mercredi 5 novembre 2014

Dédé de Raymond Paquin

Dédé  Raymond Paquin  Quitte ou double



Résumé:
Raymond Paquin a été le gérant des Colocs durant la majeure partie de l'épopée de ce groupe mythique.  Ce livre, c'est un portrait de l'homme qu'il a connu, soutenu, enduré, fait sué.  Un gars que l'aura du suicide marque, mais aussi celui d'un p'tit gars du Lac St-Jean qui a su faire vibrer le coeur de bien des Québécois avant d'aller vivre sa vie d'oiseau.

Mon avis:
Je ne suis pas impartiale face à Dédé Fortin et je n'ai aucune honte à le dire: les Colocs, c'est la trame sonore de mon adolescence.  J'ai trippé sur Julie, La rue principale, Tassez-vous de d'là et les autres.  J'ai trippé sur le film réalisé en 2009.  J'ai su le jour même pour son suicide, en secondaire V, en pleine heure du midi, à la cafétéria.  Quelque part, il est parti avec un petit morceau de cette innocence qui est le coeur de l'adolescence.  Je me souviens du passage de Dédé et Mike Sawatsky au show pour les sinistrés du Saguenay en 1996, où ils avaient brassé la cage en chantant Passe-moé la puck, une tache au milieu des balades sur la solidarité qui ponctuaient le spectacle.  Mais une tâche qui sonnait juste.  Il ne sert à rien de se lamenter, il faut agir.  Dédé, c'était ça, une énergie qui faisait tache, qui englobait, qui prenait tout et donnait tout à la fois.  Le portrait qu'en trace Raymond Paquin n'en est que plus juste, parce qu'il montre justement ce Dédé, obsessif, anxieux, peureux, généreux, excessif en tout.  Il ne cache pas les difficultés qu'il y avait à vivre et à traiter avec un tel être jusqu'au-boutiste.  Ce n'est pas une biographie au sens premier du terme, c'est bien davantage un portrait, un hommage à une personne disparue.  Y aurait-il autant eu de raisons de faire un tel portrait si le 8 mai 2000, André Fortin ne s'était pas donné la mort?  Sans doute non et toute la biographie est entaché du regret que vive toutes les personnes qui ont connu un suicidé: celui de ne pas avoir su voir, celui de ne pas avoir su agir.  L'écriture est simple, essentiellement descriptive, mais réussi très bien à rendre la personnalité complexe et éclatée de Dédé Fortin et aussi à rendre l'ambiance un peu folle qui a entourée le destin des Colocs.  C'est un livre hommage je le répète et donc forcément partial, mais en même temps, honnête dans la vision que son gérant avait de la personne qu'était Dédé Fortin.  J'ai beaucoup aimé qu'il parsème son texte d'extrait de la musique des Colocs, de poèmes de Mishima, bref de l'univers dans lequel baignait Dédé.  Des mots qui sonnent bien souvent prophétique quand on sait lire entre les lignes, mais qui comme le dit si bien l'auteur n'est pas été suffisant pour tirer la sonnette d'alarme.

Ma note: 4.5/5

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