lundi 17 novembre 2014

La méconnaissance et ses conséquences

Salut!

Souvent, quand j'entends parler des journalistes, des économistes ou peu importe qui s'exprimant sur le milieu du livre, mais n'ayant pas de liens directs avec lui, je constate une chose: ils ne savent pas toujours de quoi ils parlent.  J'entends des inexactitudes à me faire écarquiller des yeux, des lieux communs sur le commerce de détails qui me sidèrent parce qu'ils ne s'appliquent pas au livre et une foule de petits détails qui me permettent de voir que les gens sensés nous informer parlent au travers de leur chapeau.  Ça doit être ainsi pour toutes les personnes connaissant de l'intérieur un domaine précis: quand on voit des néophytes en parler, les erreurs nous sautent aux yeux.

Ce qui me fait mal avec tout ça, c'est que le grand public, lui, croit ce qu'on lui raconte.  Il ne connaît pas les rouages, ne les comprend pas, ne voit pas les impacts.  Il prend ce qu'on lui raconte, tout simplement.  Et malheureusement, ce ne sont que des fragments d'une réalité beaucoup plus complexes.  Souvent, on lui dit que le milieu du livre va mal.  De magnifiques années sont derrières nous certes, mais encore faut-il dire que quand on parle que ça va mal dans le milieu du livre, on parle de la distribution bien plus que du littéraire.  La créativité du milieu du livre?  Elle n'est absolument pas en danger!  Il n'y a jamais eu autant de livres et de bons livres.  Des éditeurs créatifs, des textes magnifiques, des albums audacieux, il y en a plein.  C'est pas là qu'il est le problème.

Quand on parle des difficultés du monde du livre, on parle de difficultés au niveau économique, pas de créativité ou d'innovation.  Le problème du livre, c'est le modèle économique, pas le fait de produire ou non de bons livres (bon ça, ça peut toujours être sujet à discussion pour certaines personnes, mais ce n'est pas mon sujet).  Alors quand on parle que ça va mal dans le milieu du livre, ce n'est pas que les auteurs n'écrivent plus, ou qu'il ne se fait plus rien de bon, bien au contraire.  C'est que les livres ne se vendent plus autant et aussi bien qu'il y a quelques années.  Et qui dit baissent des ventes, dit baisse des revenus.  Pour tout le monde!  Et baisse de revenus veut dire baisse des capacités à continuer à faire un aussi bon boulot.

Quand on vous dit, ça va mal quelque part, à répétition, vous vous en détournez.  Vous vous dites, mais alors, ça descend, donc, c'est fini non?  Surtout quand ça fait des années.  Et ça fait des années que l'on parle que le milieu du livre va mal.  Le problème étant que dans les faits, l'aspect commercial et financier va plus ou moins bien, mais le reste est fait de succès!  Il y a de vraies belles histoires dans le milieu du livre, mais on en parle pas assez et ça reste dans un certain circuit, plus ou moins fermé.  Les plus grandes réussites ne sont pas celles dont on parle dans les journaux, ce sont des échecs, des faillites, des mauvaises nouvelles.  Rien pour montrer le côté positif de la médaille et donner un élan.  C'est même dur pour le moral, bien souvent.    

Alors, quoi?  Personnellement, je me dis que Monsieur-Madama-Tout-le-monde n'a pas nécessairement besoin de connaître tout le système de distribution du livre, mais il faudrait au moins faire le ménage dans quelques trucs.  Oui, la concurrence des Wal-Mart et autre fait mal.  Oui, le livre numérique se développe et vient chercher des parts de marché.  Oui, le réseau traditionnel risque de connaître des années encore difficile.  Par contre, ce qui est certain, c'est que les livres produits ici, le talent et la créativité, la qualité aussi est au rendez-vous.  L'industrie du livre, ce ne sont pas que des chiffres, ce sont aussi des succès.  Et il serait largement temps de parler davantage de ce qui est positif plutôt que de ce qui est négatif.  Parce qu'on dirait que pour le grand public, si on continue à tenir le même discours, le milieu du livre au complet est perdu alors que c'est loin d'être le cas.

@+ Mariane

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