mercredi 23 février 2011

La vieille laide de Lucy-France Dutremble

La vieille laide  Lucy-France Dutremble  JKA 287 pages






Résumé:
Durant toute son enfance, Anne-Marie Sirois a été appelé la vieille laide par son père.  Souffre-douleur de ses parents, elle a vécu leur mort comme un soulagement et en a profité pour laisser son passé derrière elle en déménageant sur la rive-sud de Trois-Rivières.  Jusqu'au jour où un homme étrange mais séduisant la retrouve en lui disant qu'elle ne s'appelle pas Anne-Marie Sirois, mais Marie-Anne Jolicoeur et serait sa soeur.  Au départ, ils croient tous les deux à une méprise, mais finalement, il faut se rendre à l'évidence: elle a bel et bien été adoptée!  Mais l'histoire ne peut pas être si simple quand on a été traitée toute sa enfance de vieille laide et le bonheur peut parfois être un peu plus loin qu'à la portée de la main...

Critique:
Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman «historique» québécois.  Bon, je mets le terme historique entre guillemets parce que pour moi, ce roman n'est pas un d'histoire, mais est par contre une excellente saga familiale!  Écrit dans une langue colorée et vivante, le roman fait passer la majorité de l'action par des dialogues, ce qui fait que j'avais parfois l'impression d'être assise sur la galerie à côté des personnages à les écouter se raconter leurs vies.  Petit défaut par contre, il n'y a pratiquement jamais de marqueur des personnages, du genre dit-elle ou cria-t-elle et à plusieurs reprises dans le texte, il y a des erreurs d'alinéas qui font penser que l'on pense changer de personnage dans la discussion alors que ce n'est pas le cas.  Ces petites erreurs mises à part, le roman est bien mené, avec une bonne intrigue et de très beaux personnages.  Par contre, j'ai quelques fois trouvé des petites longueurs et des passages étaient purement décoratifs dans l'histoire.  J'ai failli décroché à un moment, mais j'ai persisté et j'ai bien fait.  La psychologie des personnages principaux, Charles et Anne-Marie est bien décrite, mais en même temps, pas trop, juste assez pour qu'on les comprenne, sans tomber d'un poil dans l'analyse, ce qui convient parfaitement bien au roman qui ne se prétend pas le moins du monde intellectuel ou littéraire, mais bien proche des gens.  On se reconnaît dans ces personnages-là, avec leurs petites lâchetés, leurs petites grandeurs et leur immense besoin les uns des autres.  L'époque est rendue par petites touches, rien marquer à gros traits.  D'ailleurs, à l'exception des nombreuses visites au presbytère auprès d'un curé, d'un abbé et d'un bedeau fort sympathiques, la religion n'y tient pas le haut du pavé.  On mentionne les grands événements historiques, mais c'est tout, juste assez pour planter le décor.  On se concentre sur les personnages, une excellente idée car c'est d'eux que vient le meilleur du livre. 

Ma note: 4/5

Je remercie Prologue et plus particulièrement Emmanuelle pour ce service de presse.

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