mercredi 1 octobre 2014

Voir un personnage grandir

Salut!

Je me rappelle qu'en lisant le quatrième tome des Harry Potter arrivait une scène qui m'a fait faire un petit sourire à la lecture.  C'est celle où Harry arrive devant la Pensine et qu'il se fait la réflexion qu'il ne devrait pas y toucher, quatre ans dans le monde de la magie lui ayant appris à se méfier de certains choses.  Dans ma tête, ça a fait ahhh...  Que voulez-vous, une chose que j'adore dans la littérature est justement ça: voir les personnages évoluer, voir comment ils vont apprendre, grandir face aux événements.  Une de mes grandes déceptions est de voir un personnage qui ne grandit pas.  Harry a appris durant ses années de Poudlard à se méfier un peu plus, mais surtout, cela a influencé la personne qu'il est.  Si ce n'est pas présent, ça ne marche pas pour moi.

J'ai déjà fait la remarque à un auteur que ses personnages n'évoluaient pas entre deux tomes de sa série.  Il ne comprenait pas ce que je voulais dire.  Pour moi, c'était clair: les deux personnages principaux revivaient grosso modo la même séquence d'événements et y réagissait de façon semblable.  Même si les événements du premier tome était du genre à bouleverser une vie et une vision du monde.  Mais...  non.  Les personnages étaient trop semblables.  On aurait dit que rien ne s'était passé ou du moins, que rien ne les avait marqués.  Ce qui était pourtant hautement improbable.

Évoluer, changer...  Ce sont deux mots importants pour moi.  En littérature certes, mais dans la vraie vie également.  Personne n'est le soir en se couchant exactement la personne qu'il était en se levant le matin.  Si certaines choses persistent et signent, le reste est en constants mouvements.  Alors, des personnages de roman!  Le roman étant un concentré de la vie en quelques pages, il est impossible (à moins bien sûr que ce ne soit la volonté de l'auteur(e)) de ne pas voir de changement dans le caractère des personnages, ou dans leur psychée.  Personnellement, c'est pourtant ce qui m'intéresse le plus.

Les épreuves forgent le caractère dit le dicton.  C'est aussi vrai pour les personnes de papier.  Une simple phase peut avoir beaucoup d'impact sur une personne, même si la personne qui la prononce n'en est pas consciente.  Ce sont ces ressorts de l'âme qui m'intéresse le plus en littérature.  Comment une personne va vivre, va prendre des décisions en fonction de ce qu'elle a appris, de ce qu'elle a compris de la vie.  De ce qu'elle a vécu sous nos yeux et comment cela l'a influencé pour la suite.

Dans le genre, je me rends compte qu'un roman somme toute anonyme, La soeur de Mozart de Rita Charbonnier, m'a le plus aidé à comprendre ce que je cherchais dans tous les romans que je lisais: le fait de voir un être humain grandir devant moi.  Le personnage de Nannerl, la soeur du grand Wolfgang Amadeus Mozart, étouffée dans son talent pour laisser toute la place à son frère, son égal en génie, laissait la place à une humanité frappante.  Ce n'était pas un drame visible, c'était un drame silencieux, mais de dizaines de phrases prononcées ça et là, de regards, d'attitudes, d'expressions du visages de son père, mais qui ont eu autant d'influence sur elle que des cris et des coups.  Parce qu'ils l'ont marquée au coeur.

La littérature est une forme d'art qui parle de l'humanité.  J'adore justement quand elle me parle de l'être humain et des choix qu'il a à faire, au plus profond de son coeur.  Parce que justement, c'est de ça que l'on parle souvent le moins, de ce qui se passe au plus profond de nous, qui est le moins montré et qui est pourtant si important.

@+ Mariane

4 commentaires:

  1. Voilà. Voir le personnage évoluer, changer. C'est ce qui compte le plus pour moi.

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  2. Je ne comprends juste pas les auteurs qui écrivent des histoires où les personnages n'évoluent pas d'un tome à l'autre. Personnellement, j'aime concevoir mes histoires autour d'un point tournant de l'existence d'un personnage. C'est le conflit intérieur et l'évolution qui est intéressante. Si elle ne se produit pas, peu importe les événements, ils deviennent des éléments de décoration interchangeables.

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