mercredi 5 février 2014

Premier degré et second degré

Salut!

Lors de la campagne de promotion du deuxième film de la série des Hunger Games, j'ai souvent entendu revenir dans les commentaires des deux acteurs principaux que le message du film était de se révolter.  Oui, mais contre quoi?  En lisant les livres, je comprenais que la dénonciation faite était celle de la société du spectacle qui nous fige devant nos écrans de télé à suivre les aventures d'autres personnes.  Et qui mène aussi à la banalisation de la violence, à accepter des situations contre lequel on devrait lutter.  Cependant, pour un ado de quinze ans, quel message sera retenu?  On lui dit de se révolter, mais contre quoi?  La révolte, c'est facile, mais encore faut-il savoir contre quoi on souhaite lutter.

Dans toute histoire, il y a un premier et un deuxième degré.  Il y a l'histoire, ce qu'elle raconte, et en filigrane, une autre histoire, souvent symbolique ou encore allégorique.  Ce second degré est souvent le plus intéressant.  C'est celui qui porte le message.  Cependant, il est n'est pas souvent évident, il faut avoir un minimum de recul pour le comprendre.  Pour un jeune de quinze ans, la révolte peut se résumer à casser des vitres sur la rue Sainte-Catherine.  La réflexion derrière, si nécessaire, n'est pas toujours présente.  Il y a une raison à casser des vitres, sans ça, c'est du vandalisme pur et simple.  Comme l'a déjà dit un de mes oncles, si tu es à la manif, il faut savoir pourquoi tu y es.

Est-ce que les adolescents comprennent la critique sociale derrière les dystopies?  Pas certaine dans tous les cas.  Loin de là.  Cela est-il si grave?  Autre question.  L'adolescence est l'âge où tout est remis en question, dans un immense melting-pot: la politique, la philosophie, l'essence de la vie et les règles édictées par l'école et les parents.  Un âge où on est pas encore adulte, mais déjà plus un enfant.  Un âge où la liberté est la plus grande que l'on connaîtra dans sa vie: les moyens, mais sans les responsabilités, les occasions, mais sans les contraintes sur le reste de notre vie.  Un immense chaudron dans lequel tout mijote et d'où sortira la personnalité de l'adulte, avec ses références propres.  Les dystopies poussent au maximum la logique de certains régimes totalitaires, montrent le monde sous un jour négatif, dans le but de faire réfléchir.  Les adolescents mordent sans aucun doute à l'action, au suspense, à la romance.  Le reste n'est pas compris immédiatement.  Cependant, reste dans l'esprit des traces, comme dans tout esprit jeune et malléable.  Et ces traces sont importantes.

Le premier degré, c'est l'histoire que l'on lit.  Le second, ce sont les conclusions auquel on arrive après y avoir réfléchi.  Personne n'a une opinion complètement neutre sur l'histoire de Katniss et de Peeta.  Parce que leur histoire est trop chargée émotivement pour rester complètement neutre.  Les jeunes y accrochent, s'y impliquent.  Y trouvent-ils forcément des résonances dans leur propre vie, dans leur propre monde?  Pas nécessairement.  C'est personnel à chacun.  Certains agiront, d'autres resteront au premier degré.  C'est ça la beauté de la littérature, elle sème des graines dont on ne sait jamais comment elles germeront.

Et pour les ados?  Je ne suis pas trop inquiète.  Ils ont bien le temps d'apprendre par eux-mêmes.  Peut-être même que les germes de la révolte leur apprendront à remettre en question leur univers comme le font leurs héros.

@+ Mariane

2 commentaires:

  1. Pour illustrer ton propos, je me rappelle avoir lu "Farenheit 451" de Ray Bradbury quand j'étais au tout début du secondaire. Et ce n'est que rendue à l'université, quand j'ai commencé à voir à quel point les gens qui avaient terminé leurs études délaissaient les livres et n'étaient plus intéressés par le savoir, seulement par le divertissement, que j'ai compris ce bouquin.

    Avant ça, je trouvais juste que c'était un sacrilège de brûler des livres! ;)

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  2. @Gen, Un sacrilège en effet! J'ai pas lu Farenheit 451. Ça manque encore à ma culture. Bien hâte de le lire par contre! :)

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