mardi 13 août 2013

Le prédateur de Jane O'Neil

Le prédateur  Jane O'Neil  éditions La corde raide  172 pages


Résumé:
Convaincue par sa petite soeur de participer à une chasse au trésor aux abords d'une réserve faunique, Alexandra quitte le chalet de ses parents et sa journée de lecture tranquille pour la marche en forêt.  En fait, c'est plutôt parce qu'ils font équipe avec la copine de sa soeur, elle-même petite soeur du beau Jérémy qu'elle accepte...  Sauf que leur rencontre avec un ours n'était pas prévue.  Ni qu'ils se perdraient dans la forêt.  Ni que les prédateurs pourraient bien ne pas être ceux qu'ils croient...

Mon avis:
Premier roman publié aux jeunes éditions de La corde raide, Le prédateur est un roman qui s’adresse aux jeunes adultes, malgré une couverture qui semble faite pour un roman jeunesse. D’ailleurs, à la lecture, on met un moment à se rendre compte que le public visé est bien celui de la fin de l’adolescence. Au départ, ce n’est pas clair, tellement le ton ressemble à celui des romans pour adolescent classique. Quand on comprend la différence, les comparaisons avec nombres de séries jeunesse en provenance du suc de la frontière inévitables et pas à l’avantage de ce dernier. Évidemment, l’auteure n’est pas appuyé par une équipe éditoriale chevronnée comme les auteurs américains. Ceci dit, le traitement de l’histoire reste honnête, mais beaucoup trop court pour le public visé et pour les thématiques abordées.

L’histoire, celle de quatre jeunes, deux adolescents et deux préados, qui se perdent en forêt et essaient de retrouver le chemin de la civilisation, est bien décrite. On ressent à leurs côtés la faim, la soif et la peur de l’errance. Cette partie est particulièrement bien menée, au point où l’on peut se demander si ce n’est pas dû à une expérience vécue! Là où l’histoire dérape, c’est lorsque l’on s’attarde à l’histoire d’amour qui se développe entre Alexandra et Jérémy. L’évolution est beaucoup trop rapide, soit à peine deux jours, et nombre des réactions physiologique décrites par Alexandra face à son propre corps conviendraient bien mieux au registre de la littérature érotique qu’à celle des premiers émois adolescents! En ce sens, c’est raté.

Alexandra est un personnage typique, mais réaliste, d’adolescente qui tombe sous le charme du beau voisin un peu plus âgé. Enfin, jusqu’à ce que ça se mette à chauffer dans sa petite culotte! À un moment, ses incessantes crises de larmes tapent sur les nerfs, mais pour le reste, c’est un personnage solide avec une bonne psychologie et même si sa tête tourne pour le beau Jérémy, elle ne la perd pas pour autant. Celui-ci est un personnage masculin solide, même si on comprend très vite qu’il gardera toujours une part de mystère, une part de douleur enfouie. Les deux petites soeurs et la fillette qu’ils trouvent dans les bois sont purement des faire-valoir dans l’histoire, mais leur petite touche est à certains moments indispensables pour que l’histoire d’amour entre Alex et Jérémy garde ne serait-ce qu'un peu sa vraisemblance.

Par la bande, le roman explore également une certaine dose de fantastique. La présence d’une créature surnaturelle (que je préfère ne pas nommer, mais qui est purement américaine) survient trop tard et est trop mal exploitée.  Ça laisse un sentiment d'inachèvement dans le récit.  Cependant, le à suivre terminant le roman laisse croire que tout n’a pas été dit à propos de cette bête.

L’écriture de l’auteur a visiblement été travaillée, mais laisse justement une impression de surtravail. Certaines phrases, magnifiques au restant, sont plantées dans un paragraphe qui les fait tomber à plat. L’auteure a du talent certes, mais il ne se déploie pas à son plein potentiel dans ce livre. Ce qui nous laisse donc un petit roman intéressant, mais qui flirte trop entre le roman adolescent et jeunes adultes pour bien cerner son public.

Ma note: 3.5/5

Je remercie les éditions de La Corde raide pour ce service de presse.  

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