S'enfuir Récit d'un otage Guy Delisle Dargaud 428 pages
Résumé:
1997. Christophe André est travailleur humanitaire dans le Caucase. Il s'agit de sa première mission. Il est kidnappé dans la nuit du 1er au 2 juillet. Commence alors l'interminable attente, le long calvaire de celui qui ne maîtrise plus le temps et ne sais pas combien durera sa captivité, ni s'il en sortira vivant.
Mon avis:
Ce qui m'a surpris au départ, c'est l'adaptation de l'auteur à son sujet. Guy Delisle a développé un style où les personnages sont réduits à quelques traits qu'il sait manier avec élégance pour leur donner beaucoup d'expression. Ici, bien au contraire, le visage du personnage de Christophe est tout en courbes à cause de la barbe qui s'allonge sur le visage du personnage au fil des planches. Le grand défi au niveau de cette BD était de rendre visuellement la peur, le découragement, la tension et l'épuisement du personnage... dans un décor extrêmement dépouillé. Comment il occupe son temps, comment il essaie de résister aux idées noires, comment il calcule le temps qui passe et qui est interminable. Tout ça est rendu par le dessin, ce qui est un exploit.
On suit donc Christophe, enlevé, puis otage. C'est son monologue intérieur que l'on suit. Comment chaque jour est s'étire sans fin et finit par se fondre dans les autres. Comment sont ses relations avec ses geôliers. Comment il se force à s'occuper l'esprit en trouvant un lien entre chaque lettre de l'alphabet et Napoléon Bonaparte. Comment il tente de trouver un moyen de s'enfuir, aussi, ce qui occupe beaucoup ses pensées. Mais surtout, l'attente que quelque chose se passe, que quelque chose arrive et l'ignorance de ce qui se passe autour de lui. Le cherche-t-on? L'a-t-on oublié? Toutes ces questions tournent sans fin dans sa tête. Et comme il a passé une bonne partie de cette période dans la même pièce, complètement vide, c'est un exploit que de garder le récit aussi vivant. Parce que justement, on tourne les pages sans le moindre ennui et on plonge profondément dans l'histoire de Christophe.
Malgré le sujet relativement lourd, Guy Delisle a su garder sa touche d'humour si particulière dans certaines situations. Même complètement adapté à son sujet, il garde sa patte d'auteur. Pour qui connaît bien son oeuvre, c'est un réel plaisir de le retrouver.
Ma note: 5/5
mercredi 9 janvier 2019
mardi 8 janvier 2019
Horreur en 3D de Jonathan Reynolds
Horreur en 3D Jonathan Reynolds Collection Zone frousse Z'ailées
Résumé:
Marc-Antoine, surnommé Manto, est un fan de films d'horreur. Lui et ses amis viennent de terminer leur primaire et sont prêts à déployer leurs ailes au secondaire. Ils ont hâte d'avoir une blonde, de grandir et de vivre la grande vie. Mais quand un mystérieux voisin emménage, c'est pour une étrange fille de son âge, aux cheveux blonds presque phosphorescents qui trouble Manto. Son père, lui? il le terrifie.
Mon avis:
Petit roman d'horreur qui se lit très bien, mais... j'ai pas vraiment eu peur. En fait, le roman est plus centré sur l'hommage à l'amitié entre gars et à la passion des films d'horreur qu'à l'épouvante en elle-même. Les éléments destinés à faire peur sont concentrés dans une poignée de pages, vers la fin du livre. Certes l'ambiance est glauque et bien développée, mais ça ne suffit pas à mon avis à faire un roman d'horreur, même jeunesse... Le mystérieux voisin arrive après une assez longue introduction et on le voit au final très peu. Un brin dommage, le personnage avait du potentiel. L'autre grand personnage de l'histoire, cette jeune fille dont Manto tombera amoureux, est bien, mais... trop peu développée pour que l'on aie des sentiments positifs ou négatifs envers elle, tout simplement parce qu'on ne la connaît pas assez.
Malgré tout, j'ai bien aimé ce livre, parce que même s'il n'est pas à mes yeux un roman d'horreur, il reste très très bien écrit et ses autres thématiques abordées le sont de très belle manière: le passage de l'enfance à l'adolescence, l'amitié entre gars, la passion des films d'horreur, les relations difficiles entre les parents et même, j'oserais dire, un regard très brillant sur le comportement des adultes et sur ce qu'ils font ou ne font plus quand ils sont devenus grands... Un bon rappel de ne jamais perdre son coeur d'enfant!
Ma note: 3.75/5
lundi 7 janvier 2019
On ne parle que de soi: Commentez
Salut!
J'écoute régulièrement l'émission Plus on est de fous, plus on lit! à Radio-Canada. Très bonne émission en passant (même s'ils ne couvrent pas beaucoup la SFF...) Dans l'un des segments, ils interrogent un auteur en lui posant une série de questions. Je guette toujours la réponse à l'une d'entre elle en particulier. Elle dit simplement: On ne parle que de soi: Commentez. Une question en apparence simple, mais les réponses ne le sont pas toujours.
La plupart des auteurs font une variation sur le mot oui. Oui mais ou Oui parce que ou encore Oui c'est sûr. J'ai peu de souvenirs de personnes ayant dit non. Ou j'ai peut-être loupé LA personne qui a répondu ça.
Cette question, honnêtement, elle me chicote. Parce que je suis sûre qu'elle contient une part de vérité. Forcément, les auteurs puisent en eux une partie de leur oeuvre. Rien du normal, les auteurs partent de ce qu'ils vivent pour écrire. Mais là vient le point qui me dérange un peu: et moi là-dedans?
Euh, ok, j'ai pas grand chose de publié, juste un texte, un seul et encore il est très court. Sauf qu'un de mes amis m'a traité de tueuse de singes volants, une autre m'a dit que c'était vraiment noir comme fin et euh bon, mes parents m'ont dit que c'était bon, mais est-ce vraiment une mesure fiable? Tous que je connais qui ont lu mon Régal gelé m'ont fait des commentaires dessus et... ben, ça parle pas du tout de moi ce texte-là! C'est une pure et totale fiction écrite sur le coin d'une table en moins d'une heure (au sens propre et au sens figuré!). Si les gens commencent à essayer de me psychanalyser là-dessus, ils vont avoir de quoi s'amuser.
Je connais quand même quelques auteurs, assez pour dire que je les connais leur oeuvre (toute personne qui écrit et qui lire ce texte de blogue peut se reconnaître dans ce paragraphe!). C'est vrai que ces personnes mettent beaucoup d'eux/elles-mêmes dans leurs textes. On reconnaît certaines marottes, des personnages qui ont des traits de caractères qui leur ressemble, des frustrations sublimées parce qu'imposée à un personnage. Des fois, je comprends certaines choses sur la personne en lisant un de ses livres. Plein de petites choses comme ça. Par contre, et sans doute parce que je n'ai aucun fan d'auto-fiction dans mon réseau de contact, je ne peux pas dire que je vois l'auteur(e) dans l'oeuvre. Je vois l'empreinte de l'auteur(e), je vois beaucoup de choses de lui ou elle, mais parlent-ils tant que ça d'eux-mêmes? Non, pas tant que ça.
Je repense aux nouvelles que j'ai écrite depuis un an (oui, il y en a quelques unes quand même!). Je ne parle pas de moi dedans. Nulle part je ne me reconnais. Certaines sont très très noires et pourtant, je ne suis pas du tout une personne négative dans la vie quotidienne. Par contre, on peut reconnaître des thématiques qui me touchent, des trucs qui m'embêtent, des sujets qui me titillent. Ok, je m'identifie souvent à certains personnages plus qu'à d'autres, je glisse ici et là des allusions à des marottes que j'ai, plusieurs personnages ont des défauts en commun avec moi et bon... Je suis normale finalement?
J'ai plutôt l'impression que si on me posait la question, je répondrais non, je ne parle pas de moi dans ce que j'écris. Par contre, je parle de bien des choses qui me font peur, me font réfléchir, me donnent envie d'en savoir plus sur tel ou tel sujet. Et quelque part, c'est peut-être plus révélateur sur moi-même que de parler de la petite personne que je suis.
Sauf que, je le jure sur la tête de mes minettes, je n'ai jamais planifié un génocide de singes volants, n'en tirez aucune conclusion!
@+ Mariane
J'écoute régulièrement l'émission Plus on est de fous, plus on lit! à Radio-Canada. Très bonne émission en passant (même s'ils ne couvrent pas beaucoup la SFF...) Dans l'un des segments, ils interrogent un auteur en lui posant une série de questions. Je guette toujours la réponse à l'une d'entre elle en particulier. Elle dit simplement: On ne parle que de soi: Commentez. Une question en apparence simple, mais les réponses ne le sont pas toujours.
La plupart des auteurs font une variation sur le mot oui. Oui mais ou Oui parce que ou encore Oui c'est sûr. J'ai peu de souvenirs de personnes ayant dit non. Ou j'ai peut-être loupé LA personne qui a répondu ça.
Cette question, honnêtement, elle me chicote. Parce que je suis sûre qu'elle contient une part de vérité. Forcément, les auteurs puisent en eux une partie de leur oeuvre. Rien du normal, les auteurs partent de ce qu'ils vivent pour écrire. Mais là vient le point qui me dérange un peu: et moi là-dedans?
Euh, ok, j'ai pas grand chose de publié, juste un texte, un seul et encore il est très court. Sauf qu'un de mes amis m'a traité de tueuse de singes volants, une autre m'a dit que c'était vraiment noir comme fin et euh bon, mes parents m'ont dit que c'était bon, mais est-ce vraiment une mesure fiable? Tous que je connais qui ont lu mon Régal gelé m'ont fait des commentaires dessus et... ben, ça parle pas du tout de moi ce texte-là! C'est une pure et totale fiction écrite sur le coin d'une table en moins d'une heure (au sens propre et au sens figuré!). Si les gens commencent à essayer de me psychanalyser là-dessus, ils vont avoir de quoi s'amuser.
Je connais quand même quelques auteurs, assez pour dire que je les connais leur oeuvre (toute personne qui écrit et qui lire ce texte de blogue peut se reconnaître dans ce paragraphe!). C'est vrai que ces personnes mettent beaucoup d'eux/elles-mêmes dans leurs textes. On reconnaît certaines marottes, des personnages qui ont des traits de caractères qui leur ressemble, des frustrations sublimées parce qu'imposée à un personnage. Des fois, je comprends certaines choses sur la personne en lisant un de ses livres. Plein de petites choses comme ça. Par contre, et sans doute parce que je n'ai aucun fan d'auto-fiction dans mon réseau de contact, je ne peux pas dire que je vois l'auteur(e) dans l'oeuvre. Je vois l'empreinte de l'auteur(e), je vois beaucoup de choses de lui ou elle, mais parlent-ils tant que ça d'eux-mêmes? Non, pas tant que ça.
Je repense aux nouvelles que j'ai écrite depuis un an (oui, il y en a quelques unes quand même!). Je ne parle pas de moi dedans. Nulle part je ne me reconnais. Certaines sont très très noires et pourtant, je ne suis pas du tout une personne négative dans la vie quotidienne. Par contre, on peut reconnaître des thématiques qui me touchent, des trucs qui m'embêtent, des sujets qui me titillent. Ok, je m'identifie souvent à certains personnages plus qu'à d'autres, je glisse ici et là des allusions à des marottes que j'ai, plusieurs personnages ont des défauts en commun avec moi et bon... Je suis normale finalement?
J'ai plutôt l'impression que si on me posait la question, je répondrais non, je ne parle pas de moi dans ce que j'écris. Par contre, je parle de bien des choses qui me font peur, me font réfléchir, me donnent envie d'en savoir plus sur tel ou tel sujet. Et quelque part, c'est peut-être plus révélateur sur moi-même que de parler de la petite personne que je suis.
Sauf que, je le jure sur la tête de mes minettes, je n'ai jamais planifié un génocide de singes volants, n'en tirez aucune conclusion!
@+ Mariane
vendredi 4 janvier 2019
Les fleurs du roi: 2- Le deuxième dragon de Julie Martel
Les fleurs du roi tome 2 Le deuxième dragon Julie Martel Collection Jeunesse-Plus fantastique épique Médiaspaul 193 pages
Résumé:
Amaryllis et Capucine sont toutes les deux à l'intérieur du labyrinthe. Après la terrifiante scène avec Aliou dans les égouts, Capucine tente de passer dans un autre quartier, mais les manigances du sorcier ne l'aideront pas.
Amaryllis de son côté, a été faite prisonnière par Sahale et lui prédit sa chute avec l'astromancie. Cependant, elle tombe sous le charme de cet être étrange, qui n'est pas humain, sans comprendre sa véritable nature. Quand à Capucine, elle croisera la route d'un autre dragon.
Pendant ce temps, invitées au palais du neveu du roi Déodato, les trois soeurs continuent de raconter leur histoire.
Mon avis:
Encore une fois cette impression de frein à l'écriture de l'univers, mais comme on a désormais une idée plus précise de l'intrigue lequel s'appuyer, l'histoire gagnait d'autant plus en intérêt. Les deux soeurs, on le devine, vont finir par se retrouver, mais dans cette suite d'événement, j'ai vu des trous. Certains événements sont passés très en accéléré (la fuite d'Amaryllis du labyrinthe? Résumé en une phrase!) et ça ne permet pas de plonger autant qu'on le voudrait. Idem pour la pudeur avec laquelle la mort d'un personnage important est racontée. (je ne dis pas qui pour ne pas spoiler). Parce que c'est du jeunesse ou pour une autre raison? Je continue à me le demander.
Par contre, encore une fois, l'auteure réussit à rendre de magnifiques personnages, tout en nuances. Avec une grande économie de mots, elle réussit à rendre ses personnages complexes, chacun avec leurs motivations, leurs failles et leurs doutes. Même s'ils sont nombreux! Les moins achevés sont ceux du présent, mais ça se comprend à la lecture, parce qu'on a pas encore développé pleinement cette partie de l'histoire, elle vient simplement en contrepoint des événements du passé.
La ligne générale de la quadrilogie gagne en précision vers la fin et on comprend que des événements importants viendront secouer le troisième tome. Par contre, une énigme: des trois soeurs, nous n'en connaissons que deux. Qui est Dahlia? Et pourquoi attendre si longtemps pour introduire ce personnage alors que les deux premiers tomes laissent largement la place aux deux autres? Je ne me l'explique pas, mais j'aurais sûrement ma réponse plus tard.
Ma note: 3.75/5
lundi 31 décembre 2018
Bilan culturel 2018
Salut!
Une fois par année, c'est l'heure des bilans. On les fait quand on change de chiffre, mais bon, des fois, je me dis que je pourrais tout aussi bien les faire en août, mais bon, c'est sans doute symbolique...
L'année 2018 a été riche. Je n'en parle pas beaucoup sur le blogue, mais je fais beaucoup d'autres choses en dehors de lire des livres. Ce bilan me permet donc de m'aventurer un peu en dehors des bouquins et de vous parler de quelques autres trucs qui ont fait parti de mon année 2018.
Alors voyons...
En 2018, j'ai vu:
6 films au cinéma: Petite année de ce côté
Moi, Tonya de Craig Gillespie : Dur, dur, mais d'une telle justesse en même temps!
Le jeune Karl Marx de Raoul Peck : Instructif, rafraîchissant, très intéressant... Le marxisme vient d'une époque et de véritables personnes, on l'oublie souvent.
Annihilation d'Alex Garland : confondant, surprenant, dérangeant. De l'excellente SF!
Black Panther de Ryan Coogler : Pour le phénomène! Mais un scénario un peu routinier pour un Marvel...
Avengers: Infinity War d'Anthony et Joe Russo : Sortie de la salle en me hurlant intérieurement que ça ne pouvait pas finir comme ça! Comme des millions d'autres personnes sans doute.
Ocean's 8 de Gary Ross : Bien, mais comme on sait déjà que c'est une histoire d'arnaque, ça tombait un brin plus à plat.
En mode rattrapage (donc pas vu au cinéma, mais vu cette année)
Solo: a Star Wars Story de euh, bref : Déception est un faible mot.
Moineau rouge de Francis Lawrence : Jeux de trahisons au menu! Verbeux, mais j'ai beaucoup aimé.
Un raccourci dans le temps d'Ava Duvernay : Bien, mais sans plus. Un grand respect des codes du genre en tout cas
Tomb Raider de Roar Uthaug : Pire casting de l'année pour Alicia Vikander (des brindilles à la place des biceps, ça marche pas pour le rôle). Pour le reste... Bof.
Ant-Man et la Guêpe de Peyton Reed : Pas mal du tout! Bien aimé le côté papa du personnage d'Ant-Man, rare dans l'univers Marvel.
Série télé:
Pas ma meilleure année non plus de ce côté-là! Mais côté qualité par contre! :O
Altered Carbon (😲😲😲)
The Crown saison 2 (👸)
Westworld saison 2 (😍)
Pièce de théâtre:
J'en aie vue 6!
Chaloupe à la Licorne : Surprenant
Les Marguerite(s) à l'Espace Go : Peut-être un peu trop expérimental sur certains point pour moi.
Titus au Prospéro : Dans une adaptation qui se voulait moderne, mais...
Je cherche une maison qui vous ressemble au Denise-Pelletier : Très bel hommage à Pauline Julien
Les fées ont soifs au Rideau Vert : Certains aspects sont criants d'actualité, d'autres ont beaucoup vieilli
L'Assemblée à l'Espace Go : Vraiment, cette pièce est un hommage à ce que le théâtre peut faire de mieux. Confrontant, dérangeant, mais absolument fascinant.
Humoriste:
Passion récente... Je ne crois pas avoir vu beaucoup de show d'humour avant 2018
Mariana Mazza : Il faut aimer le genre, mais c'était bien.
Louis T : De l'humour plus intello, mais j'ai beaucoup aimé aussi.
Boucar Diouf : Coup de coeur absolu! Pitchez-vous dans les salles pour voir ça et ne vous plaignez pas si vous avez mal aux côtes le lendemain!
Bianca Longpré (Mère ordinaire) : Pas mauvais, mais vu deux semaines après Boucar Diouf, alors ça a souffert de la comparaison.
Musique:
Je vais surtout voir des spectacles de musique classique. Pourquoi? Ben, parce que c'est ce que j'aime aller voir! 😉
-Rebelles et Rivalités (Musique Baroque): Offert gratos par ma municipalité. J'ai passé un bel après-midi (et j'ai enfin vu un clavecin de près!)
-Passion Mozart par l'Orchestre métropolitain : Magnifique concert (même si je suis arrivée super en retard!!!)
-Les Planètes: Génial! par L'orchestre Métropolitain : Idée de génie de leur part, mélanger les images de la NASA avec le concert et y ajouter l'animateur Martin Carli pour faire quelques petits expériences sur scène. Un très beau concert (série qui vise à permettre d'emmener les enfants voir de la musique classique, ça vaut vraiment la peine!)
-Songes de Shakespeare encore une fois par l'Orchestre métropolitain (va falloir penser à prendre un abonnement...). Beau concert, avec une pièce moderne en plein milieu qui était... déstabilisante, mais avec un soliste vraiment talentueux
Exposition:
-Chaggal au Musée des Beaux-Arts: J'ai découvert en sortant de là que l'art de Chaggal n'était pas pour moi!
-L'expédition Franklin au Musée de la civilisation à Gatineau: Magnifique exposition qui nous fait comprendre les raisons de cette expédition et aussi, pourquoi à l'époque, elle n'était pas si cinglée qu'elle en a l'air vue d'aujourd'hui.
-Reines d'Égypte à Pointe-À-Callières: Une très belle exposition, fin émouvante avec le tombeau brisée de Néfertari.
-Génie autochtone au Centre des sciences. Trop orienté jeunesse, mais sujet fascinant.
Vu à l'étranger:
J'ai eu la bougeotte en 2018!
Alors, vu à Edmonton (où je suis allée pour le boulot hein! 😏 )
-Fort Edmonton: Le Village québécois d'Antan version Edmonton.
-Telus World Science Center: Exposition sur les dinosaures (avec des dinosaures animés!) et un film vu dans une salle en forme de dôme. Surprise, le film avait été tourné... à Montréal par le Planétarium!
Vu En Écosse (ben oui, je suis allée en Écosse cette année!)
-Holyrood House (résidence officielle de sa Majesté en Écosse). Très belle cabane, mais n'essayer pas de prendre une photo à l'intérieur, les gardiens veillent au grain! (de vrais cerbères!)
-Edinburg Castle : Juste trop wow!
-Yatch Britannia : Si quelqu'un trouve que mes trois premières visites ont une thématique commune, vous avez raison! Belle incursion dans la vie de la famille royale.
-National Gallery of Scotland: où J'ai vu ce qui semblait être un cône orange sur une peinture datant de l'an 1000... Je crois que Montréal m'a traumatisée, je vois des cônes oranges partout... (il y en a aussi à Édimbourg, mais ils ont pas le même orange)
J'ai fait quelques autres musées à Édimbourg, mais rien qui vaillent la peine d'en parler. Et j'ai vu le Loch Ness! Un des plus beaux souvenirs de mon voyage: les toilettes du Elephant House (lieu où J.K. Rowling a écrit une bonne partie du premier tome de Harry Potter)
Hors-Catégorie:
Congrès Boréal 2018: 😊 Pas besoin d'ajouter grand chose d'autre!
Pow-pow de Kahnawake : Première fois que j'allais dans un pow pow, mais cette journée-là, il faisais vraiment beaucoup trop chaud! Et je n'en connaissais pas assez pour l'apprécier.
Salon du livre de Montréal 2018: Encore là, pas besoin d'explication!
J'ai aussi assisté à quelques ateliers d'écritures en 2018... J'y aie appris beaucoup, beaucoup de choses, mais ouf, ça n'a pas toujours été facile!
Maintenant, les livres!
2018 a été l'année où je suis sortie de ma torpeur des dernières années et où j'ai recommencé à lire régulièrement. Les années d'avant, j'avais beaucoup relu certains livres et j'avais passé pas mal de temps à autre chose qu'à lire (ne pas nommer les jeux vidéos ici...). J'ai aussi réactivé le blogue par la même occasion. Ça a fait du bien sur les deux tableaux. Par contre, j'ai surtout recommencé à fréquenter les livres à partir du mois de juin, les premiers mois de 2018 ont été des mois très très tranquilles... Pour les quatre derniers mois de l'année, j'ai surtout lu du québécois, merci au GDLQ pour ça! Ça a donné un bon coup d'accélérateur sur mes lectures en plus de m'offrir deux beaux coups de coeur (et de faire baisser pas mal ma PAL!)
Je ne ferais pas la liste des livres lus, je vais contenter de celle de mes coups de coeur.
1491 de Christopher C. Mann
Arvida de Samuel Archibald
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
La femme aux cartes postales de Jean-Paul Eid et Claude Paiement (critique à venir)
Bon et bien, voilà, c'est pas mal tout pour 2018.
On se reparle l'année prochaine! :P
@+ Mariane
Une fois par année, c'est l'heure des bilans. On les fait quand on change de chiffre, mais bon, des fois, je me dis que je pourrais tout aussi bien les faire en août, mais bon, c'est sans doute symbolique...
L'année 2018 a été riche. Je n'en parle pas beaucoup sur le blogue, mais je fais beaucoup d'autres choses en dehors de lire des livres. Ce bilan me permet donc de m'aventurer un peu en dehors des bouquins et de vous parler de quelques autres trucs qui ont fait parti de mon année 2018.
Alors voyons...
En 2018, j'ai vu:
6 films au cinéma: Petite année de ce côté
Moi, Tonya de Craig Gillespie : Dur, dur, mais d'une telle justesse en même temps!
Le jeune Karl Marx de Raoul Peck : Instructif, rafraîchissant, très intéressant... Le marxisme vient d'une époque et de véritables personnes, on l'oublie souvent.
Annihilation d'Alex Garland : confondant, surprenant, dérangeant. De l'excellente SF!
Black Panther de Ryan Coogler : Pour le phénomène! Mais un scénario un peu routinier pour un Marvel...
Avengers: Infinity War d'Anthony et Joe Russo : Sortie de la salle en me hurlant intérieurement que ça ne pouvait pas finir comme ça! Comme des millions d'autres personnes sans doute.
Ocean's 8 de Gary Ross : Bien, mais comme on sait déjà que c'est une histoire d'arnaque, ça tombait un brin plus à plat.
En mode rattrapage (donc pas vu au cinéma, mais vu cette année)
Solo: a Star Wars Story de euh, bref : Déception est un faible mot.
Moineau rouge de Francis Lawrence : Jeux de trahisons au menu! Verbeux, mais j'ai beaucoup aimé.
Un raccourci dans le temps d'Ava Duvernay : Bien, mais sans plus. Un grand respect des codes du genre en tout cas
Tomb Raider de Roar Uthaug : Pire casting de l'année pour Alicia Vikander (des brindilles à la place des biceps, ça marche pas pour le rôle). Pour le reste... Bof.
Ant-Man et la Guêpe de Peyton Reed : Pas mal du tout! Bien aimé le côté papa du personnage d'Ant-Man, rare dans l'univers Marvel.
Série télé:
Pas ma meilleure année non plus de ce côté-là! Mais côté qualité par contre! :O
Altered Carbon (😲😲😲)
The Crown saison 2 (👸)
Westworld saison 2 (😍)
Pièce de théâtre:
J'en aie vue 6!
Chaloupe à la Licorne : Surprenant
Les Marguerite(s) à l'Espace Go : Peut-être un peu trop expérimental sur certains point pour moi.
Titus au Prospéro : Dans une adaptation qui se voulait moderne, mais...
Je cherche une maison qui vous ressemble au Denise-Pelletier : Très bel hommage à Pauline Julien
Les fées ont soifs au Rideau Vert : Certains aspects sont criants d'actualité, d'autres ont beaucoup vieilli
L'Assemblée à l'Espace Go : Vraiment, cette pièce est un hommage à ce que le théâtre peut faire de mieux. Confrontant, dérangeant, mais absolument fascinant.
Humoriste:
Passion récente... Je ne crois pas avoir vu beaucoup de show d'humour avant 2018
Mariana Mazza : Il faut aimer le genre, mais c'était bien.
Louis T : De l'humour plus intello, mais j'ai beaucoup aimé aussi.
Boucar Diouf : Coup de coeur absolu! Pitchez-vous dans les salles pour voir ça et ne vous plaignez pas si vous avez mal aux côtes le lendemain!
Bianca Longpré (Mère ordinaire) : Pas mauvais, mais vu deux semaines après Boucar Diouf, alors ça a souffert de la comparaison.
Musique:
Je vais surtout voir des spectacles de musique classique. Pourquoi? Ben, parce que c'est ce que j'aime aller voir! 😉
-Rebelles et Rivalités (Musique Baroque): Offert gratos par ma municipalité. J'ai passé un bel après-midi (et j'ai enfin vu un clavecin de près!)
-Passion Mozart par l'Orchestre métropolitain : Magnifique concert (même si je suis arrivée super en retard!!!)
-Les Planètes: Génial! par L'orchestre Métropolitain : Idée de génie de leur part, mélanger les images de la NASA avec le concert et y ajouter l'animateur Martin Carli pour faire quelques petits expériences sur scène. Un très beau concert (série qui vise à permettre d'emmener les enfants voir de la musique classique, ça vaut vraiment la peine!)
-Songes de Shakespeare encore une fois par l'Orchestre métropolitain (va falloir penser à prendre un abonnement...). Beau concert, avec une pièce moderne en plein milieu qui était... déstabilisante, mais avec un soliste vraiment talentueux
Exposition:
-Chaggal au Musée des Beaux-Arts: J'ai découvert en sortant de là que l'art de Chaggal n'était pas pour moi!
-L'expédition Franklin au Musée de la civilisation à Gatineau: Magnifique exposition qui nous fait comprendre les raisons de cette expédition et aussi, pourquoi à l'époque, elle n'était pas si cinglée qu'elle en a l'air vue d'aujourd'hui.
-Reines d'Égypte à Pointe-À-Callières: Une très belle exposition, fin émouvante avec le tombeau brisée de Néfertari.
-Génie autochtone au Centre des sciences. Trop orienté jeunesse, mais sujet fascinant.
Vu à l'étranger:
J'ai eu la bougeotte en 2018!
Alors, vu à Edmonton (où je suis allée pour le boulot hein! 😏 )
-Fort Edmonton: Le Village québécois d'Antan version Edmonton.
-Telus World Science Center: Exposition sur les dinosaures (avec des dinosaures animés!) et un film vu dans une salle en forme de dôme. Surprise, le film avait été tourné... à Montréal par le Planétarium!
Vu En Écosse (ben oui, je suis allée en Écosse cette année!)
-Holyrood House (résidence officielle de sa Majesté en Écosse). Très belle cabane, mais n'essayer pas de prendre une photo à l'intérieur, les gardiens veillent au grain! (de vrais cerbères!)
-Edinburg Castle : Juste trop wow!
-Yatch Britannia : Si quelqu'un trouve que mes trois premières visites ont une thématique commune, vous avez raison! Belle incursion dans la vie de la famille royale.
-National Gallery of Scotland: où J'ai vu ce qui semblait être un cône orange sur une peinture datant de l'an 1000... Je crois que Montréal m'a traumatisée, je vois des cônes oranges partout... (il y en a aussi à Édimbourg, mais ils ont pas le même orange)
J'ai fait quelques autres musées à Édimbourg, mais rien qui vaillent la peine d'en parler. Et j'ai vu le Loch Ness! Un des plus beaux souvenirs de mon voyage: les toilettes du Elephant House (lieu où J.K. Rowling a écrit une bonne partie du premier tome de Harry Potter)
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| Les gens laissent ici un message à J.K. Rowling sur l'impact qu'a eu le livre dans leur vie. Magnifique! |
Congrès Boréal 2018: 😊 Pas besoin d'ajouter grand chose d'autre!
Pow-pow de Kahnawake : Première fois que j'allais dans un pow pow, mais cette journée-là, il faisais vraiment beaucoup trop chaud! Et je n'en connaissais pas assez pour l'apprécier.
Salon du livre de Montréal 2018: Encore là, pas besoin d'explication!
J'ai aussi assisté à quelques ateliers d'écritures en 2018... J'y aie appris beaucoup, beaucoup de choses, mais ouf, ça n'a pas toujours été facile!
Maintenant, les livres!
2018 a été l'année où je suis sortie de ma torpeur des dernières années et où j'ai recommencé à lire régulièrement. Les années d'avant, j'avais beaucoup relu certains livres et j'avais passé pas mal de temps à autre chose qu'à lire (ne pas nommer les jeux vidéos ici...). J'ai aussi réactivé le blogue par la même occasion. Ça a fait du bien sur les deux tableaux. Par contre, j'ai surtout recommencé à fréquenter les livres à partir du mois de juin, les premiers mois de 2018 ont été des mois très très tranquilles... Pour les quatre derniers mois de l'année, j'ai surtout lu du québécois, merci au GDLQ pour ça! Ça a donné un bon coup d'accélérateur sur mes lectures en plus de m'offrir deux beaux coups de coeur (et de faire baisser pas mal ma PAL!)
Je ne ferais pas la liste des livres lus, je vais contenter de celle de mes coups de coeur.
1491 de Christopher C. Mann
Arvida de Samuel Archibald
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
La femme aux cartes postales de Jean-Paul Eid et Claude Paiement (critique à venir)
Bon et bien, voilà, c'est pas mal tout pour 2018.
On se reparle l'année prochaine! :P
@+ Mariane
vendredi 28 décembre 2018
Zviane au Japon de Zviane
Zviane au Japon Zviane Pow Pow Non-paginé
Résumé:
Comment fonctionne la monnaie au Japon? Qu'est-ce qu'on trouve sur les tablettes des épiceries? Comment fonctionnent les restaurants? Les transports en commun? Les toilettes? Zviane vous explique tout ça et même plus dans cette charmante petite BD racontant son séjour au pays du soleil levant.
Mon avis:
En ouvrant la couverture, on sait que c'est du Zviane. Si c'est du Zviane, il y aura toujours cette impression qu'elle est restée une petite fille qui sait s'étonner de tout dans la vie. Alors imaginez-la plongée dans une culture complètement différente, avec ce sens de l'observation et d'autodérision qui la caractérise! On est servi. D'autant plus qu'elle s'intéresse aux petits détails de la vie au Japon: comment on donne la monnaie à l'épicerie, comment on donne sa commande dans les restaurants, comment on trie ses déchets pour le recyclage, etc. Le genre de trucs que l'on ne trouve pas dans les guides de voyage. En ce sens, son livre est plus proche du récit de voyage, mais en BD et par petites vignettes s'intéressant à un sujet précis à la fois.
Côté dessin et bien, on est dans la formule que Zviane avait développé pour son blog: des plans souvent vu de profil, mettant en vedette Zviane elle-même et ses interactions avec un ou plusieurs personnages, avec parfois un plan rapproché pour expliquer un détail. Le dessin reste très simple et d'une case à l'autre, il n'y a pas toujours beaucoup de changement, à l'exception des expression du visage et des dialogues dans les phylactères. Malgré tout, elle réussit à rendre sa BD extrêmement vivante et on rigole bien en lisant ses aventures, petites et grandes. Ses explications sur les toilettes japonaises valent le détour, même chose pour la télé!
Elle trace à quelques endroits dans sa BD des dessins plus élaborés, souvent de gens qu'elle a croisé, qui montre que sa palette de talent en dessin est beaucoup plus vaste que ce qu'elle fait pour ses blogues. C'est un aspect intéressant, parce que son oeuvre est beaucoup centrée sur la formule bédéesque bloguesque, alors qu'avec Les deuxièmes, elle avait montré un talent rare pour quelque chose de plus élaboré. Même si Zviane au Japon reste un petit livre sans prétention, il nous donne quand même accès à une face de son talent, qui montre que cette bédéiste en a encore beaucoup à nous montrer.
Un seul défaut à noter pour cet opus: on en aurait voulu plus!
Ma note: 4.5/5
jeudi 27 décembre 2018
La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen
La déesse des mouches à feu Geneviève Pettersen Alto Lu en audio Raconté par Karelle Tremblay 4h 53 minutes Disponible gratuitement sur le site de Radio-Canada
Résumé:
Le jour de ses quatorze ans, le père de Catherine emboutit le camion neuf de sa mère dans l'arbre qu'elle adore, marquant ainsi les débuts de la désagrégation du couple. Sous le regard réaliste et impitoyable de leur fille, ils se séparent. Catherine entre alors dans une nouvelle phase: de nouveaux amis, de nouvelles expériences, la rébellion de l'adolescence dans toute sa splendeur vu de l'extérieur, mais vu par ses yeux à elle.
Mon avis:
Ce qui est remarquable dans ce livre, c'est la voix de Catherine. On est avec elle, littéralement, comme ça se passe dans la tête d'une adolescente. Il n'y a pas de réflexions avant ou après l'action, il y a les actions, les réactions, rien de plus. Tout est vécu dans le moment présent et très intensément. Il y a peu de long terme, elle ne pense que très peu à hier et encore moins à demain. De plus, elle ne juge pas les gens. Elle va les traiter de con et la seconde d'après, être leur meilleure amie. Ce qui ne l'empêche pas d'être d'une lucidité atroce concernant ses parents, entre autre. Elle comprend les dynamique de leur relation, leurs défauts respectifs, leurs comportements problématiques.
D'ailleurs parlons-en de ses parents. Si on a beaucoup de reproches à faire à Catherine, quand on regarde ses deux modèles parentaux, on comprend vite d'où ça vient. Même s'ils se considèrent eux-mêmes comme de bons parents, leur comportement montre où sont leurs failles. Une caractéristique importante: ils n'écoutent jamais leur fille. Ils prennent des décisions et ensuite, ils lui en parlent, en lui demandant si elle est d'accord, mais on comprend vite que son consentement est tenu pour acquis par défaut. Sa mère qui s'éclipse et la laisse seule dès qu'elle a un nouvel amoureux, son père qui prend toutes les décisions sans tenir compte de son âge ou de son niveau de maturité. Mais surtout l'argent: la première promesse de sa mère quand elle quitte son père est qu'elles continueront à aller dans le sud trois fois par année... Cette obsession pour les biens matériels, commun aux deux, est pitoyable à voir, surtout dans l'oeil décapant de Catherine, qui au fond, n'est guère mieux.
Catherine prendra donc une direction que d'un point de vue extérieur, on qualifierai de mauvaise. Fréquentations louches, drogues, party, sexe, vol dans les magasins, tout y passe. La drogue surtout, qui traverse le roman. Pourquoi elle en prend? Elle ne l'explique jamais, elle sniffe sa dose et se retrouver gelée, a peur d'en manquer, cela s'arrête là. Mais comme on voit tout à travers ses yeux, on comprend une chose importante: Catherine n'a pas du tout l'impression de s'enfoncer. Elle vit sa vie tout simplement. Comme ses parents sont incapables de communiquer, perdus dans leurs conflits et perdus même dans leurs propres vies qu'ils ne savent pas gérer, elle fait ce qu'elle veut et suit ses mouvements d'humeur, même s'ils sont mauvais. Tout en elle étant action/réaction aux événements, elle ne voit ni le bien, ni le mal. Juste son intérêt. C'est justement dans cette façon de voir et de raconter que l'on comprend le mieux Catherine. Il n'y a aucun pathos. Les grandes épreuves qu'elle vit sont à la même hauteur que les petits tracas du quotidien.
Autre point fort du roman: les références culturelles. Ce livre est une plongée dans les années 90, la musique, les films, les vêtements, l'ambiance. De la coupe de cheveux de Mia Wallace, au suicide de Kurt Cobain en passant par les mix de musique sur cassette, on retrouve l'ambiance d'une époque. De plus, tout se passe à Chicoutimi, en région, ce qui donne une tonalité très différente des ambiances souvent montréalaise ou petite ville de banlieue des romans pour adolescents.
L'adaptation en audio a choisi la voix de Karelle Tremblay, une adolescente ayant un léger accent saguenéen. Elle a la retenue, le côté boudeur et la fraîcheur de Catherine dans sa voix. C'est juste parfait.
Un excellent roman.
Ma note: 4.75/5
Résumé:
Le jour de ses quatorze ans, le père de Catherine emboutit le camion neuf de sa mère dans l'arbre qu'elle adore, marquant ainsi les débuts de la désagrégation du couple. Sous le regard réaliste et impitoyable de leur fille, ils se séparent. Catherine entre alors dans une nouvelle phase: de nouveaux amis, de nouvelles expériences, la rébellion de l'adolescence dans toute sa splendeur vu de l'extérieur, mais vu par ses yeux à elle.
Mon avis:
Ce qui est remarquable dans ce livre, c'est la voix de Catherine. On est avec elle, littéralement, comme ça se passe dans la tête d'une adolescente. Il n'y a pas de réflexions avant ou après l'action, il y a les actions, les réactions, rien de plus. Tout est vécu dans le moment présent et très intensément. Il y a peu de long terme, elle ne pense que très peu à hier et encore moins à demain. De plus, elle ne juge pas les gens. Elle va les traiter de con et la seconde d'après, être leur meilleure amie. Ce qui ne l'empêche pas d'être d'une lucidité atroce concernant ses parents, entre autre. Elle comprend les dynamique de leur relation, leurs défauts respectifs, leurs comportements problématiques.
D'ailleurs parlons-en de ses parents. Si on a beaucoup de reproches à faire à Catherine, quand on regarde ses deux modèles parentaux, on comprend vite d'où ça vient. Même s'ils se considèrent eux-mêmes comme de bons parents, leur comportement montre où sont leurs failles. Une caractéristique importante: ils n'écoutent jamais leur fille. Ils prennent des décisions et ensuite, ils lui en parlent, en lui demandant si elle est d'accord, mais on comprend vite que son consentement est tenu pour acquis par défaut. Sa mère qui s'éclipse et la laisse seule dès qu'elle a un nouvel amoureux, son père qui prend toutes les décisions sans tenir compte de son âge ou de son niveau de maturité. Mais surtout l'argent: la première promesse de sa mère quand elle quitte son père est qu'elles continueront à aller dans le sud trois fois par année... Cette obsession pour les biens matériels, commun aux deux, est pitoyable à voir, surtout dans l'oeil décapant de Catherine, qui au fond, n'est guère mieux.
Catherine prendra donc une direction que d'un point de vue extérieur, on qualifierai de mauvaise. Fréquentations louches, drogues, party, sexe, vol dans les magasins, tout y passe. La drogue surtout, qui traverse le roman. Pourquoi elle en prend? Elle ne l'explique jamais, elle sniffe sa dose et se retrouver gelée, a peur d'en manquer, cela s'arrête là. Mais comme on voit tout à travers ses yeux, on comprend une chose importante: Catherine n'a pas du tout l'impression de s'enfoncer. Elle vit sa vie tout simplement. Comme ses parents sont incapables de communiquer, perdus dans leurs conflits et perdus même dans leurs propres vies qu'ils ne savent pas gérer, elle fait ce qu'elle veut et suit ses mouvements d'humeur, même s'ils sont mauvais. Tout en elle étant action/réaction aux événements, elle ne voit ni le bien, ni le mal. Juste son intérêt. C'est justement dans cette façon de voir et de raconter que l'on comprend le mieux Catherine. Il n'y a aucun pathos. Les grandes épreuves qu'elle vit sont à la même hauteur que les petits tracas du quotidien.
Autre point fort du roman: les références culturelles. Ce livre est une plongée dans les années 90, la musique, les films, les vêtements, l'ambiance. De la coupe de cheveux de Mia Wallace, au suicide de Kurt Cobain en passant par les mix de musique sur cassette, on retrouve l'ambiance d'une époque. De plus, tout se passe à Chicoutimi, en région, ce qui donne une tonalité très différente des ambiances souvent montréalaise ou petite ville de banlieue des romans pour adolescents.
L'adaptation en audio a choisi la voix de Karelle Tremblay, une adolescente ayant un léger accent saguenéen. Elle a la retenue, le côté boudeur et la fraîcheur de Catherine dans sa voix. C'est juste parfait.
Un excellent roman.
Ma note: 4.75/5
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