mardi 13 octobre 2015

Exponentiel

Salut!

Lors d'une discussion lors d'un récent Congrès Boréal (lire, cette année :P ), en plein milieu d'un échange sur la science-fiction, l'une des personnes avec lequel je discutais a fait une réflexion comme quoi, il était désormais impossible de se tenir au courant de tout ce qui se publie dans le genre chaque année.  Jusqu'aux années 1970, c'était encore possible pour quelqu'un qui s'y consacrait entièrement.  Plus aujourd'hui.  C'est une augmentation nette en matière de ce qui est publié, on ne parle pas ici de qualité, mais bien de quantité.  Et uniquement pour le cas de la science-fiction.  Imaginez le reste...

Ça me fait penser à cette caricature qui circule depuis quelques années à chaque automne:



C'est un peu réducteur comme idée, mais reste que le nombre de gens qui désirent publier est grand et comme les auteurs déjà sur le marché doivent aussi produire pour vivre, ça donne une multiplication des textes disponibles.  Sans compte la multiplication des plate-formes de diffusion (oui, je pense à l'empire au sourire en coin!) qui permettent à chacun de proposer leur texte.  Ajouter à cela que tout le monde essaie d'attirer l'attention et de crier un peu plus fort que les autres pour avoir un peu de visibilité et ça donne une joyeuse cacophonie pour le lecteur qui s'intéresse le moindrement au milieu de manière un peu plus attentive.  Il y a tout simplement trop de chose pour pouvoir être au courant de tout.

Bon, une partie de ce qui se publie n'en vaut peut-être pas la peine.  Même si certains atteignent des sommets en terme de ventes malgré leur nullité littéraire (M. Grey?), tous les auteurs croient en leur texte et veulent avoir leur place au soleil.  Il y a très peu de place au sommet de la pyramide par contre, et sur ce point, rien n'a changé au cours des années.  Que ce soit dans les années 1950 ou aujourd'hui, des auteurs qui font lire des milliers de lecteurs, il n'y en a pas des tonnes.  

Alors, pour le lecteur qui se retrouve sous le feu des projecteurs de la littérature?  Comment tirer le meilleur parti de tous ces textes, de toutes cette littérature qui se publie?  On en vient vite à être dépassé, débordé.  Étant libraire, chaque année, je ne pouvais m'empêcher de comparer la rentrée littéraire à un mur, un mur gigantesque, fait de tous les livres publiés au cours de l'automne.  Bon, mauvais, grand roman, roman historique, roman jeunesse, policier, livres pratiques, bande dessinée, livre de psychologie, de philosophie, albums, fantasy...   Il m'arrivait de m'imaginer à ce point débordée par tous ces livres à connaître, tous ces auteurs à découvrir, tous ces livres à lire, que j'avais l'impression que le mur s'écroulait sur moi et m'étouffait.  C'était à l'époque où j'essayais d'être le plus possible au courant de ce qui se publiait, raisons professionnelles oblige.  Je ne suis plus libraire et je ne ressens plus une telle pression, mais reste l'impression d'être écrasée parfois, devant tout l'éventail des publications qui défilent sous mes yeux.

Face à cela, il n'y a qu'une seule chose que l'on peut se dire: il est impossible de tout lire.  C'est une grande vérité.  Il faut savoir l'accepter.  Maintenant, le plus dur, c'est que l'on aura jamais le temps de lire tout ce qui nous intéresse et ceci est encore plus important.  Parce que de savoir qu'on ne lira pas tout est une chose, mais de savoir que l'on ne lira pas bien des romans que l'on aimerait pouvoir lire est plus difficile à accepter.  Personnellement, j'en aie pris mon parti.  Je préfère savourer chaque livre que je lis, un à la fois.  Peu importe la quantité de livres publiés, l'important est, pour chaque lecteur, de trouver ceux qui le rendront heureux.  Le reste n'appartient pas aux lecteurs, mais aux éditeurs, auteurs et peut-être aussi aux libraires (malgré qu'ils soient les premiers à râler qu'il se publie trop de livres).  Parce que ce n'est pas le lecteur qui demandent autant de choix, c'est l'offre qui dépasse bien souvent la demande.  

@+ Mariane

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