jeudi 27 septembre 2018

Shelton & Felter: 1- La mort noire de Jacques Lamontagne

Shelton et Felter  tome 1  La mort noire  Scénario et dessins Jacques Lamontagne Coloriste Scarlett Smulkowski    Kennes  46 pages


Résumé:
Boston, 1924.  Un cadavre est retrouvé, un rivet dans la main, noyé dans un liquide noirâtre... dans une ruelle.  Sa mort est-elle liée à celle de la grande inondation de mélasse qui a eut lieu cinq ans auparavant et qui a fait 21 morts?   D'autant plus qu'un autre meurtre survient, une autre personne liée au même événement et encore, un rivet dans la main.  Seulement, un ex-boxeur devenu journaliste, Isaac Shelton, convainc un libraire confiné dans ses petits habitudes et amoureux des chats, mais brillant observateur, Thomas Felter, de se joindre à lui pour trouver le vrai meurtrier... et au passage de lui offrir un scoop qui fera de lui un homme riche.

Mon avis:
Je me demandais depuis un moment quand Jacques Lamontagne commettrait le plaisir de faire une BD où il serait à la fois scénariste et dessinateur.  À l'exception des Contes d'outre-tombe (excellent recueil d'histoires fantastiques), je n'avais eu que très peu d'occasions de voir son travail dans les deux sièges simultanément.  Que dire de mon plaisir quand j'ai découvert que c'était le cas!

Nous voici donc face à un duo d'enquêteur improbable, soit Isaac Shelton, qui endosse le cliché du grand brave face un petit intelligent incarné par Thomas Felter.  Celui-ci est un libraire tranquille, mais amateur de roman policier, qui a développé un sens aigu de l'observation.  Le voir perclus dans toutes ses petites habitudes de célibataire endurci est une scène plutôt rigolote.  Il fera les frais des méthodes disons, plus directes de son partenaire. Il fera équipe avec Shelton à son corps défendant, mais le duo se révélera efficace, ce que Shelton étant prêt à faire compensant les scrupules de Felter et le sens de l'observation de celui-ci limitant les effets négatifs des emportements de l'autre.  Notre journaliste, également ex-boxeur obligé à la retraite à cause d'une blessure, est un arriviste, certes, mais assumé.  D'ailleurs, comme il s'agit d'une reconversion de carrière, le côté journalistique est moins bien défendu.  Les deux personnages principaux sont des archétypes, ce qui oriente l'histoire dans une certaine direction, ainsi que leurs interactions.  On frôle souvent le cliché, mais sans tomber dedans, ce qui démontre un talent certain de la part de l'auteur.

L'intrigue, qui mêle un événement historique avec une série de meurtres, ne surprend pas outre-mesure à la conclusion et les indices sont un peu trop plaqués vers la fin.  Tout est logique, mais je ne peux pas dire: ah, mais quel retournement!  En fait, j'étais plutôt surprise que ce soit ce personnage-là le meurtrier.  Je crois que c'est en lien avec le fait que les deux héros soient des archétypes: l'histoire est tout autant ancrée dans un certain genre aux codes très précis.  L'auteur relève très bien le paris de fonctionner avec ces codes, mais cela en enlève au côté surprise de la résolution de leur enquête.

Côté dessin, rien à redire: ils sont vivants, expressifs et complètement au service de l'histoire.  On sent le mouvement dans chaque case.  Si le cadrage n'est pas original, on peut plutôt penser que c'est lié aux codes de l'histoire racontée que par un manque de moyen de l'auteur.  Je souligne le travail de la coloriste qui a su rendre les tonalités de la ville de Boston des années 20, un mélange intéressant de bruns, verts et évidemment le noir de la mélasse qui traverse l'histoire.

Sincèrement, je crois qu'un jeune lecteur pourrait tout à fait trouver son bonheur avec cette BD.  Je crois que personnellement, j'ai trop de BDs lues en arrière de la cravate pour l'apprécier autant.

Ma note: 3.75/5

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