rendue compte, c'est qu'elle ne m'avait pas demandé quelque chose que je pouvais l'aider à trouver...  Un beau-livre pour une femme de soixante-dix ans, ça n'existe pas, il n'y a pas de livres conçus et créé pour ça.

C'est la même chose quand une dame vient demander un livre pour une première communion, style bouillon de poulet pour l'âme, «mais fait pour les enfants et si possible, dans une maison d'édition que les enfants aiment».  Euh...  Non, ça ne se fait pas, ça non plus.  Pas ça précisément.

C'est fou ce que certaines personnes arrivent en magasin et croit qu'il se fait des livres sur absolument tout.  Bon, c'est vrai, il se fait des livres sur absolument tout, mais de un, on ne les a pas toujours en magasin, de deux, on a pas toujours précisément un livre sur le sujet.  Oui, ça existe des livres sur la cuisine cambodgienne, mais pas nécessairement des livres de cuisine à 30$ que l'on peut offrir à un anniversaire, des fois, ce sont de petits livres cheap à 9.95$ et qui font partie d'une collection, elle aussi pas vraiment classe.

C'est comme les beaux-livres sur les pays du monde.  OK, quand j'étais enfant, il en existait des tas de collection, genre, tous les pays du monde, expliquant l'histoire, la géographie, la culture d'un pays en particulier.  Ça n'existe plus ou presque.  Internet a fait très mal à cette industrie.  Alors, un livre sur l'Islande, l'Indonésie ou le Tadjikistan...  Euh, non.  On a du mal à pourvoir à la demande de livres sur le Québec tellement les titres sont peu nombreux!

Bref, ces clients-là sont... disons difficiles, parce que souvent presque impossible à satisfaire à cause de ce qu'ils cherchent.  Mais le pire, c'est la tête d'idiot qu'ils font quand on leur dit que ce qu'ils cherchent n'existent pas.

-Mais vous pourriez pas regarder dans votre ordinateur?

-Non Monsieur, ça se fait pas.

-Ahhhh....

J'aime pas mon boulot de libraire dans ces moments-là.  Heureusement que ça n'arrive pas trop souvent!

@+ Mariane

7 commentaires:

  1. Dur, dur, les clients des fois. On ose espérer qu'ils finiront pas apprendre.

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  2. @Hélène, j'ai pas trop d'espoir là-dessus, ils sont trop nombreux et tous cons à un moment où à un autre!

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  3. Il y a des gens comme ça pour absolument tout. Quelques situations que j'ai noté sur le vif au fil des années et qui dorment dans mon ordi...

    à l'épicerie, une dame demande au poissonnier: "je voudrais un poisson qui ne goûte pas le poisson blanc mais qui ne goûte pas trop le poisson et pas dur à arranger"

    chez Bureau en Gros: "je voudrais un adaptateur pour ports parallèles qui transforment cette prise en USB"

    un homme a demandé à ma coiffeuse: "coupez-moi les cheveux pour que j'ai pas l'air de grisonner, mais sans trop en enlever"

    ...ou cette femme chez Bikini Village qui devait peser deux cent livres et voulait en costume de bain dans lequel elle aurait l'air mince...

    Ça, ce sont des anecdotes des derniers mois. Au fil des années, j'en ai ramassé plein.

    Je compatis, chère Prospéryne...

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  4. C'est vrai qu'il y en a dans tous les domaines. Durant un travail de soutien technique en biotech, je m'amusais à récolter les anecdotes croustillantes, les bêtises des clients qui ne comprenaient rien, et j'en faisais une liste interne de "Stupid FAQ" (je travaillais surtout en anglais). J'espérais juste que ça ne tombe pas dans les mains de mes patrons, sinon on se bidonnait en groupe à l'occasion.

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  5. @Sébas, du poisson qui goûte pas le poisson... Elle est bonne!

    @Hélène, je me demande des fois si mon patron lis mes Drôles de clients... Si c'est le cas, j'espère qu'il rit autant que moi! (Enfin, je ris après, rarement sur le coup!)

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  6. Ah, la joie du service à la clientèle.

    Une chance que j'ai les blogues pour me rappeler qu'il n'y a pas QUE des cons dans l'humanité! :p

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  7. @Gen, les joies du service à la clientèle sont innombrables... quand on peut en rire après coup! ;)

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