vendredi 21 septembre 2012

Le numérique et les classiques

Salut!

S'il y a bien un avantage que je reconnais totalement au numérique, c'est l'accès facilité aux grands classiques de la littérature qu'il permet.  Ok, la majorité d'entre eux sont déjà disponible en format de poche à un coût vraiment modique, mais là, c'est entièrement, totalement et complètement gratuit.  On se branche sur le web et en moins de deux, pop, c'est sur la liseuse et on peut le savourer.  Génial vous dites?  Vous avez pas idée!

La gratuité est souvent un facteur d'accès.  De gaspillage aussi, mais ce n'est pas le cas ici puisque le numérique fait disparaître le papier et le transport.  Juste la culture en accès gratuit illimité.  Pas tout par contre, hein, faites attention!  Je ne parle ici que des textes vraiment libres de droits.  Ceux dont les auteurs sont morts depuis plus de 50 ans et qui n'ont même jamais pensé que le numérique arriverait un jour (ceci est valide au Canada seulement, je ne connais pas les règles concernant le droit d'auteur ailleurs dans le monde).  Je ne pense pas que le fait de lire Jules Verne en numérique le fera se retourner dans sa tombe, lui qui aimait tant le progrès.  Quand c'est rendu que tu vois une nouvelle disant on célèbre le 50e anniversaire de la mort de tel auteur et que tu fais, yé!, ben c'est peut-être parce que tu sais ce que ça veut dire: de nouvelles oeuvres à découvrir ou redécouvrir!  Le mini-gémissement de déception qui accompagne la découverte que l'auteur est mort il y a à peine trente ans fait aussi parti de la vie, mais tout de même.

Un des grands arguments du numérique est justement le fait que ces oeuvres soient désormais accessibles au plus grand nombre.  C'est vrai.  Totalement et complètement vrai.  Ça ouvre des portes littéraires immenses. Mais c'est aussi une jungle le libre de droit.  Un ami me faisait récemment une remarque concernant les traductions.  Et c'est vrai: si on peut facilement avoir accès à tous les textes librement et gratuitement, la qualité baisse.  Parce que c'est gratuit, que c'est facile et que c'est simple comme bonjour!  On peut trouver les textes et avoir une bonne qualité, mais on peut aussi trouver des horreurs comprenant des tas de coquilles d'erreur typographique, des traductions tronquées et des versions expurgées, voire carrément mauvaise.  Il faut être prudent.  Et parfois même songer à acheter certains fichiers pour être assurés d'avoir une certaine qualité.  Pour les textes en français, ça va relativement bien, mais pour les traductions de l'anglais ou d'une autre langue?  Ça reste à voir.  Pensez à L'art de la guerre de Sun Zu.  C'est un texte vieux de plusieurs millénaires et en chinois, donc libre de droits.  Mais quel sera la qualité de la traduction que l'on retrouvera sur le net?

Mais au fait, cette accessibilité nouvelle est-telle une bonne chose?  Je serais tentée de dire que oui.  Et non en même temps.  Parce que si on rend les textes accessibles, ça ne veut pas dire que les gens vont les lire plus.  Et que comme c'est librement accessible, ça va peut-être perdre de sa valeur en temps que tel, en partie parce que ce n'est pas relié à un objet, donc, ça n'a pas de valeur autre que culturelle.  Et quand on sait que la valeur culturelle de quelque chose est extrêmement variable, il y a des raisons de s'interroger.  N'empêche, je persiste à mettre les oeuvres libres de droits dans la colonne avantage du numérique.  Tout simplement parce que je crois aux beautés de l'accessibilité!

@+ Mariane

8 commentaires:

  1. Autre problème avec l'accessibilité des classiques : comme le style d'écriture a beaucoup changé, quelqu'un qui lirait des classiques "parce que c'est gratuit" pourrait finir par en être dégoûté de la lecture! lol! (C'est pas tout le monde qui aime les phrases à rallonge!)

    Et puis pendant qu'ils lisent des classiques gratuits, ils ne lisent pas les pôvres auteurs québécois contemporains! :p Mais bon... ;)

    Pour ce qui est de Sun Tzu ou du Traité des Cinq Roues de Muzashi, les traductions qu'on trouve en format papier sont parfois déjà assez mauvaise merci! :p

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  2. Pourquoi je pense que seuls quelques vieux intellectuels (dont moi je dois bien l'admettre, bon, disons intellectuels mais pas vieux!) qui ont entendu parler d'Homère ou d'Hemingway ou de Charlotte Brontë ou de Saint-Denys Garneau ou de Paul Féval et quelques autres et qui, en plus sont pas si arriérés pour savoir que le numérique existe et est accessible, vont aller les relire justement ces classiques?
    Je ne suis pas certaine du tout que les 30 ans qui s'intéressent certes à la technologie, mais beaucoup moins à la lecture, vont se donner la peine de télécharger ces auteurs. Devant la liste de noms inconnus, je crois bien qu'ils se sauveront à tous doigts (l'expression " se sauver à toutes jambes" n'étant pas appropriée sur un clavier!)vers d'autres intérêts. Et Gen a raison, même si le texte se rend sur leur liseuse ou tablette, les premières phrases risquent de les faire fuir, eux aussi.
    Personnellement, j'ai relu Jane Eyre, Lettre à un jeune poète, La dame en noir et je lis actuellement, à bâtons rompus, entre quelques Québécois chers à mon coeur, du Romain Rolland.

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  3. J'avais déjà commenté dans un autre billet d'ici (Les Pirates) l'intérêt des classiques gratuits pour sauver des sous. J'ai toujours trouvé atroce d'avoir à payer 50$ pour Les Trois Mousquetaires quand on sait que les descendants de Dumas ne toucheront pas un sou. Un éditeur qui se fourgue dans les poches les profits sur le travail d'un maître de jadis, ça un peu particulier... surtout pour les auteurs francophones, qui n'ont pas à être traduits.

    Et bien sûr, pour un étudiant, c'est vraiment bien, ça fait sauver de précieux dollars...

    Côté traduction, il faut être alerte. Connaître les traducteurs de jadis pour les livres plus anciens, suivre la web-carrière des nouveaux traducteurs prometteurs. Shakespeare, par exemple, fut traduit il y a un siècle avec beaucoup de talent... donc c'est une traduction libre.

    Bien sûr, il y a des trucs qui valent la peine et qui vieillissent très bien. Quelques suggestions pour les lecteurs moins avancés ou les plus jeunes lecteurs :

    -Le Petit Prince (St-Exupéry est mort pendant la seconde Guerre)
    - Les contes des frères Grimm, ceux d'Andersen et ceux de Perrault (pour les jeunes parents, les profs au primaire, les gardiens... une liseuse avec ces trois recueils c'est le top pour les longs voyages en auto)
    - Alexandre Dumas (qui vieilli très bien, mais un peu long pour certains lecteurs)
    - Jules Verne, H.G. Well (de la belle SF)
    - La guerre du feu de J.H. Rosny (avec l'engouement qu'ont connu les Enfants de la Terre...)
    - Sir Arthur Conan Doyle (pour Sherlock Holmes, bien sûr, mais aussi le professeur Challenger, moins connu).
    - L'Oiseau Bleu de Maeterlinck (idéal pour initier un jeune à la lecture du théâtre)
    - La chasse-galerie de Beaugrand ou Masques et fantômes de Fréchette (nos beaux contes traditionnels).

    Bon, je pourrais en mettre encore une sacrée liste... mais j'en reste-là.

    Peut-être Prospéryne pourrait-elle un jour nous mettre son top 20 des incontournables à télécharger ?

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  4. @ClaudeL : Je crois qu'il y aura toujours un certain public pour les classiques Antiques (Platon, Homère, Cicéron), les incontournables philosophiques (Machiavel, Descartes) et les indémodables toujours réadaptés (Dumas, tout le théâtre grec, Shakespeare, Molière). Pour les autres "classiques"... Ben un classique se définit justement par le fait qu'il reste une référence et qu'il continue d'être lu, donc...

    Et puis les moins de 30 ans vont à l'école eux aussi. Et ils seront mis en contact très tôt avec les classiques numériques puisque tous les livres que je viens de nommer j'ai dû les acheter tôt ou tard alors que les jeunes pourront simplement les télécharger (pour la plupart des classiques, même les traductions ont quelques siècles! en tout cas celle d'Homère date en tabarouette! ;)

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  5. @Gen, comme disais un blogueur que j'ai lu quelque part sur le Web, t'as pas nécessairement envie de te taper L'art de la guerre pour se détendre le samedi soir! Et oui, le style peut en rebuter quelques-uns. N'empêche, ça donne une bonne culture littéraire! (Et ça ne décourage généralement pas de lire des pôvres écrivains québécois moderne, c'est souvent plus dynamique ce qu'ils écrivent! :P)

    @ClaudeL, bon point pour toi, un livre numérique téléchargé ne veut pas dire qu'on va le lire! De toutes façons, ce n'est pas tout le monde qui est porté sur les classiques de toutes façons. Seulement, ceux qui aiment vont vraiment en profiter et qui sait, peut-être en entraîner d'autres grâce à leur enthousiasme!

    @Sébas, ah, je note Honoré de Beaugrand et Fréchette, je me demandais aussi si il n'y avait pas quelques québécois que je pourrais me mettre sous la dents (la majorité des grands auteurs québécois des années 30 et 40 sont morts à la fin des années 60) Quand à produire ma liste d'incontournables... je vais prendre le temps de lire un peu plus en numérique avant de la sortir!

    Re@Gen, tout à fait d'accord!

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  6. Quel plaisir de voir que vous connaissez et que vous avez l'air d'aimer. Ça doit être un préjugé de ma part de penser que les jeunes doivent être des universitaires en littérature pour ne pas faire la grimace devant le nom d'Homère ou Fréchette ou Descartes ou... Tant mieux.

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  7. @Prospéryne: petit message en vitesse... je vais t'envoyer une archive de Québécois, j'ai environ 300 ebooks québécois libres de droit. On s'en reparle !

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  8. @ClaudeL, on est plusieurs jeunes à aimer lire des classiques, t'inquiète, la relève est assurée!

    @Sébas, Miam, Miam, Miam!

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