lundi 6 juillet 2015

Du mal de lire

Salut!

Il y a quelques semaines, mes parents m'ont acheté des petits autocollants de vitre arrière pour ma voiture.  Vous savez, ces petits autocollants en silhouette blanche qui mettent en vedette la famille qui prend place dans le véhicule?  Oui, ceux-là qu'on voit partout!  Pour me faire plaisir, ils m'ont bien évidemment acheté deux chats (différents je tiens à le préciser!) et un personnage féminin en train de lire.  Sur le coup, je me suis dit que j'aimerais mieux un petit personnage en train de faire des arts martiaux.  Il me semblait tout à coup que ce serait quelque chose qui me représenterait bien plus.  Et puis, est venue la pensée qui suit et qui m'a fait peur tout à coup: serait-en train de voir la lecture s'éloigner de moi au point de ne plus me voir comme lectrice avant tout?

Parce qu'il faut le dire, je suis une lectrice depuis que je sais déchiffrer les petits caractères noirs sur une page blanche.  Toute ma vie, je me suis définie comme une lectrice avant tout.  Je suivais l'actualité littéraire avec passion, je passais des heures sur le divan à lire et je profitais de la moindre occasion pour ouvrir un bouquin.  La lecture était au centre de ma vie de bien des façons.  Et là...  On dirait que ce n'est plus le cas.

Il faut le dire, la belle époque où j'étais libraire nourrissait doublement cette passion.  J'en vivais littéralement de la lecture, autant de jour que de soir.  Ça a été une période tellement riche, tellement intense!  Depuis que j'ai quitté la librairie, je me rends compte à quel point je me nourrissais mentalement de mon travail et à quel point cela m'alimentait, tant au niveau du blogue que de mes propres lectures.  Depuis que je suis partie...  Il y a eu une baisse, un manque.  Mon travail de représentante ne me nourrissait pas de la même façon.  À vraie dire, ça me grugeait un peu de ce côté-là parce que j'étais plus attentive à ce que je disais ici et j'avais perdu l'accès à la diversité littéraire que l'on a en librairie.  Et ça m'avait éloignée de toutes les sorties de livres chez d'autres distributeurs que j'adorais.  Bref, ça n'a pas été la meilleure période.  Je n'en avais pas parlé avant ici parce que je ne m'en sentais pas prête, mais j'ai changé de boulot au mois de décembre.  Je travaille maintenant dans un autre domaine que les livres et ça m'a fait du bien côté boulot.  Là où je suis, je suis très heureuse, mais je ne suis plus au contact quotidien avec les livres.  Ça a fait une grosse différence au niveau de mes lectures.  D'autant plus que mon départ de mon précédent travail et l'arrivée au nouveau ont coïncidé avec la pire crise de lecture que j'ai vécu de ma vie.

Des phases de non-lecture, j'en aie vécu plusieurs dans ma vie, des moments où je ne lisais pas ou peu durant quelques jours, voir semaines, mais là, ça a duré des mois!  Je me détournais des livres, ou plutôt, je voyais ça comme un fardeau (le fait que j'ai été membre d'un jury littéraire, donc pas libre de choisir mes lectures et que je faisais en même temps le GDLQ en étant très motivée à lire des livres qui ne m'intéressaient pas au départ pour avoir plus de points a dû jouer aussi).  J'en suis venue à ne lire que deux-trois livres par mois, moi qui aie pendant des années frôlée la dizaine de livres lus.  Je sais, je sais, même avec ça, je reste dans les statistiques des très gros lecteurs, mais pour moi, ça revenait à presque rien.

Et puis, la vie change également.  Ça fait bientôt quatre années que je m'entraîne en jiu-jitsu et je veux continuer à en faire, ce qui veut dire s'entraîner trois voire quatre fois par semaine.  Je me suis également mise aux jeux vidéos (corrupteur du temps disponible absolu!), bref, je fais beaucoup de choses et plus uniquement de la lecture.  Malgré tout, depuis le début de juin, je commence à reprendre le goût de lire, de m'asseoir pour dévorer un bouquin.  Ça m'a pris du temps, ça m'a fait faire un super gros questionnement, mais finalement, la lecture est revenue.  Évidemment, le blogue en a souffert.  La lecture et l'écriture de billets et de critiques sont liées pour moi.  J'ai été des mois à me casser la tête pour pondre un billet par semaine et malgré tout, j'avais toujours l'impression d'être en dessous d'avant de ne pas être capable de donner la même qualité.  Ça a été dur.  Alors, je me suis dit que j'allais faire une longue pause.  Normalement, je prends toujours mon été relax côté blogue, juillet étant finalement synonyme de vacances de blogue pour moi.  Pas de critiques (z'êtes-vous malade, imaginer la hauteur de la pile à la fin de l'été!), mais de billets oui.  Alors disons que pour me remettre de ma crise de lecture, j'ai besoin de temps.  J'ai repris un rythme presque normal de lecture pour moi en juin et j'ai donc plein de critiques qui traînent à vous faire, mais pas de billets pour l'été par contre.  On verra en septembre comment ça ira.  On le dit souvent, le laisser-aller aide parfois beaucoup.  Alors voilà, c'est mon plan de match pour l'été: lire et critiquer, mais surtout, prendre du bon temps et retrouver le plaisir de bloguer.

@+ Mariane

6 commentaires:

  1. Oh, j'suis triste pour toi. J'ai connu ça aussi des pannes de lecture. Souvent à cause des arts martiaux moi aussi (ça bouffe du temps et on tombe de sommeil quand on s'installe sur son sofa post-entraînement). En plus, pour un auto-collant derrière une auto, j'irais moi aussi avec le message "I'm a bad ass, don't mess with my car" plutôt qu'avec le "bonjour, je suis un rat de bibliothèque". ;)

    C'est quoi ton nouveau boulot? J'espère qu'il va continuer à te faire du bien entk.

    Et, snif, ça va être long l'été sans billet (moi qui commence à peine à reprendre un rythme de 2 billets par semaine, je vais être toute seule dans la blogosphère), mais ok, on va te revoir en septembre!

    Prends soin de toi (et de ton envie de lire)!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ben oui, le temps d'entraînement bouffe beaucoup de temps d'énergie et d'énergie mentale également! J'essaie de lire avant les cours, mais ça me laisse moins de temps quand même. Le problème quand on a plusieurs passions, c'est bien ça!

      Mon nouveau boulot? Je suis support technique dans une boîte en informatique qui a un logiciel de gestion des stocks en librairie. Je suis pas trop loin de mes anciennes amours, même si c'est pas tout à fait la même chose! ;)

      Et oh, t'en fais pas, je serais pas trop silencieuse quand même. J'ai littéralement une pile d'un pied de haut à faire et il y en a qui date de mai qui ne sont pas encore postées! Bref, silence pour les billets ce qui me laissera du temps pour recharger les batteries, mais pour le reste, je pense que j'aurais de quoi alimenter le blogue!

      Supprimer
    2. Eh oui, la multiplicité des passions, ça cause des maux de tête des fois! ;)

      Ah ben, comique ce nouveau boulot à la fois proche et loin de tes anciennes amours! :)

      Et hourra pour les critiques à venir! :)

      Supprimer
  2. À mon avis, ce n'est qu'une question de cycle.

    Ça nous arrive tous.

    Ça peut te prendre des semaines, des mois, mais crois-moi ça revient toujours!

    :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'aime vraiment ce commentaire Phil... T'as aucune idée comment! :D

      Supprimer
  3. Ah, les questions existentielles ! Mes crises de lecture n'ont encore jamais été intenses mais m'effleurent et m'agacent. Elles m'arrivent quand je lis de la fiction, et de la fiction, et de la fiction. On dirait qu'une petite voix pointe et émerge du silence pour dire : c'est pas vrai, donc c'est pas très utile. Je m'offre alors quelques livres plus près du vécu, et ça se replace.

    Je sais pourtant que la fiction a autant de portée que la réalité mais c'est un genre de proportion à respercter. Disons que l'on rencontre une personne qui ne fait que lire des romans et écouter des téléromans, il ne lui laisse plus de temps pour vivre dans la réalité même si sa réalité s'appelle regarder les autres vivre.

    Ce qui est plus dur pour moi, c'est écrire des commentaires de lecture. Je sens un regard qui m'épie, me juge, soit l'auteur, soit la maison d'édition, soit mon surmoi. J'aimerais avoir la critique plus indulgente. J'y travaille !

    RépondreSupprimer