mercredi 29 juin 2011

La nuit d'Ostende de Paule Noyart

La Nuit d'Ostende  Paule Noyart  Leméac  638 pages



Résumé:
Belgique, début du siècle.  Il y a Irène, la femme qui souhaite par-dessus tout être libre et qui préfère le divorce à un mariage malheureux.  Elle voyage sur les routes de l'Europe, au gré des amants et des découvertes, autant sur elle-même que sur les autres.  Il y a Delphine, sa nièce, prise entre son père Armand, aimant, mais mou et sa mère Alma, femme théâtrale à la carrière musicale brisée très tôt par sa propre mère.  Enfant capable et d'une sérénité profonde, elle vit et aime sans poser de questions et sans revendiquer.  Et il y a sa propre fille, Odile, l'enfant qui se rebelle, qui exige et qui voit plus de choses que l'on ne pourrait le penser.  Ces trois femmes aiment et vivent au fil des années 1920 et 1930, entourées de leur famille et de leurs amis.  Jusqu'au 10 mai 1940.  Là où tout bascule.  Le jour où l'Allemagne envahit la Belgique.

Critique:
Ça m'a pris un temps fou à finir ce livre et ce n'est pas pour rien!  Le rythme de l'histoire est lent, incroyablement lent.  On lit 20 pages et il s'est passé une foule de choses, mais on a quand même lu que 20 pages!  Et le livre est constant, du début à la fin, la même émotion, la même façon de raconter, pas de montée ou de descente, on est en terrain plat comme en Belgique! Néanmoins, on aime suivre ces personnages, dans l'atmosphère que l'auteure a su créer avec tant de talent.  On les suit avec intérêt, ces trois femmes si différentes, mais qui ont en commun de toujours vouloir vivre leur vie à leur façon, peut importe ce que pense les autres autour d'eux.  Le livre est centré sur l'histoire des personnes et on ne peut en parler que comme ça.  En parlant des personnages, des lieux, des gens.  Le roman, c'est ça, c'est leur quotidien, racontée petit à petit, parfois même jour par jour.  Mais en même temps, il faut le dire aussi, on raconte leurs vies, leurs grandes joies et leurs peines.  Le terme saga familiale peut très bien qualifier le livre, mais pas de déchirements entre les membres de cette famille.  Aucun.  Le grand déchirement qui les bouleversera tous viendra de l'extérieur, d'Allemagne.  De l'Allemagne nazie qu'Irène découvrira au détour d'un voyage.  On voit les événements au travers de leurs yeux, même si on connait l'histoire et sa fin, on est fasciné, on est emporté par le récit de cette histoire.  Les trois personnages principaux, Irène, Delphine et Odile sont très intéressants, avec une nette préférence pour Delphine.  Le seul faux son de cloche dans le livre, c'est Odile.  Pourquoi attendre si tard pour joindre la narration des deux autres et pourquoi raconter le tout dans un journal qui reprend les mêmes événements racontés par sa mère?  Ce choix n'était pas judicieux, c'est amusant de voir la jeune fille faire des phautes d'ortografe et de grammère abbominnabes, mais au bout d'un certain temps, on s'en lasse.  Enfin, je pourrais parler encore pendant des heures tellement le récit est dense et puissant, portée par une voix forte.  Une très belle redécouverte.  Mon deuxième Paule Noyart et deux livres très différents, mais tous les deux excellents, preuve s'il en fallait une que cette auteure est excellente.

Ma note: 4.5/5

Je remercie Socadis/Leméac et plus particulièrement Josée pour ce service de presse.

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