vendredi 18 janvier 2013

Les best-sellers et l'inconnu

Salut!

En travaillant en librairie, s'il y bien une chose qu'on comprend vite, c'est qu'on vendra toujours plus de Marc Levy que de Simon Boulerice, toujours plus de Stephen King que d'Akif Pirinçci, plus de E.L. James (beurk!) que de Natasha Beaulieu.  C'est comme ça.  Les best-sellers, on en vendra toujours plus que des autres.  Mais vous savez quoi?  Une fois assise devant mon bouquin, ça ne fait strictement aucune différence!

Quand je lis, je lis un livre, une histoire, une intrigue, un style et un auteur, pas des statistiques de vente, de coût de mise en marché et d'investissement marketing.  Ce qui fait que même si un livre a du succès, je m'en fou une fois assise devant lui.  Seul compte alors le livre, en lui-même.  Les livres très connus, tout comme les moins connus peuvent m'apporter autant de plus l'un que l'autre.  Aucune importance, aucun impact.  Encore une fois, comme souvent, le problème n'est pas entre les couvertures du livre, mais à l'extérieur...

La popularité d'un livre a de l'importance à un seul moment dans sa vie: quand il s'agit d'attirer les lecteurs vers lui.  À aucun autre moment sa popularité ne va rejouer autant d'importance.  Aucun.  Une fois plongé dedans, est-ce que vous avez repensé au Que le sort vous soit favorable inscrit sur la couverture des Hunger Games?  Ou à l'image sur la couverture.  Si oui, ben, on ne fonctionne pas de la même façon!  Personnellement, j'y repense surtout quand vient le temps de faire ma critique, mais encore là, c'est surtout pour bien la placer que j'y repense.  Mine de rien, c'est tout un art de critiquer!

Alors, lire des inconnus?  Je l'ai fait de nombreuses fois, parfois avec bonheur, d'autres fois, je me suis dit que ces auteurs méritaient de rester des inconnus.  Un peu comme avec les best-sellers!  Peu importe la notoriété ou l'absence de notoriété d'un livre, ce qui est important, c'est le bonheur que l'on prend à le lire.  Point.

@+ Mariane


10 commentaires:

  1. Bien d'accord avec toi, sauf que pour moi, la couverture et la présentation me sert aussi à me placer dans un certain état d'esprit pour entamer le livre. Lorsque la couverture est attirante et intrigante, je pars en bonne disposition (qui peut changer en cours de route) mais si la couverture me répugne, j'ouvre le livre de reculons, parce qu'on me l'a recommandé ou que je connais l'auteur, en essayant de garder l'esprit ouvert. Il faut un bon démarrage dans ces cas-là. C'est sournois et insidieux, mais c'est vraiment là! Dommage hein?

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  2. @Hélène, une belle couverture, c'est une carte de visite. C'est pas pour rien que je les aimes jolies! (voir un de mes récents billets)

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  3. Très vrai tout ça!
    On ne devrait pas lire pour une question de notoriété, mais pour le bonheur de lire, d'être transporté dans d'autres voix.
    C'est un peu fatigant aussi de voir que beaucoup associe bons livres avec le succès. Oui, il peut y en avoir mais cela n'est pas automatique

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  4. @ Liceal: quand vous dites "C'est un peu fatigant aussi de voir que beaucoup associe bons livres avec le succès", je suis parfaitement d'accord.

    Rien ne me frustre plus que d'entendre un lecteur dire :"bin cet auteur vend gros alors forcément, c'est le meilleur"...

    Erreur. La machine marketing y compte pour bien davantage. Et plusieurs auteurs de piètre talent vendent énormément. J'ai des noms en tête mais je ne les nommerai pas, ça ne serait pas gentil (qui a dit FiftyShades ?)

    Il existe de magnifiques perles, si peu connues, des oeuvres magistrales et pourtant peu vendues. Comme le signale notre Prospéryne, qu'importe le nom de l'auteur une fois que l'on a décollé dans l'univers du rêve ?

    Quant aux couvertures, personnellement, elles ne m'attire que très peu. Je fais même un effort supplémentaire pour ne pas y prêter attention depuis que j'ai lu que la page couverture est le facteur déterminant pour le choix d'une lecture chez 84% des lecteurs adultes (2009, Léger Marketing). Non mais ! Comme si le talent d'un artiste avait le moindre lien avec le talent d'un auteur. J'aime les livres jolis, mais ça ne m'importe pas pour mon choix.

    Évidemment, le livre est un produit qui doit être vendu et une belle présentation est toujours utile, comme un bel emballage pour un produit alimentaire... mais je n'achèterai pas de la crème glacée "Vanille et Mouffette" parce que le contenant est attirant...

    Mieux vaut, à mon sens, garder l'esprit ouvert. Lire avec voracité les auteurs connus et moins connus, noter dans un coin de son esprit ce qui nous a spécialement plut et devenir doucement de fidèles lecteurs... tout en ayant l'honnêteté de dire "j'adore cet auteur mais son dernier livre, franchement, c'était pas son meilleur..."

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  5. @Sébastien: Fifty quoi? :-)
    Je rapproche aussi ce phénomène à la tendance d'inviter des vedettes pour parler de livres. Comme si il faut quelqu'un de connu pour inciter les autres à s'intéresser aux livres... Cela peut, il est vrai, être une courroie de transmission, mais c'est très limitatif. Si pour faire passer le livre ou tout autre aspects culturel il faut passer par des vedettes, et... c'est triste! Pour s'ancrer dans le quotidien, la culture/le livre doit aussi relever du quotidien, devenir en quelque sorte une habitude de vie

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  6. @ Liceal: bien sûr, il est triste d'avoir à passer par des vedettes pour promouvoir un aspect culturel. Certes, j'apprécie que les gens du milieu artistique usent de leur tribune pour faire avancer via la littérature un sujet social majeur, tant que cela n'est pas un coup promotionnel. Néanmoins, je déplore que le mass-media devienne un passage obligé pour consacrer une production littéraire, comme si la visibilité télévisuelle était le nec-plus-ultra à atteindre.

    Effectivement, en s'intégrant dans les habitudes quotidiennes, le livre s'apprivoise. Dès lors, l'envie d'expérimenter hors du pré-mâché devient diablement tentante. Ainsi s'installe l'exploration littéraire, la découverte du moins connu et, bien souvent, les premiers contacts avec les petites perles -- et le sentiment, ô combien plaisant, d'avoir "découvert" par soi-même un petit trésor.

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  7. D'accord avec toi et les commentateurs-trices: une fois dans les mains, il n'y a ni couverture, ni prix, ni papier ou numérique qui comptent, ça se joue entre le lecteur et le livre, mais pour y venir dans ces mains, il faut bien souvent ce passage obligé dont parle Sébastien:
    J'en entendu parler...
    J'ai vu à la télé...

    Même toi, en tant que lectrice, qu'est-ce qui fait que tu vas rapporter à la maison tel ou tel livre?

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  8. @Liceal, merci! Quand aux vedettes pour parler de livres... C'est le problème de la poule et de l'oeuf: on invite des vedettes pour parler de livre, mais on devient prisonnier d'eux pour en parler! Ça ne me dérange pas trop tant que la préoccupation soit purement littéraire, mais c'est loin d'être toujours le cas!

    @Sébas, il y a juste toi pour mettre la référence exacte d'une info! :P Change pas trop, je m'inquiéterai si c'était le cas (et heureuse de te revoir enfin ici je m'inquiétais d'une éventuelle infidélité! ;) )

    @ClaudeL, ce qui me fait accrocher à un livre? Dans un total désordre: la couverture, la maison d'édition, le représentant de celle-ci (qui, à force, connaissent plutôt bien mes goûts!), la quatrième de couverture (si elle est bien faite), le fait que comme tout le monde j'en aie entendu parler dans les journaux ou sur Internet (les postes de radio que j'écoute n'en parle pas et je ne regarde pas la télé!), des amis ou encore des clients à la librairie ou encore le fait de le recevoir sur l'orteil (sans blague!) C'est tout et n'importe quoi qui peut attirer vers un livre, le problème, c'est toujours d'établir le contact! La phase la plus difficile et pourtant la plus essentielle.

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  9. @ Prospéryne: oui, j'ai été plusieurs fois infidèle avec "l'autre blog" durant ces dernières semaines... mais je suis revenu, et pour de bon ;-)

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