vendredi 31 juillet 2015

Mémoria: 2- L'abîme de Jean-Paul Eid et Claude Paiement

Mémoria  tome 2  L'Abîme  Texte de Claude Paiement et Jean-Paul Eid  Dessins de Jean-Paul Eid  Les 400 coups  64 pages


Résumé:
Un an après avoir fermé son attraction la plus populaire, Mémoria, Brainstorm est sur le point de la rouvrir.  Mais Karina Kuan, la chef-conceptrice mis à pied à la suite de l'affaire Abel Schultz/ Benjamin Blake veut résoudre l'énigme qu'elle n'a pas su dénouer un an plus tôt.  Avec l'aide de celui qu'elle sait être Benjamin dans le corps d'Abel, elle va retourner à Mémoria.  Entre le PDG Steve Bates qui veut que la machine reparte et les deux alliés circonstanciés, le drame est en place.  D'autant que dans l'ombre de Mémoria, Zalupski n'est pas disparu.

Mon avis:
Encore une fois, chapeau!  Une excellente SF mis en place avec un très beau dessin pour l'appuyer.  On change de teinte pour les camaïeus en délavés qui peuplent le livre.  Ici, le vert domine dans Mémoria au lieu du bleu, symbole que si tout est comme avant, tout a quand même changé.  La quête de Kuan la scientifique, la rationnelle, confrontée à quelque chose qu'elle ne pouvait même pas imaginer est extrêmement intéressante.  Et nous ramène à la philosophie de manière habile: la matière qui acquiert la capacité de penser, la conscience de sa propre existence, qu'est-elle au fond?  Le plasmide, ce liquide intelligent présenté dans le premier tome permet ici de poser la question.  Zalupski, premier, unique, est la créature-créateur qui se rend compte que d'autres que lui tirent les ficelles.  Intéressante métaphore.  Ce qui est surprenant avec cet opus, c'est la grande qualité de la SF présente dans le livre, magnifiquement bien servi par le dessin.  Les idées sont présentées d'une manière que je n'avais jamais vu et le côté gouailleur du dessin issu des années 1930 donne une touche de légèreté au récit.  Les personnages sont bien développés, particulièrement Benjamin Blake, perdu, mais déterminé, avec un petit côté exalté qui convient bien.  Face à lui, Kuan est un peu un agent Scully face à Mulder.  Elle mettra du temps avant de comprendre.  Steve Bates (Bates?  Jobs?  une allusion?) est l'archétype du PDG qui regarde ses colonnes de chiffres plutôt que les vies en jeu.  Bien amené, mais nécessairement superficiel.  Par contre, Zalupski, oh, mais quel personnage!  Sombre, mystérieux, il en sait plus qu'il n'en a l'air et tire d'habiles ficelles!  Bref, une excellente BD que j'ai beaucoup aimé.  Par contre, ben, malgré tous les commentaires positifs, non, pas un coup de coeur.  Une réussite complète, mais ça ne trônera pas au sommet de mes meilleurs lecteurs parce que je n'ai pas été transportée comme dans d'autres BDs.  Peut-être un peu trop cérébrale.  Ce qui n'enlève rien à ses autres qualités!

Ma note: 4.5/5

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