mercredi 8 mai 2013

Quand lire est un problème

Salut!

(Je vous rassure tout de suite tout le monde, ce n'est pas moi qui est un problème avec la lecture!)

L'autre jour, je discutais avec une fille que je connais et avec lequel je ne jase jamais de livres (rarissime!).  Je lui expliquais à quel point les livres prennent une place important dans ma vie.  Et elle de me répondre:

-Ah moi, j'ai arrêté de lire.

Interloquée, je l'ai regardée.

-Pourquoi donc?  Tu n'aimais plus ça?

Elle a eu un regard vague, teinté de quelques regrets.

-Ben non, j'aimais ça, je lisais énormément, je me couchais à 2-3 heures du matin pour finir mes livres et ensuite, je retombais dans le réel et je me trouvais ma vie tellement plate que je devenais dépressive, alors j'ai arrêté.

Je voyais qu'elle le regrettait, qu'elle aimait beaucoup lire autrefois, s'évader dans des mondes imaginaires, mais qu'elle avait compris que les impacts sur sa vraie vie, celle loin des aventures magiques et des prouesses des héros lui paraissait trop terne pour pouvoir supporter la différence.  En ce sens, je crois qu'elle a pris une sage décision.  Que je trouve très triste pour elle, mais sage.

La lecture est et doit demeuré une source de plaisir, de joie et de détente et non devenir une drogue.  Ok de la part d'une lecturovore, le commentaire peut paraître étrange, mais reste que je ne suis pas dépendante des livres.  Quand je suis dedans, je suis dedans, mais quand je sors la tête de mes livres, j'ai une vie quand même!  Une vie que j'apprécie, avec ses hauts et ses bas, ses moments de joie et de tristesse, de doutes et de grands pas en avant.  Ma vie existe et je ne la compare pas à celle que vivent les personnages des livres que je lis.  Parce que ce sont deux choses très différentes.

Les personnages d'encre et de papier sont des personnes à part entière, sorties de l'imagination de d'autres personnes certes, mais ils ne sont pas réels.  On peut tirer des leçons de leurs aventures, de leurs expériences, tripper en suivant leurs pérégrinations, combats et autres affrontements, mais sans blague, qui a déjà sincèrement rêvé d'avoir Voldemort sur le dos comme Harry ou d'être prise à aller porter l'anneau dans le Mordor comme Frodon?  Un peu comme le cinéma, la littérature nous vend de bonnes histoires, pas la vraie vie.  C'est un moment de rêve, de sortie de la réalité, pas un moment de réalité empruntée.

Je suis triste pour cette fille, parce qu'en même temps que les livres, elle se prive de leurs histoires et de tout ce que ça pourrait lui apporter de positif.  Mais en même temps, je la comprends et je crois qu'elle a fait le bon choix.  Pour elle.  J'espère qu'un jour, elle sera capable de retourner vers les livres, sereinement, et de pouvoir à nouveau profiter de leurs joies.

@+ Mariane

4 commentaires:

  1. Je comprends très bien le sentiment de cette fille, pour l'avoir vécu vers 12 ans, autant avec la lecture que l'écriture. Les choses s'étaient replacées d'elles-mêmes au fil des mois, mais je suppose que si cet état avait perduré, il m'aurait fallu faire un sevrage.

    Je connais une fille qui avait également ce problème, mais durant sa vingtaine. La lecture de la fantasy lui rendait la réalité tellement morne qu'elle déprimait. Elle a réglé son problème en s'investissant massivement dans un groupe de GN.

    Le cousin de cette fille, lui, s'est mis sur l'aide sociale pour se consacrer uniquement au jeu de rôle, au GN, à la lecture et au visionnement de séries. Son raisonnement: "l'important c'est d'être heureux, et c'est ainsi que je le suis".

    Finalement, je connais une personne consacrant plus de 50 heures par semaine à World of Warcraft. Pour elle, le boulot et le reste de la vraie vie sont des obligations en attendant de revenir à l'essentiel, i.e. le jeu. Et quand il joue, il refuse de répondre au téléphone ou d'ouvrir à la porte.

    (n'est-ce pas Daniel Pennac qui avait écrit un passage sur l'auto-valorisation via le jeu vidéo ?)

    Toute forme d'imaginaire peut devenir une drogue. Surtout lorsqu'elle devient envahissante dans la vie réelle.

    La vie réelle recèle suffisamment de merveilles pour qu'on y trouve son bonheur.

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  2. @Sébas, comme presque n'importe quoi, la lecture peut devenir une drogue dure. L'important, c'est de savoir doser entre les différentes parties de nos vies.

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  3. Pour ma part, c'est la première fois que j'entends parler d'une telle dépendance.

    Bon, j'étais assez intense moi-même à l'adolescence et si j'avais pu, j'aurais passé ma vie à lire, mais ce n'était pas la réalité (mes parents me l'ont bien fait comprendre!).

    J'avais entendu parler de la dépendance aux jeux vidéo, mais aux livres? Je ne pensais pas ça possible. C'est quand même triste...

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  4. @ Isabelle: tout plaisir peut entrainer dépendance...

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