lundi 26 octobre 2015

À qui veut-on plaire?

Salut!

Souvent, je me demande en lisant un livre: à qui l'auteur cherche-t-il à plaire?  Aux critiques ou au public?  Bonne question.  Viser plus particulièrement l'un ou l'autre influence très certainement la façon dont l'auteur écrit son livre.  Je ne pense pas que tous les auteurs aient cette pensée en tête en écrivant, mais reste que j'ai déjà remarqué que certains auteurs visaient plus précisément l'un ou l'autre.  Alors, à qui cherche-t-on à plaire?

Si on cherche à plaire aux critiques, qui sont un public particulièrement exigeant et qui en a vu d'autres, il faut aller chercher loin.  Le style doit être particulièrement ciselé, étudié.  L'intrigue doit être sérieusement pensée et même plus que ça, inspirée.  On ne peut pas se contenter d'écrire simplement une bonne histoire, il en fait plus, mais il n'en faut pas trop.  C'est un casse-gueule que d'essayer d'écrire pour les critiques: ils ne sont jamais complètement satisfaits.  En fait, c'est même leur boulot!  Croyez-moi, comme critique, notre job n'est pas de trouver des chefs-d'oeuvres, mais bien de faire du ménage dans tout ce qui est produit.  Alors si quelqu'un essaie d'écrire pour m'impressionner, c'est raté.  Ça va sentir à la lecture.  La ligne entre le pédantisme et le génie est parfois mince et tomber d'un côté de la ligne est très facile.

Alors, le public?  Oui, mais le public est aussi pire que les critiques en un sens.  C'est un critique qui dit c'est nul, mais multiplié par des dizaines de lecteurs qui disent: c'est ordinaire.  Parce qu'encore là, trouver le juste équilibre entre le livre hautement commercial et la dose de talent d'écriture nécessaire pour réussir sans effrayer de potentiels lecteurs, ce n'est pas simple.  Les grands succès publics sont rarement dénués de toute substance littéraire (enfin, il existe des exceptions...), même s'ils figurent rarement au sommet du panier en ce qui concerne la qualité.  Pour l'auteur, ça reste un exercice d'équilibriste!  Et il faut le dire, le public est toujours très sollicité par tout le monde, alors pour le séduire, si c'est le but, il faut faire des acrobaties remarquables.  Il faut aussi aussi en même temps chercher l'amour du public, mais sans être à sa merci.  Bref, c'est pas plus simple.

Le point commun, c'est que dans les deux cas, l'auteur n'essaie pas de donner le meilleur de lui-même, mais bien de répondre aux attentes des autres.  Et c'est là le problème.  Écrire, la création, est déjà un acte difficile, alors autant se faire plaisir en écrivant!  Et d'ailleurs, les meilleures oeuvres sont celles qui sont venus d'une idée de l'auteur non pas pour faire plaisir à qui que ce soit, mais bien parce que cette histoire-là les obsédaient.

Les meilleurs histoires ne cherchent pas à plaire à personnes d'autres qu'à leurs auteurs.  C'est au public et aux critiques à suivre, ou non.

@+ Mariane

11 commentaires:

  1. Oh, j'aime tellement ta conclusion. En effet, il faut se faire plaisir en écrivant! :)

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  2. Hum, réflexion qui vient à point dans mon cheminement actuel. Merci ma chère! :)

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  3. Mon principe a toujours été d'écrire pour moi... mais que ça soit accessible aux autres.

    (Oh boy, je me souviens comment j'avais soulevé l'ire d'une personne que je ne nommerai pas pour avoir osé mettre l'auteur avant le lecteur!)

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    1. Hum, je me demande vraiment ce qui a provoqué la colère de cette personne... Pour moi, c'est comme naturel!

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  4. C'est drôle, plus je lisais ton billet, et plus j'étais fâché, parce que je me disais qu'un auteur devait d'abord écrire pour son propre plaisir, question que ledit plaisir se transmette ensuite au lecteur. Et en arrivant à ta conclusion, j'ai poussé un gros soupir de soulagement et je me suis dit « Fiou! elle a compris! » ;)

    Plus sérieusement, depuis que j'ai commencé à écrire, j'ai réalisé que je le fais pour moi, parce que j'aime ça et que j'ai quelque chose à raconter. Si ça plaît aux autres (lire ici : « si ça peut me faire publier dans des revues ou fanzines! »), c'est encore mieux!

    Mais en tant que critique, j'ai horreur des auteurs qui tentent de s'adresser à nous, parce que je suis d'abord et avant tout un lecteur. Ok, je suis plus exigeant et attentif (et critique!) qu'un lecteur moyen, mais je n'en reste pas moins un lecteur qui veut avoir du plaisir en lisant. Et un auteur qui écrit pour plaire à son public va avoir tendance à répéter la même recette encore et encore, et ça sent rapidement le réchauffer.

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    1. Je t'ai mis en colère? Alors tant mieux, c'est que mon billet a atteint sa cible: faire réfléchir un peu! :P

      Oh et totalement d'accord avec les auteurs qui tentent de s'adresser à nous! Moi aussi, ce que je recherche en premier, c'est le plaisir en lecture (même si je suis critique et plus exigeante que la moyenne!)

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  5. L'écriture est une forme d'art comme les autres. Elle devrait donc, dans un monde idéal, n'exister que pour elle même.

    L'art pour l'art donc.

    Évidemment, c'est pas toujours aussi simple, surtout si on veut en vivre.

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    1. Les inévitables compromissions de la vie réelles... Elles doivent être prises en compte, mais pas au point de prendre toute la place.

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