lundi 1 octobre 2018

Cette idée brillante qui change la base

Salut!

Récemment, j'ai regardé un film, Un raccourci dans le temps.  À un moment dans le film, quand il est venu le temps d'expliquer qui est l'antagoniste, appelé le Ça (très original!) on le présente comme étant une force négative, noire qui veut dévorer l'univers.  C'est sa nature, donc, forcément, c'est son but!  Les trois héros de l'histoire sont donc par défaut considérés comme des «bons» qui sont en lutte contre des «méchants».  En regardant le film, j'ai tiqué un peu.  Certes, je comprends que dans toute bonne histoire, il faut un antagoniste pour que l'histoire ait de l'intérêt, mais présenter systématiquement les héros comme étant des bons et l'autre côté des méchants de façon essentialiste commence à me taper un peu sur les nerfs.

Et ça me rappelle cet extrait du premier film de la série Harry Potter où Voldemort et Harry se rencontrent pour la première fois.  Voldemort dit alors: «Il n'y a ni bien ni mal, il n'y a que le pouvoir et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher».  Ce n'est pas dans le livre, mais cela résume très bien le personnage de Voldemort: quelqu'un pour qui la fin justifie les moyens, peut importe les conséquences.  Ce n'est donc pas un personnage «mauvais» par essence.  Il l'est par ses actions et par les conséquences qui découlent de celles-ci.  Ce qu'il recherche, c'est le pouvoir et il est prêt à employer tous les moyens nécessaires pour y arriver.

Dans le cinquième film (et aussi dans le cinquième livre), Harry s'inquiète du fait qu'il ressemble énormément à Voldemort: leur histoire a beaucoup de points communs, leurs caractères sont semblables, etc.  Il en parle à Sirius qui lui dit grosso modo qu'il y a le bien en nous et le mal en nous et que c'est un choix de montrer la lumière ou l'ombre de ce que nous sommes.  Voldemort a choisit de montrer sa part d'ombre, Harry, on l'espère à ce moment, choisira la lumière.  Le point que je retiens est cette idée: on est pas bon ou mauvais à la base: ce qui nous fera passer dans un camp ou dans l'autre, ce sont nos choix.

Souvent, dans les récits de fiction, le méchant est entièrement méchant: il/elle est laid(e), alcoolique ou drogué(e) ou trop beau/belle pour être vrai (tentant comme une magnifique pomme dans un pommier...  Adam et Ève, ça vous dit quelque chose?).  Il/Elle est le repoussoir, il/Elle est exactement ce que l'on ne veut pas devenir, il/elle est l'ennemi(e) à abattre et rien ne peut le sauver parce que dès le départ, c'est un méchant(e).  Il/Elle a certes des forces et des faiblesses, mais tout dans son parcours le prépare à être le méchant(e).  Il/Elle en est souvent conscient(e) et souvent, se sent bien dans cette situation d'être le/la méchant(e) de service.

On ne peut nier que Voldemort a choisi de briser tous les tabous et toutes les règles, ni que ses actions ont des conséquences négatives atroces.  Cependant, il ne le fait pas dans le but de devenir le méchant, mais plutôt d'atteindre son but personnel: le pouvoir.  S'il devient le méchant, l'antagoniste de l'histoire, c'est que ses buts sont contrariés par les héros qui cherchent autre chose.  Ils ne cherchent pas le pouvoir contrairement à lui, mais veulent l'empêcher de l'obtenir.  Si l'histoire était écrite du point de vue de Voldemort, Harry serait le méchant de l'histoire.

Et bien voilà, c'est cette idée que je trouve brillante: on est pas méchant par essence, on l'est par nos actions, nos choix et nos décisions.  Ce qui signifie que le mal n'est pas quelque chose à combattre à l'extérieur de nous, mais bien à l'intérieur de nous.  Au lieu de considérer le mal comme un ennemi à abattre et qu'une fois vaincu, tout ira bien, on doit le regarder comme faisant partie de nous et comme quelque chose qui existera toujours.  Il fait garder un équilibre entre les deux et l'équilibre n'est jamais acquis: il faut se battre pour le maintenir.

On peut résumer ça par une histoire :

«Un soir, un vieux sage indien parla à son petit-fils du combat qui a lieu à l'intérieur des hommes. Il lui dit : " Mon fils, le combat a lieu entre deux loups qui sont en nous.

L'un d'entre eux est le Mal, il est colère, méchanceté, envie, jalousie, avidité, arrogance, mensonges, orgueil, supériorité et ego.


L'autre est le Bien, il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et confiance."


Le petit-fils songa durant un instant, puis demanda à son grand-père : "Lequel des deux loup gagne ? "


Le vieux sage répondit simplement : " Celui que tu nourris»


@+ Mariane

2 commentaires:

  1. Ah, le Méchant Antagoniste Mauvais Par Nature. C'est tellement simple. Et tellement plate! Mes histoires préférées sont celles où les deux camps sont identiquement gris (genre Game of Thrones) ou, mieux encore, mais encore plus rares, où les deux camps sont composés de gens foncièrement bons, qui s'opposent pour des raisons hors de leur contrôle. Ça c'est génial (et déchirant et dur à faire!)

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    1. Déchirant, dur... mais beaucoup plus réaliste et beaucoup plus intéressant!

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