vendredi 9 novembre 2012

Hop! de Karine Gottot et Maxim Cyr

Hop!  Textes de Karine Gottot  Dessins de Maxim Cyr  Michel Quintin  84 pages


Résumé:
Une série de strips se déroulant dans à l'hôpital Notre-Drame, reflet fidèle de bien des hôpitaux du Québec.

Mon avis:
Fous rires en vue!  Cette petite BD sans la moindre prétention autre que de faire rire a le don de mettre en valeur les différentes situations vécues par les patients des hôpitaux québécois.  Attente interminable, spécialiste trop pointus, vêtements inconfortables et lits mécaniques obéissants à leurs propres règles.  Bref, on est dans les détails de la vie dans les hôpitaux en les caricaturant et c'est réussi!  On suit les mêmes personnages tout au long de l'histoire et le coup de crayon de Maxim Cyr est pour beaucoup dans le côté humoristique des strips.  On se reconnaît, on rigole et on oublie le côté parfois très sérieux de la maladie (après tout, ça se passe dans un hôpital!) et les défauts de notre système de santé.  Vraiment, parfait pour rire, léger, mais malheureusement, très vite oublié.

Ma note3.5/5

jeudi 8 novembre 2012

Certains auteurs font tripper mes clients... mais pas moi!

Salut!

L'autre jour, un client que je connais bien entre dans la librairie à la recherche du dernier Anne Robillard.  Il le prend dans ses mains avec les yeux pétillants d'un lecteur se régalant à l'avance de sa future lecture.

-Tu l'as lu? me lance-t-il.

-Euh, non.

-Comment ça?

Il est sincère!  Sa physionomie a pris l'expression de stupeur caractéristique d'un fan absolu face à un non-fan.

-Euh, je n'aime pas Anne Robillard.

Ce client étant du genre très ouvert, il a compris que les écrits de la mère des Chevaliers d'Émeraude n'étaient tout simplement pas ma tasse de thé et on en est resté là.  Chouette type!  Oh, je les aies lu les Chevaliers d'Émeraude, jusqu'à la fin, mais j'en avais largement assez comme ça.  Depuis, Anne Robillard traîne sur ma liste des auteurs pas super bons que je vends parce que les gens l'aiment, mais que rarement je vais conseiller.  Enfin, c'est parfois compliqué, les gens n'ont pas toujours conscience que l'on ne peut pas tout aimer!

Autre exemple, plus récent celui-là, c'est Fifty (yeurk!) shades.  Le nombre de clientes qui sont revenues me voir les yeux plein d'étoiles pour me dire que c'était tellement bon, non, mais je l'ai dévoré ce livre-là!  En deux jours en plus, moi qui ne lit presque pas!  Et viens la question fatidique:

-L'as-tu lu?

-Oui.

Et la prière muette ensuite, SVP, SVP, SVP, faites qu'elle ne me demande pas si j'ai aimé ça!  Parce que je suis sûre que je ne pourrais pas me retenir de lui dire que je n'ai pas aimé.  Au minimum....  Déjà que lorsqu'un client est passé et m'a demandé si c'était bien traduit, je n'ai pas pu m'empêcher de lâcher qu'au départ, ce n'était pas bien écrit, alors...  Mes collègues en ont rit un coup! 

Mais enfin, comment réagir quand quelqu'un entre dans le magasin et se met à nous vanter les mérites d'un truc que l'on trouve au mieux médiocre?  La plupart du temps, je me contente de répondre oui, oui et je laisse le client me faire son petit laïus.  S'il me pose la question si j'aime ou non, je vais sortir toute la diplomatie dont je suis capable pour lui dire que non, mais habituellement, j'aime mieux leur laisser leurs illusions à ce sujet.  Ils n'ont pas besoin de le savoir.  Et puis, si ce que cette personne lit la rend heureuse, tant mieux.  Tous les goûts sont dans la nature!

@+ Mariane

mercredi 7 novembre 2012

Le cri de Léa de Jean-François Senéchal

Le cri de Léa  Jean-François Senéchal  Leméac 168 pages


Résumé:
Théo, l'amoureux de Léa, l'a laissé tombé.  À 15 ans, la jeune fille plonge dans le noir, elle n'a plus de mots et elle survit en écoutant ceux chantés par d'autres qui lui parlent de la douleur de l'amour perdu. Un jour, son tourne-disque la lâche.  Folle de rage, elle pousse un cri horrible et lance son amplificateur par la fenêtre.  Un artiste étrange qui se camoufle parmi les itinérants, Pierre, entend ce cri et a alors une idée lumineuse, malheureusement interrompue parce qu'il reçoit l'amplificateur de Léa sur la tête.  William, témoin du cri de Léa et de la blessure de Pierre, se cache alors dans la ruelle et appelle les secours, effrayé par le cri qui lui a rappelé de si terrifiants souvenirs.  Et c'est ainsi qu'à travers cet événement et un étrange disquaire-libraire que seront lié ces trois êtres si différents au fond, mais en même temps, si liés par leurs douleurs intimes.  Ensemble, ils finiront par se sauver les uns et les autres.

Mon avis:
Petit bijoux que ce livre.  Bref, vivant, magnifiquement bien écrit, il raconte simplement mais avec classe une histoire d'amitié, de pardon, de rédemption et de la puissance de la vie quand elle continue envers et contre tout.  Les trois personnages principaux se lient à travers les épreuves et d'étranges créations artistiques, sorte d'humanoïdes fabriqués en matière recyclée trouvée ici et là, disséminés dans la ville.  Des créations de Pierre.  Son idée, c'était de les faire fonctionner en les faisant crier et il enregistre la voix d'itinérants criant leur douleur pour le faire et ensuite, les plante là à 4 heures du matin pour un effet maximal.  William, survivant du tremblement de terre à Haïti (ce n'est jamais dit, mais on le comprend), part à la chasse à ces créatures pour les protéger de la destruction et de l'oubli.  Il entraînera Léa avec lui, permettant à celle-ci de fuir sa douleur de l'amour perdu et en quelque sorte de reprendre goût à la vie.  L'histoire est raconté avec une plume d'un rare talent qui coule facilement et pourtant donne à ce petit roman ce petit plus qui distingue un bon livre d'un excellent livre.  Vraiment un petit bijou, une belle histoire d'amitié, entre trois personnes que tout sépare, qui mènera à la rédemption de chacun.

Ma note: 4.5/5

mardi 6 novembre 2012

Bilan de mes résolutions 5

Salut!

Normalement, je fais toujours mon bilan le 1er de chaque mois impair, mais là, complètement oublié de le faire!  Alors je le fais ici avec quelques jours de retard! ;)

1-Lire 5 biographies durant l'année (5/5)
Déjà complété de cet été!

2-Lire 3 classiques de la littérature québécoise (Publié avant 1960) (3/3)
Pas pour rien que je me suis obstinée à finir Trente arpents!  Complété Celui-là aussi.

3- Lire au moins un de ces deux pavés: Le Décaméron de Jean Boccace ou Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer.
Résolution abandonnée.

4- Lire 5 essais (4/5)
Lu un essai en septembre, Alain Grandbois est-il un écrivain québécois? et j'en aie un autre en cours.  Donc, de ce côté, pas trop d'inquiétude.

5- Lire un Jules Verne dans l'année. (1/1)
Déjà complété.

6- Défi voyage: Lire un livre provenant et écrit par une personne des pays/régions suivantes: Chine, Russie, Monde arabe et Afrique noire. (3/4)
Monde arabe, Chine et Russie sont complétées étant donné que j'ai lu Maître et serviteur de Léon Tolstoï.  Manque maintenant Afrique noire!

7- Découvrir les trois auteurs suivants que je n'ai pas encore lu: Charles Dickens, Ian McEwan et Michel Tremblay. (1/3)
Michel Tremblay est sorti de ma PAL, Ian McEwan y attend encore sagement.

Il ne m'en manque que 4 d'ici la fin de l'année et deux sont en cours ou pas loin.  Héhé! ça sent la réussit de mes résolutions!

@+ Mariane

lundi 5 novembre 2012

Hockey de rue de David Skuy

Hockey de rue  David Skuy  Hurtubise 233 pages


Résumé:
Jonathon vit dans la rue depuis la mort de sa mère.  Il connaît la faim, le froid et la mendicité.  Avec d'autres enfants sans abri, il vit dans la Cave, un lieu mené par un petit leader qui lui fait payer un loyer pour chaque nuit passée là et où vit aussi Lewis, la seule personne qui lui accorde un peu d'amitié.  Un jour, par hasard, il entre dans un magasin et vole un équipement de hockey.  En s'entraînant, sa route croise celle d'enfants normaux qui lui offrent de faire partie de leur équipe de hockey.  Pour un temps, il réussit à conjuguer sa double vie, mais combien de temps le pourra-t-il?

Mon avis:
Une histoire de hockey, de gars.  Une histoire sur la dureté de la vie, mais aussi sur le fait que même dans les pires situations, on peut s'en sortir.  Ce qui est bien avec cette histoire, c'est que jamais elle ne sombre dans le pathos, dans l'histoire-du-pauvre-petit-garçon-qui-réussit-à-s'en-sortir-grâce-à-des-gens-gentils.  Au contraire, c'est en partie grâce à lui-même que Jonathon s'en sort.  Il est à la croisée des chemins à la fin du livre et si l'on peut facilement croire que son avenir sera meilleur, il n'en reste pas moins que ce n'est pas une fin à la Disney.  Du moins, ce n'est pas comme ça que je l'ai senti.  La partie hockey est bien décrite, enfin, si l'on tient compte que j'ai rien compris.  Moi, les histoires de passe, de ligne bleue et autres trucs, ça me passe dix pieds par dessus la tête (je suis pas née dans le bon pays pour ça! :P ), mais ça me semblait cohérent et convaincant.  Jonathon est un personnage solide et même si je l'ai trouvé un peu déconnecté de ses émotions par moment, il m'a paru très attachant.  Ça en prend de la force intérieure pour survivre dans de telles conditions et il en a.  Les autres personnages sont moins élaborés, mais il n'en sont pas moins intéressant.  Point important, personne dans ce livre ne m'a semblé caricatural, trop bon ou trop gentil à en être irréaliste.  Idem pour les méchants.  Tout est dans les zones de gris, comme dans la vie.  Une belle histoire d'amitié, de gars (le style est vraiment fait pour eux) et de hockey qui sait aussi parler avec doigté de la dure réalité de l'itinérance chez les enfants.

Ma note: 4/5

vendredi 2 novembre 2012

Des trésors d'ingéniosité

Salut!

Je lis passablement de trucs dans la catégorie Jeunes adultes (le Young adult si populaire chez nos voisins du Sud) et j'ai remarqué un truc, particulièrement dans tout ce qui se publie dans les littératures de l'imaginaire.  Les auteurs débordent d'imagination pour faire en sorte que leurs personnages... soient d'une chasteté exemplaire avant le mariage!

Pensez-y, Bella ne couche pas avec Edward parce qu'il est vieux jeu. Dans un autre livre, La sélection de Keira Cass, d'avoir des relations sexuelles avant le mariage peut être puni de mort.  Dans la série Ailes d'Aprilynne Pike, les jeunes héros ont tellement de sensation à s'embrasser qu'ils ne pensent pas à autre chose...  Morale ultra-pudique de la société américaine?  Sûrement.  Du moins pour certains romans, d'autres ne se gênant pas outre mesure avec ces détails-là.  Dépendant des auteurs également parce plusieurs de ces auteures (le Jeune Adulte étant majoritairement écrit par des femmes) sont souvent des membres de communauté chrétiennes assez conservatrices.  Ça se reflète dans leurs livres, voilà tout.  On comprend pourquoi Stephenie Meyer a été horrifiée d'apprendre que E.L. James s'est inspirée d'elle pour écrire Fifty Shades of Grey!

Reflet d'une mentalité, d'une époque, d'une société?  Tout ça à la fois à mon avis.  Mais aussi d'une manière de vivre qui reflète un système de pensée.  Ces auteurs écrivent des trucs que peuvent lire les membres de leurs communautés, en accord avec leurs valeurs.  Mais pour que ça passe au niveau du grand public, il leur faut trouver des trucs de passe-passe pour ne pas que ça paraisse vieux-jeu ou encore, oh horreur, moralisateur.  Alors, ils trouvent des parades, des excuses.  Ils sont créatifs et ma foi, la plupart du temps, ça tient la route!  Mais la volonté de base est la même.  Personnellement, je n'aime pas trop ça, mais bon, je ne me priverais pas de bonnes séries à cause de ça, même si le message sous-jacent de pas-de-sexe-avant-le-mariage me déplaît souverainement.  Surtout quand c'est présenté comme un diktat et non un choix.

@+ Mariane

jeudi 1 novembre 2012

Châteaux Bordeaux: 2- L'oenologue de Corbeyran et Espé

Châteaux Bordeaux  tome 2 Scénario de Corbeyran  Dessins de Espé  Couleurs de Dimitri Fogolin  Glénat  56 pages


Résumé:
Ses frères ont laissé un an à Alexandra pour faire prospérer le vignoble, tâche quasi-impossible quand on sait l'état dans lequel 15 ans de mauvaise gestion l'ont laissé.  D'autant plus que sa belle-soeur semble déterminer à la faire échouer.  Heureusement, un oenologue réputé accepte de l'aider.

Mon avis:
Étonnant.  Cette série tourne autour du vin, on le savait depuis le départ, mais cette incursion dans l'univers des vignobles est habilement menée.  Oui, l'art du vin a ses revers sombres et ses rivalités entre vignobles. Alexandra l'apprendra à ses dépends.  Mais il y a aussi cette petite part de magie, qui fait que le vin est le vin.  Il est représenté dans cette bande dessinée par l'oenologue, cet expert qui initiera Alexandra à la dégustation et aux secrets du vin.  Un homme qui sait parler du vin en tout cas.  Et qui, pour une raison que l'on comprend plus ou moins, acceptera de l'aider et d'être son mentor.  Par contre, dans l'ombre, s'agitent plusieurs personnes qui souhaitent plus que tout voir Alexandra échouer.  Et on commence à douter que la mort de son père ait été véritablement accidentelle.  Que cache le chapitre manquant dans le manuscrit de son père sur le Chêne courbe?  On sait que c'est lié aux Dorgemont, mais de quelle façon?  À voir aussi la fougue que met sa belle-soeur à la voir échouer, pourquoi donc, est-ce seulement l'argent qui la motive?  La finale offre un revirement qui nous met sur les dents, mais aussi des indices et une bonne nouvelle.  Vraiment, une série habilement menée et qui sait faire entrer les néophytes dans le monde complexe du vin.

 Ma note: 4.25/5

Je remercie Josée-Anne pour le cadeau du Trésor de guerre!