jeudi 28 avril 2011

Festival Métropolis bleu: 27 avril 2011, L'univers de Bernhard Schlink

Mercredi soir, 27 avril 2011, auditorium de la Grande Bibliothèque.

Je suis arrivée un peu à l'avance ce qui m'a permis de mettre la main sur une paire d'écouteurs de traduction assez facilement parce que contrairement à mes attentes, la rencontre avait lieu en allemand!  M. Schlink ne s'est pas exprimé dans la langue de Molière, mais bien dans celle de Faust.  La traduction (d'ailleurs chapeau à la traductrice!) a été assurée toute la soirée par le Goethe institut (prononcer Gueute Innstitoute) et animé par Jean Fugère, visiblement germaphile parce que s'exprimant dans la même langue que M. Schlink avec aisance!  L'auditorium était presque plein, environ 200 personnes s'étaient déplacé.

Entre M. Schlink, un grand homme mince vêtu d'un complet gris et d'une chemise bleu, l'air parfaitement à l'aise, même devant un public dont la majorité n'est pas germanophone, malgré une forte proportion de locuteurs de cette langue.  Ça commence par une longue présentation en allemand que j'ai suivi écouteurs branchés sur les oreilles me désolant de ne pas pouvoir écouter sa voix original et la sonorité si particulière de la langue allemande parlée (je me suis rattrapée plus tard en soirée!).  Jean Fugère a alors lu de longs extraits de ses oeuvres, dont un de son célèbre Liseur, bien entendu!  D'ailleurs ce livre a été le point central de la soirée.  Par la suite, M. Fugère a posé quelques questions à M. Schlink.  Je ne sais pas si celui-ci disposait d'un micro caché ou s'il savait les questions à l'avance, mais il n'a pas à ce moment eu besoin d'une réelle traduction des questions!  D'ailleurs l'échange a donné lieu à quelques éclats de rire dans la salle parce que M. Schlink a trouvé les questions de M. Fugère un peu trop songée, ce qu'il a d'ailleurs lui-même reconnu!  Éclats de rire également quand M. Schlink a déclaré que oui, il y a avait une part autobiographique dans Le liseur, il avait effectivement eu la jaunisse à 15 ans!  Aucun autre détail n'a filtré par contre!  Discret ce cher auteur... ;)

Par la suite, il y a eu une partie de questions du public.  Les questions ont été variées et portaient autant sur les livres que sur le rapport des Allemands à l'Holocauste ou la culpabilité résultante de ces événements, thème qui est revenu plusieurs fois durant la soirée.  Comme d'habitude dans ce genre d'occasion, je n'ai pu me retenir de poser une question (héhé!).  J'ai donc demandé comment il se sentait comme auteur allemand de voir son film adapté par des Américains et s'il avait aimé l'adaptation.  Réponse très instructive: de un, le film a été adapté par des britanniques et non des américains et dès le départ, il a préféré confier l'adaptation à des non-allemand, parce que sans ça, le film aurait été uniquement allemand, alors que sa portée pouvait être universelle.  De deux, l'adaptation est bonne, mais c'est une variation sur le thème du livre: le livre raconte son histoire à lui, à Michael, alors que le film raconte son histoire à elle, à Hannah, changement dû essentiellement à l'absence de narration interne qui nous coupe des pensées intimes du personnage de Michael et aussi au fait que le rôle de celui-ci était interprété par deux acteurs différents et pas Hannah.  C'est bien de pouvoir avoir son avis sur le sujet!

La soirée s'achève peut après et le tiers de la salle se dirige vers l'avant pour avoir une dédicace et les deux autres tiers passent par la porte arrière.  J'hésite, il se fait un peu tard, j'ai presque une heure de route à faire et je travaille le lendemain moi!  Quoique quitte à attendre pour rendre mes écouteurs et attendre pour une dédicace, le choix est vite fait!  Je me mets donc en file.  M. Schlink est extrêmement gentil et ne signe que son nom dans les livres, évitant ainsi les longues discussions et permettant au plus de gens possible de pouvoir avoir une dédicace.  Mon tour approche, je passe par mes habituelles phases pré-rencontre avec un auteur que j'aime: qu'est-ce que je dis, qu'est-ce que je fais, je veux avoir l'air intelligente, je ne veux pas avoir l'air stupide et avec tous les gens autour de moi, je ne veux pas être trop longue non plus!  Arrive mon tour, je lui demande juste s'il parle le français et lui de me dire un tout petit peu!  Je le remercie alors d'être venu à Montréal, il signe mon livre et je quitte la salle, déçue un peu de ne pas pu avoir profité plus de sa présence, mais heureuse quand même de l'avoir rencontré.  Ah, ces instants ont passé trop vite!  Dommage!  Mais au moins, je l'ai rencontré, c'est ce que je me dis en me replongeant dans Le retour, un autre de ses livres en prenant le métro pour rentrer à la maison!

@+ Prospéryne

Ajout:
Deux petites photos!


C'est définitif, je ne prête plus mon exemplaire du Liseur à personne! :D

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