mardi 22 avril 2014

Le Grand Meaulnes d'Alain-Fournier

Le Grand Meaulnes  Alain-Fournier  223 pages  * texte lu en numérique libre de droit


Résumé:
Fin du XIXe siècle.  La famille de François Seurel accueille en pension un élève: Augustin Meaulnes.  Celui-ci aura un fort ascendant sur le jeune Seurel.  Au hasard d'une aventure, il vivra une expérience qui le transformera et qui aura un impact puissant sur sa vie.  

Mon avis:
J'ai eu l'impression de lire trois romans distincts, constitué des trois parties du livre.  La première, pleine d'enchantements, c'est l'enfance, avec ses aventures, cette magie qui peut surgir de nulle part.  La deuxième, c'est l'adolescence et ses tourments amoureux.  La troisième est comme détachée des deux autres, sombre, glauque, c'est l'amour dans ce qu'il a de pire, dans l'obstination d'une idée au détriment de ceux qu'on aime.  Le personnage de Meaulnes est un éternel adolescent.  Il en a la force des convictions, même après les épreuves de la vie.  Il veut aller au bout de ses promesses, même lorsqu'il est évident que la vie est passée et que ces promesses n'ont plus de sens.  Cela causera le malheur de celle qu'il aime.  Le narrateur, François Seurel, est son ami, son compagnon.  Pour lui, la vie se chargera de le grandir.  D'abord admirateur de Meaulnes, il finira par en être un peu critique quand il voit les conséquences des actes de son ami.  Il faut dire que c'est ce dernier qui fera entrer dans sa vie la fantaisie, qui l'éloignera du morne quotidien vécu avec ses parents instituteurs et qui l'entraînera dans ses aventures.  Par contre, il s'en détachera jusqu'à un certain point vers la fin du roman.  Frantz de Galais, frère du grand amour de Meaulnes, sera aussi jusqu'à un certain point son mauvais génie: fantasque, inconstant, enfant dans un corps d'adulte, il néglige sa famille et semble vouloir fuir le bonheur, s'enfermant dans son malheur à la place.  La capacité des personnages à s'entêter dans leurs idées est stupéfiante dans ce livre.  C'est un livre des grandes amours déçues, de ce dur passage à l'âge adulte jamais fait, de l'avenir que l'on fuit pour rester dans le présent.  Aucun des personnages ne grandit vraiment à part François Seurel et Yvonne de Galais, les personnages sans doute les plus raisonnable du livre, mais en même temps, ceux qui m'ont paru les plus beaux.  Autant la première partie m'a enchantée, autant le livre m'a déçue au final.  Une écriture si belle au service d'une histoire si triste...  Dommage, ça avait bien commencé.

Ma note: 3/5

* Le texte que j'ai lu est disponible ici.  

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