mardi 11 février 2014

Les cinq cents millions de la Bégum de Jules Verne

Les cinq cents millions de la Bégum  Jules Verne  164 pages  texte lu en numérique libre de droits*




Résumé:
Le Dr Sarrasin, spécialiste de l'hygiène, se retrouve de façon imprévue à la tête de l'immense fortune d'une Bégum indienne décédée.  Désireux de mettre cette fortune au service de la science, il décide de fonder une cité idéale, basée sur les dernières connaissances scientifiques.  Cependant, Herr Schultz, un allemand épris de la supériorité de l'Allemagne sur la France, lui conteste la moitié de son héritage et par la suite, n'aura qu'un but: détruire France-ville, la cité du Dr Sarrasin.

Mon avis:
Ce cher Jules Verne!  Il en fait toujours trop!  Non pas dans l'intrigue, parce que l'idée était bonne.  Au départ, une immense fortune, dont on a jamais retrouvé le dernier héritier, qui se retrouve dans les mains d'un homme généreux désirant le mieux pour l'humanité.  C'est tiré par les cheveux, mais c'est typiquement vernien!  Seulement, le problème est dans son personnage principal, Marcel Bruckmann.  Jules Verne, comme toujours avec ses héros, dresse le portrait d'un homme presque trop parfait.  Toujours héroïque, même face à la mort, même face au mal absolu, d'un moral qui jamais ne se laisse abattre, quelque soit les épreuves.  À un moment, trop, c'est trop.  Par contre, si on fait abstraction de ça, l'auteur a le talent de nous raconter une bonne histoire.  Superlatif exclus évidemment.  Je crois que c'est dans ce livre que l'on voit le mieux certaines de ses idées les plus profondes: le génie de la France, les innombrables avantages de la vie aux États-Unis, la jalousie des Allemands et aussi, son racisme.  Son commentaire sur l'éviction évidente de la «race jaune» de France-Ville, tout juste bonne à servir de coolies est autant un reflet de l'époque que celle de ses propres pensées.  Sa croyance en la justesse de la technologie aussi.  Tout autant que ses dérapages, Schultz en étant la parfaite incarnation.  Honnêtement, je crois que le mouvement Steampunk doit beaucoup à Jules Verne, un des premiers à imaginer un futur d'où l'électricité serait non absente, mais subjuguée à des technologies plus anciennes, voir aujourd'hui totalement disparue.  Sa passion pour les mathématiques est tout autant évidente.  C'est du Verne, il faut apprécier le style pour le goûter, mais personnellement, j'ai bien aimé.  Pas un de ses meilleurs, mais un bon cru tout de même.

Ma note: 3.75/5

* La version epub du texte que j'ai lu est disponible en cliquant sur la couverture du livre.

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