vendredi 2 novembre 2012

Des trésors d'ingéniosité

Salut!

Je lis passablement de trucs dans la catégorie Jeunes adultes (le Young adult si populaire chez nos voisins du Sud) et j'ai remarqué un truc, particulièrement dans tout ce qui se publie dans les littératures de l'imaginaire.  Les auteurs débordent d'imagination pour faire en sorte que leurs personnages... soient d'une chasteté exemplaire avant le mariage!

Pensez-y, Bella ne couche pas avec Edward parce qu'il est vieux jeu. Dans un autre livre, La sélection de Keira Cass, d'avoir des relations sexuelles avant le mariage peut être puni de mort.  Dans la série Ailes d'Aprilynne Pike, les jeunes héros ont tellement de sensation à s'embrasser qu'ils ne pensent pas à autre chose...  Morale ultra-pudique de la société américaine?  Sûrement.  Du moins pour certains romans, d'autres ne se gênant pas outre mesure avec ces détails-là.  Dépendant des auteurs également parce plusieurs de ces auteures (le Jeune Adulte étant majoritairement écrit par des femmes) sont souvent des membres de communauté chrétiennes assez conservatrices.  Ça se reflète dans leurs livres, voilà tout.  On comprend pourquoi Stephenie Meyer a été horrifiée d'apprendre que E.L. James s'est inspirée d'elle pour écrire Fifty Shades of Grey!

Reflet d'une mentalité, d'une époque, d'une société?  Tout ça à la fois à mon avis.  Mais aussi d'une manière de vivre qui reflète un système de pensée.  Ces auteurs écrivent des trucs que peuvent lire les membres de leurs communautés, en accord avec leurs valeurs.  Mais pour que ça passe au niveau du grand public, il leur faut trouver des trucs de passe-passe pour ne pas que ça paraisse vieux-jeu ou encore, oh horreur, moralisateur.  Alors, ils trouvent des parades, des excuses.  Ils sont créatifs et ma foi, la plupart du temps, ça tient la route!  Mais la volonté de base est la même.  Personnellement, je n'aime pas trop ça, mais bon, je ne me priverais pas de bonnes séries à cause de ça, même si le message sous-jacent de pas-de-sexe-avant-le-mariage me déplaît souverainement.  Surtout quand c'est présenté comme un diktat et non un choix.

@+ Mariane

11 commentaires:

  1. Lolol! Je n'avais jamais considéré la chose sous l'aspect de "l'inventivité". Je ne vois que l'aspect moralisateur, prude et, surtout, complètement autruche.

    Au lieu de se servir des livres pour tenter d'apprendre aux jeunes à bien vivre leur sexualité (et à la vivre dans le respect), ces auteurs utilisent leur tribune pour propager leur seule et unique idéologie : avant le mariage, c'est mal.

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  2. J'avais remarqué cela moi aussi et ça m'agaçait, surtout si cela veut dire promouvoir une certaine morale conservatrice. Je ne crois pas que cela reflète le monde d'aujourd'hui, mais si c'est un choix personnel, alors là...

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  3. Lorsqu'il est question des ouvrages-propagandes américains, j'ai de la difficulté à garder mon calme (alors imaginez mon état, en génétique chez nos voisins du sud, quand la prof disait que l'approche créationniste était "tout aussi acceptable" que la théorie de l'évolution -- en géno, vous vous rendez compte ?) Mais je m'égare (et je savais que ça arriverait...) Le côté propagandistes et prêchi-prêcha des Américains me pue au nez.

    Si vous en avez le temps, jetez un coup d'oeil à la liste des livres mis à l'index dans le système scolaire de l'Alabama (ah, tiens-tiens, "la main gauche de la nuit" de LeGuin, quelle surprise !).

    Il y a un tabou majeur avec l'idée d'introduire la sexualité dans la littérature jeunesse et ce tabou nous gagne de plus en plus au Québec. Il faut couper toute allusion, même vague, à la sexualité (mais tranchez-vous la tête, ça c'est pas grave). Mille cadavres tranchés à l'épée valent mieux qu'une p'tite vite...

    Bien entendu, il est MAL et même MALÉFIQUE de trouver du plaisir à l'acte sexuel: celui-ci ne doit servir qu'à la concrétisation d'un rêve conjugal dans l'espérance d'un foyer.

    Pourtant, je connais quelques personnes qui auraient gagné à comprendre très jeune (à travers les livres, pourquoi pas) que la sexualité est un échange basé sur le respect et sur le désir de faire plaisir à l'autre, plutôt que de se servir de l'autre pour se satisfaire égoïstement.

    Il y a des relations sexuelles hors-mariage beaucoup plus saines que des relations post-mariage, je ne vais pas l'apprendre à personne...

    Pourquoi le livre jeunesse ne pourrait-il pas, comme l'a très bien exprimé Gen ci-dessus, enseigner aux jeunes "à bien vivre leur sexualité (et à la vivre dans le respect)" ?

    Ah pis j'arrête ici, le sujet me frustre tellement... sinon je vais écrire dix pages.

    Re-bienvenue à l'époque victorienne, mes amis !

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  4. @Patrice : Lolol! J'aime bien ton "tranchez-vous la tête, c'est pas grave". Parce que pendant que j'écrivais Hanaken, j'ai pu tester ce genre de limite avec mon éditeur (ainsi qu'avec ma lectrice-test) : que mes personnages tuent des gens, ok. Mais que je laisse sous-entendre qu'il s'est peut-être passé quelque chose entre Yukié et le seigneur, pas question! J'ai même dû discuter un peu pour garder certaines discussions et allusions à la sexualité des adultes du roman.

    Bref, je suis comme toi : je vois pas beaucoup d'ingéniosité là-dedans. Juste du puritanisme.

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  5. @Gen, ils sont inventifs pour cacher leur côté puritain (car il s'agit de puritanisme et non de pruderie!). POur que ça soit hot, on en met plein la vue côté sentiment et on oublie le sexe, habituant les jeunes à une vision tronquée de l'amour. En tout cas, j'aime beaucoup l'autruche pour décrire ça!

    @Opaline, si c'est un choix personnel, ok, mais le choix est-il réellement personnel dans ces romans ou présenté comme une obligation? C'est habituer les jeunes à ce que cela aille de soit...

    @Sébas, tu as le droit de perdre ton calme dans ces circonstances! :P

    @Gen #2, euh, il s'agit de Sébas et non de Pat! Quoique Pat doit pas être trop loin...

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  6. J'endosse entièrement les mots de Sébastien ;)

    Mais... à mon avis, si l'auteur souhaite y faire une place, la sexualité doit être présente. Point. Nul besoin qu'elle se drape d'une fonction «éducative».

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  7. @Pat, parler de sexe en soi-même est éducatif, parce qu'on a alors quelqu'un à qui se comparer. Et établir un barème de ce qu'on est prêt ou non à accepter ou à expérimenter. Pas besoin de transformer ça en manuel, juste d'en parler suffit.

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  8. @Prospéryne : Oups, je m'étais trompée entre Seb et Pat, mais Pat endossant Seb, tout s'explique! ;)

    @Pat : Comme dit Prospéryne, je considère que parler de sexe, présenter différents types de situations, etc, est en soi-même éducatif. Pas besoin de forcer la note. Mais il faut parler de situations différentes, de sentiments différents, d'autres visions du monde, du sexe, de l'amour etc, si on veut que les jeunes se sentent moins seuls.

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  9. @Sebas et Gen, concernant le tranchez-vous la tête, ça dérange pas, il m'est venu cette phrase tirée d'une BD de Bernard Yslair (que je recommande à tout le monde!) Le ciel au-dessus de Bruxelles. Je cite de mémoire, mais l'idée était celle-ci: L'homme a beaucoup plus de mal à regarder en plein face sa conception que sa destruction. Le tabou sur la sexualité fait partie de cette préférence pour la mort au lieu de la vie. Ceci dit, je crois que je commence à verser dans la philosophie avec ce commentaire. On est très loin du sujet de bas! :P

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  10. J'aurais aimé avoir un titre et un auteur. Au moins un. Parce que le "young adult" ça ne me dit rien.

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  11. @ClaudeL, Twilight en fait partie. En fait, ce sont des romans pour ados, mais qui sont lus autant par des adultes que des ados, un genre qui a un large lectorat tu vois?

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