jeudi 26 décembre 2013

Souvenirs de lecture: Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Salut!

Je l'ai souvent dit et redit, le premier gros livre que j'ai lu, le premier de littérature pour adulte que j'ai lu, c'est Notre-Dame de Paris.  Je devais avoir dix ou onze ans, pas plus.  J'avais toujours pensé neuf ans, mais j'ai repensé à ce qui m'avait donné le goût de lire cette histoire et je me suis rendue compte que c'était un peu plus tard.  J'étais en cinquième année quand je l'ai lu, au printemps pour être plus exacte.  Je me souviens parfaitement du soleil de fin d'après-midi qui régnait quand je l'ai terminé.  La fin es triste, très triste.  J'étais allée voir mon père pour me défaire de cette impression de tristesse et il était en train de se préparer à couper le gazon.  Sauf que je ne lui aie pas dit que je venais de finir le livre: ça faisait beaucoup trop peu de temps que je l'avais emprunté à la bibliothèque pour le lui avouer!  C'est drôle les détails dont on peut se souvenir parfois...


Dans le fond de la classe de ma cinquième et sixième année (j'ai fait les deux années avec le même prof), il y avait une petite bibliothèque contenant des livres.  On pouvait se servir dedans quand on avait terminé notre travail scolaire.  Étant une petite vite de nature, je me retrouvais souvent à piocher dedans quand je n'avais pas mes propres livres.  Il y avait entre autre une pile de vieux J'aime lire.  À l'époque, ils prenaient toujours quelques pages de la fin pour mettre en bande dessinée un extrait d'un classique de la littérature.  C'est dans cette revue que j'ai lu l'extrait où Quasimodo sauve Esméralda de l'exécution.  Où elle voit son beau Phoebus lui tourner le dos pour aller vers Fleur-de-lys.  Il ne l'a jamais aimé, alors qu'elle le croyait sincère.  C'est un être difforme qui lui sauvera la vie en l'abritant dans les murs de Notre-Dame de Paris, la cathédrale qui donne son titre au livre et où Quasimodo est sonneur de cloches.  Pas le beau Phoebus.

J'étais sans aucun doute trop jeune pour lire ce livre.  C'est un livre aux images fortes, créé à l'époque où le romantisme faisait loi.  Certaines scènes, la fuite de Frollo hors de Paris alors qu'on est sensé exécuté Esméralda, celle où elle retrouve sa mère, ainsi que l'extrait de la scène finale, montrant le destin de Quasimodo après sa mort, ont fortement frappé mon imaginaire de pré-adolescente.  Est-ce que cela a teinté mes goûts de lecture par la suite?  Sans doute oui.  J'ai constaté très vite que je n'avais aucun mal à lire des livres du XIXe siècle une fois au secondaire, même que j'en appréciais le style.  Il faut dire que j'en avais lu pas mal avant mon arrivée au secondaire.  Autant que de la littérature jeunesse ordinaire?  Oui, sans doute.  Je ne me souviens pas de tout et je ne note les titres que j'ai lu que depuis la fin de mon secondaire seulement.

Notre-Dame de Paris, c'est un univers en soi.  C'est une église, l'une des plus célèbre de France, mais les personnages mis en place dans cette cathédrale sont encore plus grands qu'elle.  Ni bons, ni méchants, des êtres humains qui tentent d'être heureux, de vivre selon leurs convictions et qui seront brisés par la puissance de leurs sentiments, déchirés entre ce qu'ils font et qu'ils croient être juste et ce qui est réellement juste.  C'est particulièrement vrai dans le cas de Frollo, cet archidiacre qui tombe amoureux fou de la jeune Esméralda, qui elle-même ne comprend pas que la beauté n'est pas tout dans la vie, chose que Quasimodo comprend parfaitement bien vu son état.  C'est aussi un Moyen Âge fantasmé, un Paris qui n'a sans doute jamais existé, mais qu'on ne peut s'empêcher de croire vrai tellement il nous semble vivant.  Victor Hugo a écrit son oeuvre avant les rénovations majeures entreprises par Violet-Leduc durant la deuxième moitié du XIXe siècle, mais on dirait que l'architecte s'est inspiré de l'auteur.  On imagine parfaitement Esméralda se promener parmi les célèbres chimères de Violet-Leduc, ce qui est complètement anachronique puisque le roman a été écrit avant les rénovations de la cathédrale et qu'elles existaient donc encore moins au Moyen Âge où se situe l'action!

Étant donné l'âge que j'avais au moment de lire ce roman, laissez-moi vous dire que d'entendre les chansons de la comédie musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante m'ont rappelé bien des souvenirs au moment où celles-ci ont été au sommet de leur popularité.  En effet, il était venu le temps des Cathédrales...


@+ Mariane

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