vendredi 15 février 2013

Drôle de clients! Prise 15

Une cliente entre en magasin:

-Bonjour, je voudrais les horoscopes de Lillian Too.  Tu te souviens, la dernière fois, on a chercher ensemble dans ton ordinateur, ils étaient tous disponible.

Étant dans la période des Fêtes, fort achalandée, je ne me souviens pas d'avoir fait une telle recherche, alors je réponds à la cliente:

-Euh, je ne me souviens pas d'avoir chercher ça Madame, mais je peux vérifier.

-Ben oui, t'étais à ton ordinateur, je regardais par-dessus ton épaule, on a regardé les horoscopes de Lillian Too.

-Madame, je réponds à beaucoup de clients ces temps-ci, je ne me rappelle pas avoir cherché des horoscopes de Lillian Too, mais ce n'est pas grave, je vais revérifier, c'est tout.

-Hein, mais on a cherché ensemble à ton ordinateur pour des horoscopes de Lillian Too, j'étais par-dessus ton épaule, je regardais, on a cherché il y a pas longtemps!

(Inspiration)

-Madame, comme je vous l'ai dit, je ne m'en souviens pas, mais je vais revérifier à l'ordinateur, c'est pas grave.

-Ah...  Tu t'en souviens vraiment pas?

-Non.

-Ah...

Je lui trouve ses livres, une série d'horoscopes chinois feng shui et lui amène la pile.

-Ah, je veux le tigre deux fois.

-J'ai juste un exemplaire de chaque signe chinois Madame.

-Oui, mais moi, je veux deux fois le tigre.

-Madame, malheureusement, on a juste une fois le tigre, on a juste une fois chaque signe chinois.

-Ah d'accord, mais moi je veux deux fois le tigre.

-On peut vous commander un autre tigre

Elle revérifie la pile de livres.

-J'aurais besoin d'un autre tigre

(Inspiration)

-Madame comme je vous l'ai dit, on a juste une fois chaque signe chinois, on en a pas deux copies d'aucun d'entre eux, mais je peux vous en commander un autre.

-Ah...

Arrivée à la caisse, elle me mentionne qu'elle veut une facture pour trois des livres et que l'autre elle le paye à part.

-Je dois quand même vous faire une facture pour celui-là.

-Ah pas besoin, c'est pour moi, j'ai juste besoin d'une facture pour les trois autres livres.

-Madame, je dois vous faire une facture pour tous vos achats, c'est correct d'en faire deux, mais je dois quand même vous faire une facture pour ce livre-ci.

-Ah, mais pas besoin de faire une facture pour celui-là, c'est pour moi.

(Inspiration)

-Madame, comme je vous l'aie dit, je dois absolument vous faire une facture pour celui-ci quand même, si vous voulez l'acheter, je dois vous faire une facture.

-Ah...

Une fois qu'elle eu quitté le magasin, une de mes collègues me donne un petit coup de coude et me lance:

-Le genre de cliente avec lequel on a besoin de trois fois plus de patience hein?

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Une cliente me commande un livre.  Comme on est juste avant Noël, je lui mentionne qu'il est possible que son livre arrive uniquement en janvier.

-Hein, il va arriver après la fin du monde (le 21 décembre)?

Je me demande encore si elle blaguait ou si elle disait la vérité...

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Les temps partiels de la librairie me laisse souvent des messages concernant des clients qui ont des questions particulières.  Un jour (on est durant le temps des Fêtes, alors je travaille en même temps qu'elles), je vois un message concernant une cliente qui me fait frémir de Ah non! à chaque fois que je vois son nom sur l'afficheur.  En le voyant, je lance à une des filles:

-Tu la connais toi, Mme Ah non!?

-Euh, non, je me rappelle pas...

-Elle parle toujours comme ça, dis-je en mimant le timbre de voix de la-dite cliente.

-Ah oui!  Elle est quelque chose celle-là!

Tiens, même une des temps partiels la reconnaît?  Et les deux autres présentes?

-Hey les filles?

-Quoi?

-Vous la connaissez Mme Ah non!, celle qui parle comme ça?

-Ah oui, elle appelle souvent la fin de semaine pour demander des livres sur tel sujet précis.

-C'est ça c'est elle!  Et vous la trouvez comment?

-Ben, on se chicane pas pour prendre la ligne quand c'est elle...

Quand c'est rendu que même les temps partiels savent de qui je parle, c'est que mon Ah non! est largement justifié!

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Une cliente entre en magasin.

-Avez-vous La métamorphose de Kafka?  Je ne connais pas le nom de l'auteur!

Bon, la cliente avait quand même une bonne raison: elle venait chercher un livre pour son fils qui en avait besoin pour le cégep!

@+ Mariane

mercredi 13 février 2013

Qu'est-ce qu'une bonne bio?

Salut!

J'aime bien lire des biographies.  Que ce soit de gens qui vivent encore, de gens morts depuis des siècles, d'illustres inconnus ou encore de chefs d'États ou de grands réformateurs. Ça me fascine de lire le cheminement de ces personnes, depuis la petite enfance jusqu'à l'âge adulte, les choix qu'ils ont fait, leurs erreurs, leurs succès, la manière dont ils ont su tirer profit de leurs déconvenues et aussi ce qui les motivaient les faisaient avancer.  Ce qui les poussaient à aller de l'avant dans la vie.  Oui, je crois que c'est ça que j'aime dans une biographie, cette histoire écrite d'une vie.

Cependant, ce ne sont pas toutes les biographies qui sont d'égale valeur!  Oh que non!  Pour ma part, je fuis pas mal les bio-pop, les biographies de personnes connues qui écrivent leur vie.  Pour moi, ça sent plus le coup de pub que la vraie bonne bio que j'aime.  Je reconnais que bien des gens prennent plaisir à lire ce genre de livres, tant mieux pour eux d'ailleurs!  Les éditeurs ne peuvent pas publier que pour moi!  Par contre, je trouve dommage d'écrire le récit d'une vie alors qu'elle n'est pas complète.  Certes, une vie ne se complètent pas nécessairement avec la mort, mais écrire la vie d'une actrice ou d'un chanteur dans la quarantaine, ce n'est pas nécessairement bon non plus.  Pensez-y, ils sont en plein milieu de leur carrière!  C'est le récit de ce qui leur a permis de se rendre jusqu'où ils sont, pas leur biographie!  Et de toutes façons, la majorité d'entre eux sentent plus l'hommage qu'une véritable volonté biographique.  L'autobiographie que Louise Forestier a fait paraître cet automne me paraît plus proche de ce que je recherche dans une biographie que dans d'autres bio-pop.  Sa carrière, si elle n'est pas terminé, est en grande partie faite.  Ses grands moments sont derrière elle et elle peut revenir dessus avec calme, sans avoir la tête dedans.  Elle a la distance nécessaire pour faire le ménage dedans.  À mes yeux, le résultat ne peut être que meilleur.

Autre truc, je me méfie un peu des autobiographies.  Elles ne sont pas neutres à mes yeux.  Pas du tout!  Quand une personne raconte sa vie, inconsciemment ou non, elle peut taire des détails qui éclairent sur sa personnalité, se glorifier de petites choses sans importance ou augmenter le prestige attaché à telle ou telle fonction qu'il ou elle a occupé.  J'avais lu l'autobiographie d'Hillary Rhodam Clinton à sa sortie et je l'avais beaucoup apprécié.  Par contre, je le savais en la lisant que ça sentait la personne qui voulait bien paraître afin de poursuivre sa carrière politique.  Un mélange des deux qui a bien passé dans son cas, mais qui peu être rebutant dans d'autres!  Autre détail: on ne peut pas vraiment analyser l'héritage d'une personne quand celle-ci est encore en vie!  D'autant plus quand c'est elle qui écrit...

C'est pourquoi j'ai une nette préférence pour les biographies écrites par des historiens et sur des personnes dont le cheminement de vie est terminé.  Et encore là, les biographes ne sont pas tous de qualité égales.   J'ai le souvenir d'un prof d'université critiquant le travail de Max Gallo à ce sujet.  Pourquoi donc? s'était demandé les étudiants présents dans la classe.  Le prof nous avait alors expliqué que celui-ci faisait des biographies «en série», changeant d'époque et de types de personnages (hommes politique, artiste, etc) tellement souvent qu'il ne pouvait humainement pas traiter à fond chacun de ses sujets.  J'ai en quelque sorte retenu la leçon et je préfère encore aujourd'hui les biographies écrites par des historiens, sauf bien sûr en ce qui concerne les personnalités plus récentes (Steve Jobs entre autre).

Enfin, question importante, que dois raconter une bonne biographie?  Dire que cela raconte l'histoire d'une vie est extrêmement réducteur.  Ça, on appelle une chronologie et c'est plutôt plate à lire!  Non, c'est plus que ça.  C'est à la fois le récit des évènements importants d'une vie, mais aussi leur mise en contexte, la façon dont ces personnes ont vécu les évènements de leur temps.  Ça, c'est la trame d'une biographie, car autant que le récit d'une vie, c'est le récit d'une vie dans une époque et la façon dont cette vie a marqué cette époque.  Néanmoins, ce n'est pas que ça.  Il faut aussi y ajouter l'analyse de la personnalité et des actes de cette personne.  Pourquoi il ou elle a agit comme ci ou comme ça dans telle ou telle circonstance?  Il faut aller un peu plus loin pour comprendre, mais être appuyé sur des documents et, pour le biographe, ne pas hésiter à dire que telle ou telle chose est inexplicable pour lui, parce que jamais, jamais la vie entière d'une personne ne pourra être révélée.  On est pas dans le Truman Show après tout!

Une bonne biographie tout le monde?  Ah oui, pourquoi pas!  En tout cas, moi j'adore!

@+ Mariane

lundi 11 février 2013

La littérature de niche

Salut!

Depuis le temps que je suis en librairie, j'ai constaté un truc: certains personnes lisent toujours la même chose.  J'ai une cliente qui a au-dessus de 400 livres chez elle, uniquement des livres de la collection Aventure Passion de chez J'ai lu.  Et des Barbara Cartland.  À mes yeux, c'est du préfabriqué à l'os, du répétitif, rien pour surprendre, pour faire découvrir de nouvelles choses, soit le genre de trucs que je recherche en littérature.  Et pourtant, cette cliente a toujours les yeux brillants en venant chercher ses livres.  Elle A-DO-RE ça.  En la voyant et en voyant tous les lecteurs qui viennent chercher à la queue-leu-leu le dernier tome de leur auteur ou genre préféré, j'ai fini par comprendre quelque chose d'important.  Ça m'a pris du temps, je le jure, mais quand même j'y suis arrivée.  Ces gens, ce sont des lecteurs de niche, des lecteurs qui recherchent toujours la même chose dans leurs lectures.  Et tout un marché s'est constitué autour de ces lecteurs.

Prenez ma très détestée Nora Roberts.  C'est grosso modo TOUJOURS la même histoire qu'elle raconte, avec quelques différences ici et là.  Les personnages sont typés à l'extrême et les situations redondantes.  On change les visages, les origines sociales, les lieux de l'histoire, l'époque aussi très souvent, mais le reste le fait qu'à la page 10, ils vont se rencontrer, à la page 36 s'embrasser, qu'il y aura un méchant pour se mettre entre eux à la page 66 et qu'ils vont finir heureux et eurent beaucoup d'enfants, ça reste pas mal la même chose.  Certaines personnes par contre, adorent ça.  Elles aiment les choses plus prévisibles, elles aiment la recette, c'est comme aller au restaurant chaque semaine et commander le même plat, ça a quelque chose de réconfortant.

J'ai pris l'exemple de Nora Roberts, mais ça ne se limite pas à elle.  Michel David par exemple, fait de la littérature de niche dans les sagas familiales québécoises (je refuse d'appeler ça du roman historique!), certaines séries jeunesse chez Michel Quintin font de même et je ne vous parle pas des interminables séries de mangas!  Quand on est rendu au tome 56 d'une série, c'est peut-être que la sauce a été assez étirée merci.  N'empêche, certains lecteurs en redemandent tout le temps quand même.  C'est ainsi.  On ne parle pas ici de qualité littéraire, mais du fait que ces séries respectent certains codes qui permettent à tous les lecteurs aimant ce type de s'y reconnaître.  Les livres ainsi produit peuvent être bons ou pourris, ce n'est pas là l'important.  C'est que les lecteurs qui aiment le genre s'y reconnaissent qui l'est.

Certaines niches naissent et ne durent que quelques années.  La vague Twilight a fait de sacrées vagues et fait beaucoup de petits, créant une niche.  Elle durera le temps qu'elle durera.  Même chose pour les dystopies à la Hunger Games.  La seule niche qui à mon sens est constante dans le temps, c'est celle des romans d'amour.  OK, il y a des variations dans la niche, comme en ce moment, on est fort sur les romances parlant de domination, alors qu'à une autre époque, les romances historiques dominaient, mais ce sont grosso modo les mêmes lectrices qui s'en régalent.

Certains lecteurs aiment mieux le conformisme et n'aiment pas être secoués par leurs lectures.  Je suis très différente, j'aime mieux l'éclectisme.  Cependant, quand on comprend le concept, on finit par accepter un peu plus les préférences des autres.  Ou du moins, à arrêter de gueuler devant ce qu'on considère comme étant du préfabriqué!

@+ Mariane

vendredi 8 février 2013

Manquer une lecture

Salut!

La vie de lecteur ne se résume pas qu'aux livres.  Il y a de nombreux facteurs qui peuvent expliquer l'attention que l'on a pour lire un livre: la fatigue, le temps disponible, les blessures, l'état mental, sans compter le quotidien!  Un accident de voiture ou une rupture entraînera certainement un impact sur une lecture.  On pourra sans doute détester le livre qu'on en train de lire parce qu'on l'associe dans notre tête à un évènement malheureux.  La rencontre entre le livre et le lecteur n'a pas lieu.  J'appelle ça manquer une lecture.

On peut en manquer une de temps en temps ou toute une série d'un seul coup.  Ça peut être lié à quelque chose ou à rien, mais reste que l'on lit un livre et rien ne se passe.  On lit les mots, on voit l'histoire défiler dans nos yeux, mais on entre pas dedans.  Le déclic magique n'a pas lieu.  On reste sur une mauvaise impression de lecture alors que ce n'est pas le moindrement la faute du livre.  Seulement, pas à cause de lui, mais à cause de plein d'autres choses, on ne s'est pas connecté à ses mots et à son intrigue.  C'est vraiment dommage, mais ça arrive.

Tous les grands lecteurs l'ont vécu à un moment ou à un autre.  Quand la rencontre n'a pas lieu, occasion ratée, manquée.  C'est dommage.  La seule consolation, c'est qu'on peut toujours reprendre le livre plus tard et là, l'apprécier à sa juste valeur.  On prendre une pause et faire autre chose que lire en attendant.  Dans tous les cas, si c'est juste un mauvais timming, ce n'est bien souvent que partie remise.  Fort heureusement pour ces livres.

@+ Mariane

mercredi 6 février 2013

Les documentaires jeunesse

Salut!

J'ai beau avoir la trentaine, avoir étudié en histoire, quand il me passe un documentaire jeunesse bien fait dans les mains, j'ai souvent beaucoup de mal à résister à la tentation d'y jeter un coup d'oeil.  Bien que je ne sois plus le public cible de ce genre de publication depuis presque deux bonnes décennies, il me semble que c'est toujours intéressant de les consulter.

Moi qui ne suit pas une spécialiste de l'histoire du nord de l'Europe, j'ai appris le nom de tous les dieux et déesses du panthéon scandinave grâce à un documentaire lu à la sauvette.  Dans un autre consacré aux grands hommes et à leurs châteaux, j'ai appris beaucoup de choses sur les lieux à visiter en Europe en lieux et place de ceux qu'auraient pu m'indiquer un guide touristique!  J'ai appris un grand nombre d'informations sur les petits et grandes bestioles qui vivent sur notre planète grâce à Alain M. Bergeron, Michel Quintin et Sampar et leur collection des Savais-tu? et beaucoup de choses sur un petit nombre de personnages historiques grâce aux Connais-tu? (bien que trouve qu'ils tournent un peu les coins ronds!)  Grâce à ses documentaires, je révise régulièrement mes cours d'histoire de l'Antiquité et du Moyen Âge (c'est fou le nombre de documentaires sur la Grèce et la Rome antique et les Chevaliers que l'on peut recevoir dans une année!) et encore là, je n'ai pas parlé des documentaires sur la science!

Ces documentaires, par essence destinées à un jeune public, sont merveilleux par leurs capacités de vulgariser l'information.  Ils utilisent beaucoup l'image pour expliquer l'information qu'ils présentent et si leurs exemples sont souvent uniformisateur, restent qu'ils permettent de connaître les informations les plus pertinentes sur un sujet en peu de temps et de façon claire, nette et précise.  Peu de textes, beaucoup de photos, de gravures, de schémas ou de tableaux, tout est là pour présenter l'information de manière simple et facile à comprendre.  Et croyez-moi, en terme de présentation, les éditeurs rivalisent d'imagination!  Tout est bon pour rendre le tout attrayants et disons-le, cool aux yeux des jeunes.  Des top 5 dans le règne animal (les cinq animaux ayant les plus longues défenses, les cinq animaux qui vivent le plus longtemps, etc), à la présentation par numéro, mettant en relation les dieux d'une mythologie et ce qu'il représentent dans la vie quotidienne du peuple qui les honorent...  Tout est bon pour faire découvrir de nouvelles informations aux jeunes!

D'autant plus que ce ne sont pas les sujets qui manquent.  Je crois que je ne connais pas un domaine qui n'est pas couvert!  Ok, certains moins que d'autres et croyez-moi, l'histoire du Québec et du Canada y est largement sous-représentée, mais quand on cherche un peu, on finit par trouver des choses sur tous les sujets.  Vraiment tous.  Sexualité?  Il y en a.  Histoire de la Chine?  Il y en a.  Expériences scientifiques?  C'est pas ça qui manque!  Astonomie?  C'est par ici!  Mathématiques?  Moins nombreux, mais très bien fait par contre.  Économie?  Encore moins que les maths, mais je finis toujours par trouver quand même.  Les animaux de compagnie, l'histoire de France (invasion éditoriale oblige), les Romains, les animaux de la jungle...  Euh, vous avez une remorque pour retourner à la maison?

Et les adultes?  Bon, honnêtement, je crois que beaucoup de beaux-livres se sont inspirés des documentaires jeunesses.  Présentation semblable, documentation augmenté.  Mais la base reste la même, celle de faire découvrir une époque, une culture, des informations à un public choisi en utilisant un alliage fait d'images et de textes.  Mais ce n'est pas tout le monde qui aime la formule, mais elle a le grand avantage d'être conviviale.

Pour ma part, je dois avouer que j'adore quand même les documentaires pour la jeunesse.  Sauf ceux sur les chats.  Ils ne m'apprennent plus rien depuis longtemps.  Ce n'est donc pas la raison qui me poussent à les feuilleter quand il en rentre un nouveau! :P

@+ Mariane

lundi 4 février 2013

Le procès

-Mesdames, Messieurs, veuillez vous lever pour accueillir M. le Juge!

Tâches ménagères bondit aussitôt sur ses pieds,  Télévision se remit mollement sur ses jambes comme un pauvre type qui a passé des heures écrasé sur un divan et Facebook regarda la salle en saluant ses innombrables amis.  Un huissier tapa sur l'épaule de Jeux vidéo pour lui faire comprendre qu'il devait se lever, mais ça ne l'empêcha pas de garder les yeux fixés sur son BlackBerry et sa partie d'Angry Birds.  Quand au Chien, personne ne s'offusqua qu'il reste assit, ni qu'il accueille le juge d'un jappement joyeux.

-Vous pouvez vous asseoir.

Le brouhaha des gens en train de s'asseoir ne dura que le temps pour le Juge d'étaler ses papiers devant lui.  Il leva ensuite les yeux vers le Procureur.

-Êtes-vous prêts à nous présenter les faits M. le Procureur?

-Oui votre honneur.

Le Procureur se leva bien droit, fier de son rôle et convaincu de son importance.  Il regarda intensément les accusés en les couvrant d'un regard brûlant.

-M. le Juge, les accusés ici présent sont conjointement et personnellement accusés de voler du temps à Lecture ici présent et par le fait même, à empêcher son plein épanouissement!

Une rumeur courue parmi l'assistance en entendant cette lourde accusation.  Assis au premier rang, Lecture se mit à sangloter.

Le Juge hocha la tête en entendant les accusations et pris une note. 

-Veuillez procéder M. le Procureur.

-Tâches ménagères, vous êtes appelée à la barre!

Tâches ménagères s'y présenta, cachant un torchon à vaisselle dans sa poche arrière et chaussette sale dans son sac à main.

-Veuillez vous présenter à la cours et indiquer quelles sont vos fonctions.

-Je suis Tâches ménagères.  Je suis responsable de laver les vêtements et la vaisselle sale, de passer l'aspirateur, de faire la cuisine et de veiller à ce que la propreté générale du logement reste dans les limites du convenable.

Le Procureur ricana.

-Combien de temps par semaine exigent vos fonctions?

-Ma foi, je ne sais pas trop, peut-être une dizaine, voire, une quinzaine d'heures au moins.

-Une quinzaine d'heures!, éructa le Procureur.

Il franchit la courte distance le séparant de Tâches ménagères en faisant claquer ses talons sur le sol en bois vernis.

-Vous voulez dire que pendant quinze heures par semaine, vous privez volontairement Lecture d'un temps essentiel à son épanouissement?

Lecture sanglota de plus bel.

Tâches ménagères se recroquevilla sur elle-même en se tordant les mains, bien sûr encore enveloppées dans des gants en caoutchouc jaune.

-Euh, oui...

-Pourquoi?, hurla le Procureur.

Bien que le souffle du Procureur ne soit pas si puissant, tout le monde eu l'impression de voir les cheveux de Tâches ménagères reculer comme sous une brise en entendant les mots de l'homme de loi.

Tâches ménagères se rajusta sur sa chaise et repris contenance.

-C'est absolument nécessaire et même indispensable.

-En quoi?

Ses cheveux semblèrent à nouveau bouger.

-Sans moi, le lieu de vie de Lecture serait sale et puant, il ne pourrait jamais manger à sa fin faute de vaisselle, ni s'habiller le matin car il n'aurait pas de vêtements propres.  Les planchers seraient recouverts de saletés, qui en entrant en contact avec les livres, les abîmeraient.  En plus, Lecture ne pourrait plus vaquer à ses occupations tranquille à cause de toutes les mauvaises odeurs qui régneraient dans la pièce.  

Elle hocha la tête alors que le visage du Procureur devenait écarlate.

-Mon rôle n'est peut-être pas très glorieux, mais il est essentiel M. le Procureur, et croyez-moi, je ne souhaite pas le moins du monde voler de son précieux temps à Lecture, il est mon ami et je souhaite sincèrement son épanouissement, comme tout le monde ici présent.

Télévision bailla violemment en entendant parler sa coaccusée.  Celle-ci lui lança un regard noir avant de se tourner vers le Juge.

-Je ne suis coupable de rien M. le Juge, peut-être suis-je un peu envahissante, mais la vie de Lecture ne pourrait être sans moi.

-Avez-vous d'autres questions pour l'accusée M. le Procureur?

-Non votre honneur, répondit le Procureur, ébranlé par les déclarations fracassantes de Tâches ménagères.

Avec un petit sourire satisfait, Tâches ménagères se leva et retourna s'asseoir, rajustant au passage la vadrouille appuyée sur sa chaise pour l'empêcher de tomber. 

Le Procureur consulta un instant ses notes et eu un petit signe de tête pour le Juge.

-Télévision, présentez-vous à la barre.

Télévision se déplia lentement et réussit péniblement à se mettre debout.  Un huissier dû l'aider à se rendre à la barre tellement il était mou.  

-Veuillez vous présenter et décrire vos fonctions.

-Je suis Télévision, répondit-il en s'installant de manière confortable sur l'inconfortable chaise droite.

-Vos fonctions?

-Ben divertir et informer.

-Divertir et informer?, repris le Procureur d'un ton sec.

-Ben, oui!

-N'est-ce pas également des tâches dévolues à Lecture?

Télévision s'étira le coup pour regarder le sanglotant Lecture devant lequel s'accumulait une montagne de mouchoirs utilisés.

-Il peut pas tout faire tout seul!

-Ah vraiment, vous en êtes sûr?

Télévision se redressa autant qu'il put pour faire face au Procureur.

-Écoutez bien vous, moi, j'offre, c'est tout.  Je suis une source infinie de connaissances, de documentaires, d'émissions d'informations et surtout, j'ai de la musique en prime.

Il sourit triomphalement.

-Du côté des divertissements, j'ai là-aussi une offre inégalable.  J'ai des tas de séries télés, des films, des émissions de variétés et même des rediffusions de spectacles et de théâtres.  Ok, tout ça prend du temps, j'en conviens, mais j'offre de la qualité, alors ne me dite pas que je vaux moins que Lecture!

Le Procureur s'avança lentement vers lui et s'appuya sur la barre qui le séparait du témoin.

-Et Occupation Double?

Télévision pâlit.

-Ouais, y'a ça, c'est sûr, mais c'est juste une émi...

-Et Loft Story?

Télévision déglutit.  Le Procureur sourit comme un requin, préparant le coup de grâce.

-Et Call T.V.?

Télévision perdit le peu de rigidité qu'il avait dans son corps et s'affaissa sur sa chaise.

-J'ai fini avec l'accusé M. le Juge, lança le Procureur en se retournant.

On fit venir un fauteuil roulant pour ramener Télévision tout décrépit à sa chaise.

-J'appelle Facebook à la barre!

Facebook se leva et tout sourire et alla s'asseoir à la barre.

-J'aime!

-Bonjour Facebook!

-Bonjour M. le Procureur!

-Veuillez vous présentez et décrire vos fonctions je vous prie.

-Je suis Facebook!  Je permets à tous les amis de Lecture de se connecter entre eux!  J'aime!, ajouta-t-il en levant un pouce en l'air.

-J'aime!, lança la foule en coeur à sa suite.

-En quoi cette connexion est-elle utile à Lecture?

-Elle permet à tous ses amis, dont moi, de discuter des livres qu'il lit!  J'aime!

-Intéressant, dit le Procureur en hochant la tête, et combien de temps cela demande-t-il par semaine?

-Bah, je sais pas, ça dépend du temps que les gens veulent y mettre quoi!  Et du nombre d'amis!  Hé, il y a des amis de Lecture dans le fond de la salle!  Salut Patrick Senécal Privé, Salut India Desjardins Complet désolé, Salut Stéphane Dompierre Complet!  J'aime!

Le Procureur le couvrit d'un regard froid.

-Vous dites que vous êtes utiles pour parler des livres lus, mais non pour les lire n'est-ce pas?

-Exactement!  J'aime!

-Ne s'agirait-il pas là d'un cas de détournement, Facebook?

Le sourire de ce dernier perdit soudainement de sa conviction.

-Euh, ben, je sais pas.

-C'est comme quand on parle d'un pique-nique.  On en parle, mais on ne le fait pas et ce faisant, on prend du temps réservé au pique-nique pour en parler.

Facebook s'agita sur sa chaise.

-J'aime pas.

-Vous pouvez retourner vous asseoir.

Le Procureur s'accorda un instant de satisfaction en remettant en place sa cravate.  La montagne de mouchoirs utilisés atteignaient maintenant les genoux de Lecture toujours en pleurs.

-Jeux vidéos, veillez vous présentez à la barre.

-Minute, je complète mon niveau!

Le Procureur lui lança un regard courroucé.

-Jeux vidéos, vous êtes priez de vous présenter à la barre immédiatement.  

Seul un cliquetis et le regard fixe et avide de Jeux vidéos accompagna le silence glacial suivant les paroles du Procureur.  Celui-ci respira rageusement et arracha le BlackBerry des mains de Jeux vidéos.

-Hé!, paniqua Jeux vidéos.

-À la barre Jeux vidéos!

Il traîna ses Converses et ses pantalons trop grands vers celle-ci et s'assit en se tortillant comme un gamin pris en faute.

-Veuillez vous présenter et décrire vos fonctions.

-Je suis Jeux vidéos.

-Et vos fonctions?

-Ben, euh, divertir?

-N'est-ce pas une fonction destinée à Lecture?

-C'est possible, je lis jamais.

Un murmure d'horreur traversa la salle.

-Jamais?

-Ben à part les dialogues qui s'affichent sur l'écran, non, jamais.

-Donc, vous volez sciemment du temps précieux et nécessaire à l'épanouissement de Lecture pour votre propre compte?

Jeux vidéo se tortilla de plus bel.

-Ben, je sais pas, c'est possible.

-Votre honneur, l'accusé a avoué!

Un tonnerre d'applaudissement s'éleva de l'audience.

-Je peux ravoir mon BlackBerry? lança Jeux vidéos.

Le Procureur le lui rendit et Jeux vidéos retourna promptement à sa chaise en jurant parce que le Procureur lui avait fait manquer un niveau.

-Chien, venez à la barre je vous prie.

Chien resta à sa place en haletant joyeusement.

-Chien, à la barre!, ordonna le Juge.

Aussitôt dit, Chien lança un petit aboiement joyeux et s'avança en trottinant.  Il grimpa sur la chaise et s'y assit en remuant la queue.

-Votre Honneur, puis-je sauter la présentation et les fonctions de Chien s'il vous plaît?

-Je vous en prie M. le Procureur.

-Chien, est-il vrai que vous volez sciemment du temps à Lecture par vos demandes constantes pour aller dehors, aller prendre une marche ou encore jouer à la balle?

-Wouf!

La salle éclata de rire.  Le Procureur, nerveux, ajusta sa cravate.  

-Vous êtes conscient que les accusations qui pèsent contre vous sont graves n'est-ce pas?

-Wouf!

Nouveaux rires en provenance de la salle.  Le Procureur s'avança vers Chien et se pencha même par-dessus la barre pour mieux lui faire face.  

-Avez-vous, oui ou non, sciemment volé du temps à Lecture?

Chien étira le coup et lui lécha le nez.

Le Procureur recula en jurant et tira son mouchoir de sa poche pour essuyer son nez sous les rires de l'assistance.  

-Hum, M. le Procureur, dit le Juge, je crois que Chien n'est pas en mesure de comprendre vos questions et de bien y répondre.  

Le Procureur grommela et fit signe à Chien de retourner à sa place.  Celui-ci leva la patte gauche et la tendit au Procureur.

-Non, pas DONNER la patte, RETOURNER à sa place, s'exaspéra-t-il alors que l'audience s'écroulait de rire sauf Lecture maintenant presque engloutit sous ses mouchoirs humides de larmes.

Chien le regarda sans comprendre.  À ce moment, un huissier déposa un bol remplit de croquettes sur sa chaise.  Il n'en fallut pas plus pour qu'il retourne sagement à sa place.

Le Procureur s'adressa au Juge.

-Vous avez vu les faits votre Honneur, à vous maintenant de rendre une décision.

Et le Procureur, très digne, retourna s'asseoir.

Le Juge consulta ses notes et se tourna vers les accusés.

-Tâches ménagères, veillez vous levez.

Tâches ménagères leva les yeux de la chaussette qu'elle était en train de repriser et se leva en faisant tomber sa boîte à épingle.

-Tâches ménagères, vous avez su démontrer lors de votre passage à la barre que vous n'avez aucune mauvaise intention envers Lecture et donc, cette cours, en tenant compte de ces circonstances atténuantes, la cours vous relaxe de toute accusation.

-Ah génial!, se réjouit Tâches ménagères.  Je peux aller préparer le souper?

-Bien sûr, répondit le juge.

Elle s'empressa de quitter la salle.  Le Procureur s'agita sur sa chaise, mais ne dit rien.

-Facebook et Jeux vidéos, veuillez vous lever, Télévision, vous pouvez rester assis.

Télévision lança un regard débordant de reconnaissance au Juge tandis que Facebook se levait et que Jeux vidéos se faisait de nouveau rappeler à l'ordre par le huissier.

-Télévision, Facebook et Jeux vidéos, cette cours a su démontrer hors de tout doute que votre comportement causait un préjudice grave à Lecture ici présent.

On entendait toujours les sanglots sous la montagne de mouchoirs blancs et frippés, rappelant à tous que Lecture était toujours là.

-Je vous condamne donc à l'obligation de lire un minimum de deux heures par semaine, par solidarité avec Lecture.

-Quoi, mais non, un livre, c'est trop lourd, je vais me briser quelque chose!, protesta Télévision.

-On peut le faire avec des amis?, demanda Facebook.

-Ou sur un IPad?, ajouta Jeux vidéos.

-Non, vous lirez de vrais livres, et seuls, trancha le juge.  Quand à vous Chien...

-Miaou!

La salle se tue, stupéfaite.

-Qu'avez-vous dit Chien?, demande le Juge, abasourdi.

-Miaou!


**********************************************
-Miaou!

-Quoi?  Qu'est-ce qui se passe?  Prospéryne?

-Miaou!

-Ah, quoi, déjà le matin?  Ok, c'est beau, je me lève pour aller te donner ta bouffe.

-Miaou!

-Maudit rêve de fou...

@+ Mariane

vendredi 1 février 2013

Les études littéraires

Salut!

Souvent, en discutant de livres avec des clients, je me suis fait dire: «Hé, tu as étudié en littérature toi?».  Non.  Pas la moindre étude littéraire en-dehors des cours de français obligatoire.  Jamais, je le jure.  Ma formation à moi est en histoire et en géographie et j'en suis plutôt fière.  Je n'ai jamais voulu et je ne souhaite toujours pas étudier en littérature.  Pourquoi?

Il y a plusieurs raisons.  De un, aussi bizarre que ça puisse paraître, j'avais peur de perdre ma passion pour la littérature et la lecture en général.  Hé drôle d'affirmation!  Peur de perdre sa passion pour un domaine où l'on va étudier.  Wow!  Vive le règne des contradictions.  Et pourtant non.  Je suis une lectrice volage avant tout.  J'aime lire ce que je veux quand je le veux.  Alors que les études littéraires, c'est beaucoup de lectures obligatoires.  C'est normal de s'attendre à ce qu'un étudiant en littérature québécoise lise Trente arpents, Le Survenant et Bonheur d'occasion.  Mais lire tout ça en un mois est du genre à me faire péter ma coche côté littérature du terroir...  Et m'enlever l'envie de lire.  Je déteste les obligations.  Je m'en mets quand même pas mal moi-même comme ça!  Personne ne peut dire le contraire quand je dis que j'en lis de la littérature du terroir et des classiques québécois, mais tout de même je le fais à mon rythme et quand ça me tente.  Point final!  Lire un livre obligé me coupe l'envie de lire...  Alors, faire comme une de mes collègue de travail et me taper trente romans obligatoires dans une session...  Waouh!  Un peu trop intense pour moi!

Autre chose, j'avais lu dans un article il y a quelques années au sujet d'un étudiant en littérature qui allait faire son mémoire de maîtrise sur la représentation de la neige dans la littérature québécoise d'avant la Deuxième Guerre mondiale.  Gloups.  Euh, son mémoire était destiné à devenir un somnifère?  En tout cas pour moi.  Ça m'intéresse pas ça, mais pas du tout!  Un de mes profs de français au Cégep nous faisait faire de l'analyse littéraire et m'avait dit une fois alors que je voulais avoir une explication que je n'avais qu'à réfléchir davantage le texte.  Mettez ici une petite musique de film d'horreur...  Je DÉTESTE avoir à analyser mes lectures.  Critiquer, c'est une chose, on observe le résultat et on dit, là, ça aurait pu être mieux, si ça ou ça, mais A-NA-LY-SER????  Yeurk.  Je déteste avoir à me casser la tête pour deviner ce que l'auteur voulait bien dire avec telle ou telle phrase alors que lui-même ne voulait sans doute rien dire de plus que ce qui est écrit.  L'horreur pour moi!  Bon certain qui ont fait des études dans le domaine vont me dire que c'est pas si pire, que ça passe bien, qu'on s'y habitue et que ça devient même intéressant...  Reste que j'ai le goût de devenir un chat et de cracher dès qu'on me parle d'analyse littéraire!

Non, non, tout ce que j'ai appris sur la littérature, c'est en autodidacte que je l'ai appris.  Ce qui veut dire que j'ai énormément de connaissances dans certains domaines et de sacrés trous ailleurs.  Que ce n'est pas égal et des fois, sans doute pas appuyé sur des études sérieuses (ça c'est ma formation d'historienne qui pointe le bout de son nez!).  Je lis à gauche et à droite, je discute avec plein de monde, je fais des recherches quand quelque chose pique ma curiosité... et j'ai une très bonne mémoire!  C'est tout.  Aucune raison de se présenter dans une salle de classe.  Même si des fois, je l'avoue, ne serait-ce que pour un cours, ça me tenterait d'essayer!

@+ Mariane