jeudi 12 septembre 2013

La reine oubliée: 1- Les enfants d'Alexandrie de Françoise Chandernagor

La reine oubliée  tome 1  Les enfants d'Alexandrie  Françoise Chandernagor  Audiolib  Texte lu par Valérie Lemaître   Environ 11 heures d'écoute


Résumé:
Alexandrie, 40 avant JC.  Deux enfants naissent dans un palais égyptien, jumeaux et contraires.  Alexandre Hélios, le soleil et Cléopâtre Sélénée, la lune.  Ils l'ignorent, mais leurs parents sont célèbres dans tous le bassin méditerranéen: leur mère n'est nul autre que Cléopâtre, la célèbre reine d'Égypte de la dynastie des Ptolémée.  Leur père?  Marc Antoine, le général romain.  Enfants, il grandiront à l'ombre des palais, utilisés par leur mère dans ses intrigues, aimés malgré tout, mais jouet du destin et des puissants, car si tout va bien au moment de leur naissance, dans l'ombre, se profile déjà le grand affrontement entre Marc Antoine et Octave qui donnera naissance à la Rome impériale.  Mais que sont-ils, si petits, face à l'Histoire?

Mon avis:
On a peu entendu parler des enfants de Cléopâtre.  Celle-ci, devenue une séductrice impénitente, tentatrice, décadente, sous la propagande octavienne, n'est pas connue pour cette partie de sa vie.  Pourtant, elle sera mère quatre fois.  Césarion, son premier enfant, fils de César, assassiné.  Les trois autres, enfants de Marc Antoine.  Alexandra, Sélénée et le petit dernier Ptolémée Philadelphe.  C'est par les yeux de la petite Sélénée que l'on découvre cette histoire.  Sélénée qui est douce, discrète, secrète, timide même.  Qui grandit à l'écart, voyant peu ses parents, élevée par des gouvernantes.  L'auteure affirme en ouverture de son livre qu'elle a d'abord rêvé d'elle.  Que la petite fille lui est apparue dans ses rêves et qu'ensuite seulement, à la suite de ses recherches, elle a su qui elle était.  Vérité ou manière d'introduire le sujet?  Peu importe, au fond.  Parce qu'elle nous fait revivre avec éclats cette période de l'Antiquité.  Un peu comme Alexandra Lapierre dans Fanny Stevenson que j'ai lu récemment, elle utilise la forme du roman historique pour écrire une biographie de la petite fille aussi précise que possible, en comblant les trous, d'autant plus nombreux que peu de sources sont disponibles sur elle, avec son imagination, mais en se tenant aussi près que possible des faits.  Au besoin en expliquant les choix qu'elle faisait entre les différentes sources et hypothèses qu'elle avait.  Elle consacre même un chapitre complet à expliquer les choix qu'elle a dû faire pour rendre le texte au plus près de la réalité historique tout en étant compréhensible pour des lecteurs qui sont nés vingt siècles plus tard.  Heureuse initiative: on comprend beaucoup de ses choix ainsi.  Ce premier tome de ce qui est annoncé comme une trilogie raconte l'enfance choyée mais rigide de celle qui deviendra orpheline à la chute d'Alexandrie, alors qu'Octave triomphant la fera prisonnière.  Prisonnière innocente de la volonté des puissants.  Mais était-elle plus libre avec sa mère?  Son père, elle l'a peu connu, mais Cléopâtre était une femme d'intrigues, c'est connu.  Il faut le dire, elle n'en avait guère le choix si elle voulait garder le pouvoir!  L'histoire nous est racontée un peu comme une tragédie à rebours, les événements plus lointain teintant le présent des protagonistes alors qu'eux en ignoraient tout.  On ne peut écrire l'histoire en connaissant déjà la fin sans que celle-ci ne prenne le tournant d'une splendide épopée vers le drame.  L'auteure semble apprécié une certaine façon de raconter plus, comment dire classique.  Que le texte se passe durant l'Antiquité a bien sûr dû influencer ce choix.  Quoiqu'elle ne fait pas l'impasse sur le langage cru des soldats de l'époque, loin des préciosités des cours cultivées de l'Orient, parlant le grec et non le latin.  Marc Antoine a passé sa vie à cheval entre l'un et l'autre, aussi à l'aise dans l'un que dans l'autre.  J'ai écouté la version audio du livre.  La narratrice avait une intonation particulière en racontant, un peu pompeuse, mais que je soupçonne de bien rendre le texte parce que les deux collaient très bien ensemble.  Par contre, mes oreilles hurlaient quand elles entendaient à la suite les innombrables réaliZme, authentiZme et autre mot en isme transformé en iZme.  J'entendais à chaque fois la voix de mon professeur du primaire me disant: «entre deux voyelles, un s devient un Z, mais entre une voyelle et une consonne, il reste un s.»  Je crois qu'on ne l'a pas dit à la narratrice!  Quelques autres prononciations m'ont écorchés les tympans au fil de la lecture, mais c'était moins flagrant.  Guidé par sa voix, on se laissait quand même facilement emporté par l'histoire.  Deux milles ans plus tard, on revivait aux côtés de Sélénée une page sombre de l'histoire, mais aussi un couple lumineux et amoureux unis dans une fin tragique.  Ses parents.

Ma note: 4/5

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