lundi 23 avril 2012

Lire local?

Salut!

Récemment, un commentaire sur un blog m'a fait bondir sur ma chaise: un blogueur reprochait à une blogueuse de ne pas lire assez de livres d'ici parce que sa dernière lecture était d'un auteur d'ailleurs.  Et après? me suis-je dit.  Si elle a aimé son livre, quelle importance?  Et encore, ici, on ne parle que d'un livre...

Il y a deux façons de penser et de faire qui s'opposent dans cette propension au lire local.  Il y a la volonté de vouloir soutenir sa littérature et sa culture, ce qui est tout à fait noble, et le fait de lire ce que l'on aime.  Je n'ai rien contre soutenir sa littérature et sa culture, croyez-moi.  Je ne suis peut-être pas un exemple à suivre, je n'ai guère lu d'auteurs québécois en 2012, mais au volume, je dois dire que j'ai toujours privilégié le plaisir de lire aux obligations et aux diktats.  Si le livre m'intéresse, je vais le lire.  S'il est écrit par quelqu'un d'ici, tant mieux, c'est un plus.  Mais pas la raison première qui va me pousser à le lire.

Je suis contre le nombrilisme littéraire.  Pensez-y, je n'ai pas l'intention de devenir états-uniennes dans ma façon de voir la littérature.  Nos voisins du sud de la frontière lisent massivement des auteurs... de chez eux, J.K. Rowling excepté.  Ils ne sortent pas de leurs certitudes, de leurs façons de penser, de leurs repères.  Même chose en France, ils lisent massivement leurs auteurs ou encore des états-uniens... francisé en France (je n'ose dire traduits!)  J'aime beaucoup mieux le milieu littéraire d'ici.  On est au carrefour de tout, on a le meilleur de la France, des États-Unis et du monde, EN PLUS, d'avoir ici une littérature foisonnante, vibrante, pas assez médiatisée hélas, mais tellement vivante!  Se limiter à ne lire que des trucs d'ici?  Autant mettre des lunettes roses et se dire que le monde n'existe pas!  Ce que j'aime dans la littérature, c'est justement sa capacité à nous transporter partout dans le monde pour pouvoir découvrir celui-ci autrement.  L'art de voyager sans quitter le confort de son foyer.  De comprendre comment peut penser une petite fille qui grandit en Afghanistan ou un paysan chinois du XIXe siècle.  De ressentir la terreur qu'ont connut les gens de Pompéi en 79 ou l'émotion qui a serré le coeur des gens qui ont vu s'enflammer la torche olympique à Montréal en 1976.  Pour ça, il ne faut pas se limiter à lire que des trucs écrits ici parce que la pensée qui sous-tend notre littérature, même quand on veut faire différent, est celle d'ici.  Pour comprendre le monde, il faut savoir bousculer ses certitudes et sa compréhension du monde.

Alors lire des livres d'ici?  Celui qui voudra m'en empêcher devra me renverser sa bibliothèque sur le corps!  Mais jamais, jamais, je ne vais me limiter à ne lire que des choses d'ici parce que c'est mieux ce qui se produit ici qu'ailleurs.  Je suis trop têtue de un, trop curieuse du monde de deux pour jamais pouvoir arrêter de dévorer des auteurs venus d'ailleurs qui sont prêts à m'offrir leur plus grande richesse: leurs mots.

@+ Prospéryne

9 commentaires:

  1. Je suis comme toi. Je goûte à tout.

    C'est une richesse dont il serait stupide de se priver.

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  2. Je m'inquiéterais autant de la culture de quelqu'un qui ne lirait QUE du québécois que de la culture de quelqu'un qui n'en lit pas.

    Comme tu dis : la richesse de la littérature, c'est sa diversité. Faut en profiter!

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  3. @Pat, ah, la littérature, c'est comme la bouffe, il faut savoir ouvrir ses horizons à de nouvelles saveurs!

    @Gen, vive la diversité littéraire!

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  4. Jusqu'a il y a quelques années, je ne lisais pas de Québécois. Puis un jour, j'ai découvert Jean-Jacques Pelletier, puis Patrick Sénécal. Ensuite, j'ai lu les BD "Paul" et je me dis... Ben finalement, j'en lis du Québécois!

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  5. @Jean-François, héhéhé! Comme dans bien des domaines, tout ne peut pas nous convenir. Parfois, il faut chercher pour trouver ce qu'on l'on aime, parce que ce ne sont pas nécessairement les gros vendeurs qui vont être pour nous. Et ça que ce soit ici ou ailleurs!

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  6. Je suis très d'accord avec toi Prospéryne! De plus, les gens qui, comme moi,lisent beaucoup d'un genre en particulier, soit l'horreur, n'ont pas le choix de puiser dans la littérature des autres pays. Moi qui aime l'horreur et lis pratiquement tout ce qui se fait dans ce style, j'aurais l'estomac bien creux si je ne lisais que du Québecois!

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  7. @Anne-Marie, en effet, dès que l'on tombe dans un genre en particulier, il faut vraiment être avare de lectures pour se limiter à la production du seul Québec!

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